Movie fanbook - short story

Petit journal de Violet et Gilbert

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Traduction : Raitei
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Avant-propos

 

Je crois qu’une vie où quelqu’un vous dit « Te voilà de retour » lorsque vous revenez d’un lointain voyage est une vie heureuse. C’est avec ce sentiment que j’écris. Aussi l’histoire de Violet vous attendra-t-elle toujours.

Akatsuki Kana

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Journal de bord

Violet Evergarden

 

Ce matin, je me suis levée à l’heure habituelle.

Contrairement à son habitude, le Major a mangé un fruit sucré au petit déjeuner. J’ai constaté qu’il avait nettement tendance à consommer du sucre lorsqu’il éprouvait une légère fatigue. Je lui ai conseillé de prendre des dispositions pour récupérer, mais il m’a caressé la tête, puis m’a prise une fois dans ses bras. C’était sa manière de dire : « Cela me suffit. » En définitive, aucune solution n’a été trouvée, et c’est moi qui en ai retiré un regain d’énergie.

À midi, je suis allée faire des courses avec le Major.

En chemin, nous avons aperçu un chien errant qui dormait au soleil. Il n’avait que quelques mois et aucun de ses parents ne semblait se trouver dans les environs. Le Major lui a prodigué des marques d’affection pendant un court moment. Selon ses dires, il l’avait déjà rencontré à de nombreuses reprises.

Au retour, nous avons retrouvé le chien. Le Major l’a de nouveau caressé. L’animal semblait lui aussi s’être attaché à lui. J’en ai conclu que ce chien avait bon goût. Je l’ai inscrit parmi les êtres à protéger.

Après que le Major lui eut témoigné toute son affection, nous sommes rentrés ensemble.

J’ai proposé de l’adopter. Le Major m’a répondu :

— Je ne veux pas prendre à la légère la responsabilité d’un être vivant. Et puis notre vie à deux vient à peine de commencer. Pour le moment, je ne veux donner mon amour qu’à toi.

Les battements de mon cœur sont devenus bruyants et mon pouls a atteint une fréquence anormale. J’ai craint un dysfonctionnement de mon organisme.

 

En fin de journée, le temps est devenu pluvieux.

Ayant senti l’odeur de la pluie, j’ai entrepris de rentrer le linge. L’opération s’est déroulée sans incident.

Pendant la préparation du dîner, nous avons constaté que le temps se dégradait. Le Major est sorti et a commencé à renforcer les fenêtres de la maison avec des planches.

J’avais déjà creusé des abris, mais je manquais d’expérience dans la consolidation d’une habitation. Bien que mon intervention ne fût pas indispensable, je lui ai proposé mon aide. Il m’a affectée à la surveillance de la marmite.

Les travaux ont été achevés pendant que je cuisinais. Une efficacité conforme à ses compétences. Lorsque je lui ai demandé où il avait acquis cette expérience, il m’a répondu qu’elle remontait aux années passées à l’école militaire de l’armée de terre, en compagnie du président Hodgins.

Heure du dîner.

Le Major a apprécié la soupe et s’est resservi deux fois. Ses compliments m’ont flattée. J’ai souhaité lui en préparer de nouveau.

Après le repas, nous nous sommes installés ensemble sur le canapé pour lire.

Le bruit de la pluie et du vent contre la maison s’est progressivement intensifié. Le chien errant que j’avais inscrit plus tôt parmi les êtres à protéger occupait mes pensées. Il semblait en aller de même pour le Major : à plusieurs reprises, nous avons regardé dehors au même instant, par les interstices laissés entre les planches.

Le Major a fini par prendre la parole avec hésitation :

— Violet, pourrais-tu rester à la maison ? Je pense aller chercher ce chiot.

J’ai secoué la tête et demandé à l’accompagner.

Obéir aux ordres de son maître était le devoir d’une servante. Toutefois, il en allait autrement lorsque ce maître risquait de se trouver en danger.

Nous sommes finalement sortis ensemble, à la condition, que j’avais soumise au Major, de nous équiper soigneusement contre la pluie.

Dehors, celle-ci s’est révélée moins forte que nous ne l’avions imaginé. Il était possible de progresser dans ces conditions. Nous avons cherché le chien errant pendant un moment.

— Claudia…

Au cours des recherches, le Major a prononcé ce nom inattendu.

Claudia. Claudia Hodgins. Le nom du président Hodgins.

Heureuse, je me suis demandé où il pouvait se trouver. Pourtant, j’ai eu beau regarder autour de nous, il n’était nulle part. Le Major continuait d’appeler dans le vide. Il paraissait certes fatigué, mais l’était-il au point d’avoir des visions ? À moins que son ami ne lui manque trop ?

Sur un champ de bataille, l’hypothèse d’une hallucination aurait été tout à fait plausible. Mais nous étions près de notre maison. Cette situation était particulièrement difficile à comprendre.

Il fallait saisir le sens des actes de son maître afin de lui apporter le meilleur soutien possible. Je lui ai donc demandé pourquoi il appelait le président Hodgins.

Avec un léger embarras, le Major m’a avoué avoir nommé le chien errant « Claudia ».

En y repensant, il avait bien dit l’avoir rencontré plusieurs fois. Lui avoir donné le nom de son meilleur ami ne pouvait être qu’une preuve de son affection. Profondément touchée, je lui ai promis que nous le retrouverions, quoi qu’il arrive.

Le Major et moi avons poursuivi les recherches pendant environ une heure en appelant :

— Claudia !

Nous avons retrouvé le chien errant… Rectification : nous avons retrouvé Claudia, recroquevillé au pied d’un grand arbre. Nous l’avons aussitôt mis en sécurité et sommes rentrés.

Claudia est maintenant sec et reçoit les marques d’affection du Major.

Fin du compte rendu de cette journée.

 

Journal

Après le beau temps, la pluie

 

J’ai commencé la journée avec un manque de sommeil, sans doute pour avoir lu un roman la veille au soir. J’avais mal aux yeux.

Je l’avais commandé parce que Violet avait autrefois prêté sa plume à son auteur, mais je ne m’attendais pas à le trouver aussi intéressant. J’ai hâte de lire le prochain volume.

Nous avions prévu de faire des provisions aujourd’hui. Nous sommes donc sortis à midi.

En chemin, j’ai retrouvé Claudia. Sans réfléchir, je me suis approché pour le caresser, comme d’habitude. J’en avais oublié la présence de Violet.

J’étais un peu gêné de lui montrer mon faible pour les chiots. Je suis loin d’être un homme irréprochable. J’aimerais donc au moins paraître aussi posé que possible devant la femme dont je suis amoureux.

Je lui ai proposé de le caresser. Sa réponse m’a serré le cœur : avec ses deux bras artificiels, elle craignait que le contact ne soit désagréable pour lui. Moi aussi, je porte une prothèse, mais il me reste un bras de chair capable de ressentir la douleur et la chaleur.

Pour dissiper ce serrement dans ma poitrine, je lui ai pris la main. Nous avons marché ainsi jusqu’en ville.

Au cours de nos achats, j’ai trouvé ce que je désirais le plus : des pommes. Lorsque Violet m’a proposé d’en faire une tarte, je me suis réjoui à l’avance. Je ne sais pas préparer les pâtisseries.

Nous avons revu Claudia sur le chemin du retour.

— Mangerait-il de la viande séchée ? a demandé Violet.

Nous lui en avons donc donné. Tout en le nourrissant, elle s’est inquiétée de son absence de méfiance, si différente de celle des chiens militaires. Pouvait-il vraiment survivre ainsi ? C’était tout à fait elle.

À l’approche du soir, les nuages ont pris une allure menaçante. Le vent soufflait fort.

J’ai pris les devants en renforçant les fenêtres. Quand j’ai terminé, un repas chaud m’attendait. C’est dans ces moments-là que je prends pleinement conscience de ne plus vivre seul. La soupe était délicieuse. J’espère qu’elle en refera.

Après le dîner, j’ai repris ma lecture d’un des livres de Monsieur Oscar. Il écrit aussi bien pour les adultes que pour les enfants, mais, comme je m’y attendais, ses œuvres destinées aux adultes correspondent davantage à mes goûts. Chaque fois que je songeais que Violet avait contribué au travail d’un esprit aussi remarquable, j’éprouvais de la fierté pour elle. Tout en lisant, je me suis surpris à lui caresser la tête.

Elle est devenue une femme belle et admirable, digne du nom qu’elle porte.

Comme j’ai l’habitude de lui témoigner ainsi mon affection, elle a récemment pris le pli de pencher la tête vers moi dès que je tends la main.

C’est franchement problématique. Elle est si adorable que je ne sais plus résister.

Pendant ce temps, le mauvais temps s’aggravait encore. J’ai naturellement pensé à Claudia. Le corps d’un chiot pouvait-il supporter cela ?

Violet regardait elle aussi dehors. Elle a fait une remarque de mauvais augure, se demandant si le chien errant survivrait à cette journée, ce qui n’a fait qu’accroître mon inquiétude. Nous avons fini par sortir à sa recherche. J’aurais voulu qu’elle reste à la maison, mais elle m’a accompagné.

Agacé de ne pas le trouver, j’ai laissé échapper son nom : « Claudia ». Sur le moment, j’ai eu envie de me cacher le visage dans les mains. Pourtant, Violet m’a simplement assuré, avec le plus grand sérieux, que nous le retrouverions coûte que coûte. Lorsque nous avons enfin pu le ramener sain et sauf, j’ai poussé un soupir de soulagement.

J’essaierai de lui trouver quelqu’un qui veuille l’adopter. Si personne ne se présente, nous n’aurons pas d’autre choix que de le garder. Violet acceptera certainement. Dans ce cas, il faudra tout de même lui donner un autre nom. Ce serait gênant pour Hodgins. Non… Le connaissant, il serait plutôt ravi et me lancerait : « Tu m’aimes donc à ce point ? »

Je n’en ai aucune envie.

À propos, je ferais bien de noter ceci avant de l’oublier : il faudra bientôt prévoir des vêtements d’été pour Violet. Elle est devenue une jeune femme et tout ce qu’elle porte lui va à ravir.

Quand l’été sera là, nous pourrions peut-être partir quelque temps au loin.

Ce sera sans doute la saison des fleurs à Drossel. Elle m’a dit qu’elle voulait me les montrer.

À l’automne, nous pourrions aller à Roswell. Il paraît que la chute des feuilles y est magnifique.

J’aimerais aussi visiter un jour cette ville que l’on appelle la capitale de l’astronomie.

Arrivé à ce point de mon récit, je me suis demandé ce que faisait Violet. J’ai levé les yeux : elle caressait prudemment Claudia. Elle semblait complètement sous son charme. J’en ai éprouvé un peu de jalousie.

Une fois ma plume posée, je l’embrasserai pour lui souhaiter bonne nuit. Elle est à moi.

 

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