THE INSIPID PRINCE T2 – CHAPITRE 3 PARTIE 9

Troubles dans le Sud (9)

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Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
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Je me réveillai lorsque le bruit assourdissant des canons magiques cessa. La bataille était déjà terminée quand je montai sur le pont. Leo et les autres semblaient rechercher les monstres restants.

— Si c’est fini, dépêchez-vous de me ramener à terre. Je veux dormir dans le château.

— Aah… nous rentrons.

Sous le regard fatigué des marins, nous nous dirigeâmes vers le port et je mis pied à Rondine pour la première fois. Le port n’était pas très différent de celui d’Albatro, mais Albatro semblait plus prospère. Pendant que je me faisais cette réflexion, Elna arriva en sautant par-dessus un toit.

— Arn !

— Oh, Elna. Bon travail.

Je lui fis signe de la main et la remerciai. À en juger par les restes de monstres éparpillés alentour, presque tous abattus d’un seul coup, elle avait dû régler l’affaire seule.

— Je n’ai pas vraiment eu de mal, tu sais. C’est toi qui as dû avoir du mal, non ?

— Oui. Je suis vraiment fatigué en ce moment.

Comme je m’y attendais de la part de mon amie d’enfance : elle avait immédiatement reconnu le vrai Arn. Je ne pouvais vraiment pas sous-estimer son regard. Sur cette pensée, je levai les yeux et me retrouvai dans une position où je pouvais voir sous la jupe d’Elna. Bien sûr, le jupon noir ne laissait rien voir. Si c’était Leo, il se serait plaint que sa tenue était indécente.

— Hé, Elna. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de grimper aussi haut, tu sais ?

— Quoi ? Tu fais semblant d’être Leo maintenant ? Ça ne marchera pas avec moi, tu sais ?

— Non, eh bien, si ça ne te dérange pas, alors il n’y a pas de problème, je suppose.

Elna ne perdit pas son air confiant. Elle semblait avoir une confiance absolue en elle-même, et quand elle était ainsi, j’avais naturellement envie de la déstabiliser.

— C’est inutile ! Je le porte correctement, d’accord ?

— Ah, oui… mais il est déchiré, non ?

Toutes les expressions disparurent du visage d’Elna. Elle me répondit en criant, le visage légèrement rouge.

— Je ne vais pas tomber dans le panneau, tu sais !

— C’est pour ça que je t’ai dit que si ça ne te dérangeait pas, il n’y avait pas de problème. Mais je dois dire que ton jupon noir fait ressortir ta culotte claire, tu sais ?

— !!??

C’est ce qui avait décidé de l’issue du match. Elna se retourna et jeta un coup d’œil à sa jupe. Elle préférait généralement les sous-vêtements blancs ou de couleur claire. J’étais resté vague pour qu’elle se méprenne toute seule, et elle était bel et bien tombée dans le panneau.

— Où est-ce ? Où ça s’est déchiré ? Arn…?

— C’était clairement un mensonge. Tu t’en es déjà rendu compte.

Sur ces mots, je me dirigeai nonchalamment vers le château. Leo irait saluer le roi, qui demanderait ensuite à me parler en privé — c’était son seul choix. J’étais libre jusqu’à ce moment-là. Allons dormir.

— Arn… ? Où crois-tu que tu vas ?

— Au château.

— Tu crois que je vais te laisser partir ?

— Tu es dans une position où tu ne peux rien faire d’autre que me laisser partir, n’est-ce pas ? Cet endroit était un champ de bataille il y a quelques instants.

Elle n’avait aucun moyen de savoir quand les monstres reviendraient. Leo était une chose, mais moi je devais évacuer rapidement.

— Tu seras en sécurité si tu restes à mes côtés, alors reste avec moi.

— Mets la main sur le cœur et dis-moi si j’ai déjà été en sécurité avec toi. Jusqu’à présent, j’ai eu l’impression de mourir plusieurs fois, non ?

— C’est parce qu’Arn dit toujours des choses inutiles ! Sérieusement ! Pourquoi tu racontes des mensonges comme ça ?

— C’est parce que tu le sais. Tu avais l’air si confiante que j’ai voulu te taquiner.

— Ça, c’est exactement comme l’Empereur… Sa Majesté dit souvent la même chose.

— C’est mon père après tout. Bon, désolé, c’est ma faute. Mais tu ferais mieux de porter des sous-vêtements plus audacieux de temps en temps, tu sais.

— Occupe-toi de tes affaires !

Elle m’attrapa par le col et me secoua violemment d’avant en arrière. Le monde tremblait… Alors que je pensais dire adieu à ma conscience, elle me lâcha enfin.

Je ne pus plus bouger pendant un moment et finis par monter dans le carrosse censé ramener Leo au château.

 

***

 

— Quoi, quoi ? Le dragon des mers s’est réveillé ?

— Oui, Votre Majesté. Trois des navires de guerre les plus modernes d’Albatro ont déjà été coulés. Il est également possible que l’attaque des monstres précédente soit liée à ce dragon des mers.

— Si, si une telle chose s’est réveillée, alors… mon pays pourra-t-il survivre…

Je soupirai intérieurement en regardant le roi de Rondine paniqué. Quand j’avais enfin cru pouvoir me détendre, Elna avait dit : « Ce serait bien si vous changiez à nouveau de place », et je me retrouvais là à parler au roi en tant que Leo. C’était certes plus rapide que de tout lui expliquer, mais je n’étais toujours pas convaincu.

— Oui. À ce sujet, le Grand-Duc d’Albatro a demandé à l’Empire de rétablir les relations entre le Grand-Duché d’Albatro et le Grand-Duché de Rondine. Votre Majesté. Permettez-moi de vous poser cette question en tant qu’ambassadeur plénipotentiaire de l’Empire. Afin de lutter contre cette situation d’urgence, veuillez mettre de côté vos conflits passés et vous joindre au Grand-Duché d’Albatro dans l’alliance anti-dragons des mers. Je vous promets que notre Empire soutiendra également cette alliance.

— Euh, hum… mais vous voyez.

— Y a-t-il un problème ?

— Cela va-t-il vraiment nuire à mon pays ?

— Je vois. Certes, je n’ai aucune preuve. Cependant, j’ai rencontré le dragon des mers sur le chemin de Rondine. J’ai réussi à lui échapper, mais j’ai ensuite aperçu un serpent de mer, une créature qui s’approche rarement des côtes, près de votre port. Je soupçonne que la récente attaque de monstres est due à l’entrée du dragon des mers dans vos eaux.

— Mais…

— L’important, c’est que le dragon des mers a également été aperçu dans les eaux de Rondine. Votre Majesté. Cela signifie que la route maritime vers votre pays est désormais bloquée par un dragon des mers. Cette situation est certainement désavantageuse pour le Grand-Duché de Rondine, n’est-ce pas ?

Si possible, je n’aurais pas voulu en arriver là, mais comme je ne savais pas combien de temps le roi resterait indécis, je lui expliquai simplement à quel point la situation de Rondine serait désavantageuse.

— Si la route maritime est bloquée, vous ne pourrez plus commercer que par voie terrestre. Bien que le Grand-Duché de Rondine occupe environ les deux tiers de la péninsule, la plupart des points d’accès à la partie centrale du continent sont toujours contrôlés par le Grand-Duché d’Albatro. Si celle-ci contrôle la route terrestre, c’est le Grand-Duché de Rondine qui sera désavantagée, Votre Majesté.

— Est-ce vrai ?

— Notre empire n’aura aucun moyen de vous aider une fois la route maritime bloquée. Vous comprenez ? Si Votre Majesté choisit d’ignorer la menace du dragon des mers maintenant, cela reviendra à accepter cette situation. Bien sûr, je ne vous en empêcherai pas si vous êtes toujours convaincu de pouvoir vaincre Albatro dans cette situation. Cependant, je ne sais pas quel camp l’Empire choisira de soutenir à ce moment-là.

À ces derniers mots, le visage du roi vira au bleu. L’Empire était une superpuissance, et la simple suggestion qu’il pourrait prendre une telle mesure suffisait à semer la panique dans la plupart des petits et moyens pays — d’autant que Rondine cherchait précisément à obtenir son aide. Mes paroles avaient peut-être eu plus d’effet que prévu.

— C…compris ! Nous acceptons l’alliance. Mon pays ne ménagera aucun effort pour aider le Grand-Duché d’Albatro à combattre le dragon des mers.

Il avait enfin pris sa décision. Albatro pouvait désormais faire appel à la Guilde — elle avait d’ailleurs probablement déjà soumis la demande, ne s’attendant pas à ce que nous échouions.

Le travail d’Arnold était terminé. J’avais déjà prévenu Elna et Leo qu’après avoir persuadé le roi, je leur demanderais de me laisser agir à ma guise.

Rondine enverrait probablement une flotte pour aider Albatro, mais je ne l’accompagnerais pas. Il était temps de passer à une manœuvre secrète.

 

 

 

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