THE INSIPID PRINCE T1 – CHAPITRE 2 PARTIE 3

Festival de Chasse des Chevaliers

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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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Quelques jours après mon retour dans la capitale impériale.

Le jour fatidique était arrivé et tout le monde s’affairait aux préparatifs du festival.

— Qui viendra, à ton avis ?

— Ce doit être l’un des capitaines haut gradés.

J’attendais quelqu’un dans ma chambre au château.

Aujourd’hui, les enfants de l’empereur allaient découvrir quel corps de chevaliers leur serait attribué pour le festival. La méthode était simple : chaque capitaine de chevalerie se rendait dans la chambre d’un prince ou d’une princesse.

Chaque corps de l’ordre des chevaliers impériaux possédait son propre numéro. Plus ce numéro était bas, plus le corps était prestigieux. Les trois premiers, en particulier, étaient dirigés par les capitaines les plus puissants. Pour équilibrer les forces, ces corps devaient également accueillir certains déserteurs de l’armée.

— N’importe qui fera l’affaire, tant que ce n’est pas Elna…

— Encore une fois… Tu veux dire l’enfant prodige de la brave maison d’Amsberg ? Celle qui a intégré l’ordre impérial à onze ans et qui en est devenue capitaine à quatorze ? Ce serait formidable si on parvenait à la rallier à notre cause, non ?

— Pour ses capacités, peut-être. Mais en tant que personne, je ne la supporte pas.

— Elle est pourtant réputée pour sa droiture. On dit qu’elle succédera à l’actuel chef de l’ordre, non ?

— Ce n’est qu’une façade. Ni le peuple ni les chevaliers ne connaissent sa vraie nature. Je n’oublierai jamais notre première rencontre. J’avais sept ans. Tu sais ce qu’elle m’a dit après m’avoir sauvé des brutes ?

— Eh bien, je me demande.

— Elle m’a traité de « faible », tu te rends compte ? Quel genre de personne emploie ce mot face à un enfant victime d’intimidation ? Et juste après, elle m’a tendu une épée en bois et s’est mise à « s’entraîner » avec moi. Je me suis fait rouer de coups sans pouvoir répondre, et dès ce jour, j’ai commencé à rester enfermé dans la maison pour ne plus la croiser. Je ne la supporte pas. Même inconsciemment ! Peu importe comment on présente cette histoire, elle est horrible, tu ne trouves pas ? Cette femme est le diable incarné.

J’expliquais avec ferveur à Sebas qui elle était, mais il haussa simplement les épaules, comme si j’étais un enfant dépassé par ses émotions.

Merde ! Pourquoi il ne comprend pas ?

Alors que je m’agitais, la porte s’ouvrit soudainement. Elle apparut.

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire de femme diabolique ? lança la diablesse elle-même, Elna, avec un sourire.

Dès que je vis sa silhouette, mon visage se décomposa aussitôt. Puis :

— SEBAS ! APPELLE UN CHEVALIER ! UN DIABLE EST ENTRÉ !!

— Hélas, Votre Altesse, je crains que personne ne vienne. Le chevalier le plus fort est déjà là, après tout.

— Comme je m’y attendais de toi, Sebas. Votre Altesse, le prince Arnold Lakes Adler. Moi, Elna von Amsberg, capitaine du troisième corps de l’ordre des chevaliers impériaux, au rapport. Cela fait quelques années que nous ne nous sommes pas vus, mais vous semblez toujours le même, Votre Altesse.

— Tss… ! Est-ce du sarcasme ?

— Évidemment. Il paraît que vous êtes devenu très populaire dans la capitale. On vous surnomme le Prince Insipide, non ? C’est merveilleux, n’est-ce pas ?

— Oui, grâce à toi. Je me suis vraiment amusé. Nous rîmes ensemble.

Même si nous ne nous étions pas vus depuis plusieurs années, nous étions toujours des amis d’enfance. Même si j’étais un prince et qu’elle était la fille de la Maison Brave, nous nous connaissions bien.

Nous nous regardions en souriant, mais ce fut moi qui détournai les yeux le premier.

— Que fais-tu ici ? Je ne me souviens pas t’avoir appelée.

— Bien sûr que je suis ici pour le festival. Tu ne le savais pas ?

— Je ne te crois pas…

— C’est impoli. J’ai eu beaucoup de mal à obtenir ça, tu sais ? J’ai même demandé à l’empereur de me laisser faire équipe avec toi.

— Ne fais rien d’inutile ! Tu veux te faire prendre à partie par mon frère et ma sœur ?

— Ce n’est pas que je n’y ai pas pensé. Mais tu ne vis pas pour le trône, n’est-ce pas, Al ?

— Ce n’est pas le problème ! Argh, bon sang ! Pourquoi tu es comme ça, même depuis toujours ?

Je savais qu’elle avait agi en pensant à moi, mais cela ne m’aidait en rien à atteindre mon propre objectif.

Dans une situation comme celle-ci, j’aurais préféré qu’elle demande à mon père de la laisser faire équipe avec Leo. Mais je ne savais pas si elle le ferait si je lui disais d’aller de son côté. Au moins, maintenant qu’Elna travaillait avec moi, mon statut était passé de celui d’un inconnu à celui d’un as. Cela compliquait encore davantage les choses. Elna était une personne qui attirait naturellement l’attention. On pouvait affirmer sans trop s’avancer que toute opération secrète de ma part était désormais impossible.

Si elle avait rejoint l’autre camp, cela m’aurait embarrassé, mais le fait qu’elle ait rejoint le mien m’embarrassait encore davantage. C’était tout Elna. Ce n’était pas seulement une question de compatibilité, je ne voulais vraiment pas qu’elle travaille sous mes ordres.

— Je ferai en sorte que tu gagnes. Fais taire tous ceux qui te traitent de Prince Insipide !

— Je ne veux pas ça…

— Ne sois pas comme ça. Je l’ai déjà annoncé à Sa Majesté, nous allons donc devoir suivre un entraînement spécial ! Pour l’instant, voyons voir si tu t’es amélioré à l’équitation. Allez, direction le terrain d’entraînement.

— … Sebas. J’ai mal à la tête. Je crois que c’est grave…

— Cela semble grave. Il doit s’agir d’une maladie mentale sérieuse. Si vous entraînez votre corps et votre esprit, vous pourriez guérir, Votre Altesse.

Je fusillai Sebas du regard, mais il m’ignora complètement. Il ne restait plus beaucoup de temps avant le Festival de Chasse des Chevaliers. Même si je m’entraînais pendant quelques jours, cela ne changerait rien.

C’est avec cette pensée en tête que je fus traîné jusqu’au terrain d’entraînement.

***

— !!?? Ça fait mal…

— M…mille excuses ! Je vais y aller plus doucement.

Le lendemain.

Mes courbatures m’clouaient au lit. Finne m’appliquait de la pommade en silence pendant que je m’efforçais de ne pas gémir — mon dos était dans un état pitoyable.

C’était l’œuvre d’Elna et de ses cours d’équitation. Manier une épée ou une lance à cheval était une première pour moi, et cela s’était vu. J’étais tombé plusieurs fois, me cognant le dos à chaque fois sur le sol.

Si cela devait continuer tous les jours, je n’y survivrais pas.

— Seigneur Arnold. Dame Elna m’a dit qu’elle avait préparé un autre entraînement pour vous cet après-midi.

— Le mot « repos » n’existe-t-il pas dans son dictionnaire… ?

— Comme on pouvait s’y attendre de la part de celui qui est considéré comme la réincarnation du héros. Mais, Seigneur Arn, en tant que Silver, ne devriez-vous pas avoir les mêmes capacités qu’elle ? Faites-vous exprès de prétendre que vous ne savez pas monter à cheval ?

— Le seigneur Arnold est un spécialiste de la magie ancienne. Sa force physique de base est même inférieure à celle d’une personne normale. L’équitation, le maniement de l’épée, la magie moderne… Il a négligé toutes ces matières, donc ses capacités dans ces domaines n’ont rien de spécial, Dame Finne.

— Ah bon ? Je pensais que tous les aventuriers étaient physiquement forts.

— La plupart d’entre eux le sont… mais j’ai utilisé la magie ancienne pour compenser mes faibles capacités physiques et je n’ai pas l’intention de m’entraîner physiquement.

— Son Altesse utilise souvent la magie de transfert pour couvrir ses longs trajets. Il est rare qu’il sorte sans utiliser la magie de transfert, comme lorsqu’il s’est rendu au duché de Kleinert. Même dans ce cas, il a utilisé la magie ancienne pour renforcer son corps. Sans la magie ancienne, il est aussi « faible » que Dame Elna l’a dit.

Je n’avais plus l’énergie nécessaire pour contrer les propos venimeux de Sebas.

Je poussai un soupir en m’allongeant sur le lit.

Cependant, Sebas m’interpella d’une voix plus enjouée.

— Mais selon le point de vue, même si c’est une période difficile pour Votre Altesse, c’est une bonne opportunité pour le seigneur Leo.

— C’est vrai…

— Hein ? Que voulez-vous dire ?

Je décidai de donner une brève explication à Finne, qui semblait ne pas comprendre la situation. Même ainsi, je n’avais pas besoin de lui donner une explication détaillée.

— Elna est considérée comme la plus forte des chevaliers. Donc, même si je gagnais, personne ne penserait que ce serait grâce à moi.

— C’est vrai. Comme l’a dit Dame Finne, si nous ne pouvons pas faire gagner le seigneur Leonard, la méthode la plus sûre est de faire gagner le seigneur Arnold. Cependant, il serait peu naturel que ce dernier remporte soudainement le concours… mais maintenant, nous avons la carte la plus forte en main.

— Je vois ! Le seigneur Arnold va se donner à fond, n’est-ce pas ?

— Eh bien, même si je ne fais rien, Elna l’aurait fait toute seule de toute façon. Dans tous les cas, je pense que nous allons gagner. Elna est très douée. Si je ne me mets pas en travers de son chemin, il est presque certain que nous gagnerons.

— C’est sûrement pour cela que Sa Majesté l’Empereur a associé le seigneur Arnold à Dame Elna. Il doit s’attendre à ce que le seigneur Arnold l’aide dans cette compétition.

— L’Empereur n’aurait jamais pensé qu’il venait de créer une équipe de choc entre le chevalier le plus fort de l’Empire et l’aventurier le plus puissant.

Étonné par l’air joyeux de Finne, j’enfilai ma veste. Il ne restait que quelques jours avant le Festival de Chasse des Chevaliers. Je devais faire ce que je pouvais avant cela.

— Même dans le pire des cas, je gagnerai et empêcherai les autres d’obtenir le poste d’ambassadeur. Mais le meilleur résultat ici serait la victoire de Leo.

— Pourquoi cela ? Même si vous deveniez ambassadeur plénipotentiaire, Seigneur Arn, et nouiez des relations avec d’autres pays, cela ne servirait-il pas finalement les intérêts du seigneur Leo ?

— Même ainsi, il vaudrait mieux que Leo gagne. Après tout, beaucoup de personnes influentes viendront assister au festival.

— Vous dites cela avec beaucoup de dignité, mais en réalité, vous trouvez simplement ce poste ennuyeux, n’est-ce pas ?

Mes épaules sursautèrent.

Voyant qu’il avait visé juste, Sebas poussa un soupir, tandis que Finne m’interpella.

— Seigneur Arn… N’accordez-vous pas trop de choses au seigneur Leo, pour le coup ?

— Hm ? Trop de choses ?

— Vous venez de parler comme si vous étiez prêt à tout lui abandonner. Je l’ai bien compris.

— Ha… Dame Finne, il me semble que vous vous méprenez. Le prince que vous avez sous les yeux est quelqu’un de bien plus compliqué qu’il n’y paraît, vous savez.

— Je ne peux pas le cacher à Finne, hein… C’est une vieille habitude, tu vois. Je veux vraiment tout donner à Leo. Le trône, par exemple.

— C’est exactement ça ! En tant que frère aîné, c’est formidable, mais ce n’est pas bon d’en faire trop. Je pense que le seigneur Leo serait triste aussi.

Je parvins à utiliser le malentendu de Finne pour échapper au sermon de Sebas. Voyant que j’avais habilement trompé Finne, Sebas fronça les sourcils.

— Tromper une femme n’est pas une conduite que je puis approuver.

— Je ne l’ai pas trompée. Je l’ai simplement laissée tirer une mauvaise conclusion.

— Ne jouez pas sur les mots. Dame Elna risque de se fâcher contre vous, vous savez ?

— C’est ma mère ou quoi…

— Ne sois pas jaloux. Ça n’apporte que des ennuis. Surtout quand ladite amie se mêle sans arrêt de choses inutiles.

— Tiens donc ? Des choses inutiles, tu dis ?

Une voix retentit dans la pièce.

Je me retournai et vis Elna debout près de la porte. Elle souriait, mais j’avais l’impression de percevoir la colère qui émanait d’elle. Pendant un instant, la peur profonde qu’elle m’inspirait me fit détourner le regard, mais comme elle ne semblait pas vouloir partir, j’ouvris la bouche à contrecœur.

— Tu es venue sans que je t’appelle, tu es trop curieuse…

— C’est impoli. J’ai fait un détour pour apporter une pommade à quelqu’un qui ne peut pas bouger à cause de douleurs musculaires, tu sais ?

— Je vais bien. Quelqu’un cent fois plus gentil que toi m’en a déjà mis.

— Ah bon ? Tu parles peut-être de cette chère Blaue Möwe, là-bas ?

— Ah, oui. Enchantée. Je m’appelle Finne von Kleinert.

— Je suis Elna von Amsberg. Je connais bien la chambre de Leo, mais je ne pensais pas vous trouver dans celle de ce prince désespérant.

En disant cela, Elna adressa un doux sourire à Finne. La nature de son sourire était complètement différente de celui qu’elle m’avait réservé. C’était un sourire destiné à manipuler l’impression des autres.

— Arn, j’ai l’impression que tu viens de te moquer de moi ?

— C’est juste ton imagination.

— Bien. Bon, on y va ?

Sur ces mots, Elna me tira du lit par le cou.

Voyant ma panique, elle m’offrit une explication avec son sourire habituel.

— Tu viens de dire que tu allais bien, non ? Bon, allons à l’entraînement.

— Quoi ? Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Aïe ! Ça fait mal ! Arrête ! Je suis blessé, tu sais !

— Une douleur musculaire, ce n’est pas une blessure. Bouge ton corps et ça passera tout seul.

Sur ces mots, Elna me traîna jusqu’au terrain d’entraînement, et nous reprîmes la séance comme la veille.

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