HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 3 PARTIE 3
Les Terres contaminées (3)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Le lendemain matin.
Ils commencèrent tôt leur mission d’élimination en Terre contaminée. C’était aussi pour s’occuper efficacement des monstres nocturnes.
Il repoussa temporairement l’idée de son Aspiration hors de son esprit, après tout, c’était du travail, et il s’acquitta consciencieusement du rôle qui lui avait été assigné.
Courir, vaincre, courir de nouveau. Il nettoya une zone de la forêt. Il débusqua les monstres tapis dans l’obscurité et les neutralisa, qu’ils tiennent leur position ou tentent de fuir.
…Mais alors qu’il travaillait, une pensée lui vint.
— Il n’y a pas beaucoup d’ennemis.
— Eh bien, ceux qui avaient un minimum de jugeote ont probablement fui dès le premier jour.
Lorsque Konoe marmonna cela, la réponse de Melmina lui parvint depuis le disque optique sur sa poitrine. …Oui, c’était vrai. Les monstres n’étaient pas stupides. Si un ennemi faisait des ravages dans une zone proche, ils fuyaient naturellement.
— Je préférerais ne pas les laisser s’échapper, j’aimerais tous les anéantir jusqu’au dernier, mais ce n’est tout simplement pas possible.
— …Oui.
La Terre contaminée était vaste. Celle où se trouvait actuellement Konoe s’étendait sur plusieurs centaines de kilomètres carrés. Neutraliser tous les monstres qui s’y trouvaient n’était pas réaliste, même pour Melmina, spécialisée dans l’extermination à grande échelle.
— Et puis, si on pousse trop loin, les monstres quitteront la forêt et attaqueront les villages alentour.
— …On n’y peut rien, j’imagine.
Et ainsi, ils poursuivirent leur travail.
◆
L’après-midi.
Ils terminèrent l’extermination sans problème particulier.
Comme la quantité de matériaux était faible cette fois-ci, ils décidèrent de poursuivre le nettoyage pendant deux jours consécutifs. Alors que Konoe courait en direction du village, discutant du plan avec Melmina…
— …?
Il remarqua quelque chose en approchant. Un groupe de personnes s’était rassemblé à l’extérieur de la barrière du village.
Il regarda de plus près et vit de nombreuses personnes travailler à la limite entre le village et la forêt.
Elles semblaient rassemblées autour d’un arbre corrompu, un arbre qui avait poussé dans cette Terre contaminée. Des hommes y abattaient leurs haches. Autour d’eux, des arbres déjà coupés gisaient, et des femmes en coupaient les branches avec des hachettes.
Un peu plus loin, des enfants transportaient de jeunes plants.
…Ah, ils plantent des arbres.
En voyant cela, Konoe comprit ce qu’ils faisaient.
Ils abattaient les arbres contaminés, arrachaient les racines, puis plantaient à leur place des jeunes pousses normales.
Ce n’étaient pas des aventuriers, mais des habitants du village frontalier. Non seulement les hommes, mais aussi les femmes et les enfants travaillaient ensemble. Tout le village œuvrait d’un seul bloc pour repousser ce sol corrompu.
— …
Konoe s’arrêta et les observa.
C’était pour cela que le village où il séjournait était appelé un village frontalier. Vivant aux côtés de la Terre contaminée, leur rôle était de la rendre à la vie lentement mais sûrement. C’était un processus extrêmement lent pour reconquérir ces terres mortes à cause de l’emballement du donjon.
…Même si j’ai des réserves à appeler cela du « défrichage ».
Ce n’était pas incorrect, puisqu’ils étendaient les terres habitables. Mais… sous un autre angle, c’était la ligne de front d’un conflit territorial avec la divinité maléfique.
…C’est rude.
Les habitants du village frontalier gagnaient leur vie en vendant le bois qu’ils abattaient en Terre contaminée.
L’agriculture, qui nécessitait de vastes étendues de terre, était difficile à proximité d’un territoire grouillant de monstres, si bien qu’ils devaient acheter leur nourriture ailleurs. Le moyen de gagner cet argent, c’était le bois contaminé.
Abattre des arbres à l’extérieur de la barrière du village, en mobilisant même les femmes et les enfants. Avec la magie et le renforcement du corps, c’était bien plus facile que sur Terre, mais ce n’était en aucun cas sans danger. C’était une activité périlleuse. Être attaqué par des monstres et se blesser arrivait fréquemment, et beaucoup y avaient laissé la vie. C’était un rôle que personne ne voudrait assumer. Pourtant, s’ils le faisaient, c’était…
…Ils viennent de bidonvilles.
…Parce qu’à l’origine, ils n’avaient nulle part où aller.
Des gens qui avaient perdu leur maison et leurs terres à cause de l’emballement du donjon.
Ils avaient tout perdu et s’étaient enfuis pour sauver leur vie… mais ce qui les attendait, c’était une existence dure dans des bidonvilles surpeuplés.
Bien sûr, même dans cet environnement, ceux qui avaient des capacités pouvaient remonter la pente. Mais pour ceux qui n’avaient pas de talent et qui voulaient malgré tout s’en sortir, il n’y avait essentiellement que deux options.
…C’est-à-dire devenir esclave, ou se rendre dans un village de frontière.
L’esclavage, où l’on était en sécurité mais où l’on perdait sa dignité, ou le village frontalier, où l’on vivait dans le danger mais en conservant sa dignité. Voilà les deux choix.
…Lequel est préférable dépend sans doute de la personne.
Konoe laissa échapper un léger soupir et détourna le regard.
Il atterrit au sol et franchit la porte du village.
— …
La raison pour laquelle Konoe, qui connaissait peu les coutumes de ce monde, en savait autant sur les villages frontaliers, c’était que Melmina le lui avait appris.
Plus de dix ans auparavant, lorsqu’ils s’étaient entraînés ensemble en Terre contaminée, elle lui avait expliqué diverses choses. En y repensant, il semblait que Melmina éprouvait déjà de forts sentiments à l’égard des villages frontaliers à cette époque.
Peut-être que ce type de village est l’Aspiration de Melmina, pensa-t-il.
— …
…Hein ? se rappela-t-il.
À l’époque, Melmina faisait quelque chose dans le village frontalier. Chaque fois qu’ils y allaient pour s’entraîner, elle cherchait quelque chose. Elle courait partout… de quoi s’agissait-il ? C’est alors que…
— …Hm.
Konoe remarqua un regard insistant posé sur lui. Ce n’était pas un regard de simple curiosité, mais un regard chargé d’une intention claire.
— …
— Ah.
Il se tourna et vit un garçon qui laissa échapper un petit cri.
Le garçon l’observait attentivement depuis derrière un pilier. Leurs regards se croisèrent, et pendant quelques secondes, ils restèrent tous deux figés.
— …?
Konoe ressentit une impression de déjà-vu. Il avait déjà vu ce garçon quelque part récemment.
Puis il s’en souvint. C’était lorsqu’il avait ramené les personnes capturées par les démons. Le garçon faisait partie des otages, et plusieurs personnes l’avaient entouré en pleurant de soulagement. Il avait été le premier à se précipiter à l’infirmerie, ce qui l’avait marqué.
— !
Mais alors que Konoe penchait la tête, se demandant si le garçon avait besoin de quelque chose, celui-ci inclina une fois la tête, se retourna et s’enfuit en courant. Konoe le regarda partir, perplexe.
Ceci est une histoire qui se déroule dans une terre éloignée du village frontalier où se trouvait Konoe.
— …Nuuu.
Au plus profond d’une autre Terre contaminée.
Il y avait un monstre. Un puissant démon. Un démon qui avait vécu pendant des siècles. Un Mal qui avait grandi en tuant et en dévorant d’innombrables humains. Une avant-garde de la divinité maléfique, dotée à la fois de puissance et d’intelligence.
— …Nuu.
Ce monstre possédait quelque chose de précieux. Quelque chose qu’il chérissait énormément. La source de son existence, l’aboutissement de ses désirs. La raison de son pouvoir interdit.
L’Aspiration du monstre.
Le monstre possédait un trésor précieux. Il ne faisait que le contempler.
Le soleil se levait, le soleil se couchait, puis le soleil se levait à nouveau. Les saisons changeaient, une année passait, et ce cycle se répétait encore et encore. Il le regardait depuis des décennies, mais il ne se lassait jamais de son trésor. Le monstre gardait précieusement ses trésors, bien enfouis.
— …Nunuuu ?
Mais récemment, le monstre éprouvait une légère insatisfaction. L’un de ses trésors semblait avoir perdu son éclat. Et c’était son favori parmi tous ses nombreux trésors.
— …Nununununu.
Le monstre devint triste. Très triste.
Il voulait que ce trésor retrouve son éclat d’origine. Il avait essayé diverses choses. Mais le trésor ne faisait que ternir davantage. Le monstre réfléchit.
Que devait-il faire ? Il ne pouvait pas abandonner. Car c’était son Aspiration. Mais il ne savait pas comment s’y prendre.
— …Nuuu.
…Non, ce n’était pas ça. Il existait en réalité une méthode sûre, mais il lui manquait quelque chose d’important, et il n’avait pas réussi à le trouver depuis de nombreuses années. Alors le monstre se demandait s’il existait une autre bonne solution.
— Nu !
Puis, soudain, il réalisa. C’était ça. Et s’il retournait à l’endroit où il avait trouvé ce trésor ? L’endroit où ce trésor avait brillé d’un éclat particulier. Il n’y avait probablement plus rien là-bas, mais quelque chose pourrait changer, pensa-t-il.
Et ainsi, le monstre revint à la surface pour la première fois depuis longtemps.
Il émergea des profondeurs souterraines et libéra ses semblables dans le ciel. Un nombre immense de démons naquit et se dispersa. Ils s’élevèrent haut dans le ciel et, portés par le vent, se dirigèrent vers leur destination.