HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 2 PARTIE 4

Demande d’enquête (4)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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En bref, il semblait que les deux jeunes femmes étaient devenues amies.

— Nous avons fait connaissance.

— Oui, nous avons fait connaissance.

Konoe cligna plusieurs fois des yeux devant les deux jeunes femmes qui souriaient côte à côte.

Quand ? À l’instant. Où ? Juste là-bas.

— …?

Konoe cligna encore et encore des yeux. Il ne parvenait pas vraiment à déterminer d’où venait sa confusion. Peut-être était-ce parce que, même si elles étaient assises ensemble et souriaient, leurs sourires lui semblaient subtilement différents de d’habitude. Ou peut-être que l’idée de devenir ami avec quelqu’un qu’on venait tout juste de rencontrer, là-bas, dépassait tout simplement son imagination. Ou alors… son intuition d’Adepte essayait de lui souffler quelque chose.

— …? C’est… vrai ?

— C’est vrai.

— Oui.

— Je vois.

Quoi qu’il en soit, Konoe, bien qu’un peu déconcerté, se contenta d’acquiescer.

Qu’elles aient fait connaissance ou non ne le regardait pas.

— Oh, au fait, Konoe, tu vas à Archinolca, n’est-ce pas ?

— Hein ? Ah, oui.

— Moi aussi, j’y vais. Et puisque nous avons fait connaissance, je protégerai Telnerica pour toi. Ça veut dire qu’elle peut venir avec nous, non ?

— …

Konoe se tut, tentant d’assimiler toutes ces informations qui venaient soudainement de lui tomber dessus.

…Il n’y a aucun problème avec ça, pensa-t-il. En fait, ça m’arrange énormément.

Melmina était libre de se rendre à Archinolca si elle le souhaitait, et si elle acceptait de protéger Telnerica, Konoe pourrait avoir l’esprit tranquille. Melmina était incroyablement fiable.

Ça, Konoe le savait parfaitement.

— …

Cependant, une inquiétude lui vint à l’esprit.

— …Melmina, tu es sûre ? Et tes recherches sur l’élixir ?

Il parlait de sa sœur. Elle rassemblait des matériaux afin de lui créer un nouveau corps. Pouvait-elle vraiment se permettre de mettre tout cela en suspens ?

— Héhé, bien sûr que oui. En fait, ce voyage a justement un rapport avec mes recherches.

— …Hein ?

— J’ai terminé d’analyser les données il y a déjà un moment. J’y ai passé toute une nuit blanche. Et grâce à ça, j’ai découvert que l’extraction des pierres de miasme à Archinolca stagnait.

Melmina bomba fièrement le torse.

Apparemment, six mois plus tôt, l’une des voies d’extraction des Pierres de Miasme à l’intérieur d’un donjon d’Archinolca s’était effondrée et était devenue inutilisable à cause des monstres.

Cependant, à la suite de la catastrophe précédente, leurs effectifs d’Adeptes et de chevaliers avaient diminué, et ils n’avaient toujours pas réussi à sécuriser une nouvelle voie.

— Ils sont vraiment en sous-effectif là-bas. J’en viendrais presque à les plaindre… Alors, je leur ai proposé mes services. En échange de la découverte d’une nouvelle voie, ils ont promis de me céder une partie des pierres de miasme. Avec mes capacités, en trouver une ne sera pas difficile.

— …Je vois.

— Je compte aussi mettre un pied dans leur réseau de distribution… Héhéhé, normalement, il est impossible pour une nouvelle venue de pénétrer le marché des pierres de miasme, tu sais ?

Melmina ouvrit son sac.

— J’ai déjà fait signer les contrats hier soir !

L’air incroyablement satisfaite, elle montra à Konoe une liasse de documents.

L’épaisse pile de feuilles était remplie à ras bord d’un jargon complexe. C’était l’équivalent, dans ce monde, des « Partie A » et « Partie B ». Konoe n’y comprenait absolument rien. Tout ce qu’il parvint à dire fut :

— C’est impressionnant.

— Enfin, ce n’est pas comme s’il n’y avait aucun problème. J’ai l’impression que je vais être ensevelie sous la paperasse. Je ne peux pas vraiment emmener beaucoup de mes subordonnés avec moi hors du pays.

Le visage de Melmina s’assombrit…

— Ah, j’imagine. Archinolca est réputé pour ses montagnes de paperasse, murmura Telnerica à côté d’elle.

Elle jeta un coup d’œil au contenu du sac et poussa un léger soupir, comme si ses soupçons venaient d’être confirmés. Melmina la regarda avec surprise.

— Telnerica, tu t’y connais dans ce genre de choses ?

— Je ne dirais pas que je suis une experte, mais ma famille, les Seika, faisait affaire avec d’autres nations. Si tu veux, je peux te donner un coup de main ?

— Quoi ? Vraiment ? Je te paierai, bien sûr.

— Oui, eh bien… Je me sentirais un peu mal à l’aise de me contenter d’être protégée pendant l’absence de Maître Konoe.

— Dans ce cas…

Et c’est ainsi que les deux jeunes femmes se mirent à discuter des détails, échangeant des termes techniques.

Konoe les observa, impressionné par tout cela.

 

◆

Le lendemain, les préparatifs pour le voyage à Archinolca commencèrent.

La mission devait durer une dizaine de jours. Pour un Adepte, ce n’était pas particulièrement long, mais puisqu’ils se rendaient dans un autre pays, ils ne pouvaient pas voyager aussi léger que d’habitude. Il leur fallait se préparer convenablement. De plus…

— Maître Konoe, merci de m’aider aussi avec mes affaires.

— …Ce n’est rien. C’est nécessaire.

Telnerica, qui allait désormais les accompagner, devait elle aussi se préparer pour le voyage.

Ce jour-là, Konoe et Telnerica partirent donc faire leurs achats dès le matin.

Les villes de ce monde ne possédaient pas de grands établissements commerciaux tels que des grands magasins. Tous deux parcoururent la rue principale, entrant dans les boutiques les unes après les autres pour acheter ce dont ils avaient besoin : nourriture et eau en cas d’urgence, chaussures, vêtements de pluie, etc.

De plus, comme Telnerica n’avait rien pu emporter de son pays natal, elle ne possédait que des vêtements adaptés à la saison actuelle. Archinolca étant un pays situé en altitude, dans les montagnes, elle aurait besoin de vêtements plus épais et d’une tenue d’hiver…

— Que pensez-vous de cette tenue ?

— Elle… Je pense qu’elle te va bien.

— Ehéhé, je suis contente. Alors, je vais prendre celle-ci.

Dans une boutique de vêtements, ils eurent une conversation des plus ordinaires tout en regardant les tenues.

Quant à la tenue en question, elle était mignonne et semblait facile à porter. Konoe ne s’y connaissait pas en mode, c’était donc tout ce qu’il pouvait en dire. Il ne savait pas comment la complimenter autrement, alors il se contenta de lui dire qu’elle lui allait bien.

Mais même face à un compliment aussi simple, Telnerica rougit de bonheur et fit un petit tour sur elle-même. Konoe, légèrement embarrassé, détourna le regard…

— B-Bon, je crois qu’on a tout. Maintenant, allons te chercher un sac.

— M-Merci beaucoup.

— Pour finir, ils se rendirent dans une boutique d’objets magiques afin d’acheter un sac dont l’intérieur était agrandi grâce à la magie spatiale. C’était un objet indispensable à tout voyageur dans ce monde, et ils examinèrent plusieurs modèles.

— S’il peut contenir autant de choses, ce serait une excellente occasion d’acheter des souvenirs pour tout le monde à Sylmenia sur le chemin du retour.

— Des souvenirs…?

Alors que Telnerica tapotait l’intérieur du sac, Konoe se surprit à répéter ses paroles.

 

◆

Les préparatifs se poursuivirent. Après les achats, l’étape suivante consistait à se rendre à l’Académie afin d’accomplir les formalités nécessaires pour quitter le pays.

En raison de leurs capacités au combat, les Adeptes étaient à la fois les bienvenus et étroitement surveillés lorsqu’ils franchissaient les frontières. Les formalités étaient nombreuses et prenaient beaucoup de temps.

— …?

Ainsi, avec un point d’interrogation flottant constamment au-dessus de sa tête, Konoe remplit les documents nécessaires pour les deux pays au bureau de l’Académie, avec l’aide d’un membre du personnel. Les formulaires étaient si complexes qu’ils semblaient écrits dans une autre langue…

— …??

Soit dit en passant, dans ce monde, il n’existait aucune différence de langue entre les pays. Tout était unifié sous la langue du Divin. Cela s’expliquait par l’existence d’un divinité du Langage, dont toute l’humanité recevait la bénédiction. Celle-ci était distincte des bénédictions propres à chaque individu et ne pouvait être révoquée, même si quelqu’un rompait son serment divin. Le terme technique pour la désigner était « Bénédiction de Base ».

Les personnes venues d’autres mondes recevaient elles aussi cette bénédiction dès leur arrivée dans ce monde. Konoe pouvait ainsi parler et lire comme s’il s’agissait du japonais. Il n’existait donc aucune barrière linguistique entre les habitants, comme si ce monde avait été frappé par la chute de la Tour de Babel des mythes de la Terre.

 

◆

— …???

— Ce sera tout pour aujourd’hui, maître Konoe. Nous nous occuperons du reste des formalités.

— …Merci.

Peu après, Konoe acheva toutes les démarches et quitta le bureau.

Libéré de toute cette paperasse, il parcourut le couloir avec une certaine sensation de légèreté…

— …?

C’est alors qu’il le sentit. Un regard.

Un regard empreint d’une volonté puissante.

【…】

Se demandant ce que c’était, il tourna les yeux dans cette direction et aperçut une silhouette d’un blanc immaculé.

La divinité l’observait depuis derrière un pilier, la moitié du corps dissimulée, le regard intensément fixé sur Konoe.

 

 

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