INEPT T1 – CHAPITRE 4

Keigetsu apprend la vérité

—————————————-
Traduction : Moonkissed
Correction : Ostinliss
——————————————

À peu près au même moment, Kou Reirin — non, Keigetsu sous les traits de Reirin — poussa un soupir de détresse. Deux nuits s’étaient écoulées, et sa fièvre ne baissait toujours pas. Frustrée, elle se redressa et s’appuya contre une pile d’oreillers à côté de son lit. Elle sentait que les dames d’honneur dans la pièce voisine se tournaient vers elle, alertées par le bruit de son mouvement.

— Pouvons-nous faire quelque chose pour vous, Dame Reirin ?

C’étaient des dames de la cour de haut rang du clan Kou, celles autorisées à se parer d’or de gamboge. Le visage de Keigetsu s’illumina d’un sourire lorsqu’elle entendit leurs voix, respectueuses mais pleines d’inquiétude.

— Non, ça ira. Ne vous faites pas de souci pour moi, dit-elle docilement. Après un instant, les dames de la cour entrouvrirent la porte coulissante.

— Votre force d’âme est bien sûr l’une de vos plus grandes vertus, mais nous serions attristées de ne pouvoir vous être d’aucune aide. N’hésitez pas à nous dire s’il y a le moindre changement dans votre état, la supplia l’une des servantes.

— Vous vous inquiétez toutes trop ! Je vais bien, vraiment. Rassurez-vous.

Keigetsu eut beaucoup de mal à retenir son rire.

Oh, je me sens très bien !

Quel bonheur d’être choyée et dorlotée ! Elle avait une forte fièvre et ses articulations craquaient, mais elle appréciait suffisamment la situation pour s’asseoir et se livrer à la conversation.

C’est exactement ce que j’ai toujours voulu !

En proie au délire fiévreux, elle balaya sa chambre du regard avec satisfaction.

En tant que résidence de l’impératrice, le Palais du Qilin d’Or était particulièrement spacieux. La plupart des meubles avaient un côté un peu rustique, peut-être un signe de l’amour du clan Kou pour la simplicité, mais on voyait d’un seul coup d’œil que tout était maintenu en parfait état.

Un encens doux avait été allumé pour apaiser son âme. Le feu brûlait doucement et loin de son lit afin de ne pas troubler son sommeil. Ses fidèles dames d’honneur la couvraient de sollicitude, sans jamais perdre le respect dans leurs regards. L’endroit débordait de compassion pour « Kou Reirin ».

Avec autant d’amour et d’attention, même un rat d’égout pourrait se transformer en un papillon délicat et gracieux.

Keigetsu laissa tomber sa tête sur un oreiller, un sourire ironique se dessinant sur son visage.

Elle savait ce que les gens disaient d’elle dans tous les commérages de la Cour des Demoiselles.

Elle était la Dame Rat, sans talent et perfide. Mais pour Keigetsu, tout était une question d’environnement.

Je n’avais aucune chance dès le départ ! Comment la fille la plus basse de rang du clan Shu, qui n’avait rien pour elle à part un petit talent pour les arts mystiques, aurait-elle pu espérer rivaliser pour gagner les faveurs de Son Altesse à la Cour des Demoiselles ?

Keigetsu n’était pas née pour devenir une Demoiselle. Elle n’était rien de plus que la fille du paria le plus misérable du clan Shu et d’un gentleman élancé qui se trouvait être un cultivateur du Dao raté. Elle était destinée à mener une vie tranquille dans le petit domaine de campagne qui lui avait été attribué, loin des luttes de pouvoir entre les cinq clans.

Le cours de sa vie n’avait changé qu’un an plus tôt — lorsque ses parents s’étaient suicidés face à leurs dettes croissantes.

 

N’ayant personne vers qui se tourner, elle avait été recueillie comme servante par la famille principale, et par un caprice du destin, c’est là qu’elle avait été découverte par la Consort Noble Shu lors d’une de ses visites chez elle et nommée comme sa jeune demoiselle.

Oh là là, ma pauvre petite ! Avoir perdu ses deux parents à un si jeune âge !

Au sein d’un clan connu pour ses nombreuses personnalités fougueuses, Shu Gabi avait la réputation d’être une femme douce et compatissante, suffisamment pour avoir attiré l’attention de l’empereur Genyou, amateur d’élégance, et avoir obtenu le titre de Consort Noble.

Elle était également la seule des épouses de l’empereur, à part l’impératrice Kenshuu, à lui avoir donné un fils, bien qu’il s’agisse d’un enfant mort-né.

Elle avait choisi la Demoiselle pour devenir sa successeuse non pas sur la base de ses aptitudes ou d’un intérêt personnel, mais par compassion. En pratique, cette décision avait renforcé sa propre réputation et fait de Keigetsu la femme du moment.

Mais avec le recul, c’est là que la chance de Keigetsu s’était épuisée.

Rien que de repenser à cette époque, ça me met en rage ! Les regards méprisants de mes dames d’honneur. Les sourires narquois des autres Demoiselles. La Concubine Shu est assez gentille, mais elle ne fait que se tordre les mains.

Keigetsu se rongea le pouce de frustration.

Il n’y avait aucune chance qu’une personne qui venait d’emménager dans la capitale il y a seulement quelques mois soit capable de lire les Écritures avec aisance, ou de réciter de la poésie, ou de savoir danser ! Pourtant, tout le monde ne faisait que se moquer de moi !

Comme elle n’avait reçu aucune formation officielle pour devenir une Demoiselle, les dames d’honneur de Shu et les autres Demoiselles l’avaient rabaissée à chaque occasion.

Elles se moquaient d’elle parce qu’elle faisait trop de bruit en marchant, ou parlaient dans son dos de son manque d’éloquence. En conséquence, Keigetsu avait choisi de ne garder à ses côtés que des dames de la cour encore moins éduquées et raffinées qu’elle.

La seule qui ne s’était pas moquée d’elle était la Demoiselle du clan Kou — Kou Reirin. Mais c’était précisément pour cela que Keigetsu la détestait.

Elle était belle, intelligente et dotée d’une personnalité exceptionnelle : la femme parfaite. C’en était assez pour donner envie de vomir à Keigetsu.

Je ne supporte pas son attitude « je suis au-dessus de tout ça » ! Tout ce qu’elle fait, c’est rester là à regarder !

Selon Keigetsu, si Kou Reirin pouvait être le papillon du prince, c’était uniquement parce qu’elle était venue au monde avec toutes les cartes en main. Elle avait eu la chance d’être la nièce de l’impératrice, d’être belle et d’avoir des liens de sang avec le prince.

De plus — peut-être en raison de leur qi de la terre, si l’on se réfère aux cinq éléments — les membres du clan Kou étaient connus pour être des gens sans prétention et dévoués. Compte tenu de la constitution robuste et de la nature attentionnée du reste de la famille, il était tout à fait logique qu’une beauté fragile comme Reirin soit comblée d’amour dès sa naissance. Le flot incessant de lettres et de cadeaux qu’elle recevait de ses frères aînés, partis combattre dans un autre royaume, témoignait de l’amour que toute la famille lui portait.

Et c’était le privilège d’avoir connu l’amour qui avait fait d’elle une bonne personne.

Elle pouvait cultiver ses compétences parce qu’elle avait des gens qui veillaient sur elle avec chaleur, sans la presser ni la dénigrer. Même moi, je pourrais exceller dans un environnement comme celui-ci ! C’est facile de dire quelques mots aimables quand tout le monde me traite avec autant d’amour et d’attention !

Keigetsu laissa échapper un petit gloussement de satisfaction en repensant à plus tôt cet après-midi, lorsque Gyoumei s’était donné la peine de lui rendre visite.

Le prince héritier était un maître tant de la plume que de l’épée, un homme charmant aussi vif que le soleil. Pourtant, malgré toute son intégrité, il était froid comme la glace envers ceux qu’il jugeait indésirables, et Keigetsu avait donc toujours été traitée avec dédain par lui. Aujourd’hui, cependant, il lui avait adressé un doux sourire du début à la fin.

— Je suis désolé de t’avoir causé du souci pendant le Jugement du Lion. Je vois que tu as encore beaucoup de fièvre. Tiens, appuie-toi contre moi.

Par moments, il semblait s’excuser, par d’autres, il semblait inquiet. Keigetsu ne pouvait compter le nombre de fois où son cœur avait battu la chamade dans sa poitrine alors qu’il murmurait ces mots si près d’elle que ses lèvres effleuraient son oreille.

— Je vais bien. Je suis seulement désolée de vous avoir causé tant d’inquiétude, mon cher cousin.

Bien sûr, elle avait pris soin de prononcer ces mots de la manière la plus altruiste et la plus humble possible.

Quelle délicieuse sensation c’est !

Avec tout cet amour et cette affection, il était facile de jouer les filles sages. Elle pouvait incarner Kou Reirin, empathique, sensible et vertueuse, sans le moindre effort. Dans son nouveau corps, même séduire Gyoumei serait un jeu d’enfant.

C’est ta propre faute, Kou Reirin. Voilà ce que tu mérites pour avoir été si insensible à mes sentiments.

Le visage de Keigetsu se tordit en un sourire félin tandis qu’elle contemplait le ciel nocturne par la fenêtre.

En raison de sa profonde affection pour l’innocente Reirin, Gyoumei n’avait pas encore fait de démarches sérieuses à son égard. C’est précisément pour cette raison, cependant, que Keigetsu sentait que sous son apparence détendue, il commençait à s’impatienter.

Selon toute vraisemblance, il ne faudrait qu’un seul petit coup de pouce. Un mot doux, ou peut-être un regard embué ? Une invitation subtile, et Gyoumei prendrait Reirin avant même de l’avoir faite son impératrice.

À quel point serait-ce hilarant ?

À quel point serait-il choqué d’apprendre que la véritable identité de la femme qu’il avait conquise après l’avoir tant désirée était Keigetsu, celle qu’il avait toujours traitée comme un ver de terre ? Et à quel point Reirin serait-elle angoissée d’apprendre que son corps avait été défloré à son insu ?

Tous deux détesteraient Keigetsu, cela ne faisait aucun doute. Mais elle préférait cela à l’indifférence, sans hésiter.

— Au moins, regardez-moi

Cela faisait un an que Keigetsu était arrivée à la Cour des Demoiselles.

Elle avait passé ce temps à être méprisée, ridiculisée et, finalement, ignorée. Non… Reirin, au moins, ne lui avait jamais prêté attention dès le début. Ce serait la vengeance parfaite contre elle.

— Avec le recul, c’est une bonne chose qu’elle ne soit pas morte lors du Jugement du Lion.

Si Reirin vivait toujours dans le corps de « Shu Keigetsu », au cas où leur échange venait à être découvert, Keigetsu pourrait l’utiliser comme bouclier pour éviter l’exécution. Elle était la seule à savoir comment renvoyer leurs âmes dans leurs corps d’origine.

Cela lui donna une excellente idée : le lendemain, elle plaiderait la cause de l’autre fille auprès de Gyoumei. « Je ne lui en veux pas, alors veillez à ce qu’elle ne soit pas punie plus sévèrement qu’elle ne le mérite. » Cela ne manquerait pas de renforcer la popularité de « Reirin » et d’assurer la sécurité de « Keigetsu » par la même occasion.

Mais bien sûr, l’idéal était que l’échange passe inaperçu afin qu’elle puisse s’accaparer toute l’affection de Gyoumei. Elle concentrerait l’essentiel de ses efforts sur cet objectif.

— Hi hi. J’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve.

À tout le moins, elle était prête à paresser quelque temps en raison de ses contusions et de sa fièvre.

Au moment même où Keigetsu souriait intérieurement et se retournait dans son lit, on frappa à sa porte.

— Dame Reirin.

C’était Tousetsu, la dame d’honneur en chef de Reirin, qui entra discrètement dans la pièce. Parmi les membres du clan Kou, elle était la seule à afficher un calme que l’on pourrait qualifier de glacial. On disait que cela tenait à sa lointaine parenté avec le clan Gen, maîtres de l’eau et de l’art de la guerre. Maintenant que Keigetsu y prêtait attention, elle pouvait en effet voir des traces de la lignée Gen dans les traits distants et impassibles de la femme.

Les membres du clan Shu, souverains des flammes, étaient fondamentalement incompatibles avec les Gen et leur affinité pour l’eau.

Pas la moindre trace d’humanité chez elle, pensa Keigetsu en observant le visage impassible de la femme, lui tirant la langue en pensée. En apparence, cependant, elle accueillit la visiteuse avec grâce.

— Qu’y a-t-il, Tousetsu ?

— Comme votre fièvre persiste depuis deux jours, je suis venu aussi vite que possible.

Mis à part son absence d’expressions faciales, elle semblait tout aussi surprotectrice que le reste des serviteurs de Reirin. Derrière elle, les dames de compagnie de rang inférieur apportaient des coffrets les uns après les autres. Des cadeaux de rétablissement, sans aucun doute.

— Oh, tu n’aurais pas dû ! Tu es toujours si attentionnée, Tousetsu.

— Pas du tout. Je me rends compte que dans des circonstances normales, vous vous seriez lancée dans votre entraînement dans la demi-journée qui a suivi l’apparition de votre fièvre. C’est mon propre manque de compétence qui vous a retenue pendant deux jours, et pour cela, je vous présente mes excuses les plus sincères.

— Pardon ?

Keigetsu n’avait pas la moindre idée de ce dont elle parlait. Alors qu’elle fronçait les sourcils, perplexe, les dames d’honneur ouvrirent les boîtes une à une sur l’ordre de Tousetsu.

La Demoiselle resta sans voix devant ce qu’elles déballaient : un nécessaire à couture, des pinceaux, une pierre à encre, des serviettes, un luth, une flûte et une cithare. Un poignard, un arc, et le plus choquant de tous, une pelle et une houe.

— Quoi… ?

— Broder jusqu’au bout de la nuit, transcrire les sutras, pratiquer la danse, apprendre les instruments, ou peut-être faire des exercices de remise en forme ? À quoi comptez-vous vous adonner ce soir ? On dit depuis l’Antiquité que l’arc éloigne la maladie, alors c’est peut-être l’option la plus appropriée. Je serai bien sûr ravie de vous accompagner jusqu’à ce que vous en ayez assez.

Le regard de la dame de la cour était on ne peut plus sérieux, mais Keigetsu n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle disait. Toutes ces activités semblaient bien trop éprouvantes pour une petite distraction au chevet d’une malade. Et n’avait-elle pas parlé d’« entraînement » ?

Mais de quoi parle-t-elle ainsi ? Allô ? Je suis malade !

Même si une travailleuse acharnée comme Kou Reirin détestait manquer une journée d’entraînement, il était tout à fait logique de remettre tout cela à plus tard, jusqu’à ce qu’elle soit rétablie.

Cependant, les paroles pleines d’admiration que prononça ensuite Tousetsu ébranlèrent Keigetsu au plus profond d’elle-même.

— C’est lorsque la vie d’une personne est en danger que le corps devient le plus vorace dans sa quête de connaissances et de compétences. C’est dans le brouillard de la fièvre que l’on peut entrevoir ce qui se trouve au-delà de ses limites. Chaque fois que je repense à la première fois où je me suis rendue à votre chevet — quand vous avez prononcé ces mots avec tant de naturel —, un frisson me parcourt l’échine. Cela me dit que le sang du clan Kou, les plus grands défenseurs du travail acharné et de l’effort, coule plus fort dans vos veines que dans celles de quiconque. En tant que dame de cour, je suis fière d’avoir l’occasion de vous accompagner dans votre entraînement, qui en est venu à solliciter la participation de l’impératrice elle-même.

— Hein ?

 

 

— « La maladie fait depuis longtemps partie de mon quotidien. Si j’attends un jour où je me sens bien, je n’aurai jamais l’occasion de m’entraîner. » Bien dit, en effet. Quelques dames de cour bonnes à rien ont tenté de s’immiscer par souci pour votre apparence fragile, mais rassurez-vous : à tout le moins, moi, je serai toujours à vos côtés. J’ai envoyé ces filles ailleurs pour la soirée. Allez, venez, Dame Reirin ! Faites votre choix.

Tousetsu lui tendit les boîtes, mais pour parler franchement, Keigetsu n’avait pas compris un mot de ce qu’elle avait dit.

— Euh, Tousetsu ? Je suis alitée depuis deux jours.

— Je sais. En vérité, j’avais espéré vous apporter votre matériel d’entraînement hier… mais ces idiotes vêtues d’or de gamboge, qui ignorent votre véritable force, se sont mis en travers de mon chemin, insistant pour que je vous laisse vous reposer une semaine après tout ce que vous avez enduré. Il m’a fallu un certain temps pour les convaincre de changer d’avis. Je vous présente mes excuses.

— Tu… tu m’écoutes ? J’ai une fièvre si forte que j’arrive à peine à m’asseoir.

— Oui. Les conditions idéales pour atteindre l’extase. Tout votre être dégage un désir de ne pas laisser passer cette occasion. Je le sens dans mes os.

Je ne désire rien de ce genre !

Était-ce une blague élaborée de la part de la dame d’honneur en chef ? Non, probablement pas. Elle était restée impassible tout ce temps, et malgré les regards nostalgiques qu’elles ne cessaient de lui lancer, les autres dames d’honneur disposaient les instruments d’entraînement avec une efficacité redoutable.

C’était vraiment comme d’habitude pour elles. Kou Reirin avait suivi tout cet entraînement même lorsqu’elle était indisposée — non, surtout lorsqu’elle était indisposée.

Les coins de la bouche de Keigetsu tremblèrent.

— Je… Sa voix se brisa, et elle serra ses mains contre sa poitrine. Je me sens un peu nauséeuse ! Je crois que ma fièvre monte. C’est peut-être la pire que j’aie jamais eue !

— C’est merveilleux ! Nul doute que vous atteindrez des sommets sans précédent. Permettez-moi d’aller vous chercher une cuvette.

— Non ! Je veux dire… Quelque chose me dit que cela pourrait être contagieux ! Je peux me passer d’une bassine ou d’une séance d’entraînement, alors je dois vous demander à toutes de prendre congé.

Immédiatement. Keigetsu adressa aux femmes un sourire forcé, se mettant à transpirer d’une sueur qui n’avait rien de feint.

— Vous m’êtes toutes si chères. Je ne pourrais pas me le pardonner si quelque chose vous arrivait, ajouta-t-elle.

— Oh, Dame Reirin…

Les dames de la cour poussèrent un cri de surprise, émues par ses paroles.

— Nous ne savions pas que c’était si grave ! Appelons l’apothicaire sans tarder !

— Tenez bon, Dame Reirin !

— Nous sommes là pour vous !

Et puis, enfin, elles commencèrent à réagir comme des personnes normales. Alors que la pièce autour d’elle s’animait d’une effervescence d’activité, Keigetsu se glissa dans son lit.

Il y a quelque chose qui cloche chez ces femmes.

Ce seul mot tournait en boucle dans sa tête. C’était faux. Tout cela était faux.

Kou Reirin n’était-elle pas censée être un papillon délicat, protégé et choyé par tous ceux qui l’entouraient ?

Keigetsu n’avait pas connu la vérité. La raison pour laquelle tout le monde était si protecteur envers Reirin ne résidait pas dans sa santé fragile, et ne pouvait pas non plus être entièrement attribuée à la nature attentionnée du clan Kou. C’était parce qu’elle risquait de se tuer à la tâche si on la laissait faire à sa guise, et ceux qui l’entouraient ne pouvaient s’empêcher de s’inquiéter.

Je peux survivre dans ce corps… n’est-ce pas ?

La fièvre lui montait-elle à la tête ? Keigetsu sentit un frisson lui parcourir l’échine.

error: Pas touche !!