HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 3 PARTIE 3
Archinolca (3)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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— …? …Hein ?
Il sentit quelque chose se heurter dans son esprit. Il ne savait pas ce que c’était, mais cela lui semblait… étrange.
— Qu’est-ce que c’est ?
Se demandant ce qui se passait, Konoe fixa attentivement le motif. Cependant, les décombres sur lesquels il était tracé étaient morcelés, si bien qu’il ne parvenait pas à en distinguer clairement l’ensemble.
Il chercha du regard un morceau intact.
— Les autres motifs doivent être sous les décombres.
— Ça t’intéresse à ce point ? Je ne pense pas qu’on puisse faire quoi que ce soit de plus aujourd’hui. Tout se régénérera demain, alors il vaudrait mieux poursuivre les recherches à ce moment-là. Il reste encore deux jours d’enquête.
Cette enquête devait se dérouler en trois fois, sur trois jours. Le premier jour, il s’agissait simplement de le vaincre. Les deuxième et troisième jours, ils mèneraient leurs recherches à partir des découvertes du premier jour.
Ils souhaitaient lui faire observer le processus de régénération, d’où cette organisation.
S’il n’avait pas été informé des détails au préalable, c’était apparemment pour qu’il puisse découvrir tout cela sans idées préconçues.
Il pourrait toujours l’examiner à nouveau en connaissance de cause par la suite.
— Demain, j’apporterai une carte indiquant l’emplacement des motifs. Si tu remarques quelque chose, dis-le-moi.
— D’accord.
— Je t’en prie. Le moindre indice nous serait utile. Malheureusement, nous n’avons presque rien réussi à découvrir sur ce Roi-Démon. Ni sur son pouvoir de résurrection, ni sur sa nature de monstre… ni sur un moyen de contrer son immunité aux malédictions.
Fonia baissa les yeux. Puis elle murmura qu’elle aurait aimé qu’ils trouvent au moins un moyen de contrer son immunité aux malédictions.
— Des moyens de contrer les malédictions, hein.
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Les moyens de contrer les malédictions. Il s’agissait de faire face aux Magies Uniques de type malédiction. De parer ces lames de haine que même les plus démunis cherchaient à enfoncer dans le mal. Parmi les Magies Uniques, il existait une catégorie appelée Malédictions.
Les Magies Uniques variaient à l’infini selon les désirs et la nature de leur utilisateur, mais les malédictions étaient d’un genre tout à fait particulier. Un état de l’âme né uniquement de la haine. L’aboutissement d’une colère qui finissait par dévorer jusqu’à celui qui l’éprouvait.
Dans ce monde, la volonté détenait un pouvoir. L’amour, la prière, le désir… Les émotions intenses, les âmes puissantes pouvaient ébranler et remodeler le monde. Il en allait ainsi.
Alors, naturellement, la haine détenait elle aussi un pouvoir. Un parent dont l’enfant avait été tué. Un enfant dont les parents avaient été tués. Une femme dont le mari avait été tué. Un homme dont la femme avait été tuée. Le désespoir né d’un amour et de souhaits piétinés déformait l’âme et y creusait de profondes blessures.
Ceux que la haine rendait fous cherchaient bien souvent à anéantir leurs ennemis jurés, quitte à réduire leur propre corps en cendres. Ils tentaient de venger leurs proches, même au prix de leur vie. Tout comme le dragon qui avait autrefois tenté d’anéantir Konoe.
Cependant, il arrivait que cet ennemi juré soit un être que même une Magie Unique ne pouvait atteindre.
Certains ennemis étaient si puissants qu’il était impossible de les tuer, même en sacrifiant son propre corps et sa vie pour les abattre. Aussi puissante soit-elle, la Magie Unique éveillée par une personne ordinaire ne suffisait presque jamais à affecter une menace de rang Calamité. Même en y laissant la vie, elle ne pouvait parfois pas lui infliger la moindre blessure.
Lorsqu’ils prenaient conscience de ce désespoir, leur haine inassouvie se transformait, passant de l’intention meurtrière à la malédiction. C’était ainsi qu’elles naissaient.
« Je ne peux tout simplement pas te pardonner. » Tel était leur souhait. Ils ne pouvaient pardonner à leur ennemi. Ils ne pouvaient lui pardonner de marcher quelque part. De rire, de vivre en ce monde… d’exister.
« Sois maudit ».
Un pouvoir destiné uniquement à avilir sa cible. Un pouvoir pour la blesser. Un pouvoir pour l’entraver. Non pas une Autorité permettant de tuer de ses propres mains ou de se renforcer, mais simplement de maudire sa cible et de nier son existence même.
Ce pouvoir agissait directement sur le corps de l’ennemi. Il pouvait, par exemple, priver la cible d’une partie de son mana ou la rendre aveugle. Faire pourrir un bras… ou sceller sa Magie Unique.
Un pouvoir condensé jusqu’à son extrême limite en sacrifiant son être tout entier et en lui imposant des conditions précises était immense. Il était presque impossible qu’il soit totalement inefficace, même face à un adversaire de loin supérieur.
Même avec un écart de puissance aussi vaste que celui qui séparait une personne ordinaire d’un rang Calamité, il pouvait affaiblir cette dernière pendant plusieurs minutes. Voilà de quel genre de pouvoir il s’agissait.
Comme il agissait directement sur la cible, son effet n’était pas permanent et s’estompait avec le temps, mais il pouvait tout de même l’entraver temporairement. De fait, de nombreux récits évoquaient des rangs Calamité qui, après avoir piétiné d’innombrables villes, avaient été immobilisées par une malédiction, puis vaincues grâce à cette ouverture.
C’était donc là aussi l’un des moyens dont disposait l’humanité pour riposter face aux monstres puissants…
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Et pourtant.
— Il y a mille ans, les malédictions étaient totalement inefficaces contre ce Roi-Démon, c’est bien ça ?
— Oui. Ceux qui l’ont réellement combattu l’ont affirmé, il n’y a donc aucun doute.
Et ce, alors que ce Roi-Démon avait massacré vingt pour cent de la population mondiale. Alors qu’il devait être haï par d’innombrables personnes. Même assailli par des centaines, des milliers de malédictions, le Roi-Démon immortel n’avait jamais vu ses mouvements ralentir, ni sa Magie Unique être scellée, ne serait-ce qu’un instant.
Ce Roi-Démon repoussait les malédictions par un procédé inconnu. Voilà pourquoi, même après mille ans, il n’avait toujours pas été vaincu.
— Nous menons de nombreuses recherches pour comprendre ce phénomène. Faire appel à de nouveaux Adeptes s’inscrit dans cette démarche. Je serais heureuse que tu fasses de ton mieux pour nous aider.
— …Oui, je sais.
Pour l’heure, ils décidèrent d’examiner les motifs le lendemain…
◆
Sur ce, tous deux sortirent de la barrière. L’enquête du jour était terminée. Ils enfilèrent leurs robes, quittèrent les ruines et regagnèrent la ville. Ils avaient quitté la zone de danger pour revenir dans le monde des vivants.
— Ouf.
Konoe laissa échapper un léger soupir, relâchant un peu sa vigilance.
Quoi qu’il en soit, son travail de la journée était désormais bel et bien terminé. Il était revenu du domaine du Roi-Démon. Il s’apprêtait à prendre congé de Fonia pour retrouver Telnerica et Melmina.
— Attends. Konoe. Apprends-moi.
Mais elle le retint. Le visage impassible, Fonia le regardait de ses yeux semblables à des joyaux.
— …
« Apprends-moi », avait dit Fonia. Ce qu’elle voulait qu’il lui enseigne, comme ils en avaient discuté avant d’entrer dans le domaine, c’était l’Or. Konoe comprenait les mots qu’elle prononçait.
Mais il ne comprenait pas la logique de sa demande. Comment était-il censé enseigner l’Or ? Pourquoi le lui demander à lui, entre tous ? Cela lui échappait complètement.
— …Euh, il n’y aurait pas quelqu’un de mieux placé que moi pour t’apprendre…?
Konoe tenta donc d’esquiver en lui suggérant de trouver quelqu’un d’autre.
— Non. C’est toi que je veux.
— …Hein ?
— Il faut que ce soit toi.
— …
Ces mots laissèrent Konoe sans voix.
Car c’étaient ceux qu’il avait autrefois désiré entendre plus que tout.
— Apprends-moi. C’est une promesse.
Le mot promesse le troublait lui aussi. Pour quelqu’un comme Konoe, qui s’efforçait d’être consciencieux, une promesse devait être tenue. Celle-ci lui semblait… plutôt unilatérale, mais il était vrai qu’il n’avait pas refusé, et il n’était pas du genre à prétendre simplement ne pas s’en souvenir.
— …Euh.
— Qu’y a-t-il ?
D’ailleurs, Fonia avait essayé de tenir sa part de la promesse.
L’Instructrice lui avait dit que la demande en mariage qu’elle lui avait faite était tout à fait sérieuse. Quelque chose comme quoi une princesse-prêtresse occupait un rang juste en dessous de la famille royale.
— …Ça a été difficile de préparer cette proposition ?
— Oui. Très.
À sa question timide, la réponse fut immédiate. Qu’il l’ait souhaité ou non, il devait reconnaître ce qui lui avait été offert. Alors, Konoe…
— …Qu’est-ce que je dois faire…?
Il posa la question à Fonia, bien qu’il soit encore terriblement embarrassé…
— …
Et quelques minutes plus tard, Konoe et Fonia étaient assis sur un banc dans un parc.
Avec un peu de distance entre eux.