HOLE IN MY HEART T3 – CHAPITRE 5 PARTIE 9

Fonia (9)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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L’Instructrice. Celle qui avait abattu le Roi-Démon. Un symbole d’espoir… Le maître de Konoe.

Son instructrice se tenait juste devant lui. Il ignorait de quelle époque elle venait… Non, maintenant qu’il y pensait, il avait entendu quelque chose.

…Il me semble qu’elle a dit l’avoir affronté une fois avant le combat contre le Dragon de la Canopée, pour voir si elle pouvait éliminer une menace sur ses arrières.

Autrement dit, la personne devant lui était peut-être celle qui avait tué le Roi-Démon à elle seule, cent ans auparavant…

— …

L’instructrice fit un pas en avant.

Rien qu’en lui faisant face, il éprouva une pression écrasante. L’être le plus puissant du monde se trouvait là. Tous les poils de son corps se hérissèrent.

Konoe comprit.

Qu’elle ait ou non une Magie Unique ne changeait rien. L’ennemie devant lui lui était infiniment supérieure.

《 Temps restant : 2,00 secondes. 》

Il allait mourir. Konoe allait mourir. Il mourrait à coup sûr. Cette certitude s’imposa à lui.

Une intention meurtrière, la présence de la mort, l’assaillit. Si les choses suivaient leur cours, aucun avenir autre que la mort ne l’attendait. Il n’avait aucune chance de gagner. Il s’imagina vaincu à l’instant suivant. Il vit sa propre tête se faire broyer…

Ah.

Mais, malgré tout, Konoe serra les poings.

On ne lui avait pas appris à renoncer sous prétexte qu’il ne pouvait pas gagner. Ce n’était pas pour cela qu’il s’était entraîné. Ce n’était pas pour cela qu’il avait reçu ce souhait.

Si tu dois mourir, meurs en tuant l’ennemi. Voilà ce que signifie être un Adepte.

Konoe se mit en garde. L’ombre fit de même. Une pause d’un centième de seconde. Leurs regards se croisèrent et se fixèrent.

— … !

Puis ils s’élancèrent au même instant.

En une fraction de seconde, la distance entre Konoe et l’ombre se referma. Ses pensées s’accélérèrent. Le temps s’étira. Dans cet intervalle, Konoe entrevit sa mince chance de victoire.

Une ennemie qui le surpassait de façon écrasante. Une adversaire qui le tuerait cent fois sur cent. Mais, s’il existait une infime possibilité… elle résidait dans le fait que Konoe était l’élève de l’instructrice. L’ennemie était une ombre de l’instructrice du passé, non celle du présent. Mais Konoe connaissait assurément la garde qu’elle venait d’adopter. La copie, en revanche, ne connaissait pas Konoe.

Vingt-cinq années accumulées, d’innombrables coups échangés. Cette expérience était sa seule chance de victoire…

Le combat se terminera en un instant. …Ma vie ne tiendra pas plus d’un instant… !

L’ombre approchait. Une fraction de seconde déciderait de la vie ou de la mort. Des personnes à sauver. Un souhait qui lui avait été confié.

Face à une mort certaine, Konoe tendit pourtant simplement la main vers son propre souhait…

— …

Une lumière s’alluma sur ses deux bras. L’armement divin répondit à son Aspiration.

Une lumière blanche et dorée enveloppa ses bras et prit une nouvelle forme. L’armement divin venait de retrouver encore un peu de sa puissance.

Des gantelets divins apparurent.

Leur éclat était dédié à un ■amour inébranlable, qu’il risquerait sa vie pour atteindre.

— …

— …

Les poings de Konoe et de l’ombre se croisèrent. L’impact dévia légèrement celui de l’ombre…

— …Tss.

Le poing de Konoe fut pulvérisé. D’innombrables fissures parcoururent le gantelet divin. Même avec cet armement, il avait perdu l’échange.

…Mais il ne devait pas s’y tromper. Sans le gantelet…

J’aurais perdu tout le bras, arraché depuis l’épaule…!

Le poing dévié de l’ombre passa juste à côté de sa tête. Il avait résisté au premier échange… mais, dès l’instant suivant, la jambe de l’ombre était déjà en mouvement. Un coup de pied haut. Sa tête était visée. Lorsqu’il le comprit, le coup était déjà sur lui. Konoe leva son bras intact pour le dévier.

Son autre bras fut pulvérisé à son tour. Le gantelet éclata en morceaux.

Son bras, qui aurait dû être devenu foudre, avait été détruit jusque dans ses fondements. Combien de temps lui faudrait-il pour le réparer ? Il n’y parviendrait pas au beau milieu de ce combat, en tout cas. En deux échanges seulement, les deux bras de Konoe avaient été détruits. Et…

— …

Ses deux bras broyés, l’ombre lança de nouveau son poing. Sa cible… le cœur de Konoe. Après avoir écarté les bras qui protégeaient sa tête, elle cherchait à éventrer son torse désormais découvert.

Konoe vit le poing. Il vit ce poing qui allait le transpercer. S’il le frappait, il ouvrirait un trou béant dans le haut de son corps et lui ôterait toute possibilité de continuer à combattre.

Ah.

Face à cela, Konoe…

C’est ce que j’attendais.

Konoe sourit intérieurement. Oui. C’était précisément ce coup de poing qu’il attendait.

Vingt-cinq années accumulées. Cet enchaînement de trois coups qui lui avait transpercé le cœur un nombre incalculable de fois. Il avait cru que, s’il parvenait à orienter les deux premiers échanges pour en arriver là, l’instructrice l’attaquerait ainsi… !

Le couteau qu’il avait préparé éclata devant sa poitrine. Sa puissance magique coupa Konoe en deux.

Sa propre magie le trancha du côté gauche du cou jusqu’à l’aisselle droite.

Une manœuvre insensée, rendue possible uniquement par son corps de foudre. Son corps se sépara en deux : d’un côté, sa tête, son épaule droite et son bras ; de l’autre, tout le reste.

Le poing de l’instructrice transperça la moitié dont il venait de se séparer. Mais sa tête et son bras s’étaient rapprochés d’elle. Au même moment, le piège placé dans son cœur se déclencha. La foudre, comprimée à l’extrême, traversa le corps de l’instructrice…

— …

Le visage stupéfait de l’ombre de l’instructrice.

Par son Aspiration, Konoe activa son artefact magique. Un couteau fut créé. Il en serra le manche entre ses dents. De sa foudre et de son bras droit fracassé, il frappa l’air et accéléra…

Un unique éclair.

Le couteau qu’il tenait dans sa bouche trancha l’ombre de l’instructrice. La foudre pénétra dans le corps du slime et le consuma de l’intérieur.

…

L’ombre brûla et disparut, toujours figée dans la stupeur…

Pourquoi cet étonnement ? pensa Konoe à son intention. C’est toi qui me l’as appris.

— Si on te coupe les bras, bats-toi avec tes jambes. Si tu perds tes jambes, rampe et mords. Bats-toi même si tu meurs. Deviens un bouclier pour les innocents. Voilà ce que signifie être un Adepte.

…Ce n’était qu’une ombre, après tout. Tant que l’âme est différente, quelle que soit sa puissance, elle reste loin de l’original.

L’ombre disparut. Le dernier slime du domaine s’évanouit. Avec la disparition de l’ombre de l’instructrice, la présence du Roi-Démon s’effaça. Le temps restant était de…

Temps restant : 1,95 seconde.

Il leur restait encore du temps. La Magie Unique de Résurrection était scellée par la Malédiction.

Et il avait réduit en cendres tout ce qui se trouvait dans le domaine. Il avait vaincu la dernière ombre, celle de l’instructrice.

…N…

Désormais, seuls Konoe et Fonia bougeaient encore dans la Région Scellée.

Autrement dit, Konoe avait remporté ce combat et le Roi-Démon avait été abattu.

…Non…

C’était une fin heureuse. Le Roi-Démon qui avait tourmenté l’humanité pendant mille ans avait été tué.

Fonia était sauvée et le souhait de l’homme exaucé. Voilà comment cela devait se terminer…

Impossible !

Non. Ce n’était pas cela. C’était impossible.

Le Roi-Démon ne pouvait pas disparaître aussi facilement. Konoe l’avait bel et bien remarqué.

Il fit circuler sa magie de soin à pleine puissance et rattacha à son corps la moitié qu’il avait sectionnée. Il reconstitua sa forme et répara son cœur, entièrement détruit par le poing de l’ombre.

Temps restant : 0,95 seconde.

Le temps filait. Malgré tout, il poursuivit désespérément ses réparations…

Temps restant : 0,40 seconde.

— … !!

La douleur atroce que lui transmettait son corps brisé lui donnait l’impression qu’on lui remuait le cerveau avec une barre de fer chauffée à blanc. Konoe créa une lance et un couteau. Puis, grinçant des dents à cause du temps perdu à se réparer, il les lança.

Temps restant : 0,28 seconde.

La lance fila vers le dernier bâtiment, celui d’où était sortie l’instructrice. Elle le réduisit en poussière. Quant au couteau…

— …Ooh !

Il vola vers le plafond de la Région Scellée.

Oui, c’était là que, juste avant le combat contre l’instructrice, il avait aperçu quelque chose grâce à son Autorité dorée…

Fonia !

Le couteau toucha le plafond, désignant l’endroit. Au même instant, Fonia, qui s’était préparée, activa son Autorité… et une fissure apparut dans le plafond, dans la Barrière des Séraphins.

Dans un craquement, la barrière se brisa…

 

♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇

C’était cette vague anomalie que Konoe avait perçue quelques secondes plus tôt.

Quelque chose n’allait pas. Quelque chose manquait.

L’ennemi était assurément redoutable. Non seulement par son Autorité de Résurrection, mais aussi par les innombrables ombres qui les avaient attaqués dès le début du combat. C’était le plus puissant ennemi qu’il ait jamais affronté.

Il s’était dit que c’était bien digne du Roi-Démon. Que cet ennemi était terrifiant. Mais… Konoe, qui avait combattu deux calamités, y avait perçu quelque chose d’étrange.

Il ne sentait aucun souhait. Il ne voyait aucun sentiment, aucun Désir.

Les deux êtres qu’il avait affrontés par le passé avaient misé toute leur existence sur leur cause. Le dragon comme le champignon avaient vécu pour leur souhait, puis étaient morts. Ils avaient un Désir. Ils avaient de l’amour. Ils avaient une prière qu’ils voulaient voir exaucée, quel qu’en soit le prix.

…Pourtant, chez le slime, chez le Roi-Démon, il ne sentait aucun Désir.

Un instant, il s’était dit que cela venait peut-être du processus de mécanisation qu’il avait vu dans les souvenirs de l’homme… mais cela lui paraissait tout de même étrange.

L’Autorité de Résurrection. Elle était censée être unique dans l’histoire. Elle aurait dû porter un poids à la mesure de cette singularité.

Je ne veux pas mourir. Quelles que soient les modifications qu’il avait subies, ces mots auraient dû être gravés dans son âme. Il aurait dû le souhaiter plus ardemment que quiconque. Pourtant, même lorsque sa Magie Unique avait été scellée, même lorsque Konoe avait tué ses ombres, il n’avait senti aucun souhait chez le Roi-Démon.

Quelque chose clochait. Bien sûr, s’il se trompait, tant mieux. Cela signifierait simplement que les modifications du dieu maléfique étaient parfaites.

Mais, s’il existait la moindre chance qu’il ait raison, le souhait de cet homme aurait été vain. Et Fonia ne pourrait pas être sauvée non plus.

Alors, il avait regardé avec son Autorité dorée. Il avait cherché une intention dissimulée. En se disant qu’il y avait peut-être quelque chose…

 

♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇

Et maintenant. Alors que la surface brisée de la Barrière des Séraphins tombait du ciel en fragments.

Konoe le vit. La lumière qui se brisait, qui tombait, et, caché à l’intérieur…

— udhs !!??

Il vit une minuscule tache sur un fragment de la barrière.

Un morceau du Roi-Démon se dissimulait à l’intérieur.

Ce que Konoe avait vu grâce à son Autorité dorée. La ruse du Roi-Démon. C’était cela. Son assurance de survie.

Le Roi-Démon, un slime doté des pouvoirs d’érosion et de résurrection, ne s’était pas contenté de rester scellé. Pendant mille ans, il avait œuvré à sa libération. En érodant la Barrière des Séraphins.

Il avait reçu l’ordre de ronger et de détruire la barrière. Pendant mille ans, il avait poursuivi cette érosion, simplement, aveuglément, comme on le lui avait ordonné. En mille ans, la barrière n’avait peut-être pas cédé. Mais ses efforts n’avaient pas été vains. Le Roi-Démon l’avait rongée…

Il avait percé un petit trou dans la Barrière des Séraphins et s’était caché dans son épaisseur.

Afin que, même si sa Magie Unique était scellée et que tout ce qui se trouvait dans la Région Scellée était tué, un seul fragment puisse survivre.

Oui, c’était parce qu’il avait préparé cette assurance que Konoe n’avait pu déceler aucune émotion chez lui.

Mais, désormais, même cette assurance venait de lui être arrachée.

《 Temps restant : 0,18 seconde. 》

— ied !!!!????

Le Roi-Démon hurla. Ce fut alors, pour la première fois, que Konoe perçut chez lui une volonté.

La volonté de survivre. L’Aspiration de ne pas mourir. Il sentit un souhait qui cherchait à repeindre le monde. Il sentit la puissance de son âme s’amplifier. Cependant…

— iu !!!!????

Cependant, cette Magie Unique était déjà scellée. Le souhait de l’homme, son Désir vieux de trois cents ans, avait bel et bien acculé le Roi-Démon.

《 Temps restant : 0,09 seconde. 》

Manifeste-toi.

Konoe créa une lance. Il arma son bras. Il regarda le Roi-Démon qui hurlait.

— v !!!!????

La lance fut projetée. Elle fendit l’espace scellé. En un instant, elle franchit la distance qui la séparait du Roi-Démon.

《 Temps restant : 0,02 seconde. 》

Dans un fracas de foudre dorée, elle le transperça. Le Roi-Démon, incapable de résister…

— iyy !!!!??????

Ainsi, le Roi-Démon qui avait tourmenté l’humanité et Archinolca pendant mille ans…

…fut réduit en cendres par la foudre divine et effacé de ce monde.

 

♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇ ♦ ◇

Puis…

— Ah.

L’homme tombait. L’homme qui était devenu un slime tombait. Il se dissipait avec le Roi-Démon, transpercé, qui disparaissait à présent.

Oui, ils tombaient ensemble. Rien de plus naturel.

L’homme était humain. Et les humains étaient destinés à retourner aux cieux. Cependant, son âme, contaminée depuis si longtemps par le Roi-Démon, ne pouvait pas s’élever.

Elle était déjà entièrement souillée. Même aux yeux de la divinité, la frontière entre l’homme et le Roi-Démon était devenue floue. Il ne pouvait sauver l’un sans sauver l’autre. Il ne pouvait lui tendre la main.

L’homme ne pouvait pas être sauvé. Le divin ne pouvait pas le sauver. Et, bien sûr, Konoe et Fonia non plus.

Alors, l’homme tomba, vers les profondeurs de la terre…

— … ?

Cela aurait dû s’arrêter là. Pourquoi donc quelque chose lui saisissait-il la main ? Pour une raison inconnue, une présence tendait désespérément la main vers lui.

Dans sa conscience embrumée, l’homme regarda ce qui lui tenait la main.

— Hein…

Il vit. L’homme vit. Ce qui se trouvait là…

— …

L’homme s’aperçut que, bien qu’il ne soit plus qu’une âme, son bras lui faisait terriblement mal.

…Tu serres si fort.

C’était vrai. La Barrière des Séraphins était formée des âmes de ceux qui en avaient hérité au fil du temps. Alors, certainement, dans les fragments qui venaient de se briser…

— Ah… Toujours aussi belle.

Une lumière verte brillait. C’était la lumière que l’homme avait vue autrefois. Une magnifique lueur verte. Enveloppé par elle, l’homme fut séparé du slime.

Tous les deux, ensemble. Ils s’élevèrent simplement vers les cieux.

 

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