THE INSIPID PRINCE T1 – CHAPITRE 2 PARTIE 5
Festival de Chasse des Chevaliers
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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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La plus grande ville de la partie est de l’Empire : Kiel
Cette ville, qui accueillait le centre du Festival de Chasse des Chevaliers, était aujourd’hui bondée.
Les marchands avaient fait preuve d’ingéniosité et avaient installé toutes sortes d’étals dans les rues de Kiel. Au cours d’une petite balade en ville un peu plus tôt, j’avais déjà trouvé plusieurs objets rares et inhabituels que je n’avais jamais vus auparavant.
Je grignotai quelques encas pour passer le temps en attendant la personne que j’avais prévu de rencontrer.
— Salut ! Désolée d’être en retard !
Peu après, Finne arriva en me saluant avec enthousiasme, vêtue d’une simple robe blanche. C’était la robe que je lui avais achetée dans la capitale impériale. Mais ce n’était pas la seule chose qui avait changé chez elle aujourd’hui.
Finne portait des lunettes argentées. Ces lunettes faisaient partie de la collection d’objets rares de mon arrière-grand-père qui m’avait été transmise. Elles étaient imprégnées d’une magie d’illusion de faible intensité. Pour quiconque ne connaissait pas bien Finne, elle paraissait simplement être une jeune femme ordinaire. Elles n’auraient pas trompé un mage expérimenté, mais elles étaient parfaites pour une promenade en ville.
— Je n’ai pas attendu longtemps. Quelqu’un t’a reconnue en venant ici ?
— Non ! Qu’en pensez-vous ? Ces lunettes me vont bien ?
Finne souleva ses lunettes avec un sourire. Grâce à elles, elle donnait une impression bien différente de celle qu’elle laissait d’ordinaire. C’était incroyable comme une simple paire de lunettes pouvait rendre quelqu’un plus intellectuel et sage. Toujours avec son sourire caractéristique, Finne n’avait généralement pas l’air très mature.
Ce n’était pas une mauvaise chose, mais avec des lunettes, même ceux qui n’étaient pas attirés par les visages enfantins la trouveraient probablement séduisante. Elle avait toujours été belle, mais à présent, elle paraissait plus adulte. Mais la plupart des gens ne pouvaient pas le voir.
Appréciant le sentiment de supériorité, un peu ridicule, que me procurait le fait d’avoir le monopole sur la plus belle femme à lunettes de l’Empire, je proposai à Finne de sortir.
— On va tellement s’amuser aujourd’hui, Seigneur Arn !
— Tu peux le dire.
Inquiète de me voir m’entraîner si durement, Finne m’avait invité à passer la journée en ville. Nous étions en plein conflit pour le trône, à seulement un jour du Festival de Chasse. C’était sans aucun doute le moment de rester concentré, mais en même temps, nous avions déjà fait tout ce que nous pouvions pour nous préparer. Tout dépendait désormais de ce qui allait se passer le lendemain. J’avais donc accepté son invitation. Elle semblait tellement inquiète pour moi que je me serais senti mal de refuser.
— Bon, on commence par faire un tour aux stands de nourriture ?
— D’accord ! On va tous les essayer !
— Je ne sais pas si c’est possible.
— On peut le faire !
Je pouvais facilement l’imaginer rassasiée bien avant cela, mais Finne insistait.
Même le fait de porter des lunettes n’avait rien changé à sa véritable nature.
Elle restait la même fille joyeuse, enjouée et un peu tête en l’air.
C’était précisément pour cela qu’il était si agréable et apaisant d’être à ses côtés.
— Bon, essayons, alors.
— Ouais !
Avec un sourire radieux, Finne m’accompagna tandis que nous commencions notre tour.
***
— Ooohhh… Je suis tellement rassasiée…
C’était exactement ce à quoi je m’attendais. Peu de temps après, Finne se reposait sur la place publique, dans un coin de la ville.
Je souris en lui tendant une boisson.
— Tu aurais pu goûter un peu à chaque stand si tu voulais essayer tous les plats.
— Mais c’est insultant pour le chef de laisser de la nourriture dans son assiette.
— On ne dirait pas que tu es la fille d’un duc quand on t’entend parler.
Même le fait qu’elle soit enthousiaste à l’idée de manger dans des étals de rue la différenciait de la plupart des jeunes femmes de la noblesse. Elle ne semblait pas non plus gênée de manger en marchant.
Selon Finne, elle rêvait depuis toujours de se promener dans un festival pour goûter à différents plats. Je pouvais le comprendre : les Kleinert étaient les seigneurs régnants et les plus haut placés d’un vaste territoire. C’étaient eux qui organisaient les festivals, ils n’avaient probablement jamais le temps d’en profiter.
Personnellement, je m’échappais toujours du château pour profiter des festivals qui avaient lieu dans la capitale impériale, bien sûr.
— Ooohhh… Mon rêve est brisé…
— On peut toujours y retourner, non ? C’est assez amusant de regarder tous ces plats, même sans les manger.
— Ah bon ?
— Bien sûr. Repose-toi un peu, puis on repartira se promener. L’exercice te donnera peut-être faim.
— D’accord. Mais pas tout de suite.
Même si elle n’avait pas beaucoup mangé, Finne était trop repue pour bouger.
Elle était assez petite et n’avait pas un gros appétit, alors j’étais surpris qu’elle ait eu l’idée de manger à tous les stands.
Je suppose qu’elle attendait ça avec impatience. J’avais l’impression que Finne appréciait bien plus ce moment que moi. Mais ça n’avait pas d’importance : la regarder s’amuser n’était pas désagréable non plus.
Nous étions en train de nous détendre sur la place quand j’aperçus un visage familier qui s’approchait. Tellement familier, en fait, que je le voyais tous les jours. Dans le miroir.
— C’est Leo… et Marie.
— Que font-ils ici tous les deux ?
— Ce n’est sûrement pas un rendez-vous galant, donc c’est probablement pour le travail.
L’éthique professionnelle de Leo ne cessait de m’étonner. Plusieurs chevaliers à proximité confirmaient ma théorie.
Parfois, son addiction au travail était gênante. J’avais entendu dire qu’il avait également visité plusieurs villages la veille. Je me demandais dans quel pétrin il s’était encore fourré cette fois-ci.
Peut-être grâce à l’intuition propre aux jumeaux, Leo me regarda soudainement sans crier gare.
— Arn ? Et Dame Finne ?
— Salut.
En nous voyant, Leo et Marie se dirigèrent vers nous. Marie était l’image même de la servante dévouée, suivant silencieusement Leo à un pas derrière lui. J’aurais parfois aimé que mon intendant, qui avait la langue bien pendue, prenne exemple sur elle.
— Salut, les amis. C’est un rendez-vous galant ?
— Bien sûr !
Leo sourit ironiquement à la réponse enthousiaste de Finne. Il semblait bien se douter que ce n’était pas vraiment le cas.
— On dirait qu’on est en rendez-vous galant ?
— Hmm. C’est discutable.
— Oh ? Oh non…
Les épaules de Finne s’affaissèrent de déception. Je n’avais pas réalisé qu’elle voulait tellement que ce soit un rendez-vous.
Eh bien, elle savait que j’étais Silver.
— Assez parlé de nous. Dans quel genre d’ennuis vous êtes-vous fourrés ?
— Apparemment, il y a eu une série de vols.
— Des vols ?
J’avais du mal à croire que certaines personnes aient autant de culot.
Mon père n’était pas encore arrivé, mais c’était lui l’hôte du festival, et la famille royale ainsi que les chevaliers de la garde impériale jouaient les rôles principaux.
Qui oserait commettre un crime lors d’un tel festival ? C’était comme provoquer l’empereur lui-même en duel.
— Qu’est-ce qu’ils volent ?
— Il semblerait que ce soit des bijoux. Vous devriez donc faire attention, Dame Finne.
— Moi ? Oh !
Finne toucha la mouette bleue qui ornait ses cheveux.
Elle ne retirait presque jamais la parure de cheveux offerte par mon père. Pour être plus exact, elle ne pouvait pas se le permettre. C’était un présent de Sa Majesté l’Empereur, et elle se devait donc de le porter aussi souvent que possible, surtout lorsqu’elle passait du temps avec des princes impériaux comme Leo et moi.
Cela dit, elle était déguisée. Elle aurait au moins pu l’enlever aujourd’hui, pensai-je.
— Tu veux que je le rapporte au château ?
— Oh, je ne peux pas. Ça prendrait trop de temps, et en plus, c’est un cadeau de Sa Majesté l’Empereur. C’est mon préféré.
— D’accord. Tant que ça ne te dérange pas.
— Si ça t’inquiète, je peux l’enlever de mes cheveux et le porter.
Sur ces mots, Finne retira à contrecœur l’ornement.
Alors que nous discutions, je sentis une présence étrange. Quelque chose d’inhabituel venait de franchir la barrière que j’avais érigée autour de moi.
Ce n’était pas humain. Lorsque je baissai les yeux, je vis un petit animal blanc, semblable à une belette, à nos pieds.
— Qu’est-ce que c’est que cette chose… ?
— C’est si petit et adorable !
Il mesurait environ dix centimètres de long. L’adorable créature s’approcha de Finne. Il n’avait pas l’air dangereux, mais je ressentais tout de même un mauvais pressentiment.
J’étais persuadé d’avoir déjà vu un animal semblable quelque part. Peut-être… quelque part dans l’Ouest.
Alors que j’essayais de m’en souvenir, l’animal frotta sa tête contre la jambe de Finne, qui, ravie, se baissa pour le caresser.
— Oh, regardez, Seigneur Arn ! Il est trop mignon !
— Oui, c’est génial… Leo, tu sais comment s’appelle cet animal ?
— Hmmm. Je me souviens en avoir vu un il y a longtemps…
— C’est un petit mammifère appelé Belette, qui vit dans la partie ouest du continent.
— C’est ça ! s’écrièrent Leo et moi simultanément lorsque Marie répondit.
Pendant ce temps, Finne continuait à caresser la belette. Mais soudain, sans crier gare, elle bondit vers sa poitrine.
— Hahaha ! Arrête ! Ça chatouille ! Hé !
Elle attrapa la belette qui s’amusait dans ses bras, et tandis qu’elle gloussait, l’animal tenta de ramper sous sa chemise. Finne était étonnamment bien dotée pour sa petite taille, et les pitreries de la créature créèrent une scène plutôt suggestive.
— Ah ! Hahaha ! Allez, arrête ! Hein ? Hé ?!
Au début, la belette n’enfonça que la tête, mais peu après, elle échappa aux mains de Finne et se glissa entièrement sous ses vêtements.
— Mm ! Ah, arrête ! Pas là ! Aaaah ?!
La belette se tortillait dans tous les sens, tandis que Finne se démenait, gênée par les chatouilles. Leo et moi ne pouvions pas nous empêcher de penser que nous regardions quelque chose que nous n’aurions pas dû et détournâmes les yeux.
Marie s’approcha pour essayer de l’aider, mais entre-temps, une autre belette avait franchi la barrière. Leo et moi tentâmes de lui barrer le passage du pied, mais elle nous évita avec agilité.
Alors que Marie était entièrement concentrée sur Finne, la seconde belette se faufila jusqu’à ses pieds, grimpa le long de ses jambes et se glissa sous sa jupe.
— Aïe ! Arrête ! Arrête ça tout de suite !
— Non, arrête ! Ne tire pas sur mes sous-vêtements !
— Où vas-tu ?! Arrête ! C’est tout à fait inapproprié !
Finne et Marie se débattaient désespérément pour faire sortir les belettes de sous leurs vêtements. Incapables de les aider, Leo et moi échangeâmes un regard aussi impuissant qu’hébété.
Comme s’il attendait ce moment, un autre animal franchit la barrière.
Cette belette était différente des précédentes.
Elle appartenait à la même espèce, mais ses mouvements étaient bien plus rapides. Elle grimpa d’un bond sur Marie, puis bondit sur Finne avant de s’enfuir avec quelque chose dans la bouche.
Ce fut le signal pour les deux autres. Elles bondirent immédiatement hors des vêtements de Finne et Marie et s’enfuirent dans des directions opposées.
— Argh…
— Ces bêtes… ne devraient pas être autorisées à errer librement.
— Oui, nous ne pouvons certainement pas les laisser filer. Elles ont pris quelque chose de très problématique.
— Elles nous ont eus. Apparemment, ces belettes étaient le mode opératoire du voleur.
Leo et moi fronçâmes les sourcils au même moment.
L’ornement de cheveux que Finne tenait encore tout à l’heure avait disparu.
Quand elle s’en rendit compte, son visage pâlit.
— L’ornement de cheveux de l’Empereur !
— Eh bien, je suis sûr que ton père ne t’en voudra pas si tu t’excuses. Il partira probablement lui-même à la recherche du voleur. Mais il vaut mieux garder ça secret. Nous allons partir à leur poursuite.
— Bonne idée. Je vais y aller avec Marie. On ne t’a rien volé, non ?
— Non, je ne porte pas de bijoux.
— Ils ont peut-être été entraînés à ne voler que des objets de valeur. Cela ne ressemble pas à un crime isolé.
Sur ces mots, Leo et Marie s’élancèrent à la poursuite d’une des belettes.
Je m’apprêtais à faire de même, mais Finne m’agrippa par les vêtements.
Elle était au bord des larmes.
— Je… je vais retourner au château.
— Pourquoi ? Qu’y a-t-il ?
— Je vous avais invité ici aujourd’hui pour vous permettre de faire une pause dans votre entraînement… mais au lieu de ça… je vous ai causé encore plus d’ennuis. Ce serait plus facile pour vous si je n’étais pas là.
Des larmes coulaient sur ses joues. Elle semblait penser qu’elle était responsable de tout ce qui venait de se passer. Mais elle n’avait rien fait de mal. Le voleur ne l’avait pas prise pour cible en sachant qui elle était. Sa méthode était bien trop maladroite pour avoir été préméditée.
C’était forcément une coïncidence. Finne n’avait donc aucune raison de se sentir coupable.
— En fait, ma vie est beaucoup plus facile avec toi.
— Hein… ?
— Alors ne pense pas que tu es un problème, d’accord ? Nous retrouverons bientôt le voleur et ton bijou. Ne t’inquiète pas.
— Mais les belettes ont déjà disparu.
— Pas de problème. Je m’en occupe, nous les retrouverons facilement.
— Mais si vous utilisez la magie sur une grande surface, vous allez épuiser votre mana.
Finne avait raison. Le Festival de Chasse allait commencer, je ne voulais pas gaspiller mon mana maintenant. Cependant, ce genre de problème ne nécessitait même pas l’utilisation de la magie.
— Tu crois que j’utilise la magie pour résoudre tous les problèmes ?
— Ce n’est pas ce que je voulais dire !
— Ces animaux sont intelligents, mais cela reste des animaux. Si on garde ça en tête, on peut peut-être comprendre ce qui se passe.
À ce moment-là, j’emmenai Finne avec moi vers une ruelle voisine. La belette qui transportait l’ornement de cheveux s’était dirigée tout droit par ici.
Les belettes n’avaient pas une bonne vue, on pouvait donc supposer qu’elles se guidaient grâce aux bruits ou aux odeurs.
— Je ne pense pas qu’on va la retrouver maintenant qu’elle est loin.
— On ne cherche pas la belette. On cherche ce qui l’a appelée.
— Quelque chose l’a appelée ?
— Des choses comme se faufiler sous les vêtements des femmes ou voler des bijoux peuvent s’apprendre avec de l’entraînement. Ramener des objets loin d’ici, en revanche, c’est beaucoup plus compliqué, surtout dans un endroit aussi fréquenté.
— Vous marquez un point. Attendez… ça veut dire que le voleur était dans les parages ?!
— S’il avait voulu prendre un tel risque, il n’aurait pas utilisé des belettes. Il doit y avoir un piège.
Tout en discutant, je fouillai la ruelle de fond en comble. Je finis par trouver une petite boîte dissimulée dans une fissure. En l’ouvrant, je tombai sur le jackpot.
— Qu’est-ce que c’est ?
— C’est une phonostone. Une pierre qui émet à intervalles réguliers le son qu’on y a enregistré. On l’utilise souvent pour attirer les monstres, généralement avec une voix féminine de leur espèce. C’est probablement ce qu’elle reproduit ici. En plaçant des phonostones à intervalles réguliers, on peut guider une créature jusqu’à un lieu précis.
— Ah ! Alors la belette a pris l’ornement pour cheveux afin de l’offrir à sa petite amie !
— Exactement. Quelqu’un se sert de ce comportement pour voler des objets.
— C’est terrible ! On ne peut pas les laisser s’en tirer comme ça !
— Je suis d’accord. Je n’apprécie pas qu’on se moque de moi. On les attrapera, quoi qu’il en coûte.
— Allons-y !
Avec la réponse enthousiaste de Finne, notre recherche commença.
En supposant que les pierres étaient placées dans des endroits aussi peu fréquentés que possible, nous continuâmes à avancer dans la ruelle étroite.
Notre hypothèse s’avéra juste : nous trouvâmes pierre après pierre en nous dirigeant vers l’ouest. Nous ne commîmes qu’une seule erreur de calcul…
— C’est tellement étroit…
— Tiens bon, encore un peu.
À quel point cette ruelle pouvait-elle être étroite ?
Malgré l’exiguïté, nous continuâmes à avancer, Finne cherchant d’un côté, moi de l’autre. Puis…
— J’en ai trouvé une !
— Super.
Je me retournai et vis Finne sauter de joie en découvrant la boîte.
Juste au moment où je commençais à craindre qu’elle ne perde l’équilibre, elle bascula. Je réussis à me placer devant elle et à la rattraper, mais nous nous retrouvâmes dans les bras l’un de l’autre.
— Oups ! Je suis désolée !
— Ce n’est pas grave. C’est ma faute.
Pendant une seconde ou deux, nos nez se retrouvèrent à quelques centimètres l’un de l’autre, puis Finne se redressa précipitamment. Son visage était rouge vif… et je suppose que le mien aussi.
À ce moment précis, une belette s’approcha de Finne. Avec un petit gémissement triste, elle frotta sa tête contre ses jambes.
— Oh, pauvre petit. Tout va bien. On va te sauver !
— On doit être tout près. Allons-y.
Nous quittâmes la ruelle et nous dirigeâmes vers l’ouest.
Peu après, nous vîmes une belette différente de celles croisées plus tôt entrer dans une maison.
Aha. C’était donc leur quartier général.
— Ça doit être là.
— Oui. Allons les chercher.
Pour me préparer à l’affrontement, je lissai mes cheveux en bataille, réajustai mes vêtements froissés, puis me redressai et appelai les chevaliers qui patrouillaient à proximité.
— Excusez-moi.
— P-Prince Leonard !
— Rassemblez tous les chevaliers du secteur. J’ai découvert le quartier général du voleur.
— Vraiment ? Excellent travail, Votre Altesse ! Nous allons passer à l’action immédiatement !
Avec des expressions enthousiastes, ils partirent rassembler leurs camarades.
Les chevaliers de l’Est semblaient avoir une très haute opinion de Leo, probablement grâce à ses efforts pour visiter tous les villages dans le but de capturer le voleur.
Tout devrait bien se passer, désormais.
Cependant, lorsque je regardai Finne, elle semblait troublée.
— Qu’y a-t-il ?
— C’est juste que c’est vous qui avez trouvé le voleur… pas le prince Leonard.
— Les chevaliers ne m’écouteraient pas. Nous ne pouvons pas laisser le voleur s’enfuir, n’est-ce pas ?
— Je sais… mais maintenant, c’est seulement le seigneur Leo qui va bénéficier de cette réputation, une fois de plus.
— Cela te dérange toujours ? Je ne vois pas où est le problème. La bonne réputation de Leo est un atout pour qu’il monte sur le trône.
J’essayai de rassurer Finne, mais elle restait soucieuse. Pendant ce temps, les chevaliers s’étaient rassemblés.
Je leur ordonnai d’encercler la maison, puis donnai le signal d’attaque.
Les voleurs avaient dû être pris au dépourvu.
Les chevaliers n’eurent aucune difficulté à pénétrer dans la maison et à arrêter quatre hommes à l’intérieur.
Tout en observant la scène, Finne et moi entrâmes à notre tour.
Là, dans une cage, se trouvaient tous les bijoux que les belettes avaient volés.
— Je peux ?
— Hein ? Oh, euh… Dans ce genre de cas, la règle veut qu’on ne touche pas aux objets volés.
— Ne vous inquiétez pas. Ce ne sera qu’un instant.
Ignorant l’avertissement du chevalier, je fouillai parmi les objets.
Parmi eux, se trouvait bien l’ornement en forme de mouette bleue.
Je le pris et le tendis à Finne.
— Enlève tes lunettes, Finne.
— D’accord.
— C’est bien celle que je crois ?!
— Comme vous le savez sans doute, il s’agit de Blaue Möwe. Son bijou de cheveux a été volé, c’est pourquoi je le recherchais. Seulement, très peu de gens sont au courant. Si le cadeau spécial que mon père a offert à Blaue Möwe venait à être volé dans la ville de Kiel, les chevaliers en patrouille ne s’en tireraient pas sans être tenus partiellement responsables. Vous êtes libres de parler de cet incident, mais je tiens à préciser que ce serait vous qui auriez des ennuis si cela venait à se savoir.
— C-compris, Votre Altesse ! Je n’ai rien vu !
— M-moi non plus !
Les chevaliers chargés de la récupération des objets répondirent avec une vigueur certaine. Satisfait, je ramenai Finne à l’extérieur. Une fois hors de vue, je redevenais simplement Arn.
— Ouf. Il ne nous reste plus qu’à expliquer ma petite ruse à Leo. Quoi qu’il en soit, je suis content que nous ayons retrouvé ton bijou de cheveux sain et sauf.
— Oui, tout ça grâce à vous. Merci beaucoup.
— Ce n’était rien.
— Je… Je n’ai pas besoin que quelqu’un d’autre sache ce que vous avez fait… parce que moi, je le sais ! Je me souviendrai toujours de votre intelligence et de votre courage ! Toujours ! Pour toujours !
Je ne comprenais pas tout à fait ce que Finne voulait dire. Elle était tellement émue qu’elle en avait le souffle coupé. Mais je ne pouvais pas dire que cela ne me faisait pas plaisir.
— Eh bien, tant mieux. Merci.
— Un jour, j’écrirai un livre sur toutes les choses incroyables que vous avez faites !
— Je ne pense pas que ce soit nécessaire.
— Quoi ? Pourquoi pas ?
Après cela, nous continuâmes à profiter du festival dans la bonne humeur, entre rires et sourires.