HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 3 PARTIE 6

Archinolca (6)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Ainsi, à la tombée du jour, Konoe regagna le château d’Archinolca. Après avoir parcouru différents quartiers de la ville avec Fonia, il rentrait à présent… au château.

Pendant ce temps, elle lui avait fait découvrir plusieurs lieux célèbres. Ils avaient aussi mangé tout ce qui leur faisait envie.

— C’est délicieux. Goûte. Croque dedans tel quel, en commençant par la tête.

— Ça a l’air bon… hein ? Tel quel ?

— Oui. En commençant par la tête.

Ils avaient vraiment mangé toutes sortes de choses. À un étal de poisson frit, on lui avait tendu un poisson qui mesurait au moins quarante centimètres. Mais, se disant qu’à Rome, il faut faire comme les Romains, il avait renforcé sa bouche par magie et l’avait mangé tout entier… pour apprendre après le repas qu’en principe, seuls les dragoniens le mangeaient ainsi.

— Konoe, il y a une statue de l’ancêtre des dragoniens tout près.

— …Oh.

Mais bon, malgré ces quelques incidents, ils avaient passé un moment plutôt paisible. Tout en écoutant Fonia lui expliquer l’histoire des lieux célèbres, Konoe avait visité avec elle des sites touristiques et le mémorial de la guerre d’il y a cent ans…

— Tu sais, ça me chatouille vraiment quand tu me touches le flanc comme ça.

— Pardon.

Tous deux avaient ainsi exploré tranquillement la ville d’Archinolca, tandis que Fonia lui donnait de temps à autre de petites touches avec son aile.

— Bon, alors, à demain.

— Oui.

Sur ces mots, ils se séparèrent une fois de retour au château.

— Pour l’enquête et pour l’Or. Les deux.

— …Oui.

Fonia déploya ses ailes et s’éleva légèrement dans les airs. Puis elle s’envola vers les étages supérieurs du château.

À mi-chemin, elle s’arrêta soudainement. Puis se retourna.

— Konoe.

— …Hm ?

— Merci pour aujourd’hui.

— Hein ?

Fonia n’ajouta rien et s’éloigna rapidement à tire-d’aile.

— …

Konoe la regarda s’éloigner en clignant plusieurs fois des yeux.

S’il était surpris, c’était parce qu’il lui avait semblé apercevoir un léger sourire sur le visage habituellement impassible de Fonia.

 

◆

— Bon retour, Maître Konoe !

— Bon retour, Konoe.

Konoe retrouva donc Telnerica et Melmina. Un peu soulagé de revoir leurs visages, il remercia Melmina et quitta le château avec Telnerica. Tandis qu’ils regagnaient tranquillement leur auberge, il écouta Telnerica murmurer.

— Il y avait tellement de paperasse… Tellement, tellement.

— Et donc, Maître Konoe ? …Hein ?

— …?

À cet instant, Telnerica, qui marchait à ses côtés, s’arrêta.

Lorsqu’il se tourna vers elle pour voir ce qui n’allait pas, il la trouva en train de le fixer intensément.

— Telnerica ?

— Mmh.

Sans répondre à sa question, Telnerica poussa un petit grognement. Puis elle observa ses mains, ses bras, ses jambes, l’examinant de haut en bas. Elle fit une fois le tour de lui.

— Je vois.

Elle baissa les yeux et murmura doucement. Il ne pouvait pas voir son expression. Puis quelques secondes de silence s’écoulèrent.

— Maître Konoe.

— …?

— C’est un peu soudain, mais j’ai envie de faire un petit détour avant de rentrer.

Un détour ?

Konoe pencha la tête. Y avait-il une boutique où elle souhaitait se rendre ?

— Non, non, ce n’est pas que je veuille aller quelque part en particulier.

Pourtant, lorsqu’il lui posa la question, ce fut la réponse qu’il obtint. Alors qu’il penchait davantage la tête, de plus en plus perplexe, Telnerica tendit la main et, avant même qu’il ait le temps de cligner des yeux, prit la sienne.

— …!? T-Telnerica ?

— Bon, alors, on y va ?

Devant sa surprise, Telnerica eut un petit rire joyeux. Elle sourit et se mit en marche. Konoe se laissa entraîner sans comprendre, tandis qu’elle lui serrait un peu plus fort la main et l’éloignait du chemin de l’auberge.

À mesure qu’ils s’écartaient de la rue principale, les lumières de la ville s’estompaient, et bientôt, seule la clarté des étoiles les enveloppa.

Un chemin nocturne, sans destination ni but.

Dans l’air froid et limpide des hautes montagnes, tous deux se promenèrent main dans la main dans la nuit d’Archinolca.

 

◆

Puis vint le lendemain. Après avoir raccompagné Telnerica, Konoe retrouva Fonia.

— Bien, Konoe. Commençons par échanger nos informations.

— D’accord.

Comme ils en avaient convenu, tous deux entrèrent d’abord dans le château.

Il s’agissait de faire le point sur les inscriptions du domaine dont ils avaient parlé la veille, leur emplacement et l’ordre dans lequel elles avaient été gravées, afin de ne pas se retrouver désorientés sur place.

— Ce sont des informations confidentielles, alors nous utiliserons la salle de réception.

— Compris.

Tous deux entrèrent dans le château et montèrent les escaliers. Ils arrivèrent à l’endroit où on l’avait conduit lors de sa première venue à Archinolca. La pièce entourée de protections magiques.

Une fois à l’intérieur, Fonia lui demanda de patienter un instant et se dirigea vers une porte située dans la salle de réception.

Il s’assit sur une chaise pour l’attendre, et quelques minutes à peine plus tard, Fonia revint.

Avec une montagne de documents empilés sur son Bouclier de Séparation.

La magie de Fonia était aussi pratique pour ce genre de choses.

— Désolée de t’avoir fait attendre. Pour commencer, voici la carte. Lors de l’anéantissement initial, veille à ne pas détruire les endroits qui y sont indiqués.

— D’accord.

— Voici aussi une copie des inscriptions. Tu pourras les voir sur place, mais je te la donne au cas où.

Fonia lui tendit les documents un à un.

Konoe compara d’abord la carte à ses souvenirs de la veille, passant mentalement en revue les endroits qu’il ne devait pas détruire.

Puis il jeta un regard distrait à la copie des inscriptions…

— …?

Il tenta d’y jeter un regard, mais à cet instant, il sentit son cerveau se figer de confusion. Quelque chose clochait. Pourtant, cela lui semblait aussi juste. Un ancien souvenir et les informations qu’on venait de lui donner se heurtaient dans son esprit…

— …Hein ?

Konoe regarda. Il regarda les caractères inscrits sur le document.

Il cligna plusieurs fois des yeux. Quelque chose clochait. Il les observa attentivement. L’écriture, reproduite sur du papier fin.

Elle avait sans doute été décalquée. Les traits étaient épais et les caractères avaient bavé.

Mais… il avait l’impression d’avoir déjà vu cette écriture.

On aurait dit qu’elle avait été tracée à l’encre sur du papier humide. Il n’avait pas pu la reconnaître à partir des fragments de la veille. Mais elle figurait bel et bien dans ses souvenirs.

Alors, Konoe lut les inscriptions… une écriture différente de la langue de ce monde.

《 Le jour où je ■’ai rencontrée c’était douze ans après ce jour■, à l’automne 》

— …Mais c’est…

Le texte commençait par ces mots. Et se poursuivait plus bas.

Il pouvait le lire.

Les caractères les plus complexes avaient particulièrement bavé, si bien qu’il devait s’appuyer sur le contexte et leur forme générale, ce qui rendait la lecture difficile. Mais tout de même.

《À cette époque, j’étais venu du ■ Divin pour voir de mes propres yeux le ■ où l’on disait que le Roi-■ était ■ellé… 》

— …du japonais ?

 

 

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