THE INSIPID PRINCE T3 – CHAPITRE 2 PARTIE 4
Le duc Reinfeldt (4)
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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
Relecture : Ostinliss
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— …Voilà leur plan, conclut Sebas.
Je laissai échapper un léger sourire.
— Je me doutais bien que Zandra finirait par agir. Tu as bien fait de la surveiller.
Leur stratégie reposait sur la tromperie. Des preuves seraient disséminées pour faire croire à une faute.
— Nous allons retourner la situation, repris-je. Déplace toutes les preuves dans la chambre du comte.
Sebas soupira.
— S’il est accusé d’avoir transformé le château en maison close, Père sera furieux. Il sera banni.
Le lendemain, tout se déroula comme prévu.
— Comte Seyfried ! Que signifie ceci ?!
— V…Votre Majesté ! Il doit y avoir une erreur !
— La seule erreur est la vôtre ! Engager une prostituée dans mon château ?!
Le comte fut traîné hors de la salle du trône, suppliant en vain.
Je laissai échapper un léger rire en observant le comte se faire emporter sous les accusations.
Zandra venait de perdre une ressource précieuse. Et elle ne pouvait même pas intervenir. Le comte lui-même l’en avait avertie : toute implication de sa part risquerait de déclencher une enquête approfondie, qui mettrait au jour l’ensemble de leur machination. Quant à Seyfried, il garderait le silence pour les mêmes raisons.
Cela suffirait à contenir Zandra pour un temps. De leur côté, ni Erik ni Gordon ne prendraient le risque de s’en prendre à Leo tant que celui-ci agissait sous ordre impérial.
Contrairement à leur sœur, ils occupaient des fonctions officielles — ministre et général. Un faux pas leur coûterait leur poste.
Autrement dit, même en quittant la capitale, Leo et moi pouvions agir sans inquiétude.
Fort de cette conclusion, j’annonçai à Père mon départ prévu pour le lendemain.
— Je vois, répondit-il. Tu comptes donc lui rendre visite en personne ?
— Oui. J’estime que c’est la méthode la plus efficace.
— En effet… Ce n’est pas quelqu’un que l’on convainc par lettre, n’est-ce pas.
— Exactement. Et même si elle refuse de venir jusqu’à la capitale, elle acceptera peut-être de se rendre au domaine du duc.
Père acquiesça à plusieurs reprises. Aucune trace de la faiblesse que j’avais perçue plus tôt ne subsistait sur son visage. La présence de Franz à ses côtés y était sans doute pour quelque chose.
— Votre Altesse, intervint ce dernier, puis-je me permettre une remarque personnelle ?
— Bien sûr.
— Voilà vingt ans que le duc Reinfeldt est épris de la princesse Liselotte, depuis leur enfance. Et durant toutes ces années, il ne lui a jamais adressé une seule lettre directement. Il passait toujours par moi lorsqu’elle se trouvait à la capitale.
Je fronçai légèrement les sourcils.
— Savez-vous pourquoi ?
— Parce qu’il pensait que ma sœur pourrait être importunée si elle recevait ses lettres directement ?
— Précisément, confirma Franz. Il me demandait toujours d’attendre le moment opportun. Et si elle paraissait contrariée, il me demandait de détruire la lettre. Aucun autre prétendant n’a fait preuve d’une telle délicatesse. C’est pour cela que la princesse Liselotte lisait toujours ses lettres… et acceptait toujours ses présents.
Je restai silencieux un instant.
— Je vois… Ce n’est donc pas qu’elle le déteste.
— Non. Il doit exister une autre raison. Peut-être a-t-elle décidé de ne jamais se marier. Ou peut-être autre chose. Si tel n’est pas le cas… j’aimerais que vous parveniez à la faire changer d’avis.
Franz parlait avec une sincérité palpable.
— Vingt ans… murmura Père. J’ai moi-même tenté de le convaincre d’abandonner. Je lui ai dit que c’était inutile. Mais il me répondait toujours la même chose : « Si la princesse Liselotte me demande d’arrêter, alors j’arrêterai. » Pour lui, elle est tout.
Un silence pesant s’installa.
— Et si Liselotte affirme ne jamais vouloir se marier ? demandai-je finalement.
— …Alors nous n’aurons d’autre choix que d’accepter, répondit Père avec résignation.
Je compris ce qu’il ne disait pas.
Un mariage permettrait à Liselotte de s’éloigner de la lutte pour le trône… et de rester en sécurité.
— Dans ce cas, j’agirai en conséquence, déclarai-je. Je ne sais pas si je reviendrai avec de bonnes nouvelles, mais je ferai de mon mieux.
— Très bien. Va.
Je m’inclinai et quittai la salle du trône.