HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 4 PARTIE 3
Journal intime (3)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Ainsi, Konoe poursuivit sa traduction, passant de la cinquième à la sixième, puis à la septième entrée.
La cinquième racontait comment ils étaient devenus amants, la sixième leur mariage et la septième leur vie conjugale. Le récit de leurs jours heureux ensemble en devenait presque étouffant.
Ce qui signifiait, bien sûr, que bon nombre de passages évoquaient leurs étreintes ou les baisers qu’ils échangeaient avant de se séparer. Et Konoe devait déchiffrer tout cela et le rapporter à Fonia.
Konoe jeta un regard furtif sur le côté. Fonia restait parfaitement imperturbable.
— Konoe, qu’est-ce qui ne va pas ?
— Non, c-c’est rien. Enfin, voilà pour le septième.
Toujours troublé, Konoe acheva la septième entrée. Il lâcha un « bon, alors, » et tendit la main vers la huitième…
— Konoe, il est presque midi. Faisons une pause. Je voudrais informer tout le monde de la situation.
Mais à cet instant, Fonia proposa une pause.
◆
Après cela, Fonia quitta la pièce avec les documents.
Elle emportait les traductions et les copies au laboratoire de recherche.
Après avoir soigneusement scellé les documents à l’aide d’un outil magique, elle sortit avec eux. Apparemment, il fallait les sceller pour les sortir d’un lieu protégé par une barrière, comme ce salon de réception.
En partant, Fonia avait également mentionné que cela risquait de faire un peu de bruit… Et, au fond, quel que soit le contenu du texte, Konoe se disait qu’il était naturel que la résolution d’un mystère aussi ancien suscite des remous.
— …Pfiou.
Seul dans la pièce, Konoe poussa un soupir. Beaucoup de choses inattendues s’étaient produites. La découverte du japonais, puis ce travail de traduction dont il n’avait pas l’habitude. Et il y avait le contenu. Ce contenu. Devant une femme, qui plus est. Il n’avait rien fait de mal, et pourtant, il en avait l’impression.
…Mais de quoi parlait vraiment ce journal ?
Il y réfléchit de nouveau. Pourquoi une chose pareille était-elle écrite là ? L’histoire d’un homme venu d’un autre monde qui s’était rendu en Archinolca et s’était lié avec une princesse-prêtresse. Ce n’était guère le genre de récit qu’on s’attendait à trouver dans la Région Scellée du Roi-Démon.
Enfin, puisque ce texte s’y trouvait, le Roi-Démon devait avoir une raison.
Dans quel but ? Ce ne pouvait tout de même pas être simplement pour passer le temps… Un message chiffré, peut-être ?
Pour l’instant, Konoe ne voyait que cette explication. Le texte n’était pas seulement écrit en japonais, il dissimulait aussi une sorte de code. Par exemple, l’emplacement de la Barrière des Séraphins y était peut-être caché. Si c’était le cas, que cette information tombe entre les mains des monstres provoquerait une catastrophe.
D’ailleurs, c’était presque certainement par crainte de cette éventualité que Fonia avait scellé la copie du journal. Pour protéger la Barrière des Séraphins, l’accès au texte était strictement contrôlé afin d’empêcher les monstres de le voir, et seules quelques personnes triées sur le volet étaient autorisées à le consulter.
Il fallait dire que la Barrière des Séraphins était incroyable.
Konoe se remémora la barrière qu’il avait vue la veille. De telles mesures étaient sans doute nécessaires pour la protéger. À elle seule, la dissimulation de l’entrée était déjà remarquable.
On ne percevait presque aucune présence, et l’entrée avait tout l’air d’une vieille porte en fer ordinaire. C’était une technique de camouflage extraordinaire. Une barrière qui avait maintenu le Roi-Démon scellé pendant mille ans grâce à un contrôle rigoureux de l’information.
Incroyable, songea de nouveau Konoe…
— Konoe, je suis revenue.
— …Ah.
Tandis qu’il était absorbé dans ses réflexions, Fonia était revenue dans la pièce.
Elle tenait une assiette… sur laquelle se trouvait quelque chose qui ressemblait à une crêpe. Une crêpe salée, garnie de viande et de légumes. Elle la lui tendit en lui disant de la prendre, et tous deux se mirent à manger.
Pendant qu’ils mangeaient, Fonia lui raconta ce qui se passait au château…
— Comme prévu, c’était la pagaille.
Tout le monde avait été stupéfait. Membres de la famille royale et chercheurs s’étaient précipités pour lire la traduction… avant de pencher la tête, perplexes, quelques minutes plus tard.
Rien d’étonnant à cela, songea Konoe en hochant la tête.
— Tout le monde était perplexe, mais comme il reste encore une suite, ils gardent espoir. Alors, Konoe, je t’en prie, traduis le reste.
— …D’accord.
Bien sûr, c’était son travail, et il comptait le mener à bien.
Il espérait toutefois qu’elle lui pardonnerait ses quelques réticences. Fonia l’écoutait sans sourciller, mais c’était précisément ce qui rendait certains passages si pénibles à lire.
— …Pfiou.
Konoe poussa un autre petit soupir et enfourna le reste de sa crêpe.
— Konoe, tu es fatigué ?
— …Hum ?
C’était la voix de Fonia. Il leva les yeux et la vit scruter son visage.
Konoe réfléchit un instant.
— Non, pas vraiment.
Il secoua la tête. Il n’était pas fatigué. Il réfléchissait, simplement. Mais pour que Fonia s’inquiète ainsi, avait-il l’air si pitoyable ?
— Tu es sûr ?
— …Oui.
Fonia le fixa encore un instant…
Puis, comme si elle venait de se rappeler quelque chose, elle frappa dans ses mains.
— Konoe, choisis.
— … »Choisis » ?
— Un câlin, ou poser ta tête sur mes genoux. Que préfères-tu ?
— ….Quoi ?
◆
— Alors, Konoe ?
— ….?? …U-Un câlin et quoi ?
— Poser ta tête sur mes genoux. Qu’est-ce que tu préfères ?
Ces deux propositions soudaines plongèrent Konoe dans la confusion. De quoi pouvait-elle bien parler ?
Ce choix sans rapport avec leur conversation le prit au dépourvu et, pendant quelques secondes, il se contenta d’ouvrir et de fermer la bouche…
— …Euh.
— Oui.
— …Pourquoi ces deux choix ?
— …? Parce que tu avais l’air fatigué.
Voilà la réponse qu’il obtint à sa question. Parce qu’il avait l’air fatigué ?
— Je me suis rappelé ce qui était écrit dans le journal. Les hommes sont heureux quand on leur fait un câlin ou qu’on les laisse poser la tête sur ses genoux. Ce n’est pas vrai ?
— …Ah… Non, enfin, ça, c’était…
Ses paroles lui rafraîchirent la mémoire. C’était vrai que cela figurait dans le journal. À de nombreuses reprises, même. Ils n’avaient cessé d’échanger ce genre de marques d’affection. C’était pour cela que la lecture lui avait été si pénible. Mais…
— Alors, je vais le faire pour toi. Qu’est-ce que tu préfères ?
— …Non, euh…
— …? Tu veux les deux ? Alors, quand la traduction sera terminée…
— …Non, non, non, non.
Il avait l’impression qu’il y avait un profond malentendu. Ils ne se comprenaient pas. Mais il ne savait pas d’où cela venait. Konoe s’efforça donc de s’expliquer, toujours aussi perdu.
— …Je n’ai besoin ni de l’un ni de l’autre.
— …Vraiment ?
— Oui. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait simplement parce que quelqu’un est fatigué.
Exactement. À la base, c’était quelque chose que faisaient les amoureux. Du moins, les deux personnes du journal le faisaient parce qu’elles étaient en couple. Il ne pouvait pas faire abstraction de ce point.
Fonia le fixa. Ses yeux bleus plongèrent dans les siens. Ses yeux semblables à des joyaux, dénués d’émotion, restaient rivés sur lui.
— …Je vois.
Au bout d’un moment, Fonia détourna le regard. Pensant qu’elle avait compris, Konoe poussa un petit soupir de soulagement.
— …?
Puis, tap. Il sentit un léger coup dans le dos. C’était…
- …Fonia ?
L’aile de Fonia lui tapotait doucement l’arrière.
Tandis qu’il se demandait ce qu’il en était cette fois, elle recommença, deux, trois fois. De petites tapes dans son dos.
— …?
L’aile de Fonia le tapotait, lui donnant parfois de petits coups de sa pointe. Elle recommençait encore et encore…
Une seule fois, elle se posa à plat contre lui.
Et le temps passa ainsi.
◆
Après cela, Konoe et Fonia reprirent leur enquête.
La huitième, la neuvième, puis la dixième entrée. Konoe poursuivit sa traduction. Il traduisit les scènes de tendresse entre l’auteur et la princesse-prêtresse…
Plusieurs heures plus tard, la dixième entrée était terminée.
— Sérieusement, ils n’ont fait que flirter jusqu’au bout…?
Jusqu’à la toute dernière entrée, le journal ne racontait que leurs échanges amoureux.
Il s’achevait sur un tendre baiser.