HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 5 PARTIE 2
Chaleur (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Voici l’histoire du passé de Melmina.
Tout commença dans un coin des bidonvilles. Peu après sa naissance, un emballement de donjon eut lieu, la ville fut détruite et sa famille perdit son foyer. C’était le début de tout. Au moment où elle fut assez grande pour garder des souvenirs, son père avait déjà disparu.
Apparemment, il avait été tué par un monstre pendant leur fuite. Ils avaient été attaqués durant l’évacuation, et il était mort en protégeant sa mère tombée durant leur fuite. Ainsi, sa mère fut laissée seule pour protéger le reste de la famille.
Comme pour expier un péché, elle courait partout chaque jour sans jamais s’arrêter. Elle travaillait désespérément, était constamment épuisée, quittait la maison avant le lever du soleil et ne rentrait qu’au beau milieu de la nuit.
Enfant, Melmina n’avait presque aucun souvenir du visage de sa mère.
Elle était toujours occupée, et les seuls souvenirs qui lui restaient étaient son dos lorsqu’elle partait et sa silhouette endormie dans l’obscurité de la nuit.
Sans doute à cause de cette vie-là.
Quand Melmina eut trois ans, sa mère mourut soudainement d’une épidémie. Le visage qu’elle avait sur son lit de mort était le plus paisible que Melmina lui ait jamais connu. Et après cela, les choses suivirent leur cours habituel.
Melmina perdit ses parents et, sans même avoir le temps de faire son deuil, elle fut envoyée dans un orphelinat. Mais brusquement jetée parmi les autres orphelins, la jeune et fragile Melmina était faible, et elle se faisait constamment harceler.
On lui volait souvent sa nourriture, et il n’était pas rare qu’elle subisse des violences. Il y avait bien des adultes pour surveiller, mais beaucoup de choses échappaient à leur regard.
Alors, Melmina pleurait tous les jours.
Elle était triste, elle souffrait, elle était frustrée. Mais elle ne pouvait rien faire. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était pleurer.
— Melmina, viens.
Mais lorsqu’elle eut cinq ans.
Ces jours-là prirent fin. Quelqu’un prit sa main et l’emmena au village frontalier.
◆
Le lendemain du jour où Melmina était rentrée chez elle et avait été prise dans les bras de sa grande sœur.
Ce jour-là, Melmina devait travailler au village frontalier dès le matin.
— Allez tout le monde, on commence à charger la charrette !
— Ouuuuais !
Melmina leva la main et cria avec tous les autres.
Devant elle se trouvait le bois contaminé que les adultes avaient rapporté de la forêt, fendu, puis attaché avec des cordes par les garçons et filles un peu plus âgés.
Le travail du jour consistait à le transporter jusqu’à la charrette avec les autres, et de nombreux enfants du même âge étaient réunis autour d’elle. C’était un travail où il fallait utiliser le renforcement corporel pour soulever et porter ces lourds fagots.
C’était assez difficile, et une fois terminé, elle finissait toujours complètement épuisée. Melmina était mauvaise en renforcement, alors elle ne pouvait jamais porter grand-chose.
— Hein ? Peut-être que je suis vraiment douée en renforcement aujourd’hui !
— Wah, Melmina-chan, c’est incroyable !
Elle était censée être mauvaise à ça, mais… étrangement, aujourd’hui, elle utilisait le renforcement corporel avec une facilité déconcertante. Comme si elle respirait. C’était si naturel que ça la surprenait elle-même. Elle pouvait même porter deux fagots d’un coup, alors qu’habituellement un seul suffisait à la faire trébucher.
— Hé, hé, qu’est-ce qu’il t’arrive, Melmina !
— Hein ? J’en sais rien !
Son amie Natia la complimentait en disant qu’elle était incroyable, et Melmina, rougissante, continuait de les porter sans difficulté. C’était tellement facile que ce travail pourtant épuisant devenait presque amusant. Alors Melmina se laissa emporter et en transporta énormément…
— Je… Je crois que je suis un peu… fatiguée…
— …Melmina…
…Et à cause de ça, elle se retrouva rapidement à court d’endurance.
Le renforcement corporel ne pouvait pas être utilisé pleinement sans une bonne condition physique de base.
Alors, une fois le travail terminé, Melmina s’effondra à l’ombre.
Avec un sourire amusé, Natia-chan l’éventa avec une planche en bois pour la rafraîchir.
— Tu as bien travaillé. J’ai fait en sorte qu’on te donne un gros melon aujourd’hui, Melmina.
— Hein, vraiment ?!
À ce moment-là, la grande sœur chargée chargée de la supervision s’approcha et lui donna un melon un peu plus gros en récompense, un melon rond, gorgé de jus et très sucré.
Oubliant aussitôt sa fatigue, Melmina se redressa immédiatement.
— Qu’est-ce que tu es facile à comprendre.
C’est ce qu’on lui dit tandis qu’elle l’acceptait avec un grand sourire avant d’y mordre à pleines dents
— …
Le melon était sucré et, comme il avait été refroidi dans l’eau du puits, il était bien frais. Il la rafraîchissait jusque dans son corps, lui faisant oublier la chaleur de l’été.
Natia-chan était assise à côté d’elle, et elles riaient ensemble en mangeant.
Oui, ce melon était simplement sucré et délicieux.
◆
Puis le soir arriva.
Même après le travail, Melmina continuait de discuter avec Natia dans l’atelier. Elles parlaient des couronnes de fleurs qu’elles allaient fabriquer pour le prochain festival. Des couleurs qu’elles utiliseraient, et de la personne à qui elles les offriraient.
— Melmina ? Tu es là ?
— Ah, grande sœur !
À ce moment-là, sa grande sœur vint la chercher.
Elle fit un signe de la main à Natia et, main dans la main avec sa sœur, elles quittèrent l’atelier. Puis Melmina trébucha légèrement. Sans doute parce qu’elle avait trop travaillé.
Alors sa grande sœur…
— Grande sœur, je suis lourde ?
— Pas du tout. Il faut que Melmina grandisse encore un peu.
Sa grande sœur la porta sur son dos. Alors qu’elle aussi avait sûrement travaillé dur toute la journée. Alors qu’elle devait être fatiguée elle aussi.
Melmina se sentait désolée pour ça… mais en même temps, elle était heureuse.
— …
Un dos chaleureux, celui de sa grande sœur. Celle qui l’avait sortie des bidonvilles. Sa gentille et admirable grande sœur qui avait pris sa main ce jour-là pour l’emmener dans ce village. Melmina l’adorait. Au prochain festival, elle allait lui offrir une couronne de fleurs. C’était la règle : on offrait la couronne de fleurs du festival à la personne qu’on aimait le plus au monde.
— Grande sœur, je suis vraiment pas lourde ?
— Pas du tout. Mon adorable princesse est légère comme une plume.
…Une princesse ?! Melmina fut surprise… puis elle éclata de rire. Sa grande sœur se mit à rire elle aussi.
Le chemin du retour ensemble était amusant, chaleureux, et suffisait à lui brûler le fond des yeux. Le soleil couchant illuminant le sentier brillait d’une teinte cramoisie, tandis que le chant des insectes résonnait au loin.
— Grande sœur.
— Qu’y a-t-il ?
Elle l’avait simplement appelée. Sa grande sœur tourna légèrement la tête, lui laissant voir son profil.
Voyant cela, Melmina s’apprêtait à dire : « Ce n’est rien », mais…
— …?
…Hein ? pensa-t-elle en se frottant les yeux.
À l’instant, elle avait eu l’impression que sa grande sœur avait un air triste. Comme si elle était sur le point de pleurer.
— …
Mais après s’être frotté les yeux plusieurs fois et avoir regardé de nouveau, sa grande sœur souriait. Elle souriait avec douceur au point que Melmina crut que c’était son imagination. Et ainsi, parce qu’elle était comblée…
Melmina fit un pas de plus vers les profondeurs.
Vers l’obscurité qui l’engloutissait peu à peu.
Revenons dans les Terres contaminées.
Konoe canalisa sa magie et déclara :
— Création.
La magie de Konoe afflua vers l’artefact magique accroché à sa poitrine.
Un artefact destiné à fabriquer des couteaux. Une quantité monstrueuse de magie fut injectée dans son circuit magique. Une densité si extrême que le circuit semblait hurler.
Sous cet excès de magie, l’artefact surchauffa et devint rouge incandescent. Des fissures apparurent, et sa structure commença à se désagréger.
— Connexion.
Mais la magie de Konoe força le circuit en train de s’effondrer à rester assemblé. Une méthode qu’il avait comprise plus tôt en reconstruisant le couteau, une manière d’imposer sa volonté par la force.
Sa magie le contraignait à fonctionner. Un artefact brisé ne pouvait normalement plus être utilisé, un circuit brûlé ne pouvait plus contenir de puissance.
Mais ce bon sens fut temporairement renversé par sa volonté, son désir et sa magie. Oui, car ce monde était un monde où la volonté possédait plus de pouvoir que toute autre chose.
— Rotation.
Il incanta et déclara sa volonté au monde. Un appui de fortune pour accomplir quelque chose qu’il ne maîtrisait pas encore.
La magie tournait, pivotait, se mettait en rotation. Elle traversait l’artefact avec une densité et une vitesse des milliers de fois supérieures à ce pour quoi il avait été conçu. Les étincelles s’échappant du circuit augmentèrent rapidement en nombre.
— Création.
Une lame apparut. Puis des milliers, des dizaines de milliers de couteaux surgirent du vide.
Ils étaient disséminés autour de Konoe, et leurs innombrables lames reflétaient la lumière de manière chaotique.
— Saisie.
Et Konoe les saisit. Il déploya un filet de foudre.
Le filet de foudre captura toutes les lames, les enlaça, et y fit circuler sa magie.
— Feu.
Ce fut comme une pluie. Tous les couteaux furent projetés.
La myriade de lames franchit plusieurs kilomètres en un instant. Une trajectoire semblable à un rayon de lumière fut gravée dans le ciel.
— !!!???
Impact. Une vaste portion de la forêt du démon fut balayée. Plusieurs kilomètres carrés devant le monstre furent labourés par les couteaux.
Un cri semblable à un hurlement poussé par le champignon résonna au loin.
— !
À cet instant, le transfert du champignon s’arrêta complètement.
Aussitôt, Konoe prit appui de toutes ses forces. Il fondit sur son dos. La silhouette du petit champignon grossissait devant lui. Il n’était plus qu’à quelques centaines de mètres.
Merde.
Mais alors qu’il y était presque, le champignon disparut. Il n’était plus là.
En un instant, il analysa la situation. Le champignon avait bondi par-dessus la forêt détruite et se trouvait de l’autre côté. Il avait probablement utilisé le temps qu’il lui restait pour sauter sur une distance un peu plus longue.
Konoe reprit immédiatement la poursuite, mais le champignon continua lui aussi à se transférer toujours plus loin devant lui. La distance ne s’était presque pas réduite. Il avait mis au point une nouvelle technique, mais il n’avait toujours pas réussi à l’attraper.
Cela ressemblait à un échec…
— Création.
Mais sans paniquer, Konoe recommença à incanter. L’artefact magique projetait des étincelles mais il pouvait probablement encore fonctionner quelques fois.
Oui, ce n’était pas la meilleure solution. Ça ne l’était pas, mais… malgré tout, cela avait bien fonctionné.
La distance s’était un peu réduite. Et surtout, Konoe avait posé les bases.
…Avec ça, cette technique…
Il pouvait s’y préparer. Oui, s’il tirait encore quelques salves de couteaux…
…Mais… Cette sensation de tout à l’heure… qu’est-ce que c’était…?
Mais même en pensant cela, une inquiétude persistait dans l’esprit de Konoe.
C’était comme une intuition, sans aucune preuve derrière, mais…
— Création.
Tout en incantant, Konoe fixa l’horizon plusieurs kilomètres devant lui.
Le champignon s’y trouvait, répétant ses transferts à haute vitesse.
Et au même moment…
Le démon, malgré sa peur, étendait désespérément les tentacules de son âme tout en cherchant un moyen de s’en sortir. Il cherchait désespérément un plan.
Parce qu’avec cette pluie de couteaux de tout à l’heure, il avait failli se faire prendre dedans. Il était évident que plus le temps passait, plus il serait acculé. Il lui fallait un plan. Un moyen de renverser la situation actuelle. Sans cela, il finirait certainement par se faire attraper.
Alors le démon explora toutes les possibilités.
— …Nuu.
Non, en réalité… le démon avait déjà pensé à un plan.
Un plan qui, s’il réussissait, lui donnerait un avantage écrasant pour la suite de sa fuite. Les chances de succès étaient élevées. Cela fonctionnerait probablement sept fois sur dix.
Les préparatifs étaient déjà terminés, et c’était un plan qu’il pouvait utiliser immédiatement… mais…
— …Nunu.
Mais même en y pensant, le cœur du démon ne trouvait pas la paix. La raison relevait presque de l’intuition, il n’avait aucune preuve. Pourtant…
— …Nu.
Le démon tourna sa conscience vers l’arrière. Il sentit les couteaux de nouveau déployés autour de lui.
Face à cette présence qui se rapprochait, le démon ressentit un frisson lui traverser les nerfs.
Autrement dit, à cet instant…
Konoe et le champignon…
Les pensées de ces deux êtres étaient sans qu’ils le veuillent, identiques. Il existait bien une technique capable de renverser la situation, mais…
L’ennemi possède lui aussi un atout caché.
Konoe comme le champignon manquaient tous deux de temps. Dans ce temps limité, ils restaient sur leurs gardes, évaluant mutuellement leurs mouvements.
À quel moment agir, lequel des deux porterait le premier coup.
Et tandis qu’ils cherchaient tous les deux cette réponse… cette partie du chat et de la souris approchait de sa fin