HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 5 PARTIE 3

Chaleur (3)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Puis, la nuit tomba sur ce monde.

Melmina entendit le bruit d’une porte qui s’ouvrait et s’éveilla de sa somnolence.

— …?

Quand elle reprit conscience, elle était dans un lit.

Sa tête était encore embrumée mais elle essaya de se souvenir de ce qui venait de se passer. Elle avait préparé et mangé le dîner avec sa grande sœur. Puis, une fois le repas terminé, elle s’était assoupie…

— …Grande sœur ?

Elle chercha dans la maison. Il n’y avait personne. Le bruit de porte qu’elle avait entendu plus tôt venait-il de sa grande sœur qui sortait ? Peut-être était-elle allée aux toilettes, pensa Melmina. Mais cette maison n’avait pas de toilettes.

— …

Elle regarda par la fenêtre en bois près d’elle. Elle pouvait voir le ciel nocturne, mais il faisait très sombre. La lune était invisible, et seules quelques étoiles perçaient dans le ciel. Il devait y avoir des nuages.

— …Il fait sombre, murmura-t-elle.

Un ciel sombre, d’une obscurité sans fin. Pour une raison inconnue, cela lui semblait terriblement inquiétant.

— …?

À cet instant, elle entendit un bruit. Un son comme celui de l’air qu’on fendait, derrière la maison.

— Ah !

C’est vrai. Melmina se souvint.

Où sa grande sœur était allée. Ce qu’elle faisait en ce moment même. Elle se rappela la réponse. Alors elle sortit précipitamment du lit et ouvrit la porte.

— …

Elle contourna la maison dans l’obscurité. Et là…

— Hmpf, hah !

…Se trouvait sa grande sœur. Elle était là, en train de manier une lance. C’était sa routine quotidienne. Chaque nuit, tard le soir, elle s’entraînait. Elle disait vouloir devenir plus forte, afin de protéger Melmina.

— …

La pointe de la lance. L’éclat terne du métal reflétait la faible lumière des étoiles, traçant une ligne dans le ciel nocturne. Melmina observait depuis l’ombre. Oui, Melmina aimait regarder sa grande sœur s’entraîner.

Elle avait du talent pour ça et semblait avoir rapidement progressé. Melmina avait toujours trouvé magnifique le sifflement de la lance fendant l’air…

— …Hein ?

Mais, étrangement… aujourd’hui, Melmina pencha la tête en regardant sa grande sœur. Quelque chose dans sa façon de bouger lui semblait étrange. Il y avait quelque chose de différent.

C’était différent, et pourtant… elle avait l’impression de connaître quelqu’un qui maniait une lance de cette manière.

— …???

Hein ? Hein ? Il y a quelque chose d’étrange.

L’ombre de quelqu’un. Au moment où elle y pensa, la poitrine de Melmina se serra.

Pourquoi ? Elle était pourtant si heureuse. Sa chère grande sœur était là. Tout le monde était là aussi. Melmina ne comprenait pas.

— Melmina.

— …Hein ?

Quand elle s’en rendit compte, sa grande sœur avait arrêté de manier sa lance et la regardait.

Son visage était terriblement triste. Comme si elle était sur le point de pleurer. Pourquoi me regarde-t-elle comme ça ? pensa-t-elle.

Parce que sa grande sœur souriait toujours. Elle était gentille.

Et pourtant, pourquoi…

— Melmina… est-ce vraiment ce que tu veux ?

Melmina ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas, et pourtant sa poitrine lui faisait mal.

 

 

Ainsi, parce qu’elle avait aperçu l’ombre de quelqu’un, parce que sa grande sœur l’avait regardée avec un visage si triste…

Les pas de Melmina vacillèrent légèrement.

Ah, mais… le chemin vers les profondeurs touchait déjà à sa fin.

Konoe voit. Il voit l’ennemi, il voit ce qui l’attend devant lui, il voit ses propres pieds.

Le champignon s’étend. Il crée des tentacules, les projette vers l’avant, les déploie derrière lui. Konoe tire des couteaux, fait circuler la foudre et pense à la bénédiction portée dans son dos. Le champignon active sa magie unique, saisit une âme et pense au trésor qu’il renferme.

C’était une phase d’observation qui n’avait duré que quelques secondes.

Les cartes qu’ils avaient en main, et les atouts cachés de l’adversaire. Comment les utiliser alors que le temps leur échappait. Lequel des deux les utiliserait en premier. Puis, au moment où le couteau lancé par Konoe s’abattit une énième fois devant le champignon…

— Foudre.

— …!

Et ainsi, ce fut Konoe qui bougea le premier.

Une courte incantation. La foudre parcourut le corps de Konoe et s’y accrocha. Elle toucha sa peau, la brûla et commença à l’envahir.

Ça brûlait. Son corps brûlait. Une douleur aiguë le traversa. Mais il l’écrasa sans la moindre hésitation.

La foudre se répandit en lui. L’intérieur de Konoe fut remplacé par la foudre. Sa chair devint foudre, ses organes devinrent foudre. Même ses nerfs se changèrent en foudre, et celle-ci se mit à mouvoir directement son corps.

Il rapprochait son propre corps de la magie elle-même.

C’était l’un de ses atouts. En se transformant en foudre, il augmentait son affinité avec la magie. Une technique éphémère qui consumerait aussi bien l’ennemi que lui-même, un mouvement voué à tout brûler en cinq secondes.

— …

Konoe fit un pas en avant. Un grondement de tonnerre éclata.

Il accéléra, accéléra, accéléra encore, traversant le ciel comme un éclair. Sa vitesse n’avait plus rien de comparable avec auparavant. Il réduisit la distance qui les séparait en un instant.

Les plusieurs kilomètres qui les séparaient disparurent en moins d’une seconde.

— Manifeste-toi.

Ici apparaît l’incarnation de la foudre.

Un vortex de foudre embrasa le monde. Ce tourbillon teintant le monde d’or cherchait à détruire le champignon avec les Terres contaminées.

— …!

Le démon bougea presque au même instant que Konoe. Il étendit les tentacules de son âme. Le démon les déploya de toutes ses forces. Aussi loin qu’ils pouvaient atteindre… un peu plus loin encore, huit au total.

— … Nuuuuu !

Et il déchira sa propre âme.

Il la déchira. Il arracha un dixième de son âme, puis réduisit encore ce fragment en sept morceaux supplémentaires.

— …

Une douleur intense, une sensation de perte, une conscience troublée. Une impression comme si sa propre existence avait été niée, un vide semblable à celui qu’on ressentirait en arrachant une partie de son cerveau tout en restant en vie.

Pendant un instant, le démon faillit se perdre lui-même…

— Nu !

Mais malgré cela, il s’accrocha, poussé par son désir.

Cette Aspiration, ce souhait, existait en lui. C’était précisément ce qui faisait d’un démon… un démon.

Alors, il répartit son être sur les huit tentacules déployés.

— …!

Le plan avait réussi. À cet instant, le démon le vit. Le visage stupéfait de l’Adepte devenu foudre.

C’était bien naturel car, en cet instant, l’Adepte devait voir huit démons.

Le démon avait pris possession de huit de ses semblables en même temps. Leurs âmes étaient toutes réelles, et leurs présences identiques. La seule différence résidait dans la taille de leurs âmes.

Ils étaient disposés en cercle, dans un rayon d’un kilomètre autour du point d’origine.

— …

Le visage de l’Adepte se crispa et il modifia légèrement sa trajectoire. Il ne pouvait sans doute pas tous les viser. Le champignon ne se placerait pas à un tel endroit.

La vitesse et la portée de l’Adepte avaient également dépassé les attentes du démon, mais malgré tout, il pouvait en esquiver quelques-uns.

Autrement dit, c’était pour le démon un pari dont dépendait sa vie.

Si l’Adepte le touchait, tout serait fini. Mais s’il le manquait, le démon pourrait s’échapper d’un seul mouvement. Le démon n’avait pas le choix. Il ne pouvait que s’en remettre au destin pour savoir lequel l’adepte viserait.

Et le résultat de son pari fut…

— Nu !

L’Adepte, traçant une trajectoire semblable à un éclair tombant du ciel, creusa la terre et anéantit six d’entre eux. Il n’en resta que deux.

— Nuuuuu !

Mais le démon était encore en vie ! Le démon avait remporté son pari ! Le démon passa immédiatement à l’action et déploya ses tentacules. Il n’avait gagné qu’un très court instant. Durant ce laps de temps, le démon étendit ses tentacules dans la direction qu’il visait depuis le début.

C’était derrière l’Adepte. Dans la direction des terres dévastées par son attaque, le chemin qu’il avait emprunté pour arriver jusqu’ici. Autrement dit, il rebroussait chemin. Et son objectif était unique. Le chemin qu’il avait suivi pour venir ici signifiait qu’au bout se trouvait le village frontalier !

— … Nunununu !

Le démon éclata de rire. Oui. C’était son objectif depuis le début.

Les attaques de l’Adepte étaient souvent dévastatrices sur une vaste zone. Elles transperçaient fréquemment tout sur une ligne droite. Leurs contrecoups se propageaient également sur une large étendue. Autrement dit, si le village frontalier se trouvait sur sa trajectoire, l’Adepte aurait du mal à utiliser ses attaques.

Il le savait. Le démon le savait. L’Adepte protégeait les humains. D’ailleurs, pendant qu’il le jaugeait, il avait vu plusieurs souvenirs où il les protégeait.

Dans le village frontalier vivaient des gens faibles et ordinaires. Des personnes qui mourraient si une simple pierre projetée venait leur fracasser le crâne. Alors il ne pouvait pas utiliser d’attaques qui les impliqueraient.

— …Nunununu !

Il riait, il gloussait. Cela ralentirait sans aucun doute la main de son ennemi. Et une fois qu’il aurait atteint les abords du village frontalier, le démon aurait gagné. Il prendrait les villageois en otage afin de gagner du temps. Ensuite, il n’aurait plus qu’à utiliser un transfert à longue distance. C’était le plan du démon depuis le début.

Jusqu’à présent, s’il avait imprudemment rebroussé chemin, il aurait été réduit en cendres, mais en profitant de l’approche fulgurante de son ennemi, il avait réussi à le dépasser. À présent, il lui suffisait de conserver cette position.

— …Nunununu !

Le démon ne pouvait plus s’arrêter de rire. Il regarda derrière lui, vers l’Adepte.

Son corps était revenu de son état de foudre précédent. Vu à quel point il s’était retenu jusque-là, ce n’était probablement pas une forme qu’il pouvait maintenir longtemps.

Autrement dit, cette bataille était déjà la victoire du démon…

— Nu ?

Hein ?

À cet instant, le démon se posa une question.

Pourquoi ?

L’expression de l’Adepte bondissant derrière lui n’était pas celle de la frustration. Au contraire, elle semblait plutôt…

Pourquoi ? se demanda le démon, tout en continuant d’étendre ses tentacules vers le chemin qu’il avait emprunté plus tôt.

Il était déjà trop tard pour reculer, alors il effectua son transfert en direction du village.

— …

Pourquoi y a-t-il de la foudre ici ?

— Chaîne, murmura Konoe.

Il prononça l’incantation. Et alors, tous les couteaux qu’il avait dispersés jusqu’à présent commencèrent à briller en même temps. Ils se relièrent entre eux. D’innombrables couteaux furent connectés par la foudre. Puis…

— Manifeste-toi.

La foudre éclata. Un mur de foudre apparut dans la forêt.

L’espace entre les couteaux dispersés à plusieurs reprises fut consumé par la foudre. La forêt et les semblables du champignon furent brûlés. La direction d’où il était venu fut remplie de foudre. En un instant, tout fut réduit en cendres.

— …

Devant le champignon transféré, il n’y avait plus que la foudre. Tous les semblables qui se trouvaient devant lui avaient été brûlés. Ce qui venait de se produire n’était autre que cette préparation. L’assurance prévue pour son atout.

Konoe bondit. Il força son corps brisé à se régénérer et se rua sur le champignon. Ce dernier l’avait dupé et se dirigeait vers le village frontalier. Il pensait probablement y avoir trouvé son échappatoire.

Sans savoir que Konoe se méfiait précisément de cela plus que de tout le reste.

Oui, depuis le tout début, Konoe redoutait cette situation. Le village frontalier derrière lui, il avait compris dès le départ qu’il s’agissait de son point faible.

Alors il avait préparé quelque chose. Il aurait pu utiliser son atout dès le début, mais malgré tout…

…La transformation en foudre comportait un énorme désavantage. Une consommation massive de magie, ainsi que des séquelles temporaires causées par un corps détruit.

Si l’ennemi parvenait à l’esquiver d’une manière ou d’une autre, cela laisserait une énorme ouverture. Cette possibilité était élevée, puisque son adversaire était un rang Calamité. Et c’est bien ce qui s’était produit.

Si le village frontalier était utilisé comme bouclier dans cet état, ses options seraient considérablement réduites. Il ne pourrait pas non plus sauver Melmina. Il avait donc besoin d’une assurance.

Un mur de foudre créé grâce à une immense quantité de couteaux dispersés.

Il bloquait complètement le chemin qu’il avait emprunté. Il avait brûlé les champignons environnants ainsi que tous les endroits qu’il aurait pu prendre pour hôtes.

Le démon champignon était désormais acculé. Autrement dit, tout cela venait d’une différence de perception. Le champignon savait que l’Adepte protégeait le village frontalier. Il savait qu’il protégeait les humains. Mais il pensait simplement que cela rendrait ses attaques difficiles à utiliser.

Konoe, lui, n’avait jamais oublié le village frontalier depuis le début. Même en pensant à Melmina, il savait qu’il était le protecteur du village, qu’il protégeait les habitants. Alors, depuis le début, il réfléchissait à la manière de protéger à la fois Melmina et le village frontalier.

Ce n’était rien d’autre que cela.

— Manifeste-toi.

— Nuu !?

Une lance apparut, enveloppée de foudre. Lorsque le champignon réagit, il était déjà trop tard.

— Nunu…!?

La foudre divine s’abattit.

Le corps principal du champignon fut transpercé.

Le champignon, ainsi que sa magie unique, furent consumés.

 

 

Mais quelque chose, derrière lui…

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