sentenced t2 - CHAPITRE 4 PARTIE 7
Châtiment : Évacuation et sauvetage des habitants du district Cheg d’Ioff (7)
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Traduction : Calumi
Correction : Opale
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Les féeries qui occupaient la tour commencèrent à battre en retraite après la chute de Boojum.
Ma seule préoccupation, désormais, c’était Teoritta. Elle pouvait à peine bouger après avoir invoqué l’Épée sacrée. Je passai son bras autour de mes épaules et l’aidai à marcher jusqu’à la porte de Tui Jia tandis que la tour s’enfonçait lentement dans la mer. Son visage était pâle, son corps crépitait de façon incontrôlable. Les décharges étaient si violentes que ses cheveux semblaient luire.
— …Je suis impressionnée, Xylo, dit Teoritta.
Elle conserva son attitude arrogante, malgré le fait qu’elle tenait à peine debout. Elle essaya même de sourire.
— Tu dois l’être toi aussi.
Il était évident de comprendre ce qu’elle voulait. C’était toute la raison pour laquelle elle s’était battue.
— …Je t’autorise à me caresser la tête et à me couvrir d’éloges. Vénère-moi autant que tu le souhaites. Tu peux me dire à quel point je suis une grande déesse. Comment j’ai été à la hauteur de toutes tes attentes…
Elle sembla devenir mal à l’aise en parlant, et leva les yeux pour observer ma réaction.
— N’est-ce pas ?
— Ouais.
Je lui frottai la tête, peut-être un peu trop fort. Je sentis les étincelles brûler ma paume.
— Tu t’en es très bien sortie, Teoritta. Ça a dû te demander beaucoup de courage.
— J’ai été utile ?
— Tu l’as été, oui. Tu es une déesse incroyable.
Sa réaction était peut-être un peu excessive, mais presque n’importe qui apprécierait d’être complimenté après une dure journée de travail.
Qui ne serait pas heureux d’entendre ses coéquipiers dire qu’il a été d’une grande aide ? Certains pourraient même croire que ce genre de choses valait la peine de risquer sa vie.
— …Oh.
Teoritta éleva soudain la voix et pointa quelque chose derrière mon épaule.
— Xylo, regarde…
Lorsque je suivis son regard, je vis le nuage de poussière soulevé quand Tui Jia s’était effondrée, et, dissimulée à l’intérieur, une silhouette. Une toute petite silhouette. Un enfant ? Cela devait être une petite fille. Elle paraissait encore plus jeune que Teoritta. Elle titubait vers nous, traînant quelque chose de lourd derrière elle.
— À l’aide… ! cria-t-elle.
Elle semblait sur le point de pleurer. En réalité, elle pleurait probablement déjà. Ses vêtements étaient tachés de sang. Était-elle blessée ?
Non. Ce n’était pas ça.
Je finis par voir ce qu’elle traînait. C’était une personne. Un homme adulte, qui saignait d’un trou dans la poitrine. Ses vêtements étaient sans doute couverts de son sang. Elle continua d’avancer vers nous, vacillante, mais l’homme ne bougea même pas. On aurait dit qu’elle utilisait toutes ses forces pour traîner son corps.
Génial, pensai-je. Teoritta était presque à bout, et maintenant j’avais encore plus de gens à protéger. Je comptai les couteaux qu’il me restait. Trois. Il allait falloir les utiliser avec soin.
— À l’aide ! Mon père…, cria la fillette.
Sa voix était presque nauséeuse.
— Mon père… i-il ne bouge plus… Un monstre… Un monstre est apparu de nulle part et…
— N’aie pas peur.
Ce fut Teoritta qui répondit la première, rompant sans réfléchir mon soutien.
— Tu n’as rien à craindre.
Sa voix n’était plus faible.
— Moi, la déesse Teoritta, et mon chevalier, Xylo Forbartz, sommes à ton service. Je te promets que tu seras en sécurité.
Teoritta fit un pas vers la fillette couverte de sang.
— Nous devons nous dépêcher de faire soigner ton père. T’es-tu perdue pendant l’évacuation ? Quel est ton nom ?
— Mon nom…
La fillette chancela, ou plutôt, sembla chanceler. C’est à cet instant que je le remarquai. Toute émotion avait disparu de son visage.
Merde.
Mais il était déjà trop tard. J’étais un idiot d’avoir laissé Teoritta s’approcher autant. La petite fille n’avait pas du tout vacillé, elle avait accéléré. J’avais baissé ma garde. Était-ce parce que j’étais fatigué ? Mais l’épuisement n’était pas une excuse.
Qu’est-ce qui cloche chez toi, Xylo Forbartz ?
Je priai pour arriver à temps. Ce ne fut que plus tard que je compris à qui j’avais adressé cette prière. Senerva, une déesse qui n’était plus qu’un souvenir lointain désormais.
Quoi qu’il en soit, la réalité était cruelle. Il était impossible que j’atteigne Teoritta à temps. J’avais réagi trop lentement. La fillette leva brusquement le bras. Elle tenait un couteau, à la lame épaisse et tranchante. Les yeux de Teoritta s’écarquillèrent. Elle ne cria même pas.
*Pop*.
J’entendis le son de quelque chose qui fendait l’air.
— Oups, dit quelqu’un d’une voix presque gênée. C’était Tsav. — Oh merde. J’ai tiré sur une gamine ? Euh…
— Qu’est-ce qui ne va pas chez toi, Tsav ?! cria Venetim. — Tu viens vraiment de tirer sur une civile ?! T’as perdu la tête ?!
Un éclair blanc traversa l’air et frappa la fillette couverte de sang.
Son expression se déforma sous la surprise, et il y avait de quoi. Un éclair tiré depuis une distance absurde venait d’arracher tout le côté gauche de son corps, de l’épaule à la poitrine.
J’appris plus tard qu’il s’agissait du premier tir de Tsav après s’être mis en position.
— On aurait dit qu’elle allait vous attaquer, Teoritta et toi, affirma-t-il ensuite.
Je n’avais aucune idée de comment il était arrivé à cette conclusion, mais il avait raison.
— C… gémit la fillette. — …C’est impossible…
Elle tenait à peine debout, et pourtant elle essayait encore d’attaquer Teoritta. Aucun humain ne pouvait bouger après avoir perdu une telle partie du haut du corps. La fillette chancela en avant, grognant, et planta son couteau de toutes ses forces restantes. Mais la pointe de la lame rencontra un choc métallique juste avant d’atteindre le corps de Teoritta.
Je me précipitai aussitôt en avant et frappai la fillette de toutes mes forces. Ce qu’il restait de son torse se détacha à la taille et fut projeté dans les airs. C’était terminé. Les jambes de Teoritta cédèrent, mais je parvins à la rattraper juste avant qu’elle ne touche le sol.
— Teoritta ! Regarde-moi ! Tu es blessée ?
— Xylo…
Ses lèvres tremblaient, mais elle parvint à sourire. Elle tenait un petit couteau qui me semblait familier. C’était celui que nous avions acheté à cet étal de rue, avec une lame à peine assez tranchante pour couper un fruit.
— Il semble… que je doive apprendre à m’en servir correctement, dit-elle.
— Tu as bloqué l’attaque avec ce couteau ?
C’était pratiquement un jouet. Après un profond soupir, j’examinai la lame de plus près.
— Il va falloir te trouver quelque chose d’un peu mieux que ça… Et je t’apprendrai à t’en servir.
L’ennemi s’était approché seul pour surprendre Teoritta, prêt à sacrifier sa vie. Il semblait prêt à tout pour la tuer. Teoritta devait représenter une véritable menace pour le Fléau démoniaque. Mais pourquoi ? Parce qu’elle pouvait invoquer l’Épée sacrée ? Ou y avait-il une autre raison ?
Quoi qu’il en soit, j’avais le sentiment que moi, que nous, l’unité des héros condamnés, étions contraints d’occuper une position clé dans tout cela.
Je dois protéger Teoritta.
Je ressentais l’importance de cela, plus que jamais.
Les déesses peuvent être exigeantes, mais tu le sais déjà, Senerva.
Je me plaignais maintenant à quelqu’un qui n’était plus là. Je m’accroupis, passai un bras sous Teoritta et la relevai.
— Allez. On s’en va. Les autres doivent nous attendre.
— Oui, retournons à l’endroit auquel nous appartenons.
Toujours tremblante, Teoritta pencha la tête.
— Toutefois, je crois que tu oublies quelque chose.
— …Ouais, ouais. Je sais.
— Alors dépêche-toi ! Couvre-moi d’éloges de tout ton être !
***
Après avoir terminé de bombarder l’entrepôt avec son artillerie, Rhyno, accompagné de Tatsuya, ramena les civils en cours d’évacuation à la base. Rhyno disparut cependant pendant plusieurs heures après cela, abandonnant son armure derrière lui. Ce fut ensuite signalé comme une violation des ordres, et il fut renvoyé en isolement.
Environ cent trente civils arrivèrent à la base. Aucune vie ne fut perdue. Malgré l’attaque de féeries déchaînées, il y eut peu de blessés. Neuf personnes perdirent un membre ou une autre partie de leur corps. Ils étaient tous des hommes, allant de robustes et bien bâtis à légèrement corpulents. Certains affirmèrent avoir été utilisés intentionnellement comme appâts, mais il n’y avait aucun moyen de le prouver.
Fait notable, le volume des corps de ces hommes, désormais incomplets, équivalait à celui d’une femme du même âge, ou peut-être à celui d’un homme mince.
***
Le Treizième Ordre des Chevaliers Sacrés combattit avec bravoure dans le quartier commercial aux côtés des gardes de la ville et des prêtres armés.
L’unité de Patausche réagit rapidement à la crise et élimina les féeries. Elle fit contenir l’ennemi par les tireurs d’élite pendant que la cavalerie les dispersait. Puis l’infanterie submergea les troupes ennemies dispersées et les vainquit. La stratégie était simple, mais la capacité de Patausche à déployer ses troupes et à les mener à la victoire témoignait de son talent.
Les gardes de la ville et les prêtres armés protégèrent eux aussi efficacement les habitants d’Ioff. Si le Treizième Ordre des Chevaliers Sacrés avait mené l’offensive, alors les gardes et les prêtres avaient fait de même pour la défense.
Le grand prêtre Marlen Kivia dirigea ces hommes, et non seulement il les accompagna sur la ligne de front, mais il n’agissait pas comme on l’aurait attendu d’un prêtre.
Jusqu’à présent, le Temple s’était toujours montré quelque peu timide et passif lorsqu’il s’agissait de combattre le Fléau démoniaque. Les prêtres prêtés à l’armée pour le combat finissaient généralement par ajuster des sceaux sacrés plutôt que de se battre.
Et pourtant, bien qu’il fût grand prêtre, Marlen Kivia combattit en première ligne, gagnant instantanément en popularité auprès des habitants de la ville. Il semblait également être un excellent chef sur le plan stratégique. Son placement des troupes, remarquable, permit à ses hommes de bloquer toutes les manœuvres des féeries avant même qu’elles ne commencent, limitant ainsi l’ampleur des dégâts. Il ne faisait aucun doute que leurs actions avaient permis de maintenir la ville d’Ioff en sécurité.
***
Les canaux d’eau souterrains d’Ioff étaient aussi complexes qu’un labyrinthe.
Il s’agissait de vestiges modifiés de l’ancien royaume, utilisés en permanence et réparés à de nombreuses reprises au fil des ans. Bien que les humains contrôlassent militairement les points clés menant hors de la ville, quiconque s’enfonçait suffisamment dans ce dédale devenait pratiquement invisible. Surtout si cette personne était le Roi-Démon Spriggan.
Son corps était couvert de blessures. Elle était grièvement atteinte, et tout cela à cause de ce tireur d’élite. Tromper la déesse avait été une bonne idée. Teoritta s’était approchée suffisamment pour que Spriggan puisse la tuer, et elle avait presque réussi à détruire son réceptacle, mais cet éclair avait tout gâché.
Il semblait que le corps de l’hôte qu’elle avait choisi fût trop fragile. Spriggan continuait d’utiliser le corps d’Iri, la servante de Lideo Sodrick.
Le Roi-Démon Spriggan était capable de voler le corps d’autres êtres vivants. Elle était, par nature, un parasite, et son véritable corps n’était pas plus grand que celui d’un rat. Il n’était pas rare qu’un roi-démon possède la capacité de parasiter, de prendre le contrôle ou d’imiter un autre être vivant, mais la vitalité de Spriggan était particulièrement exceptionnelle. Même si le corps de l’hôte était détruit et que toute activité vitale cessait, Spriggan pouvait s’en détacher et survivre. De plus, son corps se régénérait rapidement. Cela dit, elle ne pouvait rien faire pour compenser sa faible capacité de combat. Elle avait fait le bon choix en feignant la mort et en fuyant au lieu d’essayer d’affronter ce chevalier sacré.
Je dois me concentrer sur la réparation de mes blessures pour l’instant.
C’était la conclusion à laquelle Spriggan était arrivée. L’éclair du tireur d’élite et le puissant coup de pied du chevalier avaient endommagé non seulement le corps de l’hôte, mais aussi Spriggan elle-même, et elle devait réparer sa chair tout en rassemblant les forces de féeries qu’il lui restait. Même si les humains avaient d’une manière ou d’une autre dépassé ses attentes et éliminé jusqu’à la dernière féerie de la ville, il existait encore un moyen pour elle de créer une armée. Le Fléau démoniaque pouvait corrompre les êtres vivants à proximité ainsi que les substances inorganiques. Cela prendrait du temps, mais elle pouvait simplement reconstruire son armée. Et la meilleure façon de faire était…
— Oh.
Le fil de pensée de Spriggan fut brusquement interrompu par une voix humaine. Quelqu’un s’approchait d’elle.
— Te voilà, Spriggan. Tu es blessée. Quel dommage.
Spriggan leva les yeux vers l’individu. C’était un homme de grande taille qui semblait humain, mais il y avait quelque chose d’étrange dans son expression. Il semblait… sourire, bien qu’elle n’eût aucune idée de la raison.
Impossible. Si cet individu est humain, comment a-t-il pu me reconnaître ? Comment a-t-il pu sentir ma présence dans cet hôte ?
— Tu sembles confuse. Tu ne le savais pas ? Quand le Fléau démoniaque commence à dévorer et à corrompre son environnement, son roi-démon émet une… Comment dire ? Une onde unique, expliqua l’homme, devinant la source de la confusion de Spriggan. — Les autres rois-démons peuvent la détecter. Et c’est pour cela que j’ai quitté mon poste et que je suis venu te trouver.
L’homme s’approcha lentement de Spriggan. Elle ne pouvait pas bouger. Elle avait subi trop de dégâts. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était ramper, et encore, elle peinait à y parvenir.
— …Mon crime est le plus simple, le moins offensant de tous ceux de l’unité des héros condamnés… du moins, à ce que je peux en dire. La culpabilité reste un concept difficile à comprendre pour moi, mais je suis certain d’avoir raison.
Spriggan ne comprenait pas ce que disait cet homme, mais une étrange anxiété l’envahit tandis qu’il s’approchait lentement d’elle, pas à pas.
— J’ai découvert le plaisir de tuer les miens… Les humains sont vraiment fascinants, n’est-ce pas ? Ce trait est assez répandu chez eux, et ils qualifieraient même mon mobile de « banal ». Rien d’important… N’est-ce pas remarquable ?
L’homme ricana, un grondement vibrant dans sa gorge.
— J’ai estimé devoir me rendre sans condition. « Je ferai tout ce que vous direz », ce genre de choses. Chaque jour passé avec mes compagnons héros me rappelle à quel point je suis insignifiant.
— Recule, dit Spriggan. Ou du moins, c’est ce qu’elle aurait voulu dire.
Elle ne disposait plus des cordes vocales nécessaires pour parler, et elle ignorait si l’homme pouvait la comprendre. Ce dont elle était certaine, en revanche, c’est qu’il n’allait pas s’arrêter.
— …C’est pour cela que j’essaie de me faire bien voir des humains… Je suis désespéré. Je ferais n’importe quoi pour les satisfaire. J’endurerais n’importe quelle épreuve si cela signifiait qu’ils m’acceptent. Le seul endroit où j’appartiens est auprès d’eux. Je n’ai nulle part ailleurs où aller.
— Recule, répéta Spriggan.
Elle ne pouvait rien faire d’autre.
— J’apprends actuellement l’éthique, et je comprends désormais que du point de vue du Fléau démoniaque, je ne suis rien de plus qu’un tueur assoiffé de sang. Je massacre les miens pour le plaisir. Quel péché banal, sans intérêt…
— Recule.
— Mais je peux devenir un champion aux yeux des humains. Personne ne me jugera pour mes crimes. C’est déroutant, n’est-ce pas ? J’essaie encore de comprendre la logique derrière tout cela, alors je ne peux pas très bien l’expliquer.
— Recule !
— Je refuse. Tes cris, en revanche…
L’homme sourit tandis que son sceau sacré jugulaire se mit à luire d’une lueur inquiétante.
— Je les trouve fascinants. Rien ne pourrait me rendre plus heureux ni m’exciter davantage en cet instant que de t’entendre hurler de douleur encore plus intensément. J’ai envie de prendre mon temps aujourd’hui.
Il tendit la main et resserra ses doigts autour des chevilles de Spriggan.

— Oh, j’ai oublié de me présenter. Je suis le Roi-Démon Puck Puca, mais les humains m’appellent par le nom du propriétaire originel de ce corps : Rhyno.
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La mission avait échoué. La déesse des épées n’avait pas été tuée, et conquérir la ville n’était très probablement plus possible. Il n’avait donc pas d’autre choix que de fuir aussi vite que possible. Il n’avait ni la force, ni le temps de s’inquiéter pour Spriggan. Elle serait sûrement capable de s’en sortir seule.
L’unité des héros condamnés… La déesse des épées et son chevalier sacré, le tueur de déesses… Hmph.
Il réfléchissait à tout cela en marchant, ses pas vacillants. Il n’avait plus assez de sang ; il en avait trop utilisé.
Je ne pourrai pas exécuter mes ordres.
Boojum quittait la ville.
Ioff est en plein chaos. C’est ma seule chance de m’échapper.
Heureusement, son pari avait payé, et il avait survécu. La lame ne l’avait pas effacé. Boojum savait que l’Épée sacrée invoquée par Teoritta niait l’existence de tout ce qu’elle touchait. C’était pour cela qu’il avait créé une gigantesque marionnette de sang pour combattre à sa place. Ainsi, seule la marionnette avait été effacée. En contrepartie, cependant, il avait épuisé une quantité considérable de sang.
Mais ce qui me fait le plus souffrir, c’est d’avoir encore déçu mon roi.
Boojum aurait besoin d’une grande réserve de sang avant de pouvoir se rendre de nouveau utile.
Ces deux-là sont une menace. Ils sont dignes de respect. Quelqu’un devra s’en occuper.
La déesse des épées et son chevalier sacré à la vitesse fulgurante. À eux deux, ils pourraient mettre fin au Fléau démoniaque.
J’ai besoin de plus de sang pour les tuer.
Il lui faudrait du temps avant d’être à nouveau en état de se battre. Il avait disposé d’une réserve de sang abondante, mais sa qualité était loin d’être idéale. S’il pouvait atteindre son plein potentiel, la vitesse à laquelle il manipulait son sang, sa dureté, sa souplesse, ainsi que ses capacités physiques de base dépasseraient largement ce qu’il avait montré ce jour-là. Pour y parvenir, cependant, il devait faire quelque chose qu’il répugnait profondément à faire.
Il semblerait que le sang des féeries ne soit pas suffisant.
Boojum avançait en titubant dans une ruelle sombre, comme un malade au bord de la mort.
J’ai besoin de sang humain…
Il ferma les yeux et laissa échapper un souffle rauque. Il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas trahir son roi.
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La bataille pour défendre Ioff avait pris fin, mais le pire restait à venir.
Ce jour marquerait un tournant. Car, même si cela pouvait sembler être une victoire, l’ennemi se rapprochait désormais de l’humanité plus rapidement que jamais.