THE INSIPID PRINCE T1 – CHAPITRE 3 PARTIE 6
La bataille pour défendre Kiel (6)
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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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La scène à laquelle j’assistai en arrivant était celle d’Elna combattant ce qui semblait être un groupe de deux vampires.
Cela ne me surprit pas. Ce qui me surprit, c’était que Finne se trouvait à proximité. Elle levait les yeux vers le ciel tout en escaladant le clocher.
Puis, lorsqu’elle vit Elna frapper la flûte des mains de l’un des vampires, elle tendit le bras et l’attrapa. Dès que j’aperçus cela, je me mis en mouvement.
Je fondis à toute vitesse, usant de toute la magie possible pour foncer vers Finne tel un météore. Le vampire à qui l’on avait arraché la flûte détruisit la tour de l’horloge, projetant Finne dans le vide.
À ce moment-là, Finne ne chercha pas à s’accrocher à Elna, mais lança plutôt la flûte dans sa direction. Son visage, alors qu’elle chutait, affichait une expression satisfaite. Je détestais ce genre d’expression. Alors j’accélérai encore davantage.
— Maudite sois-tu !
Le vampire projeta une boule magique vers elle. Juste avant qu’elle ne l’atteigne, je m’interposai, bloquai l’attaque, puis serrai Finne dans mes bras en plein vol.
Sentir sa chaleur me rassura. Je l’avais sauvée à temps. C’était sans doute la situation la plus angoissante que j’avais vécue depuis longtemps.
Et… cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas senti aussi furieux.
— Espèce de salaud… Comment as-tu pu annuler ma balle magique ? Qui es-tu ? Dis-moi ton nom !
— … Je suis un aventurier de la guilde des aventuriers de la capitale impériale, aventurier de rang SS, Silver… Je suis venu te vaincre.
Ma voix était calme, mais chargée de colère. C’était un serment. Je ne le laisserai jamais s’échapper.
— Messire Sil…ver…?
— …Comment as-tu pu être aussi imprudente ?
— Je suis vraiment désolée… Je ne referai plus jamais une chose aussi stupide…
— … Je t’écouterai plus tard. Mais… tu t’es bien débrouillée. Laisse-moi m’occuper du reste.
Lorsque je lui caressai doucement la tête, les joues de Finne se teintèrent de rouge. Je la déposai au sol, encore troublée, puis levai les yeux vers les vampires suspendus dans le ciel.
Parmi les vampires, seuls deux étaient capables d’ourdir un crime d’une telle ampleur. Les vampires hérétiques dont la Guilde avait mis la tête à prix. La prime de classe S, les frères Sam et Dean.
— Messire Silver ! Bonne chance…
— Oui, laisse-moi faire.
Après lui avoir répondu, je m’envolai aussitôt dans le ciel. Sam et Dean, tous deux sur leurs gardes, me fixaient intensément.
Rien d’étonnant à cela. Pour obtenir le rang SS, un aventurier doit avoir vaincu un monstre de classe S. Autrement dit, j’avais déjà vaincu un monstre d’un rang équivalent au leur.
— Qui aurait cru qu’un aventurier de rang SS apparaîtrait ici… Je suis surpris.
— Merde ! Encore un gêneur ! Ils se pointent les uns après les autres ! Ne venez pas foutre en l’air le plan de mon frère !
Le plus petit des deux venait de crier. C’était donc le cadet, Sam. Ce qui signifie que le plus fort est l’aîné.
— Une surprise pour moi aussi. Je croyais que vous vous faisiez discrets depuis que la guilde avait mis votre tête à prix. Vous attendiez en tremblant, c’est ça ? Peur qu’un aventurier SS finisse par venir vous chercher ?
— Ne te fiche pas de nous ! On était prudents, c’est tout !
— Mais on dirait que votre patience a fini par craquer. La garnison et les chevaliers vont s’occuper des monstres. Quant à moi, je suis déjà là. Votre plan est fichu.
— Hmph ! Tu crois avoir gagné ? Même sans la flûte, les monstres continuent de ravager tout ! Si on vous bat, toi et l’héroïne, ce sera notre victoire !
Qu’est-ce qu’ils ont, ces deux-là ? Ils comptent vraiment se battre contre Elna et moi en même temps ?
Surpris, je jetai un coup d’œil à Elna. Elle semblait franchement irritée.
— Vous vous croyez supérieurs, hein ? Même à deux, vous peinez à me tenir tête.
— C’est toi qui nous prends de haut ! On ne s’est même pas encore battus sérieusement !
— Alors montrez-moi ! Je vais vous pulvériser au nom d’Amsberg !
— Non, Elna von Amsberg. Je sais que tu es motivée, mais c’est moi qui vais les neutraliser.
Je lançai ces mots à Elna, qui venait de prendre une posture élégante, son épée à la main. En m’entendant, elle se tourna vers moi. Elle fronça les sourcils, visiblement agacée. Son expression ne ressemblait en rien à celle qu’une jeune fille devrait afficher.
— Silver ? J’ai peut-être mal entendu, mais as-tu insinué que tu voulais me voler ma proie ?
— Je ne crois pas avoir dit ça. Peut-être que tes oreilles ont un problème. Si tu es un chevalier, va protéger l’Empereur. Je me charge des deux !
— Toi ! C’est exactement la même chose ! C’est toi qui devrais reculer ! C’est moi qui les ai repérés la première !
— Et pourtant, l’Empereur semble bien vulnérable, non ?
— C’est un ordre direct de Sa Majesté ! Et puis je ne peux pas leur pardonner ! Ils ont osé prononcer les mots que je déteste le plus ! J’ai déjà décidé de les abattre moi-même… Recule, ou je t’abattrai aussi.
Terrifiant. Elle est complètement furieuse. Mais qu’est-ce qu’ils ont bien pu lui dire ? Sérieusement.
Et moi qui comptais sur elle pour aller aider Leo…
— Ha ! Tu es bien insouciante. N’est-ce pas une bonne chose qu’un héros et un aventurier de rang SS soient ici ? À présent, nous sommes tous à égalité, non ?
— À égalité ? J’aurais plutôt dit que vous êtes en complète infériorité numérique.
— Silver. Tu ne sais pas ce qu’il se passe en bas ? Même maintenant, l’empereur pourrait être tué, tu sais ? On n’avait pas le choix, puisque cette héroïne-là semble vouloir nous affronter quoi qu’il arrive. Et si tu allais plutôt l’aider ? Si tu es un aventurier de la capitale impériale, l’empereur doit être important à tes yeux, non ?
C’était vrai, ils étaient maintenant en infériorité. Il valait mieux que l’un de nous deux descende leur prêter main-forte. Si c’était maintenant. Cependant, ces types faisaient une grave erreur.
— Je n’appartiens pas à l’Empire. J’appartiens à la guilde. Les aventuriers œuvrent à protéger les gens sur tout le continent, mais nous n’avons aucune obligation de protéger les nations. Après tout, nous n’acceptons pas de paiement de leur part. Honnêtement, cela m’est égal si l’empereur meurt ici.
— Quoi ?
— Si vous ne voulez pas qu’il meure, demandez à quelqu’un d’autre de le protéger. Moi, je suis ici pour défendre cette ville et ses habitants. Pas les privilégiés. Je protège ceux qui vivent dans ce pays, pas le pays lui-même. Il y a sûrement des gens qui profitaient de l’argent des impôts ou attendaient un poste dans l’administration. C’est à la famille impériale et à ses chevaliers de défendre l’Empire. S’ils ne remplissent pas leur rôle aujourd’hui, alors leur existence n’a aucun sens. Voilà pourquoi je ne ferai jamais leur travail à leur place.
— Leur travail ?
Dean semblait remettre mes paroles en question. Et comme pour lui répondre, ils apparurent. Au sud de Kiel. Au-delà de la horde de monstres, un bruit de pas résonna. Un grondement, semblable au tonnerre, qui se fit de plus en plus fort. Puis un membre de la famille impériale apparut.
— C’est… !?
— Chevaliers ! Moi, Leonard Lakes Adler, huitième prince de l’Empire, je vous donne l’ordre ! Protégez la ville de Kiel ! AVANCEZ !!
Sur ces mots, Leo lança la charge, à la tête de plusieurs milliers de chevaliers.
Les monstres, pris de court, n’eurent pas le temps de réagir à l’apparition soudaine de la cavalerie. Sam et Dean s’apprêtèrent à leur barrer la route, mais Elna et moi nous dressâmes aussitôt devant eux.
— Silver, faisons ainsi. Je prends celui-là, tu t’occupes de l’autre.
— Excellente idée. J’accepte.
Notre cible respective choisie, nous nous préparâmes au combat. En contrebas, les chevaliers menés par Leo taillèrent à travers les monstres comme un torrent en furie. Les créatures, aveuglées par la rage, ne voyaient rien d’autre que leur chemin droit devant.
Elles ne pouvaient rien faire contre une attaque de flanc. Bien sûr, tôt ou tard, elles finiraient par comprendre que les renforts représentaient une menace et se retourneraient contre eux.
Mais pour l’instant, tout allait bien.
En attendant, occupons-nous de ces deux-là.
La défense de Kiel venait d’entrer dans sa phase finale.
***
— Argh ! Maudits humains !
Dean lança d’innombrables balles magiques tout en se déplaçant, mais je le suivais en les interceptant une à une. Le ciel brillait comme un feu d’artifice. Dean semblait frustré par cette scène.
Ces types n’avaient donc pas combattu sérieusement contre Elna. Il était clairement plus fort qu’il ne l’avait laissé paraître. Peut-être économisait-il ses forces pour fuir, mais, voyant que cela n’était plus possible, il avait fini par passer aux choses sérieuses.
Dean fondit sur moi, crocs acérés typiques des vampires en avant.
Il avait compris qu’il ne pourrait pas me vaincre par la magie. Comme prévu, il était un combattant aguerri.
— Tch !
Je claquai la langue tout en invoquant ma magie pour intercepter sa charge, mais il l’esquiva avec aisance. Je pensai reculer pour prendre mes distances, mais avant même d’y parvenir, Dean me frappa au ventre.
— Guh !
— Ha ! Qu’est-ce qui ne va pas ?! Aventurier de rang SS !
— Tais-toi !
Il évita la magie que je lançai en riposte et se glissa dans mon dos.
C’était mauvais. Je concentrai ma magie pour renforcer mon corps. Mais déjà, il avait joint ses deux mains et les abattit sur moi.
Un choc violent, comme si j’avais été frappé par un marteau, me projeta vers le sol, et je sentis mon corps heurter la rue pavée de la ville.
— Aïe… ! Fais pas ce que tu veux, bon sang…
— Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu ne peux rien faire contre moi quand je suis sérieux ?
— Qu’est-ce que tu racontes ? T’es pas si fort que ça, hein ? Tu te retiens encore, pas vrai ? Tu crois que ta posture a l’air classe ou quoi ? C’est pathétique !
Je me faisais mépriser par mon ennemi et critiquer par mon alliée. La vie d’aventurier n’était décidément pas de tout repos.
Mais soit. J’acceptais tout cela.
Pour mon précieux frère. Pour les chevaliers qui s’étaient impliqués pour lui. Pour ce soldat qui aurait pu fuir et avait choisi de rester. Et pour les habitants de cette ville. Pour eux, je ne ressentirais pas même une once de douleur. Mais il y avait tout de même une limite à mon irritation
— Hum ! J’ai été stupide d’avoir peur et de me cacher devant des gens comme vous ! Vous n’êtes que des humains, après tout !
— Donc tu te cachais vraiment. Même les vampires ont leurs moments de faiblesse, hein.
Sur ces mots, je me relevai comme si de rien n’était. Je n’avais aucune blessure. Évidemment, je n’avais subi aucun dégât.
Dean, d’abord stupéfait, perçut rapidement que quelque chose n’allait pas dans son environnement.
— Guwahhh !! MON BRAS !! Ah, arg…!
— Aïe ! Aïe… ? Ça a guéri ?
Non seulement les soldats de la garnison qui combattaient sur les remparts de Kiel, mais aussi les chevaliers menés par Leo contre la horde de monstres…
Depuis mon arrivée, personne n’était mort.
Quiconque était blessé se voyait instantanément guéri.
— Espèce de salaud… !? Ne me dis pas que tu combattais tout en érigeant une barrière de guérison !?
— Tu n’as pas tout à fait tort.
Ce que j’avais activé n’était pas qu’un simple sort de guérison.
Dès mon arrivée, j’avais érigé un bouclier curatif tout en maintenant ce sort et en en préparant un autre.
Et cette seconde incantation… venait d’être complétée.
— Je combattais tout en maintenant deux sorts de barrière. Et l’un d’eux vient juste de se terminer.
À cet instant,
Un immense cercle magique recouvrit toute la ville de Kiel. De lui jaillirent d’innombrables chaînes qui vinrent ligoter Dean et Sam.
— Quoi !? C’est quoi ça !?
— Bon sang ! Lâche-moi !
— Vous ne pouvez pas les briser. Ces chaînes sont issues d’un ancien sort maudit. Ceux qu’elles capturent se retrouvent affaiblis, accablés par la malédiction. Eh bien… êtes-vous prêts ?
Vous m’avez frappé de toutes parts pendant que je préparais ces sorts.
Il est temps… de vous faire payer.