THE TOO-PERFECT SAINT T5 - ÉPILOGUE

Épilogue

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Traduction : Calumi
Harmonisation : Opale
Relecture : Raitei

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Après avoir utilisé avec succès le dispositif magique pour stabiliser le mana dans la Zone de Miasmes Volcaniques, nous sommes rentrés à notre manoir ce soir-là.

J’étais de retour sur le canapé, à apaiser ma fatigue avec une tasse de thé noir que Lena avait infusée.

— Avec tout ce qui se passe, on est loin de la paisible vie de jeunes mariés qu’on s’imaginait, dit Osvalt.

— Ça me va. Partager un thé avec toi me suffit amplement pour me détendre. Ce manoir est peut-être neuf, mais il a déjà un parfum de foyer.

En sirotant le thé et en savourant son arôme, je confiai franchement mes sentiments à mon mari. Le mariage n’avait pas provoqué de grands bouleversements. Notre quotidien restait aussi tumultueux qu’avant. Nous étions loin d’une existence paisible et lente.

—  Osvalt, je voulais te demander… Pourquoi as-tu décidé d’ajouter cette halte à notre itinéraire de lune de miel ?

Après sa conversation privée avec le prince Reichardt, Osvalt avait soudain proposé une promenade en forêt. D’après ce que j’avais compris, le prince l’avait averti d’étranges agissements d’éléments étrangers, mais cela n’expliquait pas vraiment ce changement de programme.

— Hein ? Je t’ai déjà donné la raison. Mais s’il faut en trouver une autre… Parler avec mon frère m’a donné une envie folle de passer un moment tranquille avec toi, Philia.

Un moment tranquille. Notre lune de miel s’était muée en une énième aventure, mais c’était peut-être ce qui rendait les instants paisibles d’autant plus précieux.

— Le bonheur, c’est peut-être simplement pouvoir passer du temps avec quelqu’un qu’on aime.

— Que veux-tu dire ?

— Je veux dire, eh bien… Je suis juste heureuse d’avoir pu passer plus de temps avec toi.

— Tu es une experte pour faire rougir les gens, Philia, dit Osvalt. — Parfois, j’ai l’impression que tu me perces le cœur d’une flèche. Difficile de préserver mon flegme.

Vraiment ?

L’aveu soudain et inattendu d’Osvalt me chauffa les joues.

— Tu as raison. Plus on passe de temps ensemble, plus on découvre. Ça paraît évident, mais tant qu’on ne le vit pas, on ne se rend pas compte que la joie surpasse de loin tout ce qu’on pouvait imaginer.

— As-tu découvert quelque chose de nouveau, Osvalt ?

D’une certaine manière, l’idée me faisait peur. Et s’il découvrait chez moi des côtés peu flatteurs qu’il n’avait pas remarqués avant notre mariage ? Je sentis qu’il me fallait me préparer.

— Moi ? Bien sûr. Je remarque chaque jour chez toi de nouvelles petites choses attendrissantes.

— Quoi ? Eh bien, moi aussi, j’ai fait une découverte. J’ai appris que tu as une étonnante propension à taquiner les gens.

— Peut-être bien, mais c’était juste la monnaie de ta pièce pour tout à l’heure.

Je n’étais pas tout à fait sûre de ce à quoi il faisait allusion, et j’étais encore trop embarrassée pour le regarder droit dans les yeux. Je l’imaginais avec un sourire triomphant, après avoir vu ma réaction.

Je bus deux gorgées de thé pour tenter de me calmer.

— Quoi qu’il en soit, les mystères que nous avons éclaircis pendant notre lune de miel et nos inquiétudes au sujet de la Zone des Miasmes Volcaniques sont désormais résolus. À partir de demain, nous devrions pouvoir nous détendre.

J’eus un petit rire.

— Il s’est passé tant de choses qu’on risque déjà d’oublier notre lune de miel.

— C’est vrai, dit Osvalt en m’adressant un sourire jovial et en opinant. — Cette vie tumultueuse nous ressemble beaucoup, j’imagine, mais un déluge de chaos serait trop difficile à gérer. Il faut souffler de temps à autre.

Peut-être avions-nous effectivement besoin d’une pause de temps en temps.

À peine rentrés, Lena et Leonardo nous avaient ordonné de nous reposer. Je comprenais maintenant pourquoi.

— C’est étrange. Ce n’est peut-être pas très adéquat pour une Sainte, mais je n’ai aucun mal à dire que j’ai parfois envie de lever le pied. Est-ce que je deviens paresseuse ?

— Allons donc. Si tu es paresseuse, alors chaque citoyen de ce pays est un bon à rien.

— T…Tu crois ?

Je ne pensais pas avoir tant changé, mais quelque part en chemin, me reposer de temps en temps avait fini par me sembler naturel.

— Je ne vois pas le problème, poursuivit Osvalt. — J’adorerais découvrir ton côté paresseux, Philia. Pourquoi ne pas passer quelques jours dans notre villa tranquille à ne rien faire du tout ?

— Quoi ? Ne… ne rien faire ? J’avoue que je suis encore un peu hésitante à m’y résoudre.

— Oh, d’accord. Eh bien, si quelques jours, c’est trop…

 Osvalt se leva, ouvrit une fenêtre et me fit signe d’approcher.

—  Osvalt…

Je me tins à ses côtés. Nous regardâmes le jardin, baigné de la douce lueur du ciel étoilé. C’était le printemps, mais les nuits restaient fraîches.

— Viens. Je vais te réchauffer.

— O…oui…

Il m’attira contre lui. Je me laissai aller dans ses bras.

Il n’y a pas si longtemps, cela m’aurait tendue et raidie, mais à présent, je me sentais simplement bien dans son étreinte.

— La brise nocturne est si agréable, tu ne trouves pas ?

— Oui, vraiment. Quelques minutes à se détendre comme ça, c’est l’idéal pour toi, non ?

— Hein ? Oh, c’est pour ça…

Alors que la brise, saturée du parfum frais du printemps, effleurait ma joue, je soutins le regard doux d’Osvalt.

Mon Dieu, je sais que j’ai promis de tout consacrer à ce pays, mais je vous en prie, exaucez ma demande égoïste. Pendant les quelques minutes qui viennent, je veux que cet homme soit la seule chose à occuper mon esprit.

Ses lèvres douces effleurèrent lentement les miennes.

Légèrement gênée mais submergée d’affection, j’enlaçai sa nuque.

À cet instant, il me montra ce qu’était l’amour éternel.

Lorsque j’ouvris les yeux, ses magnifiques cheveux d’or, illuminés par la lune, me coupèrent le souffle. Je les avais vus d’innombrables fois.

Pourquoi faisaient-ils battre mon cœur ainsi ?

Notre vie à deux ne faisait que commencer.

J’espérais seulement qu’un jour, j’en découvrirais la raison. 

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