THE TOO-PERFECT SAINT T5 - BONUS 2

Un prince et un marchand

—————————————-
Traduction : Calumi
Harmonisation : Opale
Relecture : Raitei

———————————————–

— Pardonnez-moi de vous avoir fait attendre, prince Osvalt. Je crois avoir rassemblé tout le minerai magique dont Dame Philia avait estimé avoir besoin.

Harry Freyer, alias Haruya Fuuma, était un marchand retors venu d’Ashbrugge. En adressant une demande insensée à mon frère, je l’avais convaincu de remettre cet homme en liberté.

Bien sûr, cela s’accompagnait de conditions.

En échange de son acquittement, Haruya devait se procurer le minerai magique nécessaire pour sécuriser la Zone des Miasmes Volcaniques. Une fois la quantité suffisante réunie, nous serions en mesure de fabriquer un dispositif qui mettrait un terme aux explosions.

Haruya avait promis d’accomplir la tâche dans un délai ridiculement court, si bien que j’étais sur des charbons ardents. Mais, au final, je n’avais aucune raison de m’en faire.

— Mais il ne s’est écoulé que la moitié du temps promis. Es-tu sûr que c’est réellement prêt ?

— Voyons, Votre Altesse. Croyez-vous sincèrement qu’un homme comme moi mentirait en affaires ? Dans mon monde, la confiance est tout. Ce n’est qu’en l’inspirant qu’un marchand décroche les gros contrats.

— Elle est bien bonne celle-là, venant de l’homme qui nous a attirés dans un endroit truffé de pièges.

— Mon Dieu, que vous pouvez être acerbe.

Haruya était arrivé à Ashbrugge comme réfugié et s’était mué en magnat du commerce parti de rien. Son sens des affaires ne souffrait aucune comparaison.

Enfin. Il n’y avait aucun mal à régler les choses rapidement. Cela rassurerait Himari et apaiserait les inquiétudes de mon frère. Je me disais que Philia devrait, elle aussi, être mise au courant aussitôt.

— D’accord, je vais transmettre le message à mon frère. Hé, qu’est-ce qui ne va pas ?

Haruya s’était penché, les yeux fixés sur mon bras.

— C’est ce bracelet. Quel artefact magique ingénieux vous avez là. Les talents de Philia sont gâchés par sa fonction de Sainte. Cette invention, à elle seule, pourrait lui rapporter une fortune.

C’était une invention remarquable. Là-dessus, il avait raison. Les artefacts magiques de Philia faisaient pâlir les meilleurs ingénieurs.

— Je ne crois pas que Philia ait jamais songé à s’en servir pour gagner de l’argent.

— Et c’est précisément mon problème ! Ah, quel gâchis ! Un gâchis terrible ! Je vous en prie, prince Osvalt. Convainquez Dame Philia de s’intéresser à l’argent !

— Ne viens pas me prendre à partie avec des exigences pareilles ! Philia est une Sainte ! La cupidité est la dernière de ses motivations !

Je n’en revenais pas qu’il puisse proférer pareille sottise avec un air si sérieux. Il fallait que je veille à ce qu’il ne bourre pas la tête de Philia de drôles d’idées.

— Hmph. Je sais que Dame Philia est une Sainte pure et authentique. J’ai mis du temps à la cerner, mais elle est l’antithèse de l’avidité. Peut-être que ce désintéressement est la clé de son talent remarquable.

— Comment ça ?

— Pourquoi n’offririez-vous pas un petit présent à Dame Philia, prince Osvalt ?

— Hein ? D’où ça sort, tout à coup ?

Un cadeau pour Philia ? Quel rapport avec tout cela ?

Haruya avait sûrement quelque chose derrière la tête, mais je n’arrivais pas à comprendre où il voulait en venir. Pourquoi me suggérait-il un cadeau ?

— Ce n’est pas pour la soudoyer, tout de même ?

Haruya rit en secouant la tête.

— Un doux gage d’amour de votre part ne saurait jamais passer pour un pot-de-vin, prince Osvalt. — Et puis, Dame Philia ne se laisse pas fléchir de cette manière.

S’il savait tout ça, pourquoi m’incitait-il à lui acheter un présent ?

— Malgré tout, peut-être pourrions-nous éveiller, pas à pas, le petit côté cupide de Dame Philia. Une fois son désir de biens matériels assez vif, elle pourrait se rallier à mes projets lucratifs !

— J’en doute fort, mais soit, je serai heureux de lui faire un cadeau. Que devrais-je choisir ?

— Et si vous optiez pour une fragrance ? Certaines succursales de ma boutique vendent du parfum. Depuis que nous proposons une plus grande variété de senteurs, nos clientes sont aux anges.

Du parfum, hein ? Intéressant. J’avais déjà offert des bijoux à Philia, mais l’idée du parfum ne m’avait jamais traversé l’esprit. J’ignorais si cela lui plairait, mais ça valait la peine d’essayer.

— Permettez un conseil. Pour choisir une fragrance destinée à une femme, fiez-vous à l’impression que laisse l’arôme. Les senteurs florales sont douces, et les agrumes donnent une impression fraîche, enjouée.

— Tu sembles vraiment savoir de quoi tu parles.

— On peut dire ça. Je grave dans ma mémoire tout ce qu’il y a à savoir sur mes produits. C’est l’approche de tout marchand qui se respecte.

— Je vois…

À sa manière, Haruya était un homme de principes. Je sentais chez lui une passion brûlante.

À présent, il me fallait trouver un parfum qui convienne à Philia.

Je ne savais toujours pas très bien quelle senteur choisir, mais j’espérais que cela lui plairait.

error: Pas touche !!