LOVE UNSEEN T2 – CHAPITRE 7

Haruka Fuyutsuki

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Traduction : Raitei
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Lorsque Koharu développa un cancer, je m’en voulus.

Lorsqu’on nous annonça qu’elle risquait de perdre la vue, je crus que mon cœur allait se briser. Pourtant, tant que Koharu resterait en vie, je continuerais désespérément à assumer mes responsabilités et à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour elle.

Lorsque j’appris qu’un traitement de médecine traditionnelle chinoise était réputé efficace contre le cancer, je l’emmenai immédiatement consulter un spécialiste. Lorsque j’entendis parler de superaliments censés préserver la vue, j’en commandai de partout où je le pouvais.

Mais tous nos efforts furent vains.

Cette maudite maladie déroba la lumière des yeux de Koharu.

Lorsqu’elle perdit la vue, je décidai de consacrer le reste de mon existence à prendre soin d’elle. Cela me semblait être la manière la plus naturelle d’expier ma faute.

Je suis désolée.

C’était ce que je pensais constamment lorsque j’étais avec elle.

J’étais désolée de ne pas lui avoir donné un corps plus robuste. Malgré cela, je jouais probablement le rôle de la « mère joyeuse », en essayant de ne jamais laisser transparaître ma culpabilité.

Pourtant, en voyant Koharu aujourd’hui, j’eus l’impression qu’un immense poids venait de quitter mes épaules.

Une cinquantaine de personnes étaient venues assister à la réception de mariage, et toutes félicitaient les jeunes mariés.

Même si elle ne pouvait pas voir, Koharu semblait réellement heureuse lorsqu’elle découpa le gâteau et en prit la première bouchée.

Le simple fait de voir son sourire remplit mon cœur de joie.

Vêtue de sa robe de mariée rose, Koharu se tenait sous la lumière des projecteurs, au centre de la salle.

Tu es tellement belle.

Et je suis tellement désolée de t’avoir privée de la lumière.

Ces pensées recommencèrent à me tourmenter.

 

— Chère maman…

 

Koharu commença à lire la lettre qu’elle m’avait préparée.

Je me tenais à côté de son père et écoutais ses paroles.

En réalité, elle ne pouvait pas lire le texte. Elle l’avait donc entièrement mémorisé.

 

— Je suis certaine que les choses ont toujours été difficiles pour toi. Je t’ai déjà présenté mes excuses pour cela. Tu m’as énormément aidée à cause de ma cécité. Pourtant, malgré tout ce que tu as fait, j’ai insisté pour devenir aussi autonome que possible et je t’ai demandé de me laisser vivre seule. C’est pour cette raison que j’ai ressenti le besoin de m’excuser. De ta voix réconfortante, tu m’as demandé de ne pas m’inquiéter. Tu m’as soutenue et encouragée à construire une vie heureuse avec Kakeru. Moi aussi, je veux devenir une mère comme toi. J’espère que Kakeru et moi pourrons un jour devenir parents.

 

— Koharu… sanglota mon mari à mes côtés.

Il pleurait plus fort que toutes les autres personnes présentes, ce qui fit également monter les larmes à mes yeux.

Cela devenait si excessif que j’avais presque envie de lui demander de se ressaisir.

Koharu quittait réellement le nid.

J’avais l’impression qu’une partie de moi était arrachée.

Comme si mon corps tout entier se vidait.

À cet instant, j’entendis Koharu prononcer :

— Maman ?

Elle semblait m’appeler directement.

 

— Tu m’as tellement aidée au cours de ma vie. Alors, à partir de maintenant, je veux que tu profites de la tienne. Tu m’as déjà donné bien plus que nécessaire. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi.  C’est maintenant à mon tour de te rendre tout le bonheur que tu m’as offert. Lorsque j’y pense, je ne peux pas m’empêcher d’être impatiente. Je n’aurais jamais cru que cela me bouleverserait autant. Maman… Merci de m’avoir rendue aussi heureuse. Je suis tellement heureuse que tu m’aies mise au monde. Tellement heureuse d’être moi.  J’ai reçu le soutien et la gentillesse de tant de personnes. Et j’ai eu le privilège de rencontrer Kakeru. Laisse-moi te le dire encore une fois. Merci infiniment de m’avoir donné naissance. Merci infiniment d’être ma mère. J’espère pouvoir un jour te ressembler.

 

Ces mots furent plus que je ne pouvais en supporter.

Je lui avais offert une existence si douloureuse.

Merci infiniment de m’avoir donné naissance.

C’était la dernière chose que je m’attendais à entendre.

J’éclatai en sanglots incontrôlables et couvris ma bouche d’une main pour tenter de les étouffer.

— Nous allons maintenant écouter quelques mots de la mère de Koharu, annonça le maître de cérémonie en me tendant le micro.

Je pleurais si fort que j’étais incapable de parler.

Pourquoi me donner le micro maintenant ? pensai-je, terriblement gênée.

Je parvins malgré tout à prononcer quelques mots.

— Koharu… Merci d’être née.

 

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