SotDH T10 - CHAPITRE 1 PARTIE 2
Contes Nocturnes de Sabres Démoniaques : Kikoku – La Lame Hurlante (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Il existait un sanctuaire dans lequel se transmettait une certaine histoire de chasse aux démons. Une histoire d’une tragédie trop ordinaire survenue dans un village de montagne du fer, mettant en scène un affrontement entre un démon et un gardien du village. Du moins, c’était ainsi que l’on était censé la comprendre.
Kadono était un village qui produisait du fer. Ses habitants vénéraient une déesse locale connue sous le nom de Mahiru-sama, et la prêtresse qui offrait ses prières à cette déesse était connue et vénérée sous le nom d’Itsukihime. L’Itsukihime était sacrée pour le village, et une prêtresse gardienne était toujours placée à ses côtés afin de la protéger de tout danger.
Le père adoptif de Jinya et maître d’armes, Motoharu, faisait partie de cette panoplie de gardiens du sanctuaire, et l’Itsukihime de cette époque était Yokaze, l’épouse de Motoharu.
Bien qu’il ne pût jamais le lui dire directement, Jiny… Jinta avait admiré Motoharu. Il était plus fort que quiconque et mettait sa vie en jeu pour protéger ceux qui lui étaient chers. Le jeune Jinta pensait qu’il ressemblait à un héros tout droit sorti d’un récit épique et aspirait à devenir comme lui un jour.
— Yokaze…
Mais les enfants grandissaient. Et venait un jour où ils découvraient ce qu’ils ne pouvaient pas voir lorsqu’ils étaient plus jeunes.
— Tu m’as toujours dit que je n’étais pas l’homme qu’il te fallait comme gardien du sanctuaire. Peut-être avais-tu raison. Peut-être ne suis-je pas digne d’être ton gardien ni ton époux.
L’imposant démon attaqua le sanctuaire et dévora Yokaze. Motoharu se tenait devant lui, sachant parfaitement qu’il ne pouvait pas gagner.
Jinya observait la scène, y voyant du courage dans ses actes.
— Mais je ne regrette rien. Je ne sais pas si c’était pour le meilleur ou pour le pire, mais te rencontrer m’a changé. Être gardien n’a pas été de tout repos, mais j’ai pu être à tes côtés. Cette vie n’était pas si mauvaise… Était-ce la même chose pour toi ? Au fond, je ne t’ai jamais posé la question, n’est-ce pas ?
Mais ce n’était pas du courage. Et les paroles de Motoharu ne lui étaient pas destinées. Elles s’adressaient au démon qu’il affrontait, son épouse, devenue une créature hideuse sous l’effet de sa nature démoniaque.
La lignée des Itsukihime portait en elle le sang des démons. Le rôle du gardien de prêtresse n’était pas de protéger l’Itsukihime, mais de la tuer si elle venait à perdre le contrôle. Yokaze avait été consumée par le démon qui sommeillait en elle, et Motoharu combattait pour accomplir son devoir et abattre l’Itsukihime devenue une menace pour le village.
Si Itsukihime était à la fois un jeu de mots sur « l’Immaculée Femme du feu » et « celle aux yeux pourpres qui demeure », alors peut-être que le gardien de prêtresse (mikomori) pouvait lui aussi être interprété comme un jeu de mots avec « immergé dans l’eau ». Dans le japonais ancien, « être immergé dans l’eau » signifiait « dissimuler son cœur », et ainsi, celui qui servait la Femme de feu était celui dont les véritables intentions restaient enfouies là où le feu ne pouvait les atteindre.
— Ne finis pas comme moi, gamin.
Motoharu, toujours souriant, avait lui aussi dû dissimuler son cœur.
— Rien n’est immuable. Même les sentiments les plus précieux changent de forme. Peut-être deviennent-ils plus précieux, et peut-être deviennent-ils si hideux que l’on ne peut plus les supporter. Je n’ai pas pu accepter cette vérité, et voilà où cela m’a mené.
Motoharu avait dit qu’il détestait Yokaze au début, mais ses sentiments avaient changé, et l’amour avait pris racine. Il avait fini par vouloir protéger la Yokaze qu’il avait méprisée.
Mais même cela avait dû changer.
Il finit par vouloir protéger le Kadono que Yokaze aimait et jura de le faire.
Mais il apprit alors ce que signifiait réellement être un gardien de prêtresse et dut mettre en balance ses sentiments et son devoir. N’ayant d’autre choix que d’accomplir son rôle, il affronta la femme qu’il aimait.
— Jinta. Deviens un homme capable de faire de sa haine une force.
Cependant, le sens de ces paroles demeura inconnu de Jinya. Après les avoir laissées derrière lui, le gardien du village Motoharu perdit la vie.
Que ressentit ce dernier lorsqu’il tourna sa lame contre son épouse ? Que ressentit Yokaze alors que sa conscience s’éteignait ?
Leurs cris n’atteignirent personne, et l’histoire de la lame démoniaque prit fin.
À la toute fin, il ne resta qu’un récit d’une épée qui avait perdu son maître.
Après avoir dérivé loin de Kadono, la lame finit par être conservée dans un petit sanctuaire quelque part, accompagnée de deux brèves lignes de description :
Il était une fois, un démon nommé Yokaze qui attaqua un village.
Le gardien de ce village, Motoharu, l’aurait abattu avec cette épée.
Le couple qui s’aimait fut oublié par le temps, et deux courtes phrases devinrent l’unique héritage de l’épée.
— L’Itsukihime…? répéta Izuchi.
Sa confusion était compréhensible, puisqu’il ne savait rien des Itsukihime, des gardiens de prêtresse ou du passé de Jinya.
— C’est ainsi qu’un certain village appelait sa prêtresse. Cette dernière était en réalité un démon, et le gardien du village l’a scellée. C’est une histoire banale, mais celle-ci s’est réellement produite.
Jinya n’avait aucune raison d’entrer dans les détails. L’histoire de ses parents adoptifs n’avait aucun lien avec leur situation actuelle, et il n’avait aucune envie de partager leurs derniers instants avec qui que ce soit.
— Ah. Et tu étais en bon terme avec ce gardien, j’imagine ?
Ayant saisi l’essentiel, Izuchi hocha la tête.
— Oui. Mais c’est tout. Je n’ai aucune idée des capacités de ce démon. S’il y avait quelqu’un qui le savait…
— Ce serait le vieux Eizen, hein ? Non, attends, j’imagine que Yonabari était aussi après ça. Yonabari doit connaître cette histoire.
— C’est probable.
Le miasme noir qu’Eizen contrôlait n’était rien de plus qu’un sous-produit de quelque chose de plus grand. Yonabari connaissait le pouvoir de Yokaze et l’avait dérobé pour un certain dessein, mais Jinya ne pouvait même pas commencer à imaginer ce que cela pouvait être. Mais à en juger par la manière dont le démon s’était déclaré ennemi de l’ère Taishô, il n’avait probablement rien de bon en tête.
Jinya ne pouvait pas rester les bras croisés tandis que Yonabari utilisait l’épée de Motoharu et le pouvoir de Yokaze à de mauvaises fins. Il ne voulait pas que leur mémoire soit traînée dans la boue.
— Quoi qu’il en soit, je récupérerai le sabre du Hurlement démoniaque… quoi qu’il m’en coûte.
Les paroles de Jinya ne s’adressaient pas à lui-même, mais à Izuchi. Il savait qu’Izuchi avait autrefois été allié à Yonabari sous les ordres d’Eizen, et il rendit clair le fait qu’il ne se retiendrait pas, peu importait qui se dresserait sur son chemin.
Après un silence, Izuchi répondit.
— …Je comprends.
Bien que Yonabari parlait avec légèreté, affirmant que sa personne ne faisait que se déchaîner contre le monde, le démon n’était certainement pas animé de bonnes intentions. Il ressemblait à Eizen en ce qu’il était dépourvu de morale et prêt à tout. Livré à lui-même, il causerait de grands ravages. Izuchi le comprenait bien.
— Mais tu sais, boire avec Yonabari, ce n’était pas si mal…
Mais son cœur n’était pas entièrement en accord avec cela.
— …Jiiya ?
Cette même nuit, Jinya était plongé dans ses pensées dans sa chambre lorsque Ryuuna le regarda avec inquiétude. Il lui tapota doucement la tête à plusieurs reprises pour lui faire comprendre qu’il allait bien, ce qui la fit plisser les yeux avec satisfaction.
Elle était devenue bien plus expressive qu’auparavant. Elle ne se dérobait plus au contact non plus. Elle était même venue ici d’elle-même pour demander s’ils pouvaient dormir dans le même lit. Il était heureux de voir un tel changement chez elle, mais en même temps, il n’était pas convenable qu’une fille de son âge fasse une telle demande. Mais au vu de la manière dont elle avait vécu la majeure partie de sa vie, il n’avait pas le cœur à refuser ses souhaits.
Elle s’allongea sur le lit et remua les jambes avec un sourire ravi. Il esquissa un sourire, amusé par sa candeur. Une jeune demoiselle ne devrait pas agiter les jambes de la sorte. D’une voix douce, afin de ne pas paraître en colère, il la reprit.
— Allons. Ce n’est pas ainsi que doit se comporter une jeune demoiselle.
— Mm…?
Elle inclina la tête sur le côté, ne comprenant pas. C’était une enfant obéissante, mais lui apprendre à se comporter avec grâce prendrait apparemment encore du temps.
Jinya s’assit au bord du lit. Ryuuna se retourna et tendit la main, qu’il serra doucement. Même un contact aussi anodin suffisait à la faire sourire. Son expression s’adoucit à son tour.
— Ce démon ment, dit-elle soudain.
Son sourire avait disparu, et sa voix était dépourvue d’émotion. Déconcerté, il la regarda.
D’un ton détaché, elle poursuivit.
— Yonabari. Tu veux savoir des choses à son sujet, n’est-ce pas ?
Était-ce cela que les gens entendaient lorsqu’ils disaient que les enfants grandissaient vite ? Ryuuna avait, d’une manière ou d’une autre, compris que Jinya s’intéressait à Yonabari, ou peut-être qu’Izuchi le lui avait dit. Quoi qu’il en soit, il semblait qu’elle était venue dans la chambre de Jinya pour lui parler.
— Tu connais Yonabari ? demanda-t-il.
— Il venait souvent quand j’étais enfermée. Le seul à dire mon nom.
Ryuuna avait été enfermée pour servir d’outil à Eizen. Son corps avait été altéré, et elle était destinée à être souillée et à donner naissance à des démons. À cette époque, personne ne la traitait comme un être humain, et ce qui n’était pas humain n’avait pas besoin de nom. On ne la désignait que comme « ça » ou la « Kodoku no kago ».
Mais Yonabari était différent. Bien que ce soit un nom qu’Eizen lui eût donné avec de mauvaises intentions, Yonabari l’appelait Ryuuna, ne la traitant pas comme une chose ni comme une tentatrice empoisonnée artificielle, mais comme une personne.
— Avant, je le pensais juste étrange, mais maintenant je sais qu’il ment. Son sourire n’est pas un vrai.
Malgré cela, Ryuuna n’avait pas une bonne opinion de Yonabari. Il y avait dans sa personne quelque chose qui sonnait faux.
— Mais il m’a quand même aidée.
— …Aidée ?
— Mm.
D’un ton maladroit, elle commença à expliquer.
La nuit de la réception des Nagumo, Himawari s’était introduite en secret dans la cellule souterraine où étaient retenues Ryuuna et Kimiko, et y avait rencontré Yonabari. Alors que le démon était censé monter la garde, il opta pour la fuite sans opposer la moindre résistance. Plus étrange encore, il avait même demandé à Himawari de sauver Ryuuna.
Jinya avait déjà entendu tout cela de la bouche même de Himawari.
Il pensait que Yonabari avait agi selon un plan, mais Ryuuna semblait simplement croire que le démon lui avait prêté main-forte. Il ne la contredit pas, de peur de la blesser, mais quelque chose dans toute cette affaire le dérangeait.
En y repensant, Yonabari s’était montré très prudent avec Ryuuna, alors même que sa personne avait fait du mal à Kimiko et à Yoshihiko. Et quelque chose lui disait que Yonabari ne faisait pas que suivre les ordres d’Eizen.
— …Hm.
Jinya baissa la tête et réfléchit, mais aucune explication claire concernant les actions de Yonabari ne lui vint à l’esprit. Il soupira et releva le visage pour voir Ryuuna lutter pour garder les yeux ouverts.
Il était tard, et elle était à bout. Il mit de côté ses pensées confuses et remonta la couverture sur elle.
— Dors.
Alors qu’il passait les doigts dans ses cheveux, ses paupières se fermèrent. Il entendit le rythme régulier et paisible de sa respiration et lui tapota la tête une dernière fois avant de retirer sa main.
Il tourna le regard vers la fenêtre et ne vit aucune étoile dehors. La lune était dissimulée par d’épais nuages qui laissaient la nuit noire et silencieuse.
Un vent tiède et désagréable s’infiltra par l’entrebâillement de la fenêtre.
Son contact déplaisant sembla longer sa colonne vertébrale, faisant durcir son regard.
***
Deux semaines passèrent sans qu’il ne se produise quoi que ce soit de notable, et le mois d’août toucha à sa fin. Bien que l’air gardât encore des traces de l’été, les rayons du soleil s’étaient adoucis et l’atmosphère était agréable.
La pluie se poursuivit durant la matinée du premier jour de septembre, mais peu à peu les nuages s’éclaircirent et le ciel s’illumina. À ce rythme, la pluie cesserait avant midi, laissant place à un soleil d’automne agréable.
Izuchi regardait dehors depuis le comptoir. Peu de clients venaient lorsqu’il pleuvait. Il bâilla, profondément ennuyé.
— On dirait qu’on ne peut pas espérer grand-chose ce matin.
— Ouais. Mais on est d’habitude tellement occupés, alors une journée calme comme celle-ci, de temps en temps, ça fait du bien.
— C’est sûr.
Yoshihiko remettait consciencieusement en place les affiches qui commençaient à se décoller et nettoyait l’intérieur du bâtiment. Izuchi ne put s’empêcher de sourire en le regardant. Non pas parce qu’il travaillait avec tant d’ardeur, mais à cause de la personne qui travaillait avec lui.
— J’ai terminé de nettoyer de ce côté, Yoshihiko-san.
— Merci. Désolé pour le dérangement, comme toujours.
— Non, ce n’est pas dérangeant.
Yoshihiko s’excusa, mais Kimiko semblait réellement apprécier le moment. Les voir tous les deux ensemble était devenu courant ces derniers temps. Kimiko éprouvait très clairement des sentiments pour Yoshihiko, et Yoshihiko ressentait probablement la même chose. Au cours de l’année écoulée, ils s’étaient beaucoup rapprochés et trouvaient un prétexte pour être ensemble dès qu’ils le pouvaient.
Malheureusement, aucun des deux n’avait le courage de franchir ce dernier pas, si bien qu’ils n’étaient rien de plus que de « très bons amis ». Leur timidité avait quelque chose d’adorable, mais elle était aussi quelque peu frustrante à observer.
— C’est tellement évident, et pourtant…
— Hm ? Tu as dit quelque chose, Izuchi-san ?
— Rien, Yoshihiko-senpai.
Bien qu’il fasse preuve de fermeté quand la situation l’exigeait, Yoshihiko se comportait comme n’importe quel jeune homme lorsqu’il s’agissait d’amour. Izuchi soupira. Au moins, les observer était un bon moyen de faire passer le temps.
L’endroit où se trouvait Yonabari l’inquiétait, mais des moments comme celui-ci étaient rares, et il fallait en profiter.
— Au fait, où est passé le Dévoreur de démons ? demanda-t-il à Kimiko.
— Jiiya passera plus tard. Ces derniers temps, il passe toujours du temps avec Ryuuna-san.
Bien qu’elle fût la fille d’un baron, Kimiko était assez expressive et fit la moue. Ryuuna était une bonne amie à elle, mais cela l’agaçait de voir la personne qui s’occupait d’elle monopolisée par quelqu’un d’autre.
Izuchi esquissa un sourire devant son air enfantin, mais prit aussitôt une expression sérieuse.
— Il est avec Ryuuna-chan, hein ?
Izuchi ne pensait pas que le Dévoreur de démons soit du genre à traîner sans raison. Il avait sûrement remarqué quelque chose, alors il devrait l’interroger plus tard.
Tandis qu’il y pensait, il regarda dehors et vit que le ciel s’était déjà dégagé. Il était à peu près midi. Les nuages de pluie s’étaient écartés pour laisser place à une douce lumière d’automne, mais il n’y avait pas le temps d’en profiter.
— Qu’est-ce que…
Instinctivement, Izuchi sentit que quelque chose n’allait pas.
Il lui sembla entendre un bruit de chute à l’intérieur du bâtiment, puis le sol lui-même se mit à gronder et à trembler violemment.
— U…un tremblement de terre ?!
— Y…Yoshihiko-san !
Yoshihiko resta figé sur place, incapable de bouger sous les secousses. Kimiko se serra contre lui, effrayée. En temps normal, Izuchi se serait arrêté pour apprécier une telle scène attendrissante, mais ce n’était pas le moment.
C’était de mauvais augure.
Son corps bougea avant même qu’il n’ait le temps de réfléchir.
Il attrapa les deux autres et se précipita hors du bâtiment.
1923 (an 12 de l’ère Taishô), 1er septembre, 11h 58min 32s. Une secousse sismique d’une ampleur sans précédent, qui serait plus tard connue sous le nom séisme du Kantô, ravagea Tôkyô.
***
Au même moment, Jinya était avec Ryuuna. Tous deux se rendaient au Koyomiza après la dissipation des nuages lorsqu’ils sentirent le sol se mettre à tanguer violemment.
La terre se déforma en poussant un cri strident, semblable à celui de l’océan lors d’une nuit de tempête. Les bâtiments alentour s’effondrèrent les uns après les autres, et le ciel passa de la douce lumière automnale à une teinte orangée. Des volutes de fumée noire s’élevèrent, signe que des incendies s’étaient déclarés.
Les secousses continuaient. Jinya serra Ryuuna dans ses bras et courut jusqu’au milieu de la rue principale, là où ils ne risquaient pas d’être écrasés par des bâtiments en chute.
— Mm…
— Ça ira.
Ryuuna se recroquevilla de peur. La main avec laquelle elle s’agrippait à ses vêtements tremblait.
Les gens couraient dans tous les sens, leurs cris perçants se mêlant aux grondements de la terre. Le chaos ressemblait à une vision de l’enfer.
Au milieu de tout cela, une seule personne se promenait avec nonchalance, sans se soucier du tremblement de terre. Il était déjà difficile de simplement tenir debout avec ces secousses, et pourtant, elle seule se déplaçait sans être affectée. Elle était calme, impassible, comme apaisée par les cris qui l’entouraient.
Un frisson parcourut l’échine de Jinya.
Tenant toujours Ryuuna, il dégaina Yarai du fourreau de bambou dans lequel il la dissimulait et la pointa vers cette personne. En le voyant faire, celle-ci lui adressa un signe de la main, comme on le ferait à un vieil ami.
— Salut, Dévoreur de démons. Ça fait un bail, hein ?
Au milieu du pandémonium, Yonabari salua Jinya avec un sourire joyeux, mais froid.