THE INSIPID PRINCE T2 – CHAPITRE 3 PARTIE 6
Troubles dans le Sud (6)
—————————————-
Traduction : Moonkissed
Correction : Raitei
———————————————–
— Moi, Arnold Lakes Adler, septième prince de l’Empire d’Adrasia, je suis venu demander audience à Votre Majesté, le Grand-Duc de Rondine.
— Oh, prince Arnold. Je suis heureux que vous soyez venu. J’ai appris que le navire de votre petit frère avait été pris dans une tempête. Je prie pour sa sécurité.
— Merci beaucoup.
Leonard salua le roi de Rondine en tant qu’Arnold. Le Grand-Duc était un homme corpulent d’une quarantaine d’années, avec une moustache et une barbe magnifiques. Il s’appelait Carlo di Rondine. Il poursuivait la guerre contre
Albatro depuis la génération de son père, et lorsqu’il avait compris qu’Albatro cherchait à s’allier à d’autres nations, il avait personnellement envoyé un ambassadeur de bonne volonté à l’Empire pour demander son aide. C’est lui qui était à l’origine de leur visite.
— C’est soudain, mais, prince Arnold. Étant donné que votre frère est absent, je suppose que vous êtes désormais le chef de votre mission ici, n’est-ce pas ?
— Oui, c’est exact.
Leo se contenta de répondre sans en dire plus que nécessaire, comme Elna le lui avait rappelé à plusieurs reprises. Elle était maintenant agenouillée derrière lui. Mais le monde n’était pas assez clément pour le laisser s’en tirer ainsi.
— Très bien, puis-je entendre la réponse de l’empereur ?
Sur ces mots, le Grand-Duc descendit de son trône. Rondine sollicitait l’aide de l’Empire contre Albatro. La réponse de l’empereur avait été négative, mais parmi les cadeaux apportés figuraient des armes et leurs plans. Officiellement un refus, mais l’empereur n’avait pas l’intention de rompre les liens avec Rondine.
Le problème, c’est que la plupart de ces armes se trouvaient à bord du navire d’Arn et gisaient désormais au fond de la mer. Leo réfléchit un instant et lui donna la réponse prudente qu’il avait préparée à l’avance.
— À ce sujet, je voudrais que Votre Majesté l’entende de la bouche d’un de nos chevaliers impériaux. Elna.
— Oui. En votre présence, Votre Majesté. Je suis Elna von Amsberg, commandante du troisième corps de l’ordre des chevaliers impériaux.
— A, Amsberg… la prodigieuse fille de la maison Brave, selon la rumeur… C’est surprenant. J’avais entendu dire que vous seriez accompagnée des chevaliers impériaux, mais je n’aurais jamais pensé…
— Votre Majesté ne s’attendait pas à ce que la détentrice de l’épée sacrée vienne ici en personne, n’est-ce pas ?
Le Grand-Duc acquiesça plusieurs fois aux paroles d’Elna, qui répondit à sa surprise par un sourire pour détendre l’atmosphère. Son apparence de jeune fille ravissante fit son effet et allégea légèrement la tension.
— Soyez rassuré. Je ne peux pas utiliser l’Épée Sacrée en dehors du territoire de l’Empire.
— Eh bien, ce n’est pas que je doute de vous ou quoi que ce soit… Je m’excuse si je vous ai offensé d’une manière ou d’une autre.
— Non, je comprends bien que la maison brave d’Amsberg est une telle existence. Et voici ma réponse, Votre Majesté.
— Qu’est-ce que vous voulez dire… ? Pouvez-vous m’expliquer ?
Elna commença à expliquer la situation au roi de Rondine qui n’y comprenait rien.
— Notre Empire est une superpuissance militaire. Pour que l’Empire passe à l’action, il faudrait qu’un général de haut rang tel que moi soit également envoyé. Pour faire simple, l’Empire peut facilement détruire à la fois votre pays et le Grand-Duché d’Albatro, Votre Majesté.
— O-oui, c’est vrai. Je comprends.
— Comme je m’y attendais de votre part, Votre Majesté. Vous êtes vraiment sage. Cependant, notre empire a également des rivaux. Si l’Empire m’envoyait officiellement ici en renfort pour votre pays, notre rival enverrait également des renforts pour aider Albatro. Si tel était le cas, le seul avenir qui attendrait les deux pays serait l’épuisement et, à terme, la destruction du sud.
— C’est…
— Malheureusement, telle est notre réponse, Votre Majesté. Notre empire est trop puissant, si nous agissons, les autres nations réagiront de la même manière. Par conséquent, Sa Majesté Impériale ne peut accéder à votre demande. D’autant plus que votre nation est la plus puissante dans ce conflit.
— Hmm… Comme on pouvait s’y attendre de Sa Majesté Impériale. Il a même pris en compte la situation du continent dans sa décision. Cependant, il serait difficile pour mon pays de vaincre seul le Grand-Duché d’Albatro. Après tout, d’autres pays leur apportent leur aide.
Elna acquiesça. Ils en étaient bien conscients tous les deux. C’est précisément pour cela qu’ils avaient apporté des armes et leurs plans en cadeau, afin de faire comprendre à Rondine qu’il fallait s’accommoder de la situation. Mais sans cela, ils ne pouvaient que rester silencieux.
— Bien sûr, j’en suis consciente. C’est pourquoi l’Empereur espère que nous pourrons continuer nos relations amicales tout en vous fournissant l’aide dont vous avez besoin petit à petit. Pour commencer, l’Empereur m’a envoyé à vos côtés cette fois-ci. C’est pour vous montrer la puissance militaire de l’Empire. Cela vous convient-il ? Votre Majesté, êtes-vous intéressé par tester la puissance d’un descendant de héros ?
— OH ! C’est donc cela ! C’est formidable !
Enfin conscient de notre intention, le Grand-Duc s’était éclairé. Un refus de l’Empire l’aurait contraint à revoir considérablement son plan.
Rondine ne pouvait plus vaincre Albatro seule, du moins pas sans y mettre le temps, ce qu’il jugeait inacceptable. Il voulait unifier le sud au cours de sa génération. Sans cela, son pays ne serait pas en mesure de résister aux nations du centre du continent, qui ne cessaient de s’agrandir et finiraient par l’engloutir. Le projet était ambitieux, mais il y voyait aussi un moyen de protéger le sud. Et pour cela, il voulait absolument être témoin de la puissance du descendant du héros, le plus fort de l’humanité.
— Umu, mais vous savez, nous n’avons personne dans notre pays qui puisse vous affronter en combat singulier. Alors, prince Arnold, notre camp peut-il avoir plus d’un combattant ?
— Si la personne elle-même n’y voit pas d’inconvénient, je n’y ai rien à redire.
— Ça ne me dérange pas.
— Je vois, je vois. Alors que diriez-vous de dix personnes de notre côté ? Cela devrait convenir à quelqu’un de votre calibre.
— D’accord. Dix personnes, c’est parfait.
Elna accepta sans hésiter.
Le roi ne pensait pas qu’elle accepterait aussi facilement, mais comme il n’avait rien à gagner à changer les conditions maintenant, il appela dix chevaliers expérimentés qui étaient en poste dans le château.
Ainsi, dans l’espace dégagé devant le trône, un combat à dix contre un commença.
— OOOOOOHHHHH !!
Le premier à bouger fut un chevalier à la carrure imposante. Il chargea avec une épée d’entraînement, mais du point de vue d’Elna, il était plein de failles. En pensant qu’elle l’aurait repris s’il avait été son subordonné, elle frappa légèrement son épée. Celle-ci se coupa en deux avec un bruit sec.
— Eh… ?
— Je vous recommande de m’attaquer tous en même temps.
Le visage du chevalier à la carrure imposante vira au bleu comme s’il avait été touché par une lame tranchante. Sans lui prêter attention, Elna jeta un coup d’œil aux neuf chevaliers restants. Ils furent un instant saisis par son regard, mais se rappelèrent rapidement qu’ils étaient devant leur roi et rassemblèrent leur courage.
Trois d’entre eux s’élancèrent simultanément depuis trois directions différentes. Leurs attaques étaient si lentes qu’Elna aurait pu bâiller. Elle trancha simultanément leurs trois épées d’entraînement en deux. En voyant cela, les chevaliers restants reculèrent malgré eux. Elna leur cria dessus.
— SI VOUS ÊTES CHEVALIERS, NE RECULEZ JAMAIS DEVANT VOTRE SEIGNEUR ! LES GENS DIRONT QU’IL N’Y A PAS DE CHEVALIERS À RONDINE, VOUS COMPRENEZ ?
— O…OUI ! Nous arrivons !
On aurait dit une instructrice avec ses élèves. C’est ce que pensa Leo en regardant la scène. Les chevaliers interpellés s’approchèrent d’Elna sans crainte, et pour la première fois, elle bloqua leurs épées. Ce simple geste provoqua des cris de joie du côté de Rondine. C’était une mise en scène, bien sûr. Seuls Leo et les subordonnés d’Elna s’en étaient aperçus.
Montrer une puissance écrasante, puis se retenir légèrement pour permettre à l’adversaire de sauver la face : c’était une technique que les chevaliers impériaux employaient souvent face à un noble. Heureusement, personne du côté de Rondine n’y vit que du feu. Soulagé, Leo laissa échapper un petit soupir, tout en se demandant combien de temps cela allait encore durer.
— Je me demande si mon frère passe aussi un mauvais quart d’heure là-bas…
Il murmura cela d’une voix que lui seul pouvait entendre. Pour Leo, Arn avait toujours été un grand frère capable de faire des choses qui lui échappaient.
Quand ils étaient enfants, il y avait un arbre que personne ne parvenait à escalader. Les enfants se demandaient qui serait le premier. Leo s’entraîna avec acharnement, en vain, et finalement la mode passa. Mais peu de temps après, il découvrit un petit oiseau blessé au sommet de cet arbre. Il ne pouvait rien faire.
Arn passa par là, lui demanda ce qui n’allait pas, lui dit d’attendre et disparut. Il revint peu après et aida l’oiseau sans difficulté, le soigna et le ramena dans son nid. Il avait emprunté sans permission un précieux outil magique permettant de flotter dans les airs.
Arn avait résolu la situation d’une manière que Leo n’aurait même pas imaginée. Si c’était son frère, il serait capable d’agir comme lui sans problème. C’est en pensant cela que Leo se concentra. Il jouerait ce rôle de bon à rien de toutes ses forces.
Il décida de jouer ce rôle de bon à rien de toutes ses forces.