HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 4 PARTIE 2
Prolifération (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Le lendemain, dans l’après-midi, Konoe revint au village depuis la Capitale.
En franchissant le portail depuis l’académie, la première chose qu’il entendit fut des voix animées.
Le village frontalier semblait aussi vivant que jamais. Konoe plissa légèrement les yeux et se dirigea vers l’auberge où il avait ses habitudes.
Il comptait annoncer son retour à Melmina, qui s’y trouvait…
— …
Puis il se rappela qu’il n’avait rien réussi à lui dire cette nuit-là.
Il se demanda s’il devait dire quelque chose maintenant, même si c’était tard, mais… rien ne lui venait à l’esprit. Alors il secoua la tête et laissa échapper un léger soupir.
…Quoi qu’il en soit, la fin de ce travail est en vue.
Comme pour fuir, cette pensée lui traversa l’esprit.
Ce travail avait à l’origine été prévu pour six jours effectifs. Trois jours s’étaient déjà écoulés, et ils avaient nettoyé plus de la moitié des zones désignées.
Autrement dit, tout se déroulait sans accroc. Il ne restait plus qu’à mener la tâche à bien avec sérieux.
À présent, parlons d’un certain démon.
C’est l’histoire d’un démon de la Calamité qui a vécu une éternité. Un démon qui se tortillait sous la terre, dispersant ses semblables à travers le monde. Ce démon possède une grande puissance, acquise en tuant d’innombrables humains, et une intelligence élevée, née de les avoir dévorés.
Un démon animé d’une Aspiration interdite, doté d’une volonté assez forte pour empiéter sur le monde.
Ce démon a élu domicile au plus profond de la forêt et a survécu pendant longtemps, exposé à la menace des adeptes.
— …Nuuu.
Un tel démon sait. Il sait pourquoi il a pu exister jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi il n’a pas été éliminé comme les autres monstres.
Autrement dit, le secret d’une longue existence. Un tel démon savait pourquoi il avait survécu jusqu’à aujourd’hui.
— Nunununu !
Le démon sondait. En se tortillant sous terre, il explorait un lieu lointain.
Grâce à son pouvoir, il peut voler la vision de ses semblables, vérifiant ainsi s’il existe des Adeptes, des ennemis, plus puissants que lui. La magie unique du démon. Sa capacité de collecte d’informations, une application de ce pouvoir.
Le démon enquêtait. Minutieusement. Il s’emparait de la vision de ses semblables, contrôlait leurs actions et enquêtait.
Oui. C’était la stratégie de survie du démon. Disperser ses semblables, les répandre partout, les utiliser, enquêter… puis fuir.
Fuir les ennemis puissants. C’était une méthode d’une simplicité extrême, mais plus efficace que tout le reste. Le démon avait survécu pendant des siècles en ne s’attaquant qu’aux faibles.
— …Nunununu.
Sa fierté de rang calamité ? Il n’en avait aucune. Le démon ne possédait qu’une seule chose : l’amour. Une Aspiration, un amour pour ses précieux trésors.
Le démon avait toujours, toujours chéri ses trésors. Les trésors du démon étaient beaux, étincelants, rayonnants. C’était pour cela qu’il les aimait.
La lumière qu’il portaient en eux. Les trésors qui brillaient dans le monde et que le démon renfermait. Le démon les avait toujours observés. Il ne vivait que pour cela, et c’était là son unique principe d’action.
— Nu.
Ainsi, si le démon avait quitté son antre cette fois-ci, dispersé ses semblables et enquêté sur un lieu éloigné, c’était dans ce but.
Afin de rendre son éclat à son trésor favori devenu terne. Afin de sécuriser une route sûre vers l’endroit où il avait trouvé ce trésor chéri, le démon…
— Nu ?
…Posa son regard sur un certain village.
C’était un village au bord de la forêt. Le démon savait que les humains l’appelaient cet endroit un village frontalier.
Une petite colonie, banale pour les environs forestiers. Il n’y avait là ni installations importantes, ni ennemis puissants. Un endroit auquel le démon ne prêterait normalement même pas attention. Il se contenterait de penser : « Si je trouve quelque chose de joli, je le ramasserai ».
Mais si les yeux du démon furent attirés par cet endroit cette fois-ci, c’était…
— Nununununununu.
…parce qu’il y avait là une présence puissante, très puissante.
Et pas une seule. Il y en avait deux. Une présence dorée, une présence rouge, ainsi qu’une présence blanche et divine. Autrement dit, les pires ennemis du démon.
— …Nunununu.
Terrifiant. Le démon était terrifié.
Cette puissance écrasante était perceptible même à travers la vision de ses semblables. C’étaient des êtres avec lesquels il ne devait jamais se mêler.
Alors, naturellement, il tenta de battre en retraite.
Il essaya de couper sa connexion avec ce semblable et de ne plus jamais approcher cet endroit.
— Nu ?
Mais alors.
*Boum*. Il eut l’impression d’entendre un bruit.
Cela venait de l’intérieur du démon. De son trésor. Et pas de n’importe quel trésor, mais de son favori, son précieux favori.
— …Nu ?
Qu’est-ce que c’était ? Pourquoi mon trésor a-t-il réagi à l’instant ?
Le démon s’interrogea et observa son trésor. Mais il n’y eut aucune autre réaction.
— …Nu ?
Y aurait-il quelque chose dans ce village ? songea-t-il.
Quelque chose capable de faire réagir son trésor, qui n’avait plus réagi depuis longtemps, qui était devenu si terne.
Il voulait savoir. Cela éveillait sa curiosité. Pendant un instant, le démon oublia le grand ennemi auquel il pensait encore juste avant. Il renforça sa connexion avec ses semblables afin de recueillir davantage d’informations.
— Nu.
Mais l’instant d’après, juste devant les yeux du démon, il y eut de l’or.
Le tonnerre rugit. La foudre ravagea le démon.
Un fracas assourdissant, comme si le monde lui-même se déchirait, résonna à travers la forêt, et Konoe incinéra le démon avec l’arbre corrompu.
— …
La fumée emplissait un coin de la forêt. Le miasme libéré après l’incinération de l’arbre contaminé. Et la vapeur provenant de l’humidité évaporée du tronc. La foudre crépitait encore. À chacun de ses pas résonnait un craquement, celui du charbon laissé après l’incendie de la forêt.
— …?
Konoe plissa les yeux avec méfiance.
Tout en restant vigilant à ce qui l’entourait, il repensa au démon qu’il venait de détruire.
— …Un champignon ?
Un monstre champignon, un démon appartenant au rang le plus bas de la classification de la Guilde. Un monstre qu’un enfant pourrait même vaincre… mais cette présence qu’il venait de ressentir…
— …Melmina.
— …Oui, il nous observe.
Un disque optique s’approcha de Konoe, et la jeune fille aux cheveux rouges apparut à sa surface. Dans le disque, Melmina affichait une expression comme si elle avait mordu dans quelque chose d’amer.
Konoe savait qu’il devait avoir la même expression.
Car lors de cette dernière attaque, il avait bel et bien détruit le monstre, mais ce n’était sans doute qu’un corps secondaire. Le corps principal se trouvait ailleurs.
Ce qui signifiait…
— …Une magie unique.
— Probablement. Et un type très inhabituel, en plus. …Ça pourrait être un rang Calamité.
Konoe se remémora ce qu’il avait autrefois appris sur le pouvoir des magies uniques des monstres.
En raison de leur nature, faite de haine et d’un désir de dévorer les humains, les magies uniques des monstres avaient généralement tendance à renforcer directement leurs capacités de combat. Ils étaient nés pour tuer, et c’était au fil des combats, entre tuer et être tués, qu’ils éveillaient leurs magies uniques.
Mais parmi ces monstres, lorsqu’un individu éveillait une capacité particulière…
— …Un monstre doté d’une intelligence surpassant la haine implantée en lui.
Autrement dit, un monstre qui avait dévoré d’innombrables humains et qui, en conséquence, avait acquis une intelligence n’étant plus liée à sa naissance ni à sa nature.
Ce n’était en aucun cas un monstre ordinaire, possédant très probablement une puissance au minimum de rang Désastre. Si l’on prenait en compte sa magie unique, le rang Calamité était probable.
— Il n’y a aucune présence à proximité pour le moment, mais… j’ai le pressentiment que ça ne s’arrêtera pas là.
— …Oui.
— Je vais aider les aventuriers présents dans la forêt à se replier. Ça va m’occuper un moment, alors est-ce que je peux te demander de monter la garde et d’intercepter toute menace d’ici là ?
— …Oui, compris.
Une atmosphère tendue. Partageant le même sentiment de danger, ils se mirent aussitôt en mouvement.
La lentille s’éloigna, et Konoe se retourna pour revenir au village.
— Adepte-sama.
— …Oui.
Lorsqu’il se retourna, le garçon qui avait chanté la chanson de l’Instructrice, Arika, se tenait là.
Il avait dû venir vérifier après avoir entendu la foudre de Konoe. Depuis un moment déjà, il observait Konoe et Melmina à distance. Avec la direction du vent, il n’aurait normalement pas dû être exposé au miasme.
— Euh… il s’est passé quelque chose ?
— …Oui.
— Pour qu’un noble Adepte ait cet air si sombre…
— …Oui.
À son hochement de tête, le visage du garçon pâlit. Ses jambes tremblèrent légèrement, et il resta figé sur place.
Konoe poussa doucement le dos d’Arika et retourna au village.
Le village était déjà passé en état d’alerte maximale, et de nombreuses personnes couraient partout dans la panique.
Comme Melmina le lui avait demandé, Konoe grimpa sur la muraille extérieure du village et monta la garde.
— …
Ce jour-là, rien d’autre ne se produisit.