HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 2 PARTIE 6

Demande d’enquête (6)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Après avoir contemplé le paysage pendant un moment, Konoe et Telnerica quittèrent la salle de transfert. Deux silhouettes familières les attendaient.

— Bienvenue. Nous sommes heureuses que vous ayez pu venir.

— Nous vous souhaitons la bienvenue.

Colette et Elenica, les jumelles Dragonniennes aux couleurs émeraude, les accueillirent et leur firent signe de les suivre. Dans le bureau situé à côté de la salle de transfert, Konoe et Telnerica accomplirent les formalités d’arrivée et remirent leurs documents.

Une fois cela terminé, on leur annonça que Fonia allait maintenant leur expliquer les détails de la requête. Ils pénétrèrent dans le château d’Archinolca, qui jouxtait le complexe de transfert.

— Ah, vous voilà tous les deux. Bonjour.

— …Melmina.

Une voix les interpella. C’était Melmina, qui leur faisait signe depuis un couloir du château. Elle échangea quelques mots avec eux, leur demanda s’ils souffraient du mal de transfert et leur rappela de garder une veste à portée de main, car la température en montagne pouvait changer rapidement.

— Konoe, tu vas voir Fonia, n’est-ce pas ? Alors, je vais m’occuper de Telnerica.

— …Merci.

— Je m’en remets à toi, Melmina.

Telnerica rejoignit Melmina, qui l’accueillit. Tout se déroulait comme prévu. Rassuré de savoir Melmina présente, Konoe se retourna et suivit les deux Dragonniennes plus profondément dans le château.

— Hein ? C’est quoi, cette montagne de paperasse ?

— Héhé, bienvenue, Telnerica. Je t’accueille de tout mon cœur.

— Attends, tout ça, c’est à toi, Melmina…? Hé, lâche-moi ! Ne m’attrape pas le bras !

— Héhé, tu ne t’échapperas pas.

Tout en marchant, Konoe entendit cet échange derrière lui.

Est-ce qu’elle va s’en sortir ? Un peu inquiet, Konoe ne pouvait cependant pas se permettre de se laisser distancer par ses guides. Il jeta encore quelques regards derrière lui avant de suivre les deux silhouettes qui le précédaient.


◆

Konoe monta à travers le château. Une fois encore, l’intérieur était assez inhabituel. Ce qui était si étrange, c’était que le sol, les murs et le plafond étaient tous faits du même matériau. Même couleur, même éclat. Pourtant, l’ensemble était richement orné, et même les candélabres qui soutenaient les torches étaient taillés dans cette même roche.

Un château directement creusé dans la montagne, hein.

En contemplant le château, qui constituait à lui seul une véritable œuvre d’art, Konoe se rappela quelque chose qu’il avait appris plus de dix ans auparavant.

Quelque chose à propos des Dragoniens. De leur biologie particulière, qui contrastait fortement avec leur nature robuste. S’ils vivaient dans une région située à une telle altitude, ce n’était ni pour l’apparence ni par simple caprice…

— Au fait, maître Konoe. Pouvons-nous vous poser une question ?

— Il y a quelque chose qui nous intrigue beaucoup toutes les deux…

— …Hm ?

Colette et Elenica venaient de prendre la parole, avec une légère hésitation.

— Euh, est-ce que vous et notre grande sœur, Dame Fonia, passiez beaucoup de temps ensemble lorsque vous étiez encore en formation ?

— Oui ! Comme nous sommes nous aussi en formation et les prochaines « Next », nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander quelle relation vous entreteniez…!

…Hein ? Passer du temps ensemble ? Avec Fonia ? De quoi parlent-elles ?

Konoe fut surpris. Il n’en gardait aucun souvenir. Il leur expliqua donc franchement qu’ils n’avaient pratiquement jamais eu affaire l’un à l’autre.

— Hein ? Vous n’aviez pratiquement aucun contact ? Mais Dame Fonia…

— C’est vraiment vrai ? Pourtant, pendant les négociations…

Les deux jeunes filles s’arrêtèrent et se regardèrent avec stupéfaction.

…Les négociations ?

— Euh, normalement, il serait impensable que Dame Fonia s’occupe elle-même des négociations de transfert, expliqua l’une d’elles.

— O-Oui… C’est peut-être un peu irrespectueux de dire ça, mais… chacun a ses propres domaines de compétence…

Elles lui expliquèrent qu’il existait des négociateurs professionnels chargés de ce genre d’affaires. Mais cette fois, Fonia avait insisté et, comme Konoe était un candidat issu de la même promotion qu’elle, on lui en avait confié la responsabilité.

— Vous êtes sûr ? Il ne s’est vraiment rien passé ? demandèrent-elles, déconcertées.

Konoe était tout aussi perplexe qu’elles.

Même si elles lui posaient la question, il ne se souvenait pas avoir jamais parlé à Fonia, à l’exception de cette nuit-là…


◆

— Bienvenue, Konoe. J’espère que notre coopération sera fructueuse.

— …Ah, oui. Idem.

Ils arrivèrent enfin auprès de Fonia. La salle de réception dans laquelle on le conduisit était couverte de protections magiques, probablement destinées à préserver la confidentialité. Konoe fut invité à s’asseoir, puis ils échangèrent les politesses habituelles.

— Maintenant, concernant les détails de cette enquête.

Il se mit aussitôt à écouter les explications de Fonia. Son visage était impassible, son ton neutre.

— La zone à examiner s’étend d’ici jusqu’à…

Les questions des jumelles lui restaient encore en tête, mais il les repoussa pour se concentrer sur les paroles de Fonia. Aussi intrigué soit-il, il était hors de question pour lui d’écouter à moigiz les explications concernant une mission.

À mesure qu’il l’écoutait, il se plongea dans les détails et, avant même de s’en rendre compte, leur conversation de tout à l’heure lui était sortie de l’esprit…

— Voilà qui conclut les explications. Nous mènerons cette enquête tous les deux. Nous commencerons demain, tôt le matin. Des questions ?

— …Oui, j’ai compris. Aucun problème.

— Quelques minutes plus tard, Konoe avait fini de vérifier les détails de la mission sans rencontrer le moindre problème. Leur entretien était donc terminé. Après un « à demain pour la mission », Konoe se leva.

— …Konoe, attends.

— …?

Mais à cet instant, Fonia le retint. Exactement comme à la fin de leur dernière entrevue. Brusquement.

— Dis, toi… tu te souviens de ce jour-là, il y a quinze ans ?

— …Hein ?

La voix de Fonia. Une question posée d’un ton neutre, dépourvu d’émotion. Pendant un instant, Konoe ne sut quoi répondre.

— …Je m’en souviens.

— Vraiment ?

— …Oui. Tu m’avais dit que nous étions aux antipodes.

Cette unique conversation, ce jour-là. Quinze ans auparavant. Mais même Konoe se souvenait de ces larmes.

— Je vois. Autre chose ?

— …Hein ? Autre chose ?

— Nous nous sommes fait une promesse.

— Une promesse ?

Maintenant qu’elle le mentionnait, ce mot lui évoquait effectivement un vague souvenir.

S’il se souvenait bien… c’était juste après qu’elle lui avait dit qu’ils étaient aux antipodes.

— Si jamais tu… parviens à obtenir la chose…

Oui. C’étaient bien ces mots. Mais il n’avait pas vraiment compris ce qu’ils signifiaient…

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆

— Konoe. On se fait une promesse ?

— …Une promesse ?

À l’époque, à l’entrée du terrain d’entraînement, la femme aux cheveux bleus lui avait parlé en lui tournant le dos, la voix légèrement rauque.

— Oui, une promesse. Si jamais tu… parviens à obtenir la chose… alors je veux que tu me l’apprennes. Je le veux, moi aussi.

Oui. C’est bien ce qu’elle avait dit.

« Tu me l’apprendras », lui avait-elle demandé, le dos paraissant si frêle qu’elle semblait pouvoir disparaître à tout instant.

— …?

Mais Konoe n’avait pas compris ce qu’elle voulait dire. Ni ce qu’elle entendait par « l’obtenir », ni pourquoi elle lui demandait de « lui apprendre », ni même ce qu’elle avait voulu dire avant cela en affirmant qu’ils étaient aux antipodes.

Il n’avait rien compris… mais la tristesse qui émanait d’elle l’avait empêché de dire quoi que ce soit.

— S’il te plaît. En échange… je t’aiderai à l’obtenir.

— …Tu vas m’aider ?

— Oui… J’en suis certaine. Je ferai de mon mieux pour m’y préparer. Tu peux t’en réjouir…

 

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆

Des paroles qui auraient laissé le Konoe de l’époque perplexe, tout comme elles laissaient perplexe celui d’aujourd’hui. Les larmes et les mots prononcés à cet instant avaient été si marquants que toutes ses autres impressions s’étaient effacées.

— Tu l’as obtenu. Cet éclat doré.

— Hein ?

— Et j’ai essayé de tenir ma promesse.

— …Quoi ?

— La proposition. Je t’ai aidé à l’obtenir.

…??

Un point d’interrogation sembla flotter au-dessus de la tête de Konoe. Mais tandis que Fonia le fixait droit dans les yeux, il repassa ses paroles dans son esprit, tentant de les remettre en ordre.

Attends. C’est donc ce que ces mots voulaient dire à l’époque ?

— Dis, Konoe.

Fonia le regardait avec son habituelle expression impassible. Elle s’adressa à lui d’une voix monocorde. La belle jeune Dragonnienne aux cheveux bleus posa sur lui ses yeux semblables à des joyaux, dénués de toute émotion.

— M’apprendras-tu ce qu’est l’Or ?

Tandis que Konoe restait figé, Fonia lui posa cette question d’une voix calme



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