HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 3 PARTIE 1

Archinolca (1)

—————————————-
Traduction : Calumi
Correction : Raitei

———————————————–

 

L’endroit était constitué des ruines de ce qui semblait être une cité abandonnée.

Elles se trouvaient dans l’une des nombreuses montagnes de la chaîne d’Archinolca. Une cavité béante s’ouvrait sur son flanc. Un domaine autrefois bâti par des hommes, mais désormais dépourvu de toute présence humaine.

Au centre des ruines gisait une tour de défense effondrée, entourée des fondations d’anciennes maisons. De hautes herbes poussaient en abondance, épaisses et sauvages, tandis qu’en dessous, insectes et petits animaux s’agitaient avec énergie.

En cet instant, deux silhouettes humaines se trouvaient en ces lieux.

Elles étaient enveloppées de grandes capes de camouflage. Leurs mouvements étaient rapides, mais silencieux. Leur présence était si ténue qu’un animal sauvage continuait tranquillement de ronger une noix même lorsqu’elles passaient juste à côté de lui.

Konoe et Fonia avançaient en dissimulant leur présence.

 

◆

S’ils cachaient leur présence, c’était parce que leur destination, l’endroit où le Roi-Démon était scellé, devait demeurer secrète. Cette information était strictement contrôlée et seuls quelques privilégiés en avaient connaissance.

Et pourquoi le sceau était-il caché ?

Pour éviter que la divinité Maléfique ne le découvre.

Mille ans auparavant, le scellement du Roi-Démon, la Barrière des Séraphins, avait été accompli au prix d’innombrables sacrifices.

Si, par quelque hasard, la divinité maléfique venait à détruire la barrière, le Roi-Démon serait libéré et le monde sombrerait de nouveau dans le chaos.

Pour empêcher cela, les hommes de cette époque avaient choisi de dissimuler soigneusement l’emplacement du sceau.

En somme, ils faisaient la même chose que la divinité maléfique. L’humanité ne pouvait pas la tuer parce qu’elle ignorait où il se trouvait dans le labyrinthe, et l’être maléfique ne pouvait pas détruire le sceau parce qu’il ignorait où il se trouvait. Pour éviter d’être attaqué, la première étape consistait à ne pas être découvert. C’était une stratégie incroyablement simple, mais efficace.

En réalité, cette stratégie avait déjà porté ses fruits. Cent ans auparavant, il y avait eu le Dragon Canopée. Ce pays avait été attaqué par ce Roi-Démon et avait subi d’immenses dégâts… mais il était parvenu à préserver le secret du sceau jusqu’au bout.

Une supercherie du désespoir. Une bataille pour protéger le monde. Archinolca avait délibérément déployé ses forces dragoniennes dans un lieu sans aucun rapport avec le sceau, érigé de fausses barrières dans tout le pays et protégé le véritable sceau en accumulant mensonge sur mensonge.

C’est pourquoi l’emplacement du sceau n’est connu que d’une infime partie des habitants d’Archinolca et des Adeptes qui acceptent cette requête. Il en est ainsi depuis mille ans.

 

◆

Après avoir marché un moment, tous deux atteignirent, dans un coin des ruines, un escalier qui descendait sous terre.

Fonia le désigna du doigt.

— C’est ici.

Ils échangèrent un signe de tête et entrèrent.

— Konoe, il y a une barrière d’insonorisation ici, alors tu n’as plus besoin de dissimuler ta présence.

— …D’accord.

L’escalier débouchait sur un espace carré d’environ cinq mètres de côté. Il n’y avait aucun éclairage, et les murs comme le sol étaient en terre nue, sans le moindre meuble en vue.

Il y avait cependant une seule et grande porte. Une porte métallique tout à fait banale, d’environ deux mètres de côté. Elle était en piteux état, couverte de rouille et envahie de lierre.

…Est-ce vraiment la porte qui scelle le Roi-Démon ? se demanda Konoe, perplexe.

— …!

Mais lorsqu’il tenta de percevoir une quelconque présence, il eut un sursaut. Il ignorait comment cela fonctionnait, mais en concentrant intensément ses sens, il pouvait bel et bien sentir quelque chose, là, derrière cette porte.

…Je vois.

Il comprit que, sans connaître l’emplacement, personne ne trouverait jamais cet endroit.

— Enlève ta cape. Prépare-toi au combat.

— …D’accord.

À l’injonction de Fonia, Konoe retira sa cape de camouflage. En dessous, il portait son manteau habituel.

Fonia ôta elle aussi sa cape, révélant sa tenue de combat.

— Manifeste-toi.

Aussitôt, Fonia fit apparaître dans ses mains une paire d’épées bleues, un armement divin de type épées jumelles.

Au même instant, un unique bouclier bleu apparut à ses côtés. C’était un bouclier ouvragé qui flottait dans les airs.

Le Bouclier de Séparation.

Une autorité protectrice qui repoussait toute chose nuisible. Ce bouclier bleu était la Magie Unique de Fonia.

— …Manifeste-toi.

Suivant son exemple, Konoe invoqua lui aussi son armement divin. Une lance dorée et des grèves se matérialisèrent.

— Fonia, dans ce cas… Hein ?

— Ça.

À cet instant, Fonia, qui jusque-là agissait sans se laisser distraire, détourna les yeux de la porte pour regarder les mains de Konoe. Ou plus précisément, la lance qu’il tenait.

— De l’or.

— …

Fonia murmura ce mot, rappelant à Konoe leur conversation de la veille. Les derniers mots qu’elle lui avait adressés avant leur séparation.

— C’est ce que tu as obtenu, n’est-ce pas ?

— …Ah, oui.

Le souvenir d’il y a quinze ans. Quelque chose qu’il avait obtenu et qu’il avait promis de lui montrer. Tandis que Fonia fixait intensément la lance, Konoe…

…Même si elle me dit ça, je ne sais pas quoi faire.

Il ne savait absolument pas quoi faire.

 

◆

— Dis, Konoe. Tu veux bien m’apprendre l’Or ?

Konoe ne comprenait pas.

Tout d’abord, comment était-il censé lui apprendre l’Or ?  Et ensuite, pourquoi le lui demandait-elle à lui ?

Il ne comprenait pas. Il n’arrivait pas à saisir. Il se demanda s’il lui avait fait quelque chose par le passé, mais le seul souvenir qu’il avait de Fonia remontait à cette nuit-là. Ils n’avaient véritablement aucun lien.

Fonia était un génie et une princesse. Konoe était une personne ordinaire venue d’un autre monde.

Leurs positions et leurs pouvoirs étaient trop différents ; ils ne s’étaient même jamais affrontés à l’entraînement. En dehors de celui-ci, les seules personnes qui lui adressaient la parole étaient Melmina et l’Instructrice. Et bien sûr, Konoe n’était pas du genre à engager lui-même la conversation.

Même cette nuit-là, Fonia avait pleuré en disant qu’ils étaient aux antipodes, puis lui avait demandé de faire une promesse. C’était tout. Il était certain qu’il n’existait aucun autre souvenir. Il avait passé la nuit précédente dans son lit à fouiller jusqu’au moindre recoin de son passé, mais rien d’autre ne lui était revenu.

Voilà pourquoi Konoe ne comprenait pas. Il ne ressentait que de la confusion.

 

◆

— Ah, désolée. Ce n’était pas le moment de dire ça.

— …Non, ce n’est rien.

Alors que Konoe était perdu dans ses pensées, Fonia prit la parole et détourna le regard. Elle se retourna vers la porte et resserra sa prise sur ses épées. Konoe secoua légèrement la tête, s’obligeant à chasser ces pensées de son esprit.

C’est vrai. Ils étaient sur le point de pénétrer dans la Région Scellée, où les attendait l’immortel Roi-Démon, celui qui, mille ans auparavant, avait souillé le monde et tué vingt pour cent de l’humanité. Un être maléfique doté du pouvoir de détruire le monde.

Ce n’était pas un adversaire à prendre à la légère. Même si on lui avait dit que ses capacités au combat étaient faibles, cela ne changeait rien à ce fait.

Il chassa sa confusion et son esprit se refroidit. Son corps entraîné s’adapta de lui-même au combat.

— Nous allons entrer dans le sceau. Dès que j’ouvre la porte, entre immédiatement.

— …D’accord.

Fonia s’approcha de la porte. Sur sa poitrine… se trouvait une sorte d’artefact magique magique. Celui-ci émit un bref éclat, la porte s’entrouvrit lentement, et Konoe fit un pas en avant.

— zxcvbnm,. /llesjqwercchuio,mv

À cet instant, un bruit semblable à du verre que l’on broie assaillit ses tympans.

Un raz-de-marée de matière visqueuse noir violacé déferla vers lui.

 

error: Pas touche !!