THE INSIPID PRINCE T1 – CHAPITRE 3 PARTIE 7
La bataille pour défendre Kiel (7)
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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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Les chaînes continuaient de les enchevêtrer. Cela signifiait que la malédiction qui les affaiblissait ne ferait que gagner en puissance. Après les avoir attrapés, je m’élevai lentement dans le ciel. À présent, ils étaient plus faibles que des insectes. Il ne me restait plus qu’à m’en débarrasser.
— La force des vampires provient de leur immense pouvoir magique. Vous avez peut-être une longue vie, mais sans votre magie, votre force physique n’est guère différente de celle des humains. En d’autres termes, si je scelle simplement votre magie, il n’y a plus rien à craindre.
— Hé ! Pourquoi ces chaînes me poursuivent-elles aussi ?
— …
J’essayais de faire quelque chose de classe, mais cette femme avait tout gâché.
En la regardant, on aurait dit que les chaînes la prenaient vraiment pour cible. Peut-être qu’elles se contentaient de faire leur travail en capturant ceux qui me sont hostiles.
En réalité, pourquoi ne l’avaient-elles pas encore attrapée ? Était-elle vraiment humaine ? Le sort s’était déclenché alors qu’elle ne se méfiait même pas de moi.
— Désolé. On dirait qu’elles essayaient simplement d’attraper ceux qui me sont hostiles.
Lorsque j’arrêtai les chaînes d’un regard, Elna, haletante comme si elle était à bout de forces, me lança un regard noir.
En me moquant d’elle, je vis son visage s’empourprer.
— Toi !! Pourquoi essayais-tu d’attraper ton alliée avec ces chaînes ?
— Les chaînes ne réagissent pas à ceux qui me considèrent comme un allié. Tu étais simplement trop hostile à mon égard. De plus, tu ne devrais pas avoir de mal à te débarrasser des chaînes d’un type comme moi, non ?
— Espèce de sale… ! Tu m’en voulais depuis le début, pas vrai ? Il y a des limites à la mesquinerie, tu sais ? J’étais même inquiète pour toi quand tu t’es fait frapper par ce type !
— Tu t’inquiétais, hein. Les gens autour de toi doivent avoir du pain sur la planche.
Le visage d’Elna était désormais cramoisi. On ne pouvait plus parler de simple colère. C’était amusant de la taquiner ainsi, mais mes premiers clients m’attendaient.
— Toutes mes excuses. J’ai été retardé par l’héroïne garçon manqué là-bas. Où en étions-nous ? Ah, oui… il n’y a aucune raison d’avoir peur d’un vampire dont la magie a été scellée, n’est-ce pas ?
— ESPÈCE DE SALAUD ! NE NOUS REGARDE PAS DE HAUT !
— DÉLIE-NOUS ! SANS ÇA, JE POURRAIS RÉDUIRE EN PIÈCES UN TYPE COMME TOI EN UN RIEN DE TEMPS !
— Si vous pensez pouvoir vous en libérer, allez-y, essayez. Mais vous n’y parviendrez pas, même en y consacrant votre vie entière. Bien… il est temps de vous repentir. Avez-vous quelque chose à dire ?
Sur ces mots, je concentrai une grande quantité de pouvoir magique dans mes mains. Ce sort était différent de tous ceux que j’avais utilisés jusqu’à présent.
En voyant cela, Sam et Dean commencèrent à transpirer abondamment.
— Attends, attends… ! Tu ne nous en veux pas, hein ? Si tu nous laisses partir, nous te serons éternellement reconnaissants !
— De la rancune, hein… Ce n’est pas comme si je n’en avais pas.
La personne qui avait visé Finne avec sa magie tout à l’heure, c’était Dean.
Quand j’y repensais, ma colère suffisait à les tuer mille fois.
Le simple fait qu’il ait dirigé sa magie contre elle. Le fait qu’il l’ait mise en danger. Même si Finne n’avait pas été blessée, cela méritait une punition.
— Qu’est-ce qu’on t’a fait, au juste ? Tu n’es pas ici à la demande de la guilde, n’est-ce pas ? Si tu veux nous tuer, tu dois le faire sur ordre de la guilde !
— Les humains sont compliqués, tu sais. On ne sait jamais d’où viennent leurs rancunes. Et puis, même si je ne réponds pas à une demande de la guilde, je reste un aventurier. Cela ne change rien, où que je sois. Il est de mon devoir de protéger les habitants de ce continent contre les monstres. Qu’il y ait une demande ou non.
— Mais nous ne sommes pas des monstres !
— C’est la guilde qui vous a désignés comme tels. Et vos actes ne diffèrent en rien de ceux d’un monstre. Hé, vous n’avez rien d’autre à dire ? Si vous me révélez l’identité de la personne qui vous a ordonné de faire cela, je pourrais peut-être arrêter ce héros pour vous, qui sait ?
Pendant que je leur parlais, ma puissance magique s’accumulait peu à peu.
Peu importe la façon dont on le voyait, l’attaque que je préparais était clairement excessive. Ces deux-là devaient comprendre qu’ils mourraient s’ils la prenaient de plein fouet.
Pourtant, malgré l’expression terrifiée de Sam et Dean, ils ne dirent rien.
Soit ils serraient les dents, soit ils étaient véritablement pétrifiés. Je n’arrivais pas à les imaginer capables d’affection ou de loyauté envers qui que ce soit. Cela ne pouvait être que la peur, hein.
Un génie redouté même par un chasseur de primes de rang S, hein ? Mais qui cela pouvait-il bien être ?
— Dépêchez-vous de parler. Sinon, je vous tue.
— N-Nous sommes de fiers vampires ! Ne crois pas que nous allons céder à des humains !
— Ah bon. Alors finissons-en. J’ai déjà terminé mes préparatifs.
Le plus surpris par ces mots, ce fut moi-même. Les vampires ne l’avaient peut-être pas remarqué, mais si Elna avait pris le temps de se préparer, c’était sûrement pour cela.
— E-Elna von Amsberg ! Ne me dis pas que tu comptes invoquer l’Épée Sacrée !?
— Et si c’était le cas ?
— Ma magie suffit à ça ! Tu comptes détruire toute la ville !?
— Je vais ajuster la puissance pour que tout se passe bien. Une certaine personne a retenu les ennemis pour moi, je peux donc l’invoquer sans crainte.
— O-Oi…
— Je suis membre de la maison Amsberg. Anéantir les ennemis de l’Empire est mon devoir. Je ne leur pardonnerai jamais !
Elna leva la main droite vers le ciel. Puis :
— Écoute ma voix et descends ! Épée étoilée brillante ! Le héros a besoin de toi !!
Une lumière blanche jaillit du ciel. Elna la saisit, et dans un éclat d’étincelles blanches, elle se transforma en une épée argentée étincelante.
Il y a cinq cents ans, cette lame permit au héros de vaincre le roi démon Aurora.
Forgée à partir d’une météorite, elle pouvait trancher toute chose existante et ne laissait passer aucune forme de mal.
En raison de son pouvoir colossal, elle avait été scellée par la première génération de la lignée héroïque des Amsberg, et ne pouvait être invoquée que par ceux qui possédaient le don.
Autrement dit, être capable d’invoquer cette épée signifiait que l’on possédait les qualités requises pour devenir un héros.
Elna l’avait invoquée à l’âge de douze ans à peine. C’est ce qui lui valut d’être qualifiée de prodige.
— …!?
C’était à s’y attendre de l’épée qui avait jadis vaincu le roi démon : sa seule présence en imposait.
Maniée par quelqu’un du calibre d’Elna, son porteur devenait tout simplement invincible. Voilà pourquoi la maison Amsberg était redoutée des autres nations — l’Épée Sacrée de l’Étoile pouvait balayer une armée entière d’un seul coup. Elle n’avait pourtant été invoquée que dans de rares occasions, face à des armées ennemies.
La seule personne capable de la sortir sans raison valable, simplement parce qu’elle était de mauvaise humeur, c’était sans doute Elna.
— Maintenant… préparez-vous.
— Bon sang… Je vais t’en laisser un, alors.
— Hum ! Ce sont mes proies avant tout ! C’est moi qui t’en ai cédé un !
— Bon, restons-en là.
Je reculai d’un pas et commençai à psalmodier.
Je n’avais encore entonné aucun chant, mais il valait mieux en réciter un pour maximiser la puissance de ma magie et garantir leur annihilation.
[[Je suis l’usurpateur・L’usurpation est plus sombre que les profondeurs des enfers・Les ténèbres sont plus sombres que l’abîme・Les ténèbres sont plus profondes que la nuit・Les ténèbres de la création・Les ténèbres de la mort・Renvoyez tous ceux qui sont nés des ténèbres là d’où ils viennent —- TÉNÈBRES INFINIES]]
Une immense sphère noire émergea au-dessus de moi. Face à cette noirceur qui menaçait d’engloutir toute chose, la lumière blanche de l’Épée Sacrée d’Elna s’élançait vers le ciel.
Le noir et le blanc. Les ténèbres et la lumière. Des attributs naturellement incompatibles — et pourtant, ceux qu’ils engloutissaient partageaient le même destin.
Nous ajustâmes la trajectoire de nos attaques : il était plus efficace de balayer les monstres en une seule passe. Leo, lui, était encore en train de se préparer à percer la horde.
Aussi loin que portait mon regard, je ne distinguais personne au milieu de cette masse. Mais pour éviter tout risque, mieux valait les prévenir.
— Si vous êtes encore parmi les monstres, fuyez !
— Je ne peux pas garantir que vous échapperez à la zone d’impact !
Nous lançâmes tous deux notre avertissement.
Ils avaient dû percevoir le danger : Leo et ses hommes s’éloignèrent aussitôt de la horde, tandis que les soldats de la garnison descendaient des remparts en hâte. Les monstres, eux, se contentèrent de lever les yeux vers le ciel d’un air absent.
Parmi eux, certains vivaient en petits groupes, sans jamais s’en prendre aux humains. Pardonnez-moi. Même manipulés, ils avaient attaqué — et je ne pouvais pas fermer les yeux là-dessus. Tout comme ils se battaient pour protéger les leurs, nous nous battions pour protéger les nôtres.
C’était le seul remords que je portais en moi.
Pour les deux individus qui se tenaient devant moi, je n’en éprouvais aucun.
— Maintenant… serrez les dents.
— Il est temps de vous repentir !
— Hiiiiiiiiiiiiii !?
— Uwaaaaaaaaaaa !!?
La sphère noire engloutit Dean ainsi que l’essaim de monstres.
La lumière de l’Épée Sacrée d’Elna engloutit Sam à son tour, puis balaya les monstres restants. Alors que nous nous faisions face, nos attaques effacèrent tout… et finalement, il ne resta plus rien.
Aucun cri de victoire ne résonna. Lorsque nous levâmes les yeux, l’Empereur nous observait d’un air las. Peut-être voulait-il nous dire que nous en avions fait trop.
Eh bien, ce n’était pas bien grave. Après tout, la seule qui se ferait gronder, ce serait Elna.
Ah, c’est vrai, c’est vrai.
— Votre Majesté ! Cette fois, je n’ai agi qu’à titre personnel, mais… j’espère que vous ne négligerez plus la Guilde à l’avenir.
— Fuh… Je vois. Merci pour ta coopération, Silver.
Grâce à cela, la Guilde pourra sauver la face. Elle ne devrait pas non plus chercher à poursuivre l’Empire pour cette affaire.
Alors que je m’inclinais devant l’Empereur et que je m’apprêtais à lancer ma magie de transfert, Elna m’interpella.
— Silver.
— Qu’y a-t-il ? Tu as encore des plaintes à formuler ?
— Oui, j’en ai beaucoup. Mais je ne vais pas les exprimer maintenant. Tu nous as sauvés, cette fois. Je te remercie tout particulièrement d’avoir protégé Finne. Cette fille est… l’amie de mon ami d’enfance, après tout.
— Cet ami d’enfance, ce ne serait pas le Prince Insipide, par hasard ?
— Vraiment… Tu continues à l’appeler comme ça, même après avoir vu ce qui est arrivé au vampire qui a osé le dire avant toi ? Retire ce que tu viens de dire. Mon ami d’enfance est le meilleur prince qui soit. Je ne laisserai personne se moquer de lui en ma présence !
Elna pointa son Épée Sacrée dans ma direction. Son regard était on ne peut plus sérieux. Elle semblait vraiment prête à se battre contre un aventurier de rang SS, juste pour défendre mon nom.
Tout en lui adressant un sourire amer, je rectifiai :
— Je m’excuse. Si tu le dis avec autant de conviction, c’est sûrement impoli de le qualifier de prince insipide. Cela dit, c’est dommage. Avoir une amie d’enfance comme toi doit être plutôt épuisant, hein.
— Quoi !?
— Bon, je vais devoir te laisser.
Sur ces mots, je me téléportai avant qu’Elna ne puisse protester.
J’atterris dans la pièce où Sebas m’attendait, et réveillai mon corps engourdi pour retirer ma robe et mon masque.
— Merci pour ton travail. Prenez donc un peu de thé.
— Merci… Désolé pour tout ça…
— Vous avez l’air vraiment épuisé.
— Oui… c’est normal…
La magie de transfert, la barrière de guérison, la barrière des chaînes maudites, et cette dernière attaque… J’avais dépensé une quantité considérable de puissance magique. Pour être honnête, j’étais déjà proche de mes limites. Il en allait de même pour ma force physique.
— Je suis crevé… Je vais aller dormir…
— Laissez-moi m’occuper du reste.
Après avoir bu une gorgée de thé, je commençai à somnoler dans mon fauteuil.
J’aurais voulu dormir dans un lit, mais mon corps refusait de m’obéir. En me voyant ainsi, Sebas me murmura d’une voix douce :
— Vraiment, merci pour votre dur labeur. Vous avez été formidable, Seigneur Arnold
— Vraiment… Alors je peux me reposer sans être puni, hein…
Cela faisait bien longtemps que Sebas ne m’avait pas adressé un tel compliment. Sur cette pensée réconfortante, je me laissai aller et sombrai dans un profond sommeil.