HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 2 PARTIE 2
Demande d’enquête (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Le formulaire de requête envoyé par Archinolca exposait les détails de la mission de la manière la plus succincte possible.
Le nom de la requête, le montant de la récompense et sa durée. Quant aux détails confidentiels, il était seulement indiqué qu’ils souhaitaient en discuter à l’Académie.
Une demande d’enquête sur la Région Scellée ?
Le lendemain matin. Alors qu’il franchissait les portes de l’Académie, Konoe s’interrogeait. Lorsqu’il pensait au sceau d’Archinolca, c’était celui du Roi-Démon qui lui venait à l’esprit, mais en quoi pouvait bien consister une enquête à son sujet ?
— …Hm.
Konoe remarqua quelque chose.
Deux silhouettes vêtues de vert se tenaient à l’entrée de l’Académie. Ces deux personnes étaient…
— Nous vous attendions, Maître Konoe.
— Merci d’avoir fait le déplacement.
— C’étaient les jeunes Dragoniennes qui, avant-hier encore, avaient appelé Fonia « Grande sœur ».
Les deux jeunes filles, qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et étaient peut-être jumelles, accueillirent Konoe à l’entrée de l’Académie.
— Nous allons immédiatement vous conduire auprès de notre maîtresse.
— Par ici, je vous prie.
Guidé par les deux jeunes filles, Konoe traversa l’Académie.
…Il éprouvait une légère sensation d’étrangeté à se faire guider dans ces lieux qu’il connaissait pourtant bien, mais il les suivit.
… Hm ? Cette couleur.
Son regard fut alors attiré par la couleur de leurs cornes et de leurs ailes.
Konoe avait l’impression d’avoir déjà vu cette teinte émeraude quelque part.
…Mais il ne parvenait pas à se rappeler où.
— …Hum ? Maître Konoe ?
— Quelque chose chez nous vous intrigue ?
— …Ah, non… Toutes mes excuses.
Les deux jeunes filles s’étaient retournées pour l’interroger. Konoe se rendit compte qu’il les fixait avec insistance, s’excusa précipitamment et leur en expliqua la raison.
— …Oh là là.
— …Vous vous souvenez de nous !?
Toutes deux portèrent une main à leur bouche, surprises. L’une sourit doucement tandis que l’autre éclata d’un rire joyeux.
Elles s’arrêtèrent et se tournèrent de nouveau vers Konoe.
— Dans ce cas, puisque vous avez eu la gentillesse de nous adresser la parole, permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Colette.
— Et moi, je suis Erenica ! Nous sommes toutes les deux inscrites à l’Académie en tant que candidates au titre d’Adepte !
Des candidates. Ah, Konoe se souvenait.
Quelque temps auparavant, l’Instructrice lui avait demandé de faire une démonstration de techniques de combat devant les candidats nouvellement inscrits. Il lui semblait qu’elles étaient présentes ce jour-là. Les Dragoniens étant rares, elles avaient dû lui rester en mémoire.
— Le combat d’entraînement entre vous et l’Instructrice auquel nous avons assisté était vraiment magnifique… Nous en avons été profondément émues.
— Oui ! Nous autres, les nouveaux élèves, rêvions tous de pouvoir nous battre comme vous !
— …Haha.
Un combat d’entraînement.
Un combat d’entraînement, hein.
Konoe ne put retenir un rire sec. De son point de vue, il avait plutôt eu l’impression de se faire battre à sens unique sans parvenir à placer la moindre contre-attaque. Enfin, elles n’avaient sans doute pas pu distinguer les détails du combat, se dit-il.
Malgré tout, ces compliments sincères le gênaient un peu. Juste un peu. Après tout, c’était la première fois que des cadettes s’adressaient ainsi à Konoe.
— Si le destin nous en donne l’occasion, nous espérons que vous accepterez de nous prodiguer quelques conseils.
— Oui ! Bien sûr, seulement si cela ne vous dérange pas… Nous sommes les « Next », alors nous devons devenir plus fortes le plus vite possible !
…? Les Next ?
Konoe en fut quelque peu intrigué… mais face à l’enthousiasme des deux jeunes filles qui s’inclinèrent devant lui, il se retrouva si décontenancé à chercher quoi leur répondre que la question lui sortit de l’esprit.
◆
— Et quelques minutes plus tard.
Konoe et les jumelles arrivèrent à destination : la salle de réception.
— Je suis désolée de t’avoir fait venir, Konoe.
— …Ce n’est rien.
Fonia était assise dans un fauteuil avec son habituelle dignité. Konoe hésita légèrement devant le fauteuil de la salle de réception, qui semblait incroyablement coûteux, puis s’assit face à elle.
Fonia le salua brièvement.
— Bien, parlons. J’ai une requête à te confier. Ah, laisse-moi préciser une chose avant tout : elle n’est pas totalement sans rapport avec les négociations concernant ton transfert, mais il s’agit fondamentalement d’une affaire distincte.
Une affaire distincte ?
Voyant Konoe pencher la tête, Fonia lui expliqua que la plupart des nouveaux Adeptes acceptaient cette requête.
— …La plupart des Adeptes ?
— Oui. Cette requête est à ce point importante. Il s’agit d’enquêter sur la Région Scellée, autrement dit… d’enquêter sur le Roi-Démon. Nous souhaitons que tu vérifies s’il est possible de tuer le Roi-Démon immortel qui y est scellé. Tel est l’objectif de cette requête.
◆
Autrefois, il y a mille ans. Il existait un Roi-Démon que nul ne pouvait tuer. Le Roi-Démon immortel, détenteur de l’Autorité de Résurrection.
Un mal informe que même toute la sagesse du monde de l’époque réunie n’avait pu tuer. Un monstre qui n’avait pu être scellé qu’au prix d’immenses sacrifices.
Le sceau, dont la création aurait nécessité des richesses et un temps considérables, la grande barrière connue sous le nom de Barrière des Séraphins, retenait encore aujourd’hui le Roi-Démon prisonnier dans les profondeurs d’Archinolca.
Et depuis très, très longtemps, Archinolca continuait de veiller sur ce sceau…
— Mais nous n’avons jamais renoncé à le vaincre.
Fonia lui expliqua. Ils n’avaient pas abandonné, ils avaient continué à espérer.
— Nous étions convaincus qu’un jour, dans le futur, quelqu’un parviendrait à tuer le Roi-Démon. Nous espérions que quelqu’un éveillerait une Magie Unique capable de tuer cet immortel.
— C’est pourquoi…
— Nous demandons à chaque nouvel Adepte d’affronter une fois le Roi-Démon. Et de mettre son pouvoir à l’épreuve. Nous perpétuons cette pratique depuis mille ans.
— …
— Alors, si possible, j’aimerais que tu essaies. …Ah, ne t’inquiète pas, il n’y a pratiquement aucun danger. La Région scellée est saturée de Miasme à une concentration extrême, mais cela ne représente aucun problème pour un Adepte. Et le Roi-Démon lui-même n’a jamais été particulièrement redoutable au combat : sa véritable force réside dans sa capacité à corrompre et à ressusciter.
— …
— Je t’en prie, pour le bien de ce monde, murmura Fonia.
Konoe réfléchit un instant avant de s’adresser à elle.
— …Je comprends la situation. Cependant…
— …?
— Je pense que tu le sais déjà, mais je ne peux pas utiliser de Magie Unique.
C’était là le problème.
Ils demandaient aux nouveaux Adeptes de tester leur Magie Unique sur le Roi-Démon… mais Konoe ne possédait tout simplement aucune Magie Unique. Il pensait donc n’avoir aucun pouvoir à mettre à l’épreuve.
— Non. Cela n’a aucune importance.
— …Hein ?
— Nous adressons cette requête même aux Adeptes dont la Magie Unique n’est pas adaptée pour venir à bout d’un être immortel.
Fonia cita Melmina en exemple. Elle aussi avait reçu cette requête dix ans plus tôt.
— Comme tu le sais, sa magie est la Clairvoyance. Normalement, elle n’aurait aucun moyen d’y parvenir.
— …C’est vrai.
— Pourtant, nous lui avons tout de même confié cette mission, car nous pensions qu’elle pourrait découvrir quelque chose.
Des personnes différentes, des points de vue différents, des capacités différentes. Peut-être y avait-il quelque chose à découvrir. Peut-être que quelqu’un remarquerait quelque chose.
Fonia expliqua que c’était dans cet espoir qu’ils adressaient cette requête à tous les Adeptes.
— Alors, je veux que tu essaies, toi aussi.
— …Compris. Si tu le présentes ainsi.
Si la Magie Unique n’était pas nécessaire, Konoe n’avait aucune raison de refuser et acquiesça.
— Merci. Et, si possible…
Fonia marqua une pause pour reprendre son souffle.
— J’aimerais que cette mission te permette de découvrir Archinolca.
— …C’est…
— Et Archinolca souhaite également en apprendre davantage sur toi. C’est pour cela que je t’ai dit que cette affaire n’était pas sans rapport avec les négociations.
— …
— J’espère que nous pourrons apprendre à mieux nous connaître, ajouta Fonia.
◆
Après une courte discussion, Konoe se leva. Il prit les documents qu’on lui avait remis et s’apprêtait à partir.
— Konoe, puis-je te demander une dernière chose ?
— …?
Mais au moment où il fit un pas vers la porte, Fonia l’appela par son nom. Il se retourna et vit Fonia le fixer intensément, ses yeux bleus croisant ceux de Konoe.
Puis…
— Konoe, tu en as fini avec ça ?
— …Hein ?
— Tu en as fini avec le harem ?
Fonia lui posa cette question. Elle voulait savoir s’il en avait fini avec son ancien souhait.
Brisant son masque impassible, elle plissa très légèrement les yeux…
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Face à elle, Konoe se souvint de cette nuit-là.
— Hé, Konoe.
Quinze ans plus tôt, en pleine nuit. Sur le terrain d’entraînement extérieur. Sous la pâle lueur bleutée de la nuit, éclairée uniquement par le clair de lune.
Brisant son masque impassible habituel, les yeux légèrement plissés et humides, elle avait regardé Konoe.
— Nous sommes probablement aux antipodes l’un de l’autre.
◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇
Un bref échange. La seule conversation qu’ils avaient eue en dix ans.
Le passage du temps avait rendu ce souvenir vague, mais Konoe se souvenait de l’unique larme qu’elle avait versée.
— Konoe ? Tu en as fini avec ça ?
— …Ah, oui. J’en ai fini avec ça.
Bien que déconcerté par la question, Konoe répondit avec sincérité.
Il en avait fini. Il avait le sentiment d’en avoir fini. Parce que Konoe connaissait désormais la chaleur, connaissait ce feu intérieur.
— Je vois. Je comprends.
Fonia se contenta de fixer Konoe, le visage impassible.
Puis, soudain, elle lui tourna le dos.
— …
Konoe cligna plusieurs fois des yeux en regardant son dos… puis, sans rien dire, se remit en marche.
Il quitta simplement la pièce.
— Tu as fini par obtenir la chose, n’est-ce pas ?
Juste avant de sortir, Konoe crut entendre faiblement une voix.