HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 1 PARTIE 2
Une journée à l’académie (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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…Que peut-elle bien me vouloir ?
Konoe réfléchissait tout en gravissant les escaliers de l’Académie.
La lettre était une convocation. Elle ne précisait pas le motif, se contentant de lui demander de se présenter dans les prochains jours. Comme il n’avait rien de particulier de prévu aujourd’hui, il s’y rendait immédiatement.
Ce n’est pas une apparition de donjon, n’est-ce pas ? Si c’était le cas, on me convoquerait sans même me poser la question. … Alors de quoi s’agit-il ?
Y avait-il une raison pour laquelle on pouvait avoir besoin de lui ?
Tout en montant les marches, Konoe continuait à s’interroger.
Il arriva au sommet, salua le gardien, franchit le portail et pénétra dans l’enceinte de l’Académie.
— …?
Hein ?
Konoe remarqua une légère sensation d’inconfort. L’atmosphère de l’Académie semblait un peu agitée. Fébrile, peut-être, ou bourdonnante d’activité. Cela ne donnait toutefois pas l’impression d’un danger. Intrigué, Konoe se dirigea vers l’accueil et demanda que l’on contacte l’Instructrice.
…Après une courte attente, la réponse arriva : elle était occupée et lui demandait de patienter un moment.
…Eh bien, c’est une personne très occupée.
On n’y pouvait rien. Je vais simplement tuer le temps un moment, songea Konoe en se mettant à déambuler dans l’Académie.
Il entra au hasard dans une boutique qui attira son attention et parcourut les rayons…
…Ah, c’est vrai, je commence à manquer de conserves.
Konoe s’arrêta devant une étagère. C’était le rayon de ces célèbres rations de conservation, fades et en forme de briques. Elles se conservaient longtemps, mais elles étaient sèches et avaient un goût de produits chimiques. Malgré cela, Konoe en dépendait depuis des années. Après tout, sans elles, il serait bien embêté en cas d’urgence ou lorsqu’il lui serait difficile de trouver un véritable restaurant.
Il tendit donc la main vers l’étagère…
— …Tu en rachètes encore ? Tu ne pourrais pas manger quelque chose d’un peu plus convenable ?
— …Melmina ?
À cet instant, quelqu’un l’interpella sur le côté avec un soupir.
Lorsqu’il tourna la tête, il aperçut une jeune fille aux cheveux cramoisis portant une pile de documents dans les bras.
Melmina. Une Adepte comme lui, une connaissance de longue date et une camarade avec qui il avait récemment surmonté une bataille… une amie.
Affichant un air exaspéré, elle s’approcha, retira les conserves de la main de Konoe et les reposa sur l’étagère.
Puis… elle sortit un sachet de la sacoche attachée à sa taille.
— Si tu veux des rations, prends plutôt celles-ci.
— …? Qu’est-ce que c’est ?
— …Tu sais que je dirige une société commerçante, n’est-ce pas ? Ce sont des rations de conservation que nous avons développées là-bas. Elles sont bonnes et se conservent tout aussi longtemps. Elles ne sont pas encore en vente au grand public… mais enfin, si tu passes chez moi, je t’en vendrai quand tu voudras.
L’encourageant à y goûter, Melmina lui tendit le sachet. Konoe l’ouvrit, prit une bouchée… puis écarquilla les yeux de surprise. Le goût rappelait celui de pâtisseries et de fruits secs. C’était très proche des barres énergétiques qu’il mangeait autrefois au Japon.
— …C’est délicieux.
Le goût n’avait absolument rien à voir avec celui des rations en forme de briques. Comme il en reprenait instinctivement une bouchée, Melmina lui adressa un sourire.
— Je te l’avais bien dit.
— La prochaine fois, viens me voir directement… Bon, on y va ?
— …Hein ?
— Par ici. Suis-moi.
Melmina tendit la main vers celle de Konoe… mais attrapa finalement la manche de sa veste avant de se mettre à marcher.
— …?! …Me-Melmina ?
— Tu étais simplement en train de te promener, donc tu es libre, non ? Viens un peu avec moi.
Eh bien, je suis libre, songea Konoe. Mais l’accompagner pour faire quoi ?
— En fait, je faisais des recherches aux Archives et j’avais besoin d’un coup de main. Je te revaudrai ça comme il se doit, alors aide-moi.
Melmina sourit en montrant à Konoe la pile de documents qu’elle tenait d’une main. En entendant le mot Archives, Konoe comprit aussitôt et acquiesça.
— Ça ne me dérange pas de t’aider, mais j’attends l’instructrice.
— L’Instructrice ? Je ne sais pas pourquoi elle t’a convoqué, mais je crois qu’elle s’occupe en ce moment d’une visiteuse peu commune.
— …Une visiteuse peu commune ? murmura Konoe.
Melmina tourna alors son regard vers la fenêtre.
— Regarde, là-bas. Tu la vois, n’est-ce pas ?
— …Oui.
Suivant son regard, Konoe observa le couloir du dernier étage, visible au-delà de la fenêtre et de la cour.
Une femme aux cheveux bleus s’y trouvait, avec des cornes et des ailes scintillant comme des joyaux.
♦
Fonia Archinolca.
Konoe connaissait son nom. Des cheveux bleus, des yeux bleus, des cornes bleues et des ailes bleues. Une rare Dragonnienne, et la princesse d’une nation déchue. Le royaume déchu d’Archinolca. Un pays détruit par le Dragon Canopée il y a cent ans. Elle était une descendante de cette famille royale.
— Cela faisait longtemps.
— Pour moi aussi. Cela doit faire dix ans que je ne l’ai pas vue.
Et pour Konoe, elle était également une ancienne camarade de l’Académie. Elle faisait partie de ceux qui étaient entrés à l’Académie vingt-cinq ans plus tôt avec l’objectif de devenir Adepte à ses côtés.
…Pourtant, bien qu’ils aient été de la même promotion, Konoe avait très peu eu l’occasion d’interagir avec elle.
C’était parce qu’elle possédait un talent hors du commun. Elle détenait l’Autorité du Bouclier de la Rupture, capable de repousser tous les phénomènes. Contrairement à Konoe, à qui il avait fallu vingt-cinq ans pour devenir Adepte, elle n’en avait mis que dix.
Leurs capacités étaient donc bien trop différentes et ils ne s’entraînaient presque jamais ensemble. Ainsi, ils n’avaient jamais vraiment discuté. Son caractère taciturne avait sans doute aussi contribué à cette distance. Tout comme Konoe, maladroit en société, elle n’était pas du genre à aller spontanément vers les autres.
— …
Au final, en dix ans, je ne lui ai parlé qu’une seule fois, se rappela Konoe en la regardant.
Elle semblait discuter avec la divinité dans le couloir. Son visage demeurait impassible, tandis que celui de l’être divin affichait une expression grave.
Elle, toujours souriante, c’est rare de la voir avec un visage pareil, songea vaguement Konoe.
…?
À cet instant, toutes deux tournèrent brusquement leur regard vers Konoe.
Avait-il été impoli ?
…Hein ? …La divinité ?
Pour une raison inconnue, l’être divin semblait sous le choc, regardant Konoe, puis la jeune fille à ses côtés, Fonia, avant de reporter de nouveau son regard sur lui. Décontenancée, elle porta une main à sa bouche.
Pourquoi me regarde-t-elle avec une expression pareille ? s’interrogea Konoe.
— …Ah, je vois. C’est donc ça.
— …Melmina ?
— Je me demandais pourquoi elle avait pris la peine de venir jusqu’à l’Académie…
Konoe tourna son regard vers Melmina. Celle-ci poussa un soupir et observa la princesse avec une légère expression de mécontentement.
— …Melmina, qu’est-ce que tu veux dire ?
— Hum ? Eh bien… Ce n’est pas à moi de le dire. Haa…
Elle poussa un nouveau profond soupir. Puis elle tira sur la manche de Konoe et se mit à marcher.
— Allons-y.
Konoe pencha la tête, perplexe… mais la suivit docilement. Elle avançait d’un pas rapide dans le couloir. Bientôt, ils atteignirent son extrémité.
Une grande porte s’y trouvait. Melmina posa immédiatement la main dessus et l’ouvrit lentement.
Au-delà de la porte s’étendait un immense espace agrandi par la Magie Spatiale, dont les murs étaient entièrement couverts d’innombrables bibliothèques.
Les Archives.
L’endroit où étaient rassemblés tous les documents de l’Académie.
Seuls la divinité, les Adeptes et quelques hauts fonctionnaires triés sur le volet étaient autorisés à y entrer. C’était le plus grand dépôt d’informations du pays.
Melmina pénétra dans la pièce avec l’aisance de quelqu’un qui connaissait parfaitement les lieux. Elle déposa la pile de documents qu’elle tenait ainsi que son sac sur un bureau voisin, puis balaya la salle du regard.
— Oui, il n’y a personne, murmura-t-elle.
Puis elle se tourna vers Konoe.
— Dis-moi, Konoe. Maintenant que nous sommes seuls, il y a quelque chose que j’aimerais te demander.
— …?
— Eh bien… As-tu réfléchi à cette promesse ?
Melmina prononça ces mots avec un doux sourire, les joues légèrement rosies.