HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 3 PARTIE 4

Archinolca (4)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Tous deux étaient assis côte à côte sur le banc. Il se trouvait sur une petite colline dans la ville, où soufflait une brise agréable, un endroit qui lui rappelait un peu la tour de guet de Sylmenia. Ils étaient assis l’un à côté de l’autre sur ce long banc sans dossier.

S’ils se trouvaient là, c’était parce que, lorsque Konoe lui avait demandé ce qu’il devait faire, Fonia avait répondu qu’elle voulait qu’il lui apprenne comment il était devenu « Or ». De son ton neutre habituel, elle lui avait dit qu’il lui suffisait de reproduire ce qui s’était passé.

Konoe s’était donc remémoré ce moment, repensant au combat contre le dragon et à son séjour à Sylmenia.

— …

— …

Et voilà où cela les avait menés. Tous les deux, seuls ensemble, comme au sommet de la tour de guet de Sylmenia.

C’était un parc d’Archinolca. Tout comme le château, le dallage avait été taillé directement dans la roche. De grands bacs accueillaient de l’herbe et des arbres. Il n’y avait personne d’autre dans le parc, seulement eux deux. Peut-être parce qu’il était éloigné du centre-ville, l’endroit était calme, et l’on n’y entendait que le souffle du vent et le bruissement des feuilles.

Était-ce vraiment une façon d’enseigner ? se demanda Konoe. Ce n’était sûrement pas ce qu’il fallait faire. Mais pour lui, l’Or, c’était cela. Si quelqu’un lui demandait comment il était devenu Or, c’était la seule réponse qu’il pouvait donner.

La chaleur en lui. L’endroit où résidait son souhait. Ce qu’il avait enfin trouvé au bout de vingt-cinq ans. Lors de son combat contre le dragon, il avait aperçu la silhouette de Telnerica dans l’éclair blanc. Il avait aimé les moments passés avec elle au sommet de la tour de guet. Être simplement assis à côté d’elle lui suffisait. Il en était venu à aimer cela, cette chaleur.

Du point de vue de l’enseignement, il s’y prenait complètement mal, mais sur ce point précis, il ne voulait pas mentir. Alors, sans un mot, Konoe resta simplement aux côtés de Fonia.

C’était tout.

Fonia ne se plaignait pas non plus. Elle restait simplement assise à côté de lui.

— …?

Puis, après que la grande aiguille d’une horloge eut parcouru environ un quart de tour, Konoe remarqua quelque chose. Une présence s’approchait lentement derrière lui.

Une petite touche. Quelque chose de dur lui toucha le dos, puis se retira aussitôt. Il sut ce que c’était sans même se retourner.

C’était l’aile de Fonia. Son extrémité lui avait touché le dos un instant.

Un léger contact, puis plus rien.

— …?

Il jeta un regard à Fonia, se demandant ce que cela signifiait. Mais elle regardait droit devant elle.

C’était peut-être un accident, songea-t-il avant de regarder de nouveau devant lui.

— …??

Mais, un peu plus tard, l’aile de Fonia s’approcha de nouveau lentement.

Elle se rapprocha… et lui donna une petite touche. Elle lui toucha encore le dos. Et cette fois, une autre petite touche suivit. Deux au total.

Ce n’était décidément pas un accident, songea-t-il en jetant un nouveau coup d’œil à Fonia. Cette fois, elle le regardait elle aussi. Leurs regards se croisèrent. Ils se dévisagèrent quelques secondes… puis elle inclina légèrement la tête.

— Ça te dérange ?

— Non, ce n’est pas que ça me dérange, mais…

— Je vois. Tant mieux.

Si elle lui demandait si cela le dérangeait, eh bien, ce n’était pas le cas. Il ne ressentait pas le besoin de s’y opposer. Et la conversation s’arrêta là.

Puis l’aile de Fonia recommença aussitôt à lui donner de petites touches dans le dos, cette fois à répétition.

Konoe trouvait cela étrange, mais l’aile de Fonia alternait entre de petites touches et des contacts prolongés de quelques secondes. Puis elle traçait des motifs sur son dos, comme si elle écrivait quelque chose, avant de recommencer à le toucher par à-coups.

Cela le chatouillait un peu. L’aile de Fonia parcourait son dos, longeant son épaule, sa colonne vertébrale, sa taille. De haut en bas, en cercles. La zone qu’elle couvrait s’étendait peu à peu.

— …??

Enfin, la membrane de son aile, semblable à du cuir, se plaqua contre son dos.

Une fraîcheur légèrement inférieure à la température de la peau humaine traversa ses vêtements. Le contact des écailles dures et lisses mêlé à celui de la membrane souple lui procurait une sensation étrange.

— Alors, c’est donc ça.

Fonia murmura alors doucement.

— C’est chaud.

Elle laissa échapper un haa, comme un soupir.

Les ailes des dragonides devaient être froides, songea Konoe, tandis que ce moment paisible se prolongeait…

 

◆

Peu après, des voix d’enfants provenant de l’entrée du parc mirent fin à ce moment. Sans s’être concertés, tous deux se levèrent comme par instinct.

Ils croisèrent la famille qui venait d’entrer. L’enfant leur fit de grands signes enthousiastes en les appelant formellement conformément à leur titre de princesse et Adepte.

Après lui avoir répondu d’un geste un peu embarrassé, Konoe et Fonia rejoignirent la rue.

Konoe s’apprêtait alors à dire qu’il était temps de rentrer…

— Konoe. Qu’est-ce qu’on fait ensuite ?

— Hein ? Ensuite ?

 

◆

Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui demande de poursuivre.

Cela ne donnait manifestement aucun résultat, alors pourquoi ? demanda Konoe à Fonia.

— Tu aimes ça, n’est-ce pas ?

— …Euh, oui.

— Alors moi aussi. J’ai appris à aimer ça. C’était chaud.

Telle fut sa réponse. Konoe était tout simplement déconcerté.

— Qu’est-ce qu’on fait ensuite ?

— …Alors, euh… allons en ville.

Après un instant de réflexion, il décida de se rendre en ville. Lorsqu’elle lui avait demandé ce qu’ils pouvaient faire d’autre, il s’était souvenu des moments passés à se promener dans les rues.

Cette fois, tous deux se dirigèrent donc vers la ville et s’engagèrent dans un quartier commerçant qui attira leur attention. Des boutiques bordaient la rue, avec des étals installés entre elles.

L’endroit était plus petit que le marché de la Capitale Divine, mais de nombreuses marchandises y étaient exposées et les passants étaient nombreux. L’animation régnait, les gens bavardaient joyeusement tout en faisant leurs achats.

Les stands de nourriture étaient nombreux, et des odeurs sucrées et salées emplissaient la rue. Ces effluves rappelèrent à Konoe qu’il n’avait pas déjeuné.

— Ah, oui, c’est ça… Konoe, c’est délicieux.

Fonia murmura soudainement ces mots en montrant une boutique de pâtisseries. On y vendait une pâtisserie semblable à une crêpe, fourrée à la crème. Ils en commandèrent sur un coup de tête, et sa saveur était quelque peu différente de celles qu’il avait goûtées au Royaume Divin.

— J’aime ça. Je m’en souviens maintenant. Je voulais que tu y goûtes aussi.

— …? Ah.

— Tu aimes ?

— Je n’ai jamais vraiment goûté quelque chose de semblable, mais oui, j’aime bien.

Alors que Konoe se demandait à voix haute si les ingrédients différaient de ceux du Royaume Divin, Fonia lui expliqua que la céréale utilisée portait tel nom, qu’on la cultivait depuis longtemps dans la région, quelles quantités étaient récoltées à quel mois et à quel prix le kilo elle était exportée. Elle ajouta que le lait utilisé pour la crème provenait d’une chèvre de montagne, et non d’une vache, et qu’on avait fait des essais avec son alimentation pour en éliminer le goût prononcé.

Fonia parlait d’une voix neutre et monotone tout en grignotant sa crêpe, et Konoe l’écoutait, trouvant ses explications vraiment instructives. Ils mangèrent en marchant, puis s’assirent sur un banc tout proche. Une fois de plus, ils se retrouvèrent côte à côte, cette fois simplement pour manger des pâtisseries ensemble.

— …..?

Bientôt, l’aile de Fonia recommença à lui donner de petites touches dans le dos. Konoe trouvait cela étrange, mais il la laissa faire.

 

◆ ◇ ◆ ◇ ◆ ◇ ◆ ◇ ◆ ◇ ◆ ◇ ◆

Une jeune dragonienne qui passait par là les regardait tous les deux, les joues écarlates.

 

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