HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 1 PARTIE 4

Une journée à l’académie (4)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Un être qui, tout en étant humain, possédait la puissance d’un dragon. Un être qui, tout en étant humain, dépassait les limites de l’humanité.

Les Dragoniens.

Une espèce d’une rareté exceptionnelle, même dans cet autre monde, reconnaissable à ses magnifiques cornes et à ses ailes.

Pour un Terrien, toutes les autres races étaient particulières, mais les Dragoniens l’étaient même aux yeux des habitants de ce monde. Leur rareté, ils n’étaient qu’environ dix mille dans le monde entier, et, plus encore, leur puissance dépassant le cadre de l’humain. On disait que, dès la naissance, leur corps robuste et leur immense pouvoir magique surpassaient sans difficulté ceux des guerriers ordinaires.

Les Dragoniens étaient des êtres alliant l’éclat des joyaux à une puissance redoutable.

— Cela faisait longtemps, Konoe. Melmina.

Et la représentante de la royauté de ce peuple draconique n’était autre que Fonia Archinolca, qui se tenait devant Konoe.

Sa voix était calme, presque un murmure. Elle n’était jamais forte, et pourtant, elle parvenait distinctement aux oreilles. Une voix étrange.

— Oui, cela faisait longtemps.

— …Ah, en effet, cela faisait un moment.

Avec un léger temps de retard sur Melmina, Konoe lui rendit son salut et regarda la princesse, Fonia, qui venait d’apparaître. Elle portait une robe bleue d’un style exotique, richement ornée.

Ses cornes et ses ailes scintillaient sous la lumière.  Elle avait de longs cheveux d’un bleu profond et des yeux bleus lumineux. Dans ses bras, dissimulé sous les manches amples de sa robe, elle tenait quelque chose de blanc.

— Konoe.

— …?

Soudain, Fonia l’appela par son nom. Puis elle fit un pas dans sa direction.

Le bruit de ses chaussures résonna, et l’instant d’après, elle se trouvait juste devant lui.

…Cette soudaine proximité.

Konoe, peu à l’aise en société et ayant tendance à fuir les femmes d’une beauté exceptionnelle, fut à deux doigts de prendre la fuite.

— Tiens, prends ceci.

— …Hein ?

Sur ces quelques mots, elle lui tendit le paquet blanc qu’elle tenait dans ses bras… ou plutôt une pile de feuilles.

— Konoe, regarde.

Regarder ? Ces feuilles ?

Tout en se demandant de quoi il pouvait bien s’agir, Konoe prit la pile comme elle le lui avait demandé. Il saisit la première feuille. Le papier était assez épais et semblait plié en deux.

Il l’ouvrit…

— …?

À l’intérieur se trouvaient de petits caractères… ainsi qu’une photographie d’une femme.

Une photographie, une technique dont il avait entendu dire qu’elle n’était reproductible que depuis quelques années.

On y voyait une femme vêtue d’une tenue somptueuse. Une Dragonnienne comme Fonia, d’une beauté saisissante qui captait presque toute son attention, souriant avec douceur.

— …Qu’est-ce que c’est ?

— Ça ne te plaît pas ? Alors regarde la suivante.

Ça ne me plaît pas ?

Avant même que Konoe n’ait pu poser la question, Fonia lui dit simplement :

— La suivante.

Et elle lui tendit une deuxième feuille. Il l’ouvrit…

Une autre photographie s’y trouvait. Cette fois, c’était une jeune fille différente. Une Dragonienne magnifiquement vêtue lui adressait un sourire éclatant.

— …??

— La suivante.

Fonia continua ainsi à lui tendre des photographies les unes après les autres. Il y en avait dix au total, et toutes représentaient de magnifiques femmes Dragoniennes.

— …????

— Qu’en penses-tu ? demanda Fonia à un Konoe complètement déconcerté, de sa voix toujours aussi concise.

Et…

Konoe s’en souvint. C’est vrai.

Elle avait toujours parlé ainsi. Elle ouvrait rarement la bouche, et lorsqu’elle le faisait, elle allait toujours droit au but.

…Enfin, Konoe était mal placé pour lui reprocher d’être taciturne.

C’était d’ailleurs pour cette raison que, cette nuit-là, sous le clair de lune… sur le terrain d’entraînement…

— …

Konoe se remémora brièvement la seule fois où il avait eu une conversation avec elle… puis secoua légèrement la tête.

Le passé importait moins que le problème actuel.

Avant tout, qu’étaient donc ces choses qu’elle ne cessait de lui tendre ?

— …Qu’est-ce que c’est, au juste ?

— Des dossiers de mariage.

— …Hein ?

Un… mariage ? Konoe fronça les sourcils, tandis que Fonia penchait la tête. Après quelques secondes, elle acquiesça légèrement.

— Il s’agit d’une proposition de transfert. Si tu établis désormais ta base d’opérations dans la Région autonome d’Archinolca, tu pourras accueillir ces jeunes femmes dans ton harem.

— …Hein ?

 

♦

…Hein ?

Qu’est-ce qu’elle venait de dire ? Konoe resta bouche bée devant la princesse qui se tenait devant lui. Puis…

— Ces jeunes femmes… dit Fonia en pointant du doigt la photographie que Konoe tenait dans les mains, sont les filles des familles qui servent la maison d’Archinolca depuis des générations. Même parmi les Dragoniens, elles possèdent une lignée particulière. En temps normal, elles n’épouseraient jamais un homme d’une autre race.

— …?

— Mais pour te remercier d’avoir protégé les terres et le peuple d’Archinolca, elles se sont portées volontaires pour rejoindre ton harem et te consacrer leur vie.

— …??

Fonia poursuivit son explication d’un ton toujours aussi détaché, exposant à un Konoe totalement perdu une histoire qui semblait avoir avancé sans qu’il en sache le moindre mot.

Elle ajouta qu’il s’agissait de jeunes femmes qui n’avaient jamais envisagé d’autre avenir que le mariage. Certaines auraient même préféré mourir plutôt que de subir le déshonneur.

— Les hommes apprécient ce genre de femmes possédant une lignée aussi noble et rare, n’est-ce pas ?

— ….????

…Sérieusement, de quoi est-ce qu’elle parle ?

Konoe en resta complètement abasourdi.

— Nous devons préserver la lignée, donc toutes, c’est impossible. Mais jusqu’à trois, c’est envisageable. Hmm ? Pourquoi ne dis-tu rien ? Se pourrait-il que tu les veuilles toutes ?

— Non.

Sentant qu’un terrible malentendu était sur le point de prendre une ampleur incontrôlable, Konoe le nia avec la plus grande fermeté.

Et puis, un harem ?  Pourquoi pensait-elle à ça ?

Bon… il est vrai qu’autrefois, il avait rêvé d’en avoir un. C’était un fait. Mais…

— …? Alors… ces jeunes femmes ne te conviennent pas ?

— …Non, ce n’est pas qu’elles ne me conviennent pas, mais…

Il avait l’impression que quelque chose de fondamental avait complètement dérapé. C’est alors que Konoe parvint enfin à retrouver un peu son calme. Restait à savoir par où commencer pour lui expliquer.

— Si la lignée de ces jeunes femmes ne convient pas… alors il ne reste que la famille royale… Tu penserais à… moi ?

— …Hein ?

— …Oui, dans ce cas… ce n’est pas impossible. À certaines conditions.

— …Hein ?

— …Dans ce cas, j’espère que nous nous entendrons comme il le faut… mon mari ?

— …Hein !?

Konoe fut de nouveau plongé dans la confusion par les bombes qu’elle lâchait avec tant de désinvolture. Fonia poursuivit d’une voix neutre et détachée, marmonnant qu’elle n’hériterait pas de la tête de la famille et que, de toute façon, elle avait trois frères cadets…

— Grande sœur, chère grande sœur !

— Grande sœur, attendez un instant !

C’est alors que deux nouvelles voix se firent entendre. Konoe vit deux jeunes filles arriver en trottinant depuis l’angle du couloir. C’étaient des Dragoniennes mais contrairement à Fonia, leurs cornes et leurs ailes étaient vertes. Elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, sans doute des jumelles, et portaient des coiffures et des vêtements similaires.

— Qu’y a-t-il ?

À la question de Fonia, les deux jeunes filles s’approchèrent de chaque côté d’elle et lui murmurèrent quelque chose à l’oreille.

Konoe parvint vaguement à saisir quelques bribes qui se succédaient : « Il y a un problème ! », « Ce n’est pas ce qu’on nous avait dit ! » ou encore « Retournons discuter de la stratégie à adopter ! »

Fonia parut perplexe, puis acquiesça.

— Compris… Je suis désolée, Konoe. Je vais prendre congé pour aujourd’hui.

— …Ah, d’accord.

Sur ces mots, Fonia s’éloigna rapidement.

Konoe regarda sa silhouette disparaître, encore abasourdi.

— … Je vois.

— …Melmina ?

Melmina, qui était restée silencieuse à ses côtés pendant tout ce temps, murmura doucement. Elle avait baissé la tête, si bien que Konoe ne pouvait pas voir son expression.

— Il va vraiment falloir qu’on agisse, nous aussi… murmura Melmina d’une voix légèrement plus grave. Konoe, arrêtons-nous là pour aujourd’hui. Merci de m’avoir aidée, tu m’as rendu un grand service.

— …Hein ? Ah…

— Je te revaudrai ça, c’est promis… Bon, à bientôt.

Sur ces mots, Melmina partit elle aussi d’un pas rapide.

Konoe la regarda s’éloigner, toujours incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Il contempla le couloir désormais vide pendant quelques secondes.

— …Je crois que je vais rentrer, murmura-t-il, étrangement épuisé.

Trop de choses déroutantes et surprenantes venaient de se produire. Dans ces moments-là, le mieux était encore de retourner à l’auberge et de se détendre, songea-t-il en prenant la direction de l’entrée…

— Ah, Konoe, tu tombes bien. Désolée, désolée, je t’ai fait attendre ? Tu es libre maintenant ?

— …Hein ? Professeur ?

L’Instructrice l’interpella au moment même où il atteignait l’entrée.

Elle s’approcha, sa chevelure argentée et duveteuse se balançant au rythme de ses pas… et Konoe se souvint alors de la raison pour laquelle il était venu à l’Académie aujourd’hui.

— …Ah.

L’Instructrice et la lettre arrivée à l’auberge…

Ah, c’est vrai.

C’est l’Instructrice qui m’avait convoqué, se rappela-t-il.

 

 

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