HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 1 PARTIE 1

Une journée à l’académie (1)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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La cité d’un blanc immaculé où réside la divinité. Le matin se leva une fois de plus sur la capitale, dont les rues étaient bordées de bâtiments en pierre blanche.

Dans l’air frais et légèrement humide du matin, Konoe s’éveilla sur le lit de l’auberge de la capitale. Une faible lumière filtrait par la fenêtre, et il souleva lentement ses paupières…

Et, simultanément, inspecta les alentours.

Le soleil venait à peine de se montrer. Il entendait le chant des oiseaux. Il n’y avait ni Miasme ni monstres. L’air était paisible, dépourvu de toute malveillance ou noirceur. Il pouvait simplement sentir les habitants de la ville commencer à s’animer avec le lever du jour.

…Et la présence de la jeune fille dorée juste à côté de lui.

Elle devait s’être réveillée avant Konoe. Il pouvait entendre ses petits pas légers trottiner tandis qu’elle se déplaçait dans la chambre.

— …

Il n’y avait rien d’anormal. Laissant échapper un léger soupir, Konoe se redressa. Il bâilla doucement puis regarda la rue par la fenêtre voisine. Quelques passants circulaient déjà sur l’artère matinale. Il observait vaguement cette scène lorsque…

— Maître Konoe, c’est Telnerica. Puis-je entrer ?

— Ah, bien sûr.

Peu après, le bruit des coups frappés par la jeune fille résonna dans la chambre, comme chaque matin.

Après qu’il lui eut répondu, elle entra et s’approcha du lit. Elle déposa des vêtements de rechange au chevet, remplaça la carafe d’eau et s’affaira à préparer la chambre. Konoe observa Telnerica aller et venir. Ses cheveux dorés brillaient sous les rayons du soleil.

Cela devait faire une vingtaine de jours qu’ils étaient arrivés dans cette auberge depuis Sylmenia. Si l’on excluait le temps passé dans le village frontalier, c’était une scène qui s’était répétée presque chaque jour.

C’était une routine matinale à laquelle il s’était habitué ; une nouvelle composante de son quotidien. Une normalité simple qui lui réchauffait doucement le cœur.

Il savait déjà ce qui allait suivre. Il s’habillerait, quitterait la chambre, se laverait le visage, puis prendrait son petit-déjeuner avec Telnerica…

— Au fait, Maître Konoe.

— Hum ?

Alors qu’il y pensait, la jeune fille se retourna soudain.

Son expression était…

Hein ?

Elle était différente de d’habitude, un peu espiègle.

— Avez-vous réfléchi à ce dont nous avons parlé l’autre jour ?

— L’autre jour ?

— À propos de mon souhait de vous réveiller, précisa-t-elle.

Son souhait de me réveiller ?

Konoe cligna plusieurs fois des yeux avant de se souvenir.

Ah, oui.

Il se rappelait de cette conversation. C’était avant qu’ils ne partent pour le village frontalier :

— Aujourd’hui aussi, vous vous êtes réveillé avant mon arrivée, Maître.

— Oui. Parfois, j’aimerais réveiller Maître Konoe pendant qu’il dort.

Telnerica avait dit cela à l’époque. Mais Konoe ne comprenait pas vraiment. Il lui avait répondu que c’était impossible, puisqu’il se réveillait toujours lorsqu’une personne s’approchait de lui. Et elle avait alors ajouté :

— Oui, mais même ainsi, faire semblant de dormir reste possible, non ?

— Fufu, peut-être que cela n’a pas de sens mais ça ne veut pas dire que cela n’a pas de valeur.

— Maître Konoe. Peu importe le nombre de fois, des dizaines, des centaines de fois, je viendrai vous réveiller.

Telnerica affichait alors un sourire radieux, les joues légèrement rosies par la joie.

Faire semblant de dormir, si jamais l’envie m’en prenait, hein… ?

À l’époque, Konoe avait simplement penché la tête, perplexe. Il trouvait absurde de faire exprès de dormir uniquement pour se faire réveiller.

Une trentaine de jours s’étaient écoulés depuis lors… et le Konoe d’aujourd’hui pensait exactement la même chose. Il ne pouvait que pencher la tête à nouveau.

— Maître Konoe, qu’en dites-vous…?

— …

Pourtant, même si cela ne devait avoir aucun sens.

Telnerica regardait Konoe avec des yeux débordants d’attente. Le bout de ses doigts était joint devant sa poitrine, et elle ne cessait de jeter des regards dans sa direction. Toute son attitude semblait crier : « J’ai tellement envie de le faire ». Même Konoe pouvait le comprendre.

…Alors, après une brève hésitation, sans vraiment savoir pourquoi…

— Eh bien, puisque tu y tiens tant… Pourquoi ne pas essayer une fois ?

— Oui ! Oui !!

Ce n’est pas grave. Konoe se dit que si Telnerica en avait tellement envie, cela devait être acceptable.

— Alors faisons-le immédiatement, tout de suite !

— …Hein ? Tout de suite ?

— Oui ! Tout de suite !

Pas demain ?

Avant même qu’il puisse poser la question, Telnerica déposa les affaires qu’elle tenait sur un bureau voisin. Puis elle annonça qu’elle reviendrait dans trente secondes avant de quitter la chambre en refermant la porte derrière elle.

— …

Konoe cligna plusieurs fois des yeux face à son enthousiasme… mais puisqu’elle avait parlé de trente secondes, il s’allongea sans trop réfléchir et ferma les yeux.

…Une seconde passa, puis une autre.

Les yeux clos, il pouvait entendre le tic-tac d’une horloge au loin. Le pendule se balançait, tandis que l’aiguille des secondes marquait l’écoulement du temps.

— Maître Konoe, excusez-moi.

Exactement trente secondes plus tard, après avoir frappé à la porte, Telnerica entra dans la chambre. En voyant Konoe allongé, elle sembla ravie et laissa échapper un petit son de bonheur.

Sa présence glissa jusqu’au bord du lit. Elle s’approcha à quelques dizaines de centimètres à peine, puis se pencha au-dessus de lui…

Une fragrance florale.

— Maître Konoe, c’est le matin~

— …

— Réveillez-vous~, je vous prie~, murmura-t-elle.

Sa voix lui chatouilla l’oreille, tout près de lui. Tout en l’appelant par son nom, Telnerica tendit doucement les deux mains.

Le bout de ses doigts, puis ses paumes, vinrent se poser sur l’épaule de Konoe.

Une légère pression s’exerça et son corps fut doucement secoué.

 — Maître Konoe… ehehe, Maître Konoe… Fufufu, Hihihi…

Telnerica appelait son nom d’une voix pleine de joie et de bonheur. Son corps se balançait lentement. Le rythme était régulier et apaisant.

— …

Puis, soudainement, une odeur de farine cuite effleura son nez.

L’odeur du pain. Celle des œufs et de la soupe également. Le petit-déjeuner que Telnerica préparait chaque matin.

— Maître Konoe, fufu, Maître Konoe. C’est le matin~

— …Nn.

Dans cette atmosphère douce et chaleureuse, Konoe ouvrit lentement les yeux.

Juste à côté de lui, une paire d’yeux bleus l’observait. Sa chevelure dorée ondoyante brillait, translucide sous la lumière du soleil.

— Bonjour, Maître Konoe.

— …Ah.

« Quelle belle journée aujourd’hui encore. » C’est ce que semblait dire son expression. La jeune fille souriait, les joues légèrement rosies, les yeux plissés avec douceur. Après avoir contemplé ce sourire d’aussi près pendant quelques secondes, Konoe ouvrit lentement la bouche.

— …Comment dire.

— Oui ?

— …Je me sens embarrassé.

— Je m’amuse tellement !

Détournant les yeux de la jeune fille, Konoe tourna la tête et se couvrit le visage avec un bras. Telnerica semblait réellement ravie. Son visage rayonnait tandis qu’elle laissait échapper un petit rire heureux.

…Ainsi se termina leur moment matinal.

 

♦

Cinq jours s’étaient écoulés depuis que l’incident du village frontalier avait pris fin. Toutes les différentes affaires avaient été menées à bien, et Konoe était revenu dans la capitale, où il passait ses journées à l’auberge avec Telnerica.

Tout s’était arrangé, et l’on pouvait enfin dire qu’ils avaient retrouvé une période de stabilité.

L’incident n’avait fait aucune victime, et la reconstruction du village frontalier progressait. Malgré les nombreux rebondissements, le village était animé par une foule de personnes, et tous affichaient un visage radieux la dernière fois qu’il les avait vus, quelques jours plus tôt.

Quant à Konoe, son Armement Divin avait évolué et il avait acquis de nouvelles techniques, comme l’activation forcée des outils magiques. Au vu des résultats, on pouvait sans doute dire que les choses s’étaient déroulées sans encombre.

Il avait également gagné l’argent qu’il comptait obtenir au départ et n’aurait pas à se soucier de ses finances pendant un certain temps.

…Même si tout s’est bien terminé, enchaîner les catastrophes à un rythme pareil…

Cependant… il se sentait aussi assez épuisé d’avoir été frappé par deux désastres en si peu de temps.

D’abord le dragon à Sylmenia, puis le champignon dans le village frontalier.

Deux d’affilée.

Les monstres de rang Calamité étaient suffisamment rares pour que, même à l’échelle mondiale, en voir un seul apparaître dans l’année soit déjà considéré comme un nombre élevé.

…Quel genre de destin est-ce là ?

Même l’Instructrice en avait ri en lui lançant :

— Ta malchance tient vraiment de la calamité, dis donc !

Elle lui avait expliqué qu’une telle situation était normalement impensable et que, même elle, n’avait jamais affronté des rangs Calamité à une fréquence pareille. Lorsque Konoe lui avait fait remarquer que, si elle ne l’avait jamais vécu, cela devait être un cas exceptionnel, elle avait répliqué :

— Tu viens de me traiter de vieille ?

— Non, pas du tout.

Et la conversation avait continué ainsi.

…Je devrais me reposer un moment.

Il décida donc de faire exactement cela.

Depuis cinq jours, il n’avait accepté aucun nouveau travail. À la place, il passait son temps avec Telnerica à feuilleter des catalogues immobiliers. Ils avaient sérieusement discuté de mettre bientôt fin à leur vie à l’auberge et étaient même allés visiter plusieurs propriétés qui les intéressaient.

Ils discutaient de savoir quel bâtiment était le meilleur, lequel l’était moins, s’il valait mieux avoir un jardin ou non, de gestion, d’outils magiques et de bien d’autres choses encore, tout en visitant réellement les lieux. Ensuite, ils passaient leurs journées à flâner ensemble dans les rues, à faire des achats dans les boutiques et à prendre le thé…

— Maître Konoe, une lettre est arrivée de l’Académie.

C’est au cours d’un après-midi de ce genre qu’une lettre de l’Instructrice arriva, accompagnée de quelques coups frappés à la porte.

 

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