THE INSIPID PRINCE T1 – CHAPITRE 2 PARTIE 2
Festival de Chasse des Chevaliers
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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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— Ça devient vraiment embêtant.
— Sérieusement. On est dans le pétrin.
Le lendemain matin, j’avais immédiatement convié Sebas et Finne dans ma chambre pour une réunion stratégique.
Comme prévu, Sebas semblait déjà mesurer la gravité de la situation.
— Dans le pétrin ? N’est-ce pas plutôt une occasion pour le Seigneur Leo de montrer ses capacités ? Les chevaliers ont été répartis équitablement par Sa Majesté, et vous Seigneur Arn, vous savez à quel point le seigneur Leo est excellent, n’est-ce pas ?
— Aaah…
— Ce soupir que vous venez de pousser… c’est pour vous moquer de moi, n’est-ce pas ? Je le sais très bien !
Entendant le cri de Finne, je me résolus à commencer mon explication, un peu à contrecœur. En vérité, ce que disait Finne n’était pas entièrement faux. Mais ce n’était que la moitié de la vérité.
— Ce festival est à la fois une chance… et un piège.
C’était une chance, parce qu’il existait une possibilité que Leo devienne ambassadeur plénipotentiaire. Mais c’était aussi un piège, car si l’un de nos trois rivaux obtenait ce poste, l’écart entre eux et nous, que nous avions mis tant d’efforts à réduire, s’élargirait à nouveau.
Même si nous formions désormais une quatrième faction, nous restions encore bien trop faibles face aux trois autres.
Si l’un d’eux remportait cette victoire, les deux autres pourraient s’en remettre, mais nous, nous n’avions pas cette marge. À moins d’un renversement complet, nous devrions abandonner la guerre de succession.
— C’est vrai ? C’est grave ! Il faut faire quelque chose, et vite !
Finne se leva de sa chaise, paniquée, et se mit à faire les cent pas dans la pièce.
Je la laissai s’agiter dans son coin, tandis que je m’adressai à Sebas.
— As-tu rassemblé des informations ?
— Il n’y en a pas beaucoup, Votre Altesse. Il semble que l’ordre des chevaliers n’ait été mis au courant qu’hier. Cette affaire doit avoir été décidée par Sa Majesté et ses conseillers proches uniquement.
— Dans ce cas, les cartes que nous avons en main sont limitées. Tout dépendra des capacités… et de la chance de chaque candidat. Un monstre rare va-t-il apparaître ? Allons-nous le rencontrer ? Tout cela repose essentiellement sur le hasard. Peu importe votre puissance, si vous n’avez pas l’occasion de la démontrer, elle reste inutile.
— Il y a une autre information. Les chevaliers s’attendent à ce que le festival ait lieu dans la partie est de l’Empire.
— La partie est ? Pourquoi ?
— C’est historiquement la région la plus touchée par les monstres. C’est aussi celle où les aventuriers ne parviennent pas à maîtriser leur nombre. Notre ordre de chevaliers a été mobilisé ailleurs lors des précédentes campagnes, mais cette région a été laissée de côté.
— Il a donc volontairement laissé l’est tranquille pour qu’il serve de terrain au festival, hein… C’est bien quelque chose que mon père aurait fait.
On ne pouvait pas demander aux chevaliers d’intervenir partout à la fois.
Je m’étais douté qu’il y aurait des zones échappant à leur couverture, et il semblait que ce fût effectivement l’est.
Si une région lourdement endommagée devenait le centre d’un grand événement, elle attirerait sans doute de nombreux visiteurs.
La reconstruction en serait aussi facilitée.
C’était vraiment du Johannes tout craché.
— Voici le déroulement prévu : les chevaliers seront envoyés dans la partie est, où ils chasseront des monstres pendant plusieurs jours. Ensuite, vous devrez choisir l’unité à laquelle vous ferez confiance. Puis Sa Majesté rendra son jugement et désignera le vainqueur. De plus, la nouvelle s’est déjà répandue, et les marchands affluent vers la région à l’heure où nous parlons.
— C’est une occasion commerciale, après tout. Les marchands ne laisseraient jamais passer ça. Ce festival prend une ampleur impressionnante… Des figures influentes du monde entier viendront sans doute y assister. Ça va devenir compliqué.
— Seigneur A…Arn ! J’ai trouvé un plan !
— Je t’écoute.
Finne frappa dans ses mains et les leva bien haut.
Je n’attendais pas grand-chose d’elle, mais ce serait dommage de ne pas écouter. Finne n’était pas une bonne stratège, mais elle n’était pas idiote. Elle pourrait repérer quelque chose de surprenant.
— Je pense que ça ira tant que vous êtes le vainqueur, Seigneur Arn !
— J’ai été idiot de placer mes espoirs en toi…
— Dame Finne. Le seigneur Arnold doit se montrer incompétent. Ce serait étrange qu’il fasse soudainement preuve de talent ici.
— Ah, c’est vrai… m…mais il n’y a pas d’autre moyen de gagner avec certitude, si ?
C’était exactement comme elle venait de le dire. Pour moi, viser la première place restait le moyen le plus sûr de réussir, en raison de la participation de Silver. Bien entendu, aucun autre candidat, pas plus que leurs chevaliers, ne pouvaient rivaliser avec lui.
Mais si je choisissais cette voie, nous perdrions notre meilleur atout, et il deviendrait bien plus difficile de faire monter Leo sur le trône. M’y engager reviendrait à diviser inutilement notre précieuse popularité. Quelle que fût la manière dont j’envisageais le problème, c’était une mauvaise décision.
— Nous devons trouver autre chose.
— Mais nous n’avons que peu de cartes à jouer dans cette situation. Les autres candidats peuvent tenter d’attirer un monstre rare vers l’est, ou découvrir à l’avance où il apparaîtra… Mais nous, nous manquons cruellement de personnel pour ce genre d’opération.
— Je sais. Ils vont sûrement essayer, mais je peux en faire autant. Je peux simplement guider un monstre vers l’est en tant que Silver.
— Vous ne pouvez pas ! Faire une chose pareille… !
Finne fut la première à s’y opposer. En la regardant, Sebas et moi esquissâmes un sourire amer. Elle ressemblait tellement à Leo.
— C’est vrai. Si je fais ça, je risque de mettre en danger les habitants de la région est. C’est pour cette raison que je ne le ferai pas. Leo n’approuverait jamais une méthode aussi basse.
Personnellement, c’était un plan que je voulais éviter à tout prix. Ma fierté d’aventurier me l’interdisait. Mais s’il n’existait aucune autre solution, je devrais peut-être le faire. Cependant, pour l’instant, ce n’était pas le cas.
Si tous les autres candidats s’étaient révélés être des tyrans, cela aurait été une autre histoire… Mais pour l’instant, seules ma vie, celle de Leo et celle de notre mère étaient en jeu. Et je ne pouvais pas justifier de faire souffrir des innocents uniquement pour protéger ceux que j’aimais.
— C’est vrai… Je suis soulagée.
Apaisée, Finne prit une profonde inspiration et baissa la tête.
— Je vous prie de m’excuser… J’ai encore dit une chose irréfléchie ! Bien sûr que vous ne feriez pas une chose pareille, Seigneur Arn !
— Ce n’est pas grave. Dis ce que tu penses. Ton opinion reste la tienne, après tout.
— Que…que voulez-vous dire…?
— Cela signifie qu’il vous apprécie, Dame Finne.
— V…Voyons…
Même si je ne l’avais pas dit moi-même, Finne rougit et se cacha le visage entre les mains.
Tu peux être gênée, mais c’est Sebas qui a dit ça. Ce ne sont pas mes mots.
— Je ne me souviens pas avoir dit que je l’aimais bien.
— Alors vous la détestez ?
— Non, ce n’est pas…
— Alors, mettons-nous d’accord sur le fait que vous l’aimez bien. C’est merveilleux, Dame Finne.
— Oui !
En voyant le sourire rayonnant de Finne, je sentis la fatigue me gagner.
À ce moment-là, on frappa à la porte.
— Entrez.
— C’est moi. Je dérange ?
— Pas vraiment. Nous étions justement en train de discuter de la manière dont tu deviendrais ambassadeur.
Leo se tenait à la porte, accompagné de Marie qui le suivait discrètement. Ce dernier répondit à ma remarque avec un sourire ironique.
— Je suis presque sûr que c’est toi qui devrais être ambassadeur.
— Tu penses vraiment que je serais capable d’établir de bonnes relations avec un autre pays ?
— Oui, je pense que tu en serais capable.
— Eh bien, je te remercie. Mais soyons réalistes, je ne peux pas gagner le Festival de Chasse. C’est toi qui dois le faire.
— Tu as raison… Mais je ne veux vraiment pas. Me battre contre ma propre famille, c’est déprimant.
— Tu vas abandonner alors ?
Leo secoua la tête. Je connaissais déjà sa réponse. S’il avait voulu abandonner, il l’aurait fait dès le début. Peu importe ce que l’on pouvait dire maintenant, Leo avait pris sa décision. Dans ce cas, je n’allais pas saper sa détermination.
— J’abandonnerais peut-être si cela pouvait mener à un résultat favorable, mais ce ne serait pas le cas. Mes actions ont des conséquences sur toi, mère, et sur tous ceux qui ont eu la gentillesse de me soutenir. Si je perds, l’avenir sera sombre pour tout le monde.
C’était à peu près cela.
Nos trois frères et sœurs aînés ne faisaient preuve d’aucune pitié. C’était devenu évident depuis peu.
Le fait qu’ils aient fait assassiner le général Dominique avant même que Leo ne prenne officiellement part à la lutte pour le trône montrait clairement qu’ils n’avaient plus l’intention de reculer.
Les choses n’avaient pourtant pas toujours été ainsi. Jusqu’à la mort du prince héritier, et même quelque temps après, ils avaient encore conservé un minimum de décence humaine. Mais la guerre de succession, en s’éternisant, les avait peu à peu changés, au point d’étouffer en eux jusqu’au moindre sentiment familial.
Pour tous ceux qui soutenaient Leo de bonne foi, et pour l’ensemble des habitants d’Adrasia, je devais faire de lui le prochain empereur. Leo lui-même en avait pleinement conscience.
Depuis l’enfance, il admirait notre frère aîné et le considérait comme un modèle. Même après sa mort, cela n’avait pas changé. Maintenant qu’il avait pris sa décision, Leo voulait devenir comme lui.
C’était précisément pour cette raison qu’il était, parmi nous tous, celui qui ressemblait le plus à notre frère aîné.
Cependant, Leo n’avait pas son réalisme. Il était naïf, idéaliste, et se laissait facilement emporter par ses émotions. Voilà pourquoi, au départ, il n’avait jamais proposé sa propre candidature.
Puis le général Dominique avait été assassiné.
D’une certaine manière, nos adversaires avaient commis là une erreur. Leo était quelqu’un de profondément bon. Si le général n’avait pas été tué, il n’aurait peut-être jamais trouvé la détermination nécessaire pour se dresser contre ses frères et sœurs.
Mais il l’avait été.
Et Leo avait pris sa décision.
Or, une fois sa décision prise, Leo ne revenait jamais en arrière.
— Je ne peux pas y arriver seul. J’ai besoin de votre aide à tous.
Tous les présents acquiescèrent.
Finalement, nous ne trouvâmes aucune idée satisfaisante. Nous décidâmes donc d’en faire notre devoir et de lever la réunion.
Le lendemain, j’acceptai une mission de la guilde en tant que Silver.
La guilde m’avait contacté pour m’informer qu’une quête de haut niveau venait d’être publiée. Autrefois, je ne sortais guère plus de deux fois par mois, mais il semblait bien que la prolifération des monstres à l’intérieur de l’Empire fût devenue une réalité.
Cela ne signifiait pas pour autant que le monstre apparu cette fois représentait une menace pour un aventurier de rang SS comme moi. Il s’agissait, cette fois, d’un Cerbère rouge. C’était une variante extrêmement puissante, connue pour avoir mis en déroute des groupes entiers d’aventuriers. La guilde avait donc mis sa tête à prix. Son rang était AAA, le même que celui du Minotaure royal que j’avais vaincu précédemment.
Le Cerbère était un monstre rare qui, à l’origine, n’existait pas dans l’Empire. Il avait sans doute fui d’autres aventuriers avant de pénétrer sur notre territoire.
Je le maîtrisai rapidement en pensant : Ne viens pas te promener dans l’Empire alors qu’il est en pleine effervescence !
Comme prévu, il ne mourut pas au premier coup. Il s’effondra après trois attaques magiques de ma part. Lors du dernier sort, son corps disparut presque entièrement… mais l’une de ses canines resta intacte. Je décidai donc de la rapporter comme preuve de ma victoire.
Alors que j’accomplissais mon travail d’aventurier, un groupe de cavaliers s’approcha. Ils arrivaient au galop. Je me demandai à qui appartenait cette cavalerie. Le seigneur de cette région avait pourtant été informé par la guilde que Silver venait ici pour vaincre le Cerbère…
— Vous, là-bas ! C’est vous qui avez provoqué l’explosion ?
— Et alors ? Pourquoi ne commencez-vous pas par vous présenter ?
Tout en répondant à la question, je récupérai la canine et me retournai pour faire face à la cavalerie. Puis je me figeai.
Car je reconnus une personne à laquelle je ne m’attendais pas.
— …!?
À cheval se trouvait une jeune fille magnifique. Ses longs cheveux couleur sakura et ses yeux jade dégageaient une aura vive et tranchante, telle une lame pure. Son dos droit et son regard déterminé laissaient deviner une épée aussi élégante que puissante. Je savais qui elle était. Je la connaissais très bien. Cela faisait plusieurs années que je ne l’avais pas vue. Je n’avais pas reconnu sa voix… mais dès l’instant où j’avais vu sa silhouette, j’avais compris. De toute façon, une jeune fille aux cheveux sakura et aux yeux jade… il n’y en a qu’une seule dans tout l’Empire.
— Je suis le capitaine du troisième corps de l’ordre des chevaliers impériaux, Elna von Amsberg. J’ai entendu dire qu’un Cerbère sévissait dans cette région… mais peut-être l’avez-vous déjà vaincu ?
Amsberg. Ce seul nom suffisait à faire trembler les royaumes voisins. Ils descendaient du héros qui avait terrassé le roi démon il y a cinq siècles. Après sa victoire, l’empereur de l’époque avait voulu l’anoblir, mais le héros avait refusé toute récompense, tout titre de duc, de marquis ou de comte.
Il s’apprêtait à partir en voyage. Alors, l’empereur lui proposa un honneur unique : un titre nobiliaire spécial, inégalé sur le continent.
Le titre de « Brave ». Le rang le plus élevé parmi les aristocrates impériaux, au-dessus même des princes, exempté de toute révérence sauf envers l’empereur lui-même. Mais personne ne s’en plaignit. Leur mérite dépassait toute contestation. Leurs exploits accumulés pendant des siècles parlaient pour eux. Les gardiens de l’Empire. Et Elna était l’héritière directe de cette Maison Brave.
C’était aussi celle qui m’avait protégé à l’époque de l’école. Elle me traitait de faible et m’imposait un entraînement spartiate. Mais ce qu’elle avait ancré en moi à l’époque m’empêchait encore aujourd’hui de m’opposer à elle. Elle était mon ennemie naturelle. À dire vrai, tout ce qu’elle m’avait fait subir relevait davantage du harcèlement que de l’éducation.
Instinctivement, je reculai, incapable de dire un mot. Mais je me souvenus à temps que mon visage était caché sous un masque argenté. Je repris mon calme.
Je ne suis pas Arnold, je suis Silver. Je n’ai aucune raison d’avoir peur d’Elna.
— Tu ne le vois pas ? On dirait que la Dame de la Maison Brave manque un peu de discernement.
— Qu’est-ce que tu viens de dire…? Ah…
Merde. Je suis tellement habitué à parler ainsi que j’ai utilisé ce ton… sans réfléchir. C’était une très mauvaise idée.
— À en juger par ton apparence, tu es l’aventurier de rang SS, Silver, n’est-ce pas ? Juste parce que tu es un peu célèbre, tu sembles avoir pris la grosse tête.
Elna me sourit. Mais je la connaissais. Elle souriait toujours quand elle était furieuse. C’était son sourire de colère.
C’était très, très mauvais.
— On raconte que tu as beaucoup œuvré dans la capitale. On t’appelle même le gardien de la capitale, non ? C’est un défi envers la Maison Amsberg, ça ?
— Gardien de la capitale, c’est juste un surnom. Je ne me le suis jamais attribué. Et je ne m’y intéresse pas.
Très bien. J’ai juste dit que je ne voulais pas me battre…
— Tu veux dire qu’un titre aussi insignifiant que celui de notre maison ne t’intéresse pas ? Ou que notre nom n’a, à tes yeux, aucune valeur ? Dans tous les cas, tu viens de me provoquer.
AHHHH ?!
C’est foutu ! Elle a tellement mauvaise impression de moi que quoi que je dise, elle le prendra de travers ! Et Elna déteste perdre. Une fois engagée dans un conflit, elle n’est satisfaite que lorsqu’elle a complètement écrasé son adversaire.
Argh ! Dans ce cas, autant régler cette vieille rancune ici et maintenant. Impossible de se faire une alliée dans ces conditions.
Je repris mes esprits et lançai un rire condescendant à Elna.
— Fuufuu. Tu sembles très préoccupée par ma réputation. La Maison Brave tient donc tellement à son image… Je ne pensais pas que tu étais aussi mesquine, incapable de supporter que d’autres soient complimentés.
— Quoi ?! Toi ! Je ne pardonnerai jamais qu’on insulte ma maison de cette manière !
— Qui est insolent ici ? Je ne faisais qu’exécuter une mission pour la guilde. Mais d’après ce que tu viens de dire, tu avais l’intention de t’en charger à ma place, non ? Ce n’est pas une provocation envers la guilde toute entière, ça ?
— Je n’en avais aucune intention ! C’était pour protéger le peuple !
— Capitaine. Calmez-vous. Même s’il y a eu un malentendu, si la guilde nous avait effectivement missionnés, cela créerait un conflit. Et nous devons rejoindre la capitale sans tarder.
— Kuuuh… ! Silver ! Retiens bien ceci ! C’est nous, la Maison Brave, les chevaliers et les soldats, qui protégeons l’Empire ! Pas des aventuriers comme toi !
— Je m’en souviendrai. Mais il se peut que je l’oublie aussitôt.
— Maudit sois-tu… !
Je la regardai s’éloigner, furieuse. Et je soupirai, soulagé d’avoir enfin pu vider un peu mon sac.
Elna avait rejoint l’ordre impérial à onze ans. Un génie parmi les génies. Chargée très jeune de missions critiques, nos occasions de nous croiser étaient devenues rares. Et lorsqu’on se voyait, c’était à peine pour quelques mots.
Mais cette fois… j’avais réussi à prendre le dessus.
Ah… ça fait un bien fou ! Maintenant, je comprends ce que ressent un enfant opprimé quand il parvient enfin à se venger.
— Cela ne change rien au fait que je viens de me faire une ennemie inutile…
Qu’est-ce que je viens de faire… Si la Maison Amsberg décide de s’opposer à nous, ce sera entièrement ma faute…
— J’ai tout gâché…
Je rentrai, en me grattant la tête.