SotDH T11 - CHAPITRE 4 PARTIE 2
Le Coeur d’une Fleur (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Jinya fit sa visite habituelle au Sakuraba Milk Hall et sirota son verre tout en puisant dans le savoir du gérant.
— Vous cherchez un cadeau qui pourrait plaire à une femme ?
— Ma nièce m’a demandé quelque chose. Une idée de ce que je devrais prendre ?
— Ah, cette fameuse nièce, hein ?
Jinya avait essayé de réfléchir par lui-même à ce qui pourrait plaire à Nanao, mais rien ne lui était venu. Il s’était tourné vers le gérant pour obtenir des conseils, et en reçut aussitôt.
— Que diriez-vous de quelque chose comme des sushis ou des pâtisseries ? Votre nièce est une travailleuse de nuit non ? Je suis sûr qu’elle serait contente d’avoir de quoi grignoter avant le travail.
Un cadeau trop important pouvait se retourner contre celui qui l’offrait. Pour une personne du sexe opposé avec laquelle on n’était pas particulièrement proche, de la nourriture achetée suffisait.
— Je vais essayer quelque chose comme ça, alors. Merci pour l’aide.
— Ne me remerciez pas tout de suite mais après, si ça lui plaît.
Le gérant semblait de bonne humeur. Son expression était plus douce qu’à l’ordinaire.
Jinya vida son whisky d’une traite. Ayant une chose de moins à se soucier, il pouvait en apprécier le goût.
— Ah, enfin. Je t’attendais.
Après avoir tiré parti des connaissances du gérant du Milk Hall, Jinya retourna à Ichikawa avec un cadeau en main. Il trouva Nanao qui l’attendait sans entrain dans sa chambre habituelle.
— Tiens.
Il lui tendit le cadeau. Elle l’accepta avec précaution, comme si elle manipulait un nourrisson, passant un doigt dessus avec affection, comme une mère.
— Désolée de t’avoir donné du mal, dit-elle.
— Tu me pressais pourtant.
— Seuls les hommes grossiers parlent du passé. Ce sont des biscuits ?
Une boîte remplie de sushis coûteux était un cadeau assez courant pour une travailleuse du sexe, mais Jinya lui avait apporté des biscuits à la place. Ceux-ci faisaient largement usage de fruits à coque et semblaient plutôt nourrissants, ce qui les rendait parfaits pour une collation rapide avant le travail. Un assortiment varié et de bonne qualité comme celui-ci devait être assez cher, et l’emballage avait aussi fière allure. C’était un bon cadeau.
— Oh là là, tu t’es vraiment donné du mal pour ça, n’est-ce pas ? Merci. J’en mangerai plus tard.
Le cadeau semblait lui plaire, et elle l’accepta avec joie.
Jinya poussa un soupir de soulagement.
Elle sourit et le regarda avec des yeux bienveillants, comme amusée de voir un maître de sabre se soucier à ce point de la façon dont son présent serait reçu. Elle remit en place ses vêtements en désordre pour une fois, puis son expression changea complètement.
— Alors, passons à ce que j’ai promis.
Sa requête pas si impossible étant réglée, ils pouvaient en venir à ce qu’ils cherchaient réellement. Ils se fixèrent, entourés par l’odeur particulière de la pièce.
— Voyons… Pourquoi ne pas commencer par la situation actuelle de ma mère ? proposa-t-elle.
— Devrais-tu divulguer des informations aussi précieuses ?
— Je te l’ai dit, je n’ai plus aucun intérêt à être de son côté à ce stade. Que tu saches ou non ce qu’elle prépare m’est égal.
Jinya rencontrait Nanao pour apprendre tout ce qu’il pouvait sur Magatsume et ses filles, mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle commence par révéler quelque chose d’une telle importance.
— Ma mère ne peut pas bouger pour le moment, alors tu peux être tranquille. Je doute qu’elle trame quoi que ce soit avant que nous nous rapprochions de l’année fatidique.
— Elle ne peut pas… bouger ?
— Oui. Elle a, comment dire… Elle s’est blessée toute seule. Elle a retranché trop de fragments de son cœur et n’a laissé derrière elle que sa haine. Si tu changes ce qu’il y a à l’intérieur, le contenant change aussi. Son corps devient de plus en plus monstrueux. Elle est devenue plus forte, mais je pense que cela s’est fait au prix de sa lucidité. Elle n’a plus ce qu’il faut pour venir se mêler de tes affaires.
Il comprit alors pourquoi il n’avait pas vu Magatsume causer des troubles durant les ères Taishô et Shôwa.
Nanao poursuivit :
— C’est pour ça qu’elle ne passera à l’action que lorsque son objectif ultime sera à portée. Je suis sûre que ça te fait plaisir à entendre.
Autrement dit, il pouvait être certain que les habitants du Koyomiza ne seraient pas pris pour cible. C’était, en effet, une nouvelle qu’il accueillait avec satisfaction.
— Voilà pour l’essentiel. Ce qui reste… Ah. Dis-moi, que sais-tu du but de ma mère ?
— J’ai entendu dire que cela impliquait de créer des cœurs, répondit-il, — et qu’elle voue une haine au monde. Elle veut tout réduire en ruine.
— Oui, c’est à peu près ça. Mais tout cela ne fait que partie du processus. Il y a un endroit que ma mère cherche, un endroit qu’elle cherche depuis le début et qu’elle continuera de chercher. Créer des cœurs et tout réduire en ruine ne sont que les préparatifs de cet objectif ultime, rien de plus que des ingrédients préparés pour une recette.
Tout ce qu’elle disait était nouveau pour Jinya, et plus il en apprenait, plus son désir d’en savoir davantage grandissait. D’un ton pressant, il demanda :
— Quel est cet objectif ultime ?
Mais alors qu’ils approchaient du cœur du sujet, elle leva la main pour l’arrêter et dit d’un ton taquin :
— Oh non, cher monsieur. Ton cadeau ne te donne droit qu’à ça.
Il ne put cacher son agacement.
— Quoi ?
— Si tu veux en entendre plus, il faudra apporter un autre cadeau qui me plaira.
— Et ces biscuits ? Tu avais pourtant l’air satisfaite.
— Oh, je l’étais. Mais ce n’était pas tant un cadeau pour moi que pour une travailleuse de nuit. Ai-je tort ?
Elle n’avait pas tort. Il avait choisi ces biscuits nourrissants parce qu’il pensait qu’ils plairaient à une prostituée, pas spécifiquement à Nanao. Elle les avait acceptés avec un sourire, mais il n’avait pas véritablement rempli les conditions de sa demande.
— Ah, on dirait que tu es d’accord, dit-elle. — Dans ce cas, arrêtons-nous là pour aujourd’hui. J’attends ton prochain cadeau avec impatience.
— Non, attends…
Elle le fit sortir de la pièce avec un sourire, sans prêter attention à ses protestations. À vrai dire, il ne savait pas vraiment ce qu’il aurait dit même si elle lui en avait laissé la possibilité. Elle l’avait bien surpassé.
Les femmes à l’extérieur de la pièce le regardèrent et, l’ayant vu se faire chasser, l’observèrent avec un mélange de pitié et d’amusement. Il était resté moins d’une demi-heure à l’intérieur avant d’en être expulsé, ce qui laissait place à toutes sortes d’hypothèses à la fois tristes et comiques.
— Très bien. J’accepte ton défi.
Il serra les poings, les épaules tremblantes d’humiliation. Il se jura en silence d’apporter un cadeau qui la laisserait sans voix.
— Un cadeau qui plairait à Nanao-san ?
Il ne se soucia pas de sauver les apparences et se rendit chez Aoba, la meilleure personne parmi ses connaissances pour en apprendre sur Nanao. Il la questionna dès son retour à son appartement, ce qui la surprit quelque peu.
— Euh, ça ne me dérange pas de te le dire, mais qu’est-ce qui t’arrive ?
— Il me faut une offrande digne pour pouvoir lui parler.
— Euh…
Voyant qu’elle ne comprenait toujours pas, il lui expliqua ce qui se passait, en omettant les éléments importants.
— Waouh, donc Nanao-san est ta nièce ? Attends… Ça veut dire que tu es le grand frère de la mère de Nanao-san ? C’est bien ça ?
— C’est exact. Pourquoi ?
— Eh bien, c’est juste que Nanao-san m’a parlé un peu de sa mère avant. Elle disait que c’était le genre de femme à devenir jalouse de la compagne de son propre frère et à faire une scène.
— C’est à peu près ça.
— Waouh. Tu as dû en voir de toutes les couleurs, Jin-san.
Elle sourit avec une pointe d’exaspération, ou peut-être de compassion.
— Je crois que Nanao-san aime collectionner les peignes. Elle m’a dit un jour qu’elle aimait ceux avec des motifs floraux.
— Des peignes, hein ? Merci. Tu m’es d’une grande aide.
— De rien. Oh, et il paraît qu’elle aime les fleurs jaunes. Elle a aussi mentionné que sa mère et elle n’aiment pas les fleurs blanches, parce qu’elles détestent la neige.
Jinya s’abstint de commenter ce dernier point. Il avait néanmoins obtenu des informations précieuses.
Tandis qu’il préparait le dîner pour eux deux, il réfléchit à ce qu’il ferait le lendemain.
— Oh ? Un peigne en buis. Ce motif ajouré, c’est du muguet ? C’est un ouvrage de belle facture.
Jinya se rendit une nouvelle fois à Ichikawa, et le cadeau qu’il apporta à Nanao cette fois-ci était un peigne en buis. Le buis était un matériau d’artisanat courant, utilisé pour les sceaux, le mobilier, les décorations et autres, mais il était surtout connu comme matériau pour les peignes.
Les peignes en buis étaient un cadeau apprécié des femmes depuis les temps anciens et faisaient même l’objet de nombreux poèmes d’amour.
Offrir un peigne en buis était même considéré comme une manière discrète d’exprimer ses sentiments. Bien entendu, Jinya n’éprouvait absolument aucun sentiment amoureux pour Nanao. Mais elle était une femme de plaisir, et il supposa qu’elle apprécierait ce présent porteur d’une affection éphémère.
— Oh là là, je suis flattée, dit-elle, les joues légèrement rougies. — Tu as choisi un cadeau qui correspond à mes goûts et à mon métier.
— Tout ce qui peut te plaire, en effet.
— Oh, je suis satisfaite, ça oui. Maintenant, pour ta récompense…
Le visage toujours empourpré, elle poursuivit d’un ton timide :
— Voyons… Ah, je sais. Et si je te parlais de nous, les filles de Magatsume ? C’est ce que tu voulais savoir au départ, n’est-ce pas ?
Il acquiesça, ce qui la fit sourire.
Sa voix était plus enjouée qu’auparavant, sans doute grâce au peigne en buis.
— À l’origine, nous étions des esprits sans visage, créés à partir des fragments du cœur que notre mère a rejetés. En assimilant un aspect d’une personne, nous acquérons une individualité.
— Je vois.
— Moi-même, j’ai dévoré la travailleuse de nuit connue sous le nom de Nanao pour devenir ce que je suis. Cependant, je ne suis pas une copie de Nanao, mais un mélange d’elle et d’un fragment du cœur rejeté de ma mère. La seule exception à tout cela, c’est Himawari-nee-san[1].
Jinya avait toujours soupçonné que Himawari était différente de ses sœurs, et il en avait désormais la preuve.
— Himawari-nee-san est l’aînée d’entre nous. Elle a été formée à partir de la première chose que notre mère a rejetée de son cœur, l’amour qu’elle éprouvait autrefois pour son frère. Elle n’a pas eu besoin d’assimiler l’aspect d’une personne pour acquérir une individualité. Les émotions dont elle est issue étaient déjà suffisamment fortes. C’est pour cela qu’elle est la seule à être particulière. Oh, bien sûr, elle l’est aussi à cause de sa dernière mission, sans aucun doute.
Sa dernière mission ? Ce détail attira immédiatement l’attention de Jinya, mais Nanao poursuivit sans lui laisser le temps d’intervenir. Il eut le sentiment qu’elle se jouait de lui.
— Maintenant, pour expliquer pourquoi elle nous a créées, dit-elle.
— Le « pourquoi » est évident, non ? Elle avait besoin de pions pour faire le sale travail.
— Ah… je me doutais que tu penserais ça. Mais non, nous n’avons pas été créées parce qu’elle avait besoin de pions. C’est tout le contraire. Nous avons été créées parce que nous la gênions.
Un air accablé passa dans le regard de Nanao. Elle avait dit avoir été abandonnée par sa mère et en avoir fini avec elle, mais ce n’était manifestement pas encore le cas.
— Ma mère t’aimait, toi, son frère. C’est pour ça qu’elle a dû créer Himawari-nee-san en premier. Elle ne pouvait pas s’opposer à toi tant qu’elle gardait cet amour en elle.
Les filles de Magatsume n’avaient pas été créées pour s’opposer à Jinya. Elles n’étaient qu’un sous-produit de ce qu’elle avait dû rejeter pour pouvoir s’opposer à lui.
C’était pour cela que Himawari paraissait si jeune malgré le fait qu’elle soit l’aînée : elle était née de l’émotion la plus précieuse et la plus entravante de Magatsume.
— Bien sûr, il en va de même pour nous toutes. Notre mère a rejeté sans détour les parties de son cœur qui la gênaient, et nous en sommes issues. Nous portons toutes des noms de fleurs et des capacités qui leur correspondent, pour représenter ce dont nous avons été formées.
— Comment ça ?
— Par le langage des fleurs. Himawari, le tournesol, signifie « je n’ai d’yeux que pour toi ». C’est pour cela que son pouvoir lui permet d’observer à distance une cible désignée. Elle est née du désir de notre mère de te surveiller en permanence, afin de pouvoir aller vers toi où que tu sois. Cela correspond sans doute à l’image que tu as de Himawari-nee-san, n’est-ce pas ?
Jinya se remémora le comportement de Himawari. Elle s’était montrée anormalement familière avec lui dès leur première rencontre, comme si elle le connaissait déjà. Comprenant à présent pourquoi, il serra les dents. Une émotion qu’il ne parvenait pas à identifier monta en lui.
— Jishibari signifie « entraver ». Sa capacité lui permet de restreindre les mouvements et les pouvoirs à l’aide de chaînes. Elle a été créée à partir du désir de te lier, de te garder auprès d’elle, incapable de partir, quitte à t’enchaîner… Ha ha. Elle a des goûts assez particuliers, cette mère.
Jinya se souvint de Jishibari, le démon qu’il avait rencontré à l’époque d’Edo, qui avait pris l’apparence de Nagumo Kazusa.
Elle avait mentionné être indésirable aux yeux de Magatsume et ne l’avait jamais appelée « mère » pour cette raison.
Jinya avait éprouvé de la compassion pour elle.
— Azumagiku signifie « bref répit ». Sa capacité d’effacer la mémoire est née du souhait de te faire l’oublier… ou peut-être d’effacer l’histoire troublée que vous partagez. Je ne sais pas vraiment. Quoi qu’il en soit, il y avait sûrement beaucoup de choses qu’elle voulait oublier, et aussi te faire oublier. Ma sœur Azumagiku était la manifestation d’un faible désir de revenir à ce que vous étiez autrefois, mais elle a gaspillé toute possibilité en s’engageant dans un plan assez ridicule.
En aparté, Nanao mentionna que Magatsume avait elle-même ajusté l’apparence d’Azumagiku pour la rapprocher davantage de la femme dont elle avait absorbé l’aspect. Jinya le savait déjà. Azumagiku était, en essence, cette femme.
— Furutsubaki signifie « je t’aimerai toujours », ce qui paraît beau en apparence, mais elle possédait une capacité assez tordue, celle de contrôler les autres. Cela dit, j’imagine que c’est aussi une forme d’affection. Quand on aime quelqu’un, il arrive qu’on veuille contrôler tout ce qu’il fait. Ce n’est pas convenable, mais c’est ainsi que fonctionne le cœur d’une femme.
Jinya se souvint de cette malheureuse fille de Magatsume, capturée et manipulée par Nagumo Eizen. Elle avait pris l’apparence de Saegusa Sahiro et avait laissé une impression plutôt médiocre à Jinya, mais sa capacité, Furutsubaki, lui avait permis de sauver Ryuuna. Pour cela, il lui en était reconnaissant.
— Nous toutes, sœurs, provenons de ce que notre mère a ressenti pour toi. Même après nous avoir rejetées de son cœur, elle nous garde précieuses à ses yeux. Du moins, la plupart d’entre nous. Vois-tu, mon nom de fleur représente un désir que ma mère ne voulait pas reconnaître. C’est pour cela que je n’ai pas été faite pour devenir l’un de ses pions et que j’ai été rejetée au sens le plus strict, pour finir ici.
— …Et ton nom de fleur ?
— Tu le sauras en temps voulu, quand tout sera terminé et que je t’aurai donné ma capacité en paiement. Comme… je… l’ai… promis.
Elle mit fin au sujet et laissa échapper un léger rire, amusée par l’expression de Jinya.
Il savait que les filles de Magatsume étaient des fragments rejetés de son propre cœur, mais il ne s’était jamais vraiment arrêté pour réfléchir à ce que cela signifiait. Cette nouvelle compréhension changea la manière dont il voyait celles qu’il avait affrontées jusqu’ici. Sa poitrine se serra à la pensée qu’il les avait toutes dévorées sans la moindre pitié, à l’exception de Himawari. Il comprenait même désormais pourquoi Magatsume s’était infligé de telles blessures. Une émotion qu’il ne parvenait pas à nommer monta en lui, mêlée à sa haine.
— Dieu merci. J’avais peur que tout cela ne t’affecte pas, dit Nanao.
Magatsume était à présent brisée parce qu’elle avait retranché les parties d’elle-même qui tenaient à lui. Autrement dit, les sentiments que Suzune éprouvait à son égard étaient si profondément enracinés dans son cœur que les en retirer avait endommagé son être même.
— Je suis soulagée que tu sois l’homme que tu es. Tu comprends maintenant ? Ma mère t’aimait vraiment. Même après être devenus des démons tous les deux, ses sentiments pour toi étaient si forts qu’elle a dû s’en débarrasser pour pouvoir s’opposer à toi. Mais peu importe combien elle en retranchait, d’autres sentiments pour toi apparaissaient encore et encore. Tu es, au sens le plus strict, tout pour elle.
Nanao espérait sincèrement qu’il ne l’oublierait jamais. Même si le jour venait où il tuerait sa mère, elle priait pour qu’il ne doute jamais au moins de la sincérité de ses sentiments. Jinya resta sans voix. Il voyait l’amour que sa sœur et ses filles lui portaient, mais sa haine demeurait.
— Arrêtons-nous là pour aujourd’hui, d’accord ? dit Nanao. — La prochaine fois, nous parlerons de la capacité de ma mère et de son objectif ultime. À condition que tu m’apportes d’abord un cadeau digne de ce nom. J’attends ta prochaine visite.
Incapable d’apaiser les émotions en lui, il ne put que répondre d’un signe de tête.
[1] Nee-san signifie « Grande sœur » en japonais.