sentenced t3 - Compte rendu de procÈs

Compte rendu de procès : Lawtzir Zef-Zeal Meht Kioh

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Il existe actuellement trois princes officiellement reconnus au sein de la famille royale :

Premier prince Rehnavor Zef-Zeal Meht Kioh — Statut : vivant

Second prince Rezufar Zef-Zeal Meht Kioh — Statut : décédé (maladie)

Troisième prince Rykwell Zef-Zeal Meht Kioh — Statut : inconnu (disparu durant l’attaque de la Seconde Capitale)

Cependant, il existe un autre prince, enseveli dans les ténèbres de l’Histoire, dont le nom n’apparaît dans aucune archive publique. Il s’agit du fils aîné du roi, Lawtzir Zef-Zeal Meht Kioh. Il fut même un temps où il pouvait hériter de la couronne. Mais sa mère était issue de l’ancienne maison royale Meht, et son statut ainsi que sa réputation parmi les autres reines étaient faibles. Malgré cela, le roi mit longtemps avant d’avoir un autre fils, et jusqu’à la naissance de l’actuel premier prince, Rehnavor, Lawtzir était le premier héritier du trône.

La position compliquée de l’ancienne maison royale Meht remonte à la création du Royaume Fédéré. Le nouveau royaume fut fondé autour des maisons Zef et Zeal, qui occupaient le centre du pouvoir politique et entretenaient toutes deux un lourd passif avec la maison Meht.

De plus, les terres de la maison Meht se trouvaient au nord et sont désormais perdues, si bien qu’ils durent emprunter des terres aux nobles Zef-Zeal. En conséquence, beaucoup les considéraient comme des usurpateurs qui s’étaient imposés de force dans le nouveau royaume. Même si Lawtzir était devenu le prochain roi, il aurait été impossible d’éviter l’opposition de nombreux nobles puissants.

Cherchant peut-être à éviter une lutte de succession désordonnée, Lawtzir renonça finalement à son droit au trône dès la naissance de son frère Rehnavor. Après cela, il entra au Temple comme étudiant, se coupa du reste du monde, puis finit par disparaître sans laisser de trace. Cependant, sa mystérieuse disparition fut immédiatement suivie d’un attentat terroriste au palais royal.

Il s’agissait très probablement d’un complot orchestré par la famille royale Zef-Zeal afin de discréditer davantage la maison Meht, exécuté par la Crypte des Lumières Grises, une société secrète agissant dans l’ombre à travers l’Histoire.

Un journaliste de notre compagnie enquêtait justement sur cette affaire lorsqu’il disparut lui aussi.

Nous ne pouvons que supposer qu’il découvrit des informations dangereuses sur cette société au cours de son enquête…

Extrait de « Le fils disparu de la famille royale : le complot Zef-Zeal ».  Chronique de Livio.

 

***

 

Il sentait la présence de la mort.

C’était comme une odeur, et son parfum ne faisait que se renforcer à chaque pas de Lawtzir Zef-Zeal Meht Kioh. Il soutenait son ami, Norgalle Senridge, et l’aidait à marcher, mais l’imposant corps de l’homme perdait lentement toute force. À ce stade, Lawtzir le traînait pratiquement.

Mais malgré cela, il ne pouvait toujours pas abandonner. Il continua d’avancer lentement dans l’obscurité humide, un pas après l’autre, aussi vite et silencieusement que possible. Au bout de ce passage souterrain se trouvait le palais royal. Ce chemin était secret, connu uniquement de la famille royale, dont Lawtzir faisait partie.

— Ça suffit, dit Norgalle d’une voix semblable à un soupir, encore plus faible qu’un murmure. — Laisse-moi. Je veux mourir ici. Je ne veux pas te ralentir…

Même dans une situation pareille, une pointe de plaisanterie subsistait dans sa voix. C’était le genre d’homme qu’il était.

— …Je ne veux pas retarder le prince héritier… Tu dois fuir. Tu dois… atteindre… le palais… coûte que coûte…

— Je ne suis pas le prince héritier, répondit Lawtzir en accélérant le pas.

Le sang qui coulait le long de son épaule était chaud. C’était celui de Norgalle. Il était évident qu’il était grièvement blessé. Il fallait traiter sa blessure au plus vite.

— Arrête de me faire répéter. Tu essaies de me mettre en colère ? Je vais vraiment t’abandonner ici si tu continues.

— Fais-le.

— Hors de question.

Lawtzir avait renoncé à son droit au trône dès la naissance de son frère. Il n’y avait même pas réfléchi à deux fois. Pour cela, il avait dû entrer au Temple et devenir érudit. Il pensait que c’était le meilleur moyen d’éviter confusion et conflits, car il savait que son royaume n’accepterait pas un prince héritier issu de la maison Meht.

Rencontrer Norgalle Senridge en chemin avait été un événement inattendu, mais heureux. C’était probablement le seul coup de chance que Lawtzir ait jamais eu dans sa vie. Ces années-là avaient été réellement plaisantes, pleines d’excitation et de joie. Ils avaient étudié ensemble, débattu ensemble et parlé de l’avenir. Ils avaient même discuté de choses triviales, comme le rôle idéal d’un roi ou la manière dont un souverain devrait gouverner.

Norgalle Senridge était un génie. De tout ce que savait Lawtzir, il était bien plus brillant que n’importe qui à la cour royale, surtout lorsqu’il s’agissait d’ajuster les sceaux sacrés. C’était un prodige qui laisserait assurément son nom dans l’Histoire. Ses idées étaient toujours progressistes et révolutionnaires, et tant qu’il resterait en vie, la technologie des sceaux sacrés progresserait de trente ans en un clin d’œil.

Je ne peux pas le laisser mourir ici.

Lawtzir sentit un poids immense sur ses épaules. Ce n’était pas seulement le poids de son ami qui perdait peu à peu ses forces, mais celui de l’Histoire elle-même. La vie de cet homme marquerait un tournant majeur.

Ce n’est rien comparé à la valeur de sa vie… Nous y sommes presque.

C’était ce que Lawtzir se répétait, et le talent de Norgalle était suffisamment impressionnant pour qu’il s’accroche à cette idée.

— …Je t’en supplie, Lawtzir. Laisse-moi ici.

— Non, répondit-il. — Je ne suis pas quelqu’un d’aussi bien que tu l’imagines.

— Je sais…

— En réalité, je suis quelqu’un de vraiment mauvais.

— …Oui…

— Je ne voulais pas des responsabilités qu’implique la royauté. Je suis un lâche fini… Je n’ai pas la moindre force de caractère… C’est ce qui nous a conduits à cette situation.

— Mm-hmm.

— Je suis quelqu’un de mauvais, répéta Lawtzir.

Il avait l’impression que Norgalle ne mourrait pas tant qu’il continuerait à parler.

— Tu t’es retrouvé mêlé à tout ça à cause de moi.

Quelqu’un avait essayé de le tuer. Il n’aurait jamais cru qu’ils viendraient jusqu’à l’académie du Temple pour lui. C’étaient les Coexistants.

Il était stupéfait qu’ils le prennent encore pour cible alors qu’il avait déjà renoncé à son droit au trône. Leur réseau d’informations était trop efficace. Y avait-il un traître ?

Norgalle avait subi de graves blessures en protégeant Lawtzir. Pourtant, d’une manière ou d’une autre, ils avaient réussi à vaincre l’assassin, à échapper au Temple devenu hostile et à atteindre ce passage souterrain.

— Dis quelque chose, Norgalle.

— Mn.

Lawtzir entendit un faible gémissement, mais la voix était si faible qu’il secoua légèrement son ami.

— En tant que prince, je t’ordonne de me répondre, Norgalle.

— Mn.

Le voilà, ce son. Ou peut-être pas. Peut-être venait-il simplement de la propre gorge de Lawtzir. Une prière au fond du cœur, il appela une nouvelle fois son ami.

— Hé, tu es en colère ? Je comprends. Mais j’ai quand même besoin que tu me répondes. Je l’admets… C’est ma faute. Et ils ont une raison légitime de me poursuivre. Parce que je…

Il s’interrompit au milieu de sa phrase et s’arrêta net. Il voyait une lumière plus loin, artificielle. Elle provenait d’un sceau sacré. Mais ce n’était pas un rayon d’espoir qui les mènerait en sécurité. Des silhouettes obscures s’étaient rassemblées autour.

Ils étaient cinq. Il n’avait aucune chance. Il n’avait jamais appris à se battre, et il ne pouvait pas abandonner Norgalle. Il devait le sauver, quoi qu’il arrive.

Ce n’est pas moi qui dois survivre, pensa Lawtzir.

Afin de vaincre le Fléau démoniaque et les Coexistants

—…

— Toutes mes excuses, sire Lawtzir.

Une silhouette élancée à la voix calme et douce se tenait au centre des hommes qui bloquaient la sortie.

— Mais c’est sans espoir. Nous sommes partout. Nous sommes la norme. Il est temps pour vous d’abandonner.

L’homme affichait un sourire désolé. Son expression était vague, étrangement ordinaire.

— Faites-le pour votre chère famille et vos nombreux fidèles serviteurs. Mais d’abord, j’ai besoin que vous déposiez votre ami.

— Hors de question.

— Ce que vous faites n’a aucun sens. Traîner un cadavre de cette manière ne doit pas être facile.

Son visage n’avait rien de particulièrement remarquable et donnait l’impression d’un érudit discret.

— Vous savez forcément qu’il est déjà mort.

 

***

 

Lawtzir ne doutait pas un instant qu’on l’avait enfermé dans cette cellule pour le torturer.

Il pouvait imaginer quantité de choses qu’ils voudraient lui faire avouer.

Combien de jours s’étaient écoulés ? On l’avait entièrement déshabillé afin de le rendre plus vulnérable face à ce qui l’attendait. Il comprenait tout cela rationnellement, mais il ne pouvait rien faire contre ses instincts. Il était terrifié.

Le fait de leur révéler tout ce qu’il savait ferait-il cesser la douleur ? Très probablement pas. Il était persuadé qu’ils le tortureraient jusqu’à ses limites, jusqu’à ce qu’il n’ait plus la force de mentir.

Alors avant que cela n’arrive…

Lawtzir fixa l’obscurité de la cellule souterraine en réfléchissant.

Je ferai ce qui doit être fait.

Que devait-il faire ? Qu’est-ce qui devait être fait ? Il n’y avait pas tant de choses à considérer. Il avait déjà sa réponse. Il avait déjà pris sa décision. Il devait simplement se concentrer sur cela, et uniquement cela. Il ne lui restait plus qu’à attendre.

Et bientôt, le moment arriva.

Cela lui avait semblé durer une éternité, mais ce n’était peut-être pas si long, finalement.

— …Je vous prie de m’excuser de vous avoir fait attendre, Votre Altesse, dit une voix depuis l’extérieur de sa cellule. — Je dispose de peu de temps, alors je vais être bref.

La voix de l’homme était basse. La seule lumière provenait de la faible lueur d’un sceau sacré à l’extérieur de la cellule, si bien que son visage aussi demeurait plongé dans l’ombre.

Malgré cela, Lawtzir savait qui il était.

— Kafzen…

Lawtzir avait voulu parler normalement, mais sa voix ne sortit que sous forme de murmure. Cela lui rappela Norgalle Senridge durant ses derniers instants.

— Pouvez-vous me faire sortir d’ici ?

— C’est impossible, déclara Kafzen. — Rien qu’entrer discrètement ici était extrêmement dangereux et a nécessité une diversion. Et malgré cela, mon temps est limité. Alors…

Il glissa la main dans ses vêtements et en sortit un couteau.

— Notre seule option est de vous faire mourir d’abord.

— Vous me ressusciterez ensuite ?

— Oui. Il y a de fortes chances que nous puissions reproduire vos souvenirs et votre personnalité grâce aux pouvoirs de la Première Déesse.

Lawtzir savait tout cela. Bien sûr qu’il le savait. Il savait ce que signifiait être condamné à servir comme héros. Il connaissait la vérité derrière cette histoire, ainsi que le véritable rôle de l’Unité de Héros Condamnés.

— L’humanité a encore besoin de vous, Votre Altesse. Je vous présente mes excuses, mais vous devez continuer à vivre, même si cela implique de faire de vous un héros.

— Désolé, mais…

Lawtzir esquissa un sourire, ou du moins essaya.

— Je ne suis pas quelqu’un de bien. En réalité, je suis quelqu’un de mauvais.

— …Oui. Sinon, vous n’auriez jamais été capable de faire quelque chose d’aussi inhumain. Mais c’est précisément pour cela que nous avons besoin de vous.

— Vous vous trompez, dit Lawtzir d’une voix claire. — Je suis lâche, faible et sans talent. Mon seul mérite a été de naître dans la famille royale.

— Cependant, vous pouvez parfois faire preuve de cruauté, et cela demande de la force.

— Je n’ai pas ce qu’il faut pour être un héros. Ceux qui sont capables de devenir aussi forts que nécessaire afin de protéger ceux qui leur sont chers et accomplir leurs objectifs… Ils rejoindront probablement les Coexistants. Ce qu’il vous faut…

Lawtzir réfléchit quelques instants, cherchant les mots justes. Puis il abandonna.

— Ce qu’il vous faut, c’est quelqu’un de faible… fragile… stupide. Quelqu’un capable de commettre une erreur et de jeter ce qu’il avait de plus important au monde. Quelqu’un qui gaspillerait son propre potentiel. C’est ce genre de personne qu’il vous faut.

— Votre Altesse.

— Je vais faire quelque chose d’horrible. Il existait un génie nommé Norgalle Senridge. Il était censé entrer dans l’Histoire comme le plus grand ajusteur de sceaux sacrés ayant jamais vécu.

Lawtzir se redressa dans l’obscurité. Tout son corps le faisait souffrir, et il avait peur. Bientôt, il allait devoir mourir.

— Faites de lui un héros, pas moi. Oui… Si vous avez suffisamment d’espace mémoire disponible, utilisez-le pour quelqu’un d’autre. Le futur… n’a pas vraiment besoin d’une personne comme moi.

C’était la conclusion de Lawtzir, même s’il était douloureux de l’accepter et de la comprendre. Il se sentait terriblement vide. Malgré cela, peut-être que son nom serait désormais retenu dans le futur, gravé dans l’Histoire. C’était son unique espoir. Il trouvait absurde d’avoir un souhait aussi ridicule. C’était de la vanité. Mais malgré tout…

— …Norgalle Senridge, dites-vous ? Quand est-il décédé ? Si plusieurs jours se sont écoulés et qu’il n’y a plus de corps, alors sa résurrection sera bien plus difficile. Bien qu’Enfié puisse peut-être extraire les informations nécessaires, leur qualité en souffrira.

Lawtzir le savait également. Cela arrivait parfois lorsque la Première Déesse invoquait des héros. Cela faisait probablement plusieurs jours que Norgalle Senridge était mort, et impossible de savoir où se trouvait son corps.

— Reproduire ses souvenirs et sa personnalité sera difficile. Il pourrait très bien devenir quelqu’un de totalement différent.

— Tout ce dont nous avons besoin, ce sont ses connaissances et son talent pour ajuster les sceaux sacrés. Il doit aussi être habile de ses mains. Concentrez-vous uniquement là-dessus. Cela devrait augmenter les chances de réussite.

Même Lawtzir trouvait ses propres paroles abjectes. C’était un manque de respect envers Norgalle. Et pourtant…

— Ses souvenirs et sa personnalité n’ont aucune importance… Attendez. Je vais vous dire ce que vous devez savoir. Écrivez-le. Nous devrions aussi lui fabriquer une sorte de crime. Avez-vous des idées ?

— Le palais royal doit être réduit en morceaux d’un instant à l’autre afin de créer une diversion.

— Alors partons là-dessus.

Lawtzir voyait encore clairement son visage, Norgalle Senridge, un homme qui possédait une vision ferme de ce qu’un roi devait être.

— Si cela ne suffit toujours pas, alors utilisez ma personnalité et mes souvenirs.

Mélanger deux personnes afin d’en créer une nouvelle… Voilà ce qu’ils étaient en train de faire. De telles expériences avaient déjà été menées par le passé, mais pas une seule n’avait abouti.

— En fait, n’hésitez pas à utiliser aussi mon corps, si nécessaire. Je veux que vous me tuiez maintenant. Je suis un lâche et je n’ai aucune volonté. Qui sait ce que je pourrais leur révéler ?

— …Votre idée m’inquiète. La personne qui en résultera sera déformée, un assemblage de personnalités et de souvenirs. Je doute qu’il ressemble réellement aux hommes dont il sera issu…

— Ce n’est pas important. Ce qui compte, c’est la technologie des sceaux sacrés. Nous avons besoin de ses connaissances et de sa créativité.

Je suis vraiment un homme corrompu, pensa Lawtzir.

Il ne faisait pas cela pour lui-même. Il ne le faisait pas non plus pour son ami. Il le faisait pour autre chose, pour une histoire absurde, mais irrésistible. L’idée que le Norgalle qu’il allait créer joue un rôle dans la défaite du Fléau démoniaque le remplissait de joie.

— Cela n’a aucun précédent, dit Kafzen, qui résistait encore. — Nous fabriquerions littéralement un héros. La personnalité de cet homme sera profondément défectueuse. Je suis incapable d’imaginer quels problèmes pourraient en découler.

— Vous avez probablement raison. Mais vous allez quand même le faire.

S’ils parvenaient à fabriquer la personnalité d’un héros, ils pourraient modifier les héros invoqués comme bon leur semblait.

Le fait que personne ne l’ait fait jusque-là signifiait probablement que c’était impossible. Mais malgré cela, le monde avait besoin de Norgalle Senridge. Il deviendrait assurément l’arme secrète qui leur permettrait de remporter cette guerre. Lawtzir en était certain.

— Kafzen, vous avez l’air de vous ennuyer, se plaignit-il, même si cela n’avait aucun rapport avec leur conversation.

Affronter la réalité en face à cet instant l’aurait brisé.

— Souriez comme si vous passiez un bon moment. Comme avant.

— …Il y a une limite à ce que je peux supporter. Je tenais sincèrement à vous, Votre Altesse.

— Je vous détestais. Vous souriiez toujours comme une brute qui prenait plaisir à s’en prendre aux faibles. C’est votre véritable nature, non ?

Kafzen déforma son visage. Peut-être essayait-il de sourire.

— Grâce à vos paroles, je crois avoir enfin trouvé la détermination nécessaire pour accomplir mon rôle.

— Je m’en doutais. Voici mon dernier ordre. Nous n’avons pas le temps, alors j’ai besoin que vous écriviez tout ce que je vais dire aussi vite et précisément que possible.

Lawtzir inspira profondément, puis expira.

— Prêt ? Norgalle Senridge était un homme qui…

Il parla à Kafzen de son ami : ses opinions sur la manière de gouverner un royaume, sa façon de penser, la vision qu’il avait du roi actuel et les changements qu’il estimait nécessaires. Il parla bien plus longtemps qu’il ne l’avait imaginé.

Après cela, plus personne n’entendit jamais parler de l’ancien prince, Lawtzir Zef-Zeal Meht Kioh. Comme s’il s’était volatilisé sans laisser de trace.

Ce même jour naquit le héros artificiel, Norgalle Senridge.

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