HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 4 PARTIE 4

Prolifération (4)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Le soleil se coucha.

Konoe se tenait toujours sur le mur d’enceinte.

— …

Une impasse qui durait depuis plus d’une journée. Un moment où il ne faisait que rester sur ses gardes. Konoe continuait simplement à se préparer consciencieusement à l’arrivée de l’ennemi.

— …

— Konoe, comment ça se passe ?

— …Melmina.

C’était lorsque la nuit s’était profondément installée et que les voix des habitants avaient disparu des maisons du village que Melmina elle-même, et non l’un de ses disques, vint voir Konoe.

Elle traversa le village, où des feux de camp brûlaient vivement pour assurer la sécurité, puis arriva à côté de lui, un panier à la main. Elle sortit ensuite une nappe et commença à l’étaler sur une caisse en bois voisine.

— …?

— On doit rester sur nos gardes, mais essayons au moins de nous calmer un peu et de manger. Ça fait toute une journée que tu ne vis qu’avec de l’eau et des rations, non ?

Melmina sortit du panier quelque chose ressemblant à un hot-dog ainsi qu’une soupe.

— Tu dois manger quelque chose de correct et reprendre des forces, pas seulement ces rations qui ressemblent à des briques.

Konoe les accepta.

— …

Il les porta silencieusement à sa bouche. À côté de lui, Melmina mangeait la même chose.

Ils n’avaient rien de particulier à se dire. Ils avaient déjà échangé leurs avis sur l’ennemi de nombreuses fois via les disques optiques et avaient terminé d’envisager leur réponse aux actions de l’ennemi, y compris l’appel de renforts depuis la Capitale.

Un Adepte devait arriver tôt le lendemain matin, puis un autre le surlendemain.

Une intervention à quatre Adeptes. Ce n’était en rien excessif. C’était ce que signifiait affronter un rang Calamité. Ils ne pouvaient pas se permettre de perdre un précieux Adepte pour une stupide question de fierté.

Les contre-mesures étaient en cours. Le rôle de Konoe et Melmina était de rester sur leurs gardes jusque-là et de réagir en cas d’urgence.

— …

Il n’y avait donc aucune communication opérationnelle, et un moment de calme se prolongea. Un moment où ils se tenaient simplement côte à côte.

Normalement, la situation aurait été gênante pour Konoe, mais il avait passé quinze ans à s’entraîner avec Melmina. Il était donc habitué à ce genre de situation…

— …

Non, c’était un peu différent. Il y était habitué, mais… il aurait dû l’être.

Normalement, cela n’aurait pas été gênant. Mais aujourd’hui, à cause de ce qui s’était passé trois jours plus tôt, il s’en souvenait. Du passé de Melmina, qu’il avait entendu l’autre jour, et de lui-même, incapable de dire quoi que ce soit.

— …

Konoe prenait de plus en plus conscience de la présence de Melmina. Le visage qu’elle avait cette nuit-là lui revenait en mémoire. Son expression lorsqu’elle avait murmuré, d’un ton si solitaire, qu’elle n’avait rien trouvé. Son dos lorsqu’elle s’était détournée sans jamais regarder en arrière après s’être demandé si ce sentiment et cette émotion lui appartenaient vraiment.

— …

— Konoe, qu’est-ce qu’il y a ?

— …Hein ?

— Ça fait un moment que tu te préoccupes étrangement de moi.

…Mince, pensa-t-il.

Elle l’avait percé à jour, et il se sentit un peu gêné. Il se demanda s’il ne s’était pas montré impoli et détourna le regard. Melmina lui adressa un sourire amer.

— En fait, tu es comme ça depuis que je t’ai raconté mon histoire.

— …

— Tu essaies peut-être de faire attention à moi à ta manière ? …Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour ça, tu sais ? C’était il y a des décennies, c’est du passé. Je ne te l’ai pas raconté pour que tu t’inquiètes pour moi, je te l’ai raconté parce que j’en avais envie, dit Melmina avec un sourire.

Ses paroles semblaient avoir visé juste, et elles étaient aussi une forme de pardon.

— Tu n’as pas besoin de t’en préoccuper, c’est mon problème.

À ces mots, Konoe…

— …Je vois.

…n’arrivait toujours pas à dire quoi que ce soit. Il ne trouvait aucun mot pour la réconforter.

Il ne s’était toujours préoccupé que de lui-même. Il ne comprenait ni Melmina, ni les autres. Il était incapable ne serait-ce que de les imaginer. Il ne comprenait pas les sentiments des femmes, et il comprenait encore moins ceux de quelqu’un ayant perdu la mémoire.

— …

Alors, tout ce que pouvait faire un Konoe pareil… tout ce que ce Konoe socialement maladroit pouvait transmettre…

— …Eh bien, s’il arrive quelque chose, dis-le-moi.

— Hein ?

— …S’il y a quoi que ce soit que je puisse faire, je t’aiderai.

C’était tout ce qu’il pouvait dire.

— Je ne comprends pas vraiment, mais si tu m’en parles, je t’aiderai. Même si je ne sais pas quoi faire, malgré tout, je…

c’était des mots venant de ce Konoe qui ne comprenait rien, des mots qui le rapprochaient un peu plus de la personne devant lui. C’était le mieux qu’il pouvait faire pour l’instant.

— …

Aux paroles de Konoe, les yeux de Melmina s’écarquillèrent.

Elle cligna plusieurs fois des yeux, les lèvres légèrement entrouvertes.

— …Je vois. Merci.

Elle eut un petit sourire, puis elle baissa légèrement les yeux et murmura d’une petite voix :

— Tu as vraiment changé.

— Eh bien, dans ce cas, je vais accepter cette offre sans la moindre hésitation ! Le jour où je trouverai un indice, je vais te faire travailler jusqu’à l’épuisement !

— …Hein ?

Le visage de Melmina s’illumina instantanément. Elle sourit avant de le déclarer.

Puis elle adressa un large sourire à Konoe, surpris.

— Quoi ? C’est toi qui l’as dit.

— …Oui, enfin.

— Il y a vraiment beaucoup de choses pour lesquelles j’aimerais que tu m’aides. Ça pourrait se trouver profondément dans les Terres contaminées, alors enquêter seule serait difficile.

Melmina parlait d’un ton joyeux tout en comptant les choses sur ses doigts.

Konoe eut le sentiment qu’on allait lui confier énormément de travail, et cela le laissa légèrement perplexe.

— Organiser les documents des Archives toute seule, c’était une vraie galère, alors j’aurais bien eu besoin d’aide !

— …

— C’est vraiment pénible que seuls les Adeptes puissent entrer là-dedans. La dernière fois aussi, ça a été compliqué… mais avec toi, je pourrais peut-être mener une enquête plus approfondie !

Mais malgré sa perplexité, il se sentait aussi soulagé.

Ah… voilà la Melmina qu’il connaissait depuis si longtemps.

Ils se connaissaient depuis vingt-cinq ans. Pendant quinze de ces années, il n’y avait presque pas eu un seul jour où ils ne s’étaient pas vus. Ils avaient partagé les épreuves. Ils avaient couru, pleuré et craché du sang. Ils avaient souffert, mais ils avaient continué d’avancer.

Konoe se remémora ce passé, devenu lointain au cours de ces dix dernières années.

Alors, voir Melmina sourire avec autant d’éclat le soulageait.

Même s’il espérait sincèrement qu’elle se montrerait clémente, vu qu’elle enchaînait les tâches difficiles les unes après les autres.

— Si tu m’aides, et… si, vraiment si.

— …?

— En échange de ton aide. Si je le trouve. Si tout se règle, alors…

À cet instant, Melmina s’interrompit et tourna le regard vers le village.

Elle détourna les yeux et prit une profonde inspiration.

— L…l’adorable fille que je suis exaucera un de tes souhaits, peu importe lequel.

— …

— …

— …??

Sa voix résonna dans le village plongé dans la nuit. Une nuit silencieuse. Dans ce monde où l’on n’entendait que le crépitement lointain des feux de camp, la lumière des flammes et leurs ombres vacillaient entre eux.

— …

N’importe lequel de mes souhaits ?

Lorsque Konoe la regarda, le visage de Melmina était devenu rouge sous la lumière du feu.

— …Hé, dis quelque chose.

— …Euh.

Après un bref silence, Melmina gonfla les joues et parla d’une voix boudeuse. Mais Konoe, lui, ne trouvait toujours rien à dire.

Parce que, même si cela ressemblait à une plaisanterie habituelle de sa part, le contenu était complètement différent. N’importe lequel de ses souhaits ? Ce n’était pas quelque chose qu’on disait à la légère. Bien sûr, elle disait probablement cela parce qu’elle n’avait toujours rien trouvé après plusieurs décennies, mais malgré tout.

Alors, Konoe ne savait toujours pas quoi répondre.

— …

— Franchement, toi…

Melmina le regarda en faisant la moue.

Une atmosphère indescriptible et gênante s’installa entre eux.

Et pourtant, étrangement, ce n’était pas désagréable. Ce moment, qui lui procurait une étrange sensation dans le dos, se prolongea encore un peu.

 

 

Mais c’est précisément à cet instant-là que…

Clang, clang.

Un bruit résonna dans la forêt.

— !

— …! Ce bruit…!

Le son d’une cloche retentit distinctement dans la nuit.

Konoe et Melmina furent brusquement tirés de leurs pensées et se tournèrent vers la forêt.

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