sentenced t3 - CHAPITRE 4 PARTIE 1

Châtiment : Sceller le ravin de Tujin (1)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Le soleil se leva puis se coucha, et une fois encore, la nuit tomba sur nous.

Après avoir quitté le village de Kerpresh, nous marchâmes encore et encore. Finalement, nous prîmes la plus courte pause possible pour manger et nous reposer.

Je mordis dans ma ration atrocement infecte. Connue de beaucoup sous le nom de « viande filandreuse », c’était essentiellement du bœuf séché, de l’huile et des fruits secs écrasés ensemble puis réduits en filaments. Le sable aurait probablement eu meilleur goût. Je jurai secrètement de faire un jour quelque chose pour améliorer fondamentalement cette bouillie.

— Bon, laisse-moi t’expliquer le plan, dis-je à Venetim après avoir fait passer l’horrible goût de la viande filandreuse avec de l’eau. — Nous, les héros condamnés, sommes l’arrière-garde, et notre mission est d’employer une défense élastique pour ralentir l’ennemi.

— Je vois. Une arrière-garde avec une défense élastique…

— Tu n’as aucune idée de ce que je raconte, pas vrai ? …Peu importe.

Venetim hochait la tête en se frottant le menton, les bras croisés, comme s’il comprenait parfaitement.

Mais je ne faisais pas confiance à ce type une seule seconde.

— Toi et Tatsuya voyagerez avec Hord et ses hommes, au cas où ils auraient besoin d’une protection supplémentaire, poursuivis-je. — J’ai déjà obtenu l’autorisation.

— Attends. Quoi ?

— Tatsuya est le soldat individuel le plus puissant qu’on ait, donc il devrait pouvoir nous faire gagner du temps si les choses tournent mal.

— …Alors à quoi je te sers ?

— Tu es le plan de secours du plan de secours. J’ai besoin que tu gardes Tatsuya sous contrôle. Et puis, ce n’est pas comme si tu allais nous être utile une fois que la bataille commencera à l’arrière.

— Je peux affirmer avec certitude que tu as parfaitement raison.

— Donc tu ne le nies même pas ?

Il sourit et hocha la tête, ce qui me tira un bon rire. Là-dessus, notre discussion prit fin. Après tout, Venetim n’avait aucune opinion en matière d’affaires militaires. Si quoi que ce soit, il était probablement ravi de pouvoir suivre Hord et ses hommes, puisqu’il devait penser que ce serait bien plus sûr que de combattre à l’arrière. Et il avait raison.

C’est à peu près tout.

Il ne restait plus qu’à continuer d’avancer et atteindre le mont Tujin aussi vite que possible. Un vent froid se mit à souffler. Il commencerait probablement à neiger plus tard dans la nuit. Expirant des bouffées blanches, je fixai le mont Tujin qui se dressait au nord.

Norgalle et ses deux cents ingénieurs militaires étaient déjà en marche. Ils avaient une tâche à accomplir plus loin devant : installer des pièges au nord-ouest. Plus précisément, je voulais des pièges pouvant être dispersés sur une vaste zone afin d’avoir les meilleures chances de ralentir la poursuite du Fléau démoniaque contre le Neuvième Ordre. Malgré le peu de temps disponible, j’étais certain que Norgalle dépasserait largement mes attentes.

En réalité, j’avais brièvement parlé avec lui juste avant que nous quittions la colonie.

— Melneatis et Rykwell sont mon petit frère et ma petite sœur, avait-il confirmé, enfin capable de se déplacer seul. Commandant suprême Xylo, je compte sur vous pour les protéger à tout prix. Compris ?

— Vous avez ma parole.

Il me fixa droit dans les yeux avec un regard intimidant, mais honnêtement, il n’y avait pas grand-chose que je pouvais faire. Tous les deux étaient de sang royal, donc ils suivraient Hord, là où ce serait le plus sûr. J’avais même envoyé Tatsuya avec eux, au cas où.

— Je compte aussi sur vous, Votre Majesté.

— Je vais leur faire regretter d’avoir osé me voler la Seconde Capitale.

— Évitez juste de commencer à vous battre avec vos nouveaux soldats, d’accord ?

C’était ma plus grande inquiétude. Quand Norgalle avait salué les ingénieurs militaires pour la première fois, il avait déclaré qu’il était le roi du Royaume Fédéré. Normalement, cela n’aurait pas posé problème. Mais l’un des soldats, probablement encore très jeune, avait stupidement demandé :

— Qu’est-ce que vous voulez dire par « le roi » ?

Sans surprise, Norgalle était entré dans une rage noire et avait commencé à lui faire la leçon. Je ne voulais même pas imaginer ce qui aurait pu arriver si Venetim n’avait pas été dans les parages pour arranger les choses et calmer Norgalle.

— Je ne me battais avec personne ! Ce garçon avait besoin d’être réprimandé. Je ne tolérerai pas un tel manque de respect. Je supporte déjà bien trop d’insolence.

— Ils sont… probablement juste nerveux à l’idée d’être près du roi.

Je racontais probablement n’importe quoi, mais je ne voulais pas le mettre de mauvaise humeur à un moment pareil. Venetim aurait peut-être trouvé quelque chose de mieux à dire.

— Les soldats de bas rang comme eux ne savent pas comment parler à la royauté, vous savez ?

— Hmm… J’imagine que le problème vient de l’éducation, marmonna Norgalle avec un air sévère en se caressant la moustache. — Nous ne pouvons pas laisser le Temple monopoliser ce genre de choses. Nous devrons utiliser les fonds du trésor pour créer une académie royale. Écoutez bien, Commandant suprême Xylo. La richesse d’une nation commence par…

Je compris que ça allait durer longtemps, alors je cessai simplement d’écouter. Le plan politique idéal du roi Norgalle était un sujet particulièrement inutile, et je ne comprenais de toute façon pas la moitié de ce qu’il racontait. Une fois qu’il eut fini de divaguer sur ses grandes ambitions, je le fis partir vers le nord. Dotta, qui dirigeait lui aussi un petit groupe, partit peu après. C’est ainsi que commença notre marche vers le mont Tujin.

En envoyant des éclaireurs devant nous, nous marchâmes vers les collines aussi vite que possible. Sans pause, le mont Tujin se trouvait à un peu plus d’une journée de marche de Kerpresh. Et une fois arrivés, nous devrions commencer l’ascension.

La question était : combien de temps pouvions-nous gagner sur ce trajet ? Une fois que l’ennemi découvrirait que nous marchions vers le nord, il nous poursuivrait sans aucun doute. Ils comprendraient rapidement qu’il était inutile de simplement bloquer notre accès à Ioff.

— Xylo, penses-tu qu’ils aient remarqué ce que nous préparons ?

Patausche rapprocha son cheval du mien pour que nous puissions parler.

— Je veux entendre ton avis. Penses-tu que nous atteindrons le mont Tujin ?

C’était un peu tard pour parler stratégie, donc je soupçonnai qu’elle voulait simplement discuter afin d’évacuer un peu de stress. Même si Patausche connaissait bien les affaires militaires et était une commandante compétente, vu son âge, elle n’avait probablement pas beaucoup d’expérience du combat.

Je commençais peu à peu à comprendre la femme nommée Patausche Kivia.

Elle ne savait probablement parler de rien d’autre que de sujets formels pendant une mission, et il n’y avait aucun véritable soldat dans l’Unité de Héros Condamnés avec qui elle pouvait se sentir proche. Si ç’avait été Tsav, il aurait commencé à bavarder sans hésiter de son passé tragique ou de n’importe quel autre sujet ridicule dont personne ne se souciait. Et Venetim se serait probablement mis à raconter une histoire invraisemblable sortie de nulle part. C’est pourquoi je choisis de lui donner une réponse optimiste.

— Bien sûr, si on a de la chance.

— Tu t’en remets à la chance ?

— Ouais. Je pense qu’on a suffisamment de chances pour que la chance puisse faire pencher la balance.

— Incroyable. Tu es toujours comme ça. Est-ce qu’il t’arrive de réfléchir sérieusement aux choses ?

Ses paroles étaient dures, mais elle n’essayait pas de me blesser. Elle ne savait probablement simplement pas comment le dire autrement. D’ailleurs, il me sembla apercevoir un léger sourire sur son visage.

— J’imagine que je vais devoir commencer à prier pour avoir de la chance, alors ? C’est un pari, mais si nous gagnons, nous serons beaucoup plus proches de reprendre la Seconde Capitale.

— Je suis surpris, Patausche. Je ne t’imaginais pas du genre joueuse.

— Jamais de la vie. C’est un passe-temps de dégénérés.

— Je parie que tu serais une joueuse catastrophique. En fait, je commence à m’inquiéter pour notre mission.

— …Je ne serais pas catastrophique… enfin, non. Je ne gaspille simplement pas mon temps à jouer… parce que c’est un passe-temps de dégénérés !

Après ces mots, Patausche accéléra pour rejoindre les autres cavaliers.

Ça avait probablement suffi à faire l’affaire et calmer ses nerfs. Depuis combien de temps n’avais-je pas parlé ainsi avec un vrai soldat ? Ça me rappelait le bon vieux temps.

Cependant, il semblait que nous avions eu un espion.

— Compter sur la chance, hein ? Ce n’est pas très professionnel de ta part, Xylo Forbartz.

Avant même que je m’en rende compte, Hord Clivios se trouvait juste derrière moi, tenant les rênes de son cheval avec une expression morne pendant que Pelmerry était assise derrière lui. On aurait dit qu’il avait pris l’échange entre Patausche et moi au sérieux.

— J’ai accepté cette stratégie et ta proposition, poursuivit-il, — alors j’apprécierais que tu ne me fasses pas regretter cette décision.

— Désolé.

Je fis un geste de la main d’un air contrit dans l’espoir qu’il se taise. Je n’avais pas envie de m’occuper de lui maintenant.

— Je ferai en sorte de garder la bouche fermée à partir de maintenant.

— Quelle attitude de merde tu as là, Xylo Forbartz. Même à l’époque où tu commandais le Cinquième Ordre, j’ai toujours pensé que ta nomination était une erreur.

Apparemment, quelqu’un n’était pas un grand admirateur de moi. Maintenant que j’y pensais, Hord ne m’avait jamais laissé une forte impression à l’époque. Nous parlions rarement ensemble, et maintenant je savais pourquoi : il me détestait.

Hord me lança un regard comme si j’étais maudit.

— Et il semblerait que j’avais raison. Le fait que l’on ait permis que tu sois un Chevalier Sacré était une erreur.

J’essayai de trouver quelque chose à répondre, mais ce sujet ne m’intéressait pas vraiment. Et puis, me permettre de devenir capitaine du Cinquième Ordre avait probablement été une erreur. J’avais tué ma déesse. Un Chevalier Sacré comme ça n’aurait jamais dû exister. Personne ne me croirait non plus si je racontais la vérité. Quoi qu’il en soit, les insultes que des gens comme lui voulaient me lancer m’étaient égales, tant qu’ils ne disaient rien contre Senerva. Je m’étais habitué à cette comédie depuis bien longtemps déjà.

Il semblait cependant que quelqu’un soit moins indulgent.

— Ça suffit. N’as-tu donc aucune décence ?

C’était Teoritta, évidemment. Elle avait passé la tête derrière moi et s’était mise à réprimander Hord. Elle était de nouveau sur pied après une nuit de repos, mais elle était restée silencieuse toute la journée, et on aurait dit qu’elle avait accumulé beaucoup de colère qu’elle avait besoin d’évacuer.

— Xylo est mon chevalier, et c’est moi qui l’ai choisi.

Depuis que nous avions quitté la colonie, elle jouait avec le bistie dans ma veste. Je lui avais dit que ça chatouillait et lui avais demandé de jouer avec le sien à la place, mais elle ne semblait clairement pas intéressée par quoi que ce soit que je pouvais dire.

Les bisties étaient, en réalité, des outils de sceau sacré capables de produire de la chaleur, souvent utilisés durant les marches hivernales. Le minerai devait être extrait à Zewan Gan, donc ces objets avaient une certaine valeur. La réserve de provisions de la famille Dasmitur contenait même ce genre d’articles. Ils semblaient vraiment avoir de tout en abondance.

— Hord Clivios, je ne te permettrai pas de parler ainsi à mon chevalier.

— Je…

Hord hésita un instant. Une déesse forgeant un pacte avec un héros condamné était un cas si particulier qu’il ne savait probablement pas comment interagir avec elle. Finalement, cependant, il plissa les yeux et se plia à ses propres principes.

— Toutes mes excuses, déesse Teoritta.

— Veille à ce que cela ne se reproduise plus. Ce n’était pas non plus une erreur que Xylo ait été choisi pour devenir capitaine du Cinquième Ordre.

Teoritta renifla fièrement.

Elle aurait pu s’arrêter là, mais elle se tourna ensuite vers Pelmerry, qui était assise derrière Hord avec de la peur dans les yeux. Teoritta lui adressa le genre de sourire qu’une fille pourrait offrir à sa petite sœur après l’avoir grondée.

— Déesse Pelmerry, tu devrais vraiment apprendre à ton chevalier la manière correcte de parler aux autres. Je comprends que cela puisse être difficile, mais guider l’humanité est notre devoir.

Pelmerry baissa les yeux. Ses longs cheveux noirs couvraient son regard, rendant son expression difficile à lire.

— …Je suis certaine que mon chevalier Hord n’a pas parlé avec malveillance. Il peut être quelque peu… rigide par moments, j’imagine…

 

***

— Pelmerry, ça suffit, dit Hord en la coupant aussitôt. — Je méprise ceux qui ignorent les règles et agissent comme bon leur semble, et cela me répugne de voir quelqu’un mentir ouvertement, voler des provisions et agir en défiant les autres. Je vous ferai tous punir une fois que j’aurai suffisamment de preuves.

— D’accord.

J’espérais sincèrement qu’il y parvienne. Mais comment un capitaine des Chevaliers Sacrés était-il censé accomplir son devoir envers l’armée tout en rassemblant suffisamment de preuves pour inculper un groupe de personnes que même les meilleurs enquêteurs mobiles de la Division de l’Administration Alliée n’arrivaient qu’à peine à arrêter ?

— T’es vraiment un type sérieux, dis-je. — Je comprends comment t’as réussi à unifier autant de soldats même pendant une retraite.

L’armée répétait toujours que le bon travail devait être récompensé et le mauvais puni, mais un officier capable de réellement faire cette distinction était inestimable. Si quelqu’un voulait diriger avec la moindre pureté, il devait soit être lui-même strictement discipliné, soit avoir un adjudant talentueux pour jouer le rôle du méchant. Mon ancienne unité appartenait à la seconde catégorie.

Je laissais mon adjudant faire tous les sermons pour maintenir mes hommes en ordre. Donc même si des gens comme Hord m’agaçaient, je ne pouvais pas les détester.

— Assure-toi que tes hommes survivent, lui dis-je.

— Bien entendu, répondit Hord. — C’est mon devoir en tant que capitaine. Ne pense pas qu’un peu de flatterie changera mon opinion à ton sujet. Mais je ne laisserai pas non plus mes sentiments personnels influencer ma manière de te traiter.

Il conserva une expression vide tout du long, ce qui montrait clairement qu’il était sérieux. Il nous détestait, mais il n’allait pas nous tirer vers le bas tant que nous faisions notre travail. C’était assez simple à comprendre.

— Euh… Puis-je dire quelque chose ? interrompit Pelmerry avec un sourire maladroit. — L…l’homme avec qui j’ai forgé un p…pacte est également un Chevalier Sacré exceptionnel.

Cependant, cela sembla seulement éveiller l’esprit de compétition de Teoritta.

— Oui, j’imagine qu’il est convenable, mais il ne fait pas le poids face à mon Xylo. En fait, ce ne serait pas exagéré de dire que mon chevalier est le meilleur d’entre tous ! Permettez-moi de vous expliquer pourquoi. D’abord…

J’allais lui dire d’arrêter, mais au final, je n’en eus pas besoin. Sa voix fut immédiatement noyée par le retentissement d’un cor. Lorsqu’il sonna une seconde fois, je remarquai que cela venait de l’ouest. C’était l’un des éclaireurs signalant qu’ils avaient trouvé l’ennemi.

— Ils sont là, dit Hord. — Ils semblerait qu’ils nous aient découverts. Ils arrivent du sud-ouest, quelques milliers d’entre eux.

Hord toucha la petite boucle semblable à un bouclier accrochée à sa ceinture. Un sceau sacré y était gravé et elle pouvait être utilisée pour communiquer. Ces dispositifs portaient divers noms, comme « Sceau du Vent Hurlant » ou « Écho », et ils étaient encore plus précieux que les bisties, tout en étant assez compacts. Si Dotta voyait l’un de ces trucs, il ne pourrait plus le quitter des yeux.

— Soldats ! Équipez-vous et préparez-vous au combat ! cria Hord en plaçant ce qui ressemblait à un masque sur sa tête.

C’était un étrange couvre-visage bleu acier qui dissimulait entièrement son visage. C’était presque certainement le célèbre masque anti-poison du Neuvième Ordre. J’en avais entendu parler, mais c’était la première fois que j’en voyais un en vrai. C’était ainsi qu’ils survivaient en combattant aux côtés de la déesse Pelmerry et de ses poisons.

— Tu es prête, Pelmerry ? demanda Hord.

— …Oui. Mais avant de commencer… tu ne vas pas me dire que je peux le faire, Hord ?

— Tu peux le faire.

— Alors… oui, je peux le faire !

Même si elle gardait encore la tête baissée, je pouvais voir ses lèvres se courber en un léger sourire. Je comprenais pourquoi Hord se comportait avec elle de manière si mécanique. Il prenait les choses bien trop au sérieux et s’efforçait de lui donner exactement ce qu’elle demandait. J’étais persuadé qu’il croyait sincèrement agir correctement.

— Xylo, nous continuerons vers le nord comme prévu, dit Hord. — Toi et le reste des héros condamnés resterez ici et empêcherez les ennemis de nous atteindre. Je te donnerai le signal une fois que nous aurons sécurisé une position, alors fais-nous gagner du temps jusque-là.

— Je ne peux rien promettre, répondis-je. — La guerre est imprévisible, tu sais.

Je savais qu’il détesterait entendre ça.

— Mais je préférerais éviter de t’entendre te plaindre plus tard, alors je vais le faire.

Il n’y avait rien de plus difficile que satisfaire un perfectionniste. On dirait bien qu’il nous faudrait une victoire totale pour lui clouer le bec.

Et puis, si nous échouions, il y avait de fortes chances que nous finissions tous morts.

 

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