Master swordman t6 - INTERLUDE
Interlude
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Traduction : Raitei
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— Alors ? Qu’est-ce que ça signifie ?
— Tu vas droit au but, Allucia.
Dans une pièce où personne d’autre n’était présent, Allucia décocha un regard acéré à l’homme assis face à elle.
Nous étions au lendemain de son arrivée à Flumvelk. En tant que commandeure de l’Ordre et responsable de l’ensemble de l’expédition, elle avait demandé à s’entretenir en privé avec le seigneur des lieux, le margrave Warren Flumvelk.
Elle aurait voulu aborder le sujet dès leur arrivée, quitte à le faire tard dans la nuit. Toutefois, d’un point de vue mondain, cela aurait été bien trop impoli envers l’hôte de la réception à venir. Elle était donc parvenue, tant bien que mal, à patienter une journée avant de se précipiter chez lui au matin.
Il n’y avait ni gardes ni domestiques. Ils étaient véritablement seuls.
C’était précisément pour cette raison qu’Allucia avait renoncé à toute formule de politesse pour entrer directement dans le vif du sujet. Et parce qu’elle se montrait aussi transparente, Warren pouvait bien la réprimander verbalement, il ne lui en tenait nullement rigueur.
— Je parle de ta sœur, précisa brièvement Allucia en s’installant sur le canapé réservé aux invités.
— Je vois.
Warren conserva son calme. Ni son expression ni son ton ne changèrent.
Allucia faisait référence à Shueste, l’unique petite sœur de Warren. Et si elle se montrait aussi silencieuse tout en laissant clairement transparaître son indignation, c’était parce que Warren avait temporairement désigné Shueste comme partenaire de Beryl.
Allucia comprenait parfaitement son raisonnement.
Beryl n’avait aucune expérience des eaux tumultueuses de la société noble. Il était évident de prévoir ce qui se produirait si on le jetait seul au milieu d’une réception.
Il risquait non seulement de prendre un engagement verbal sans s’en rendre compte, mais peut-être même trois ou quatre. Voilà précisément pourquoi il lui fallait quelqu’un d’expérimenté à ses côtés pour éloigner les importuns.
Allucia avait prévu d’assumer elle-même ce rôle, quitte à forcer un peu les choses. Sans l’intervention de Warren, convaincre Beryl aurait été une simple formalité. L’état d’esprit d’Allucia était donc assez complexe.
Elle savait que Warren n’avait aucune mauvaise intention. En même temps, il connaissait parfaitement ses sentiments.
Cela dit, elle était également déçue de ne pas avoir su tirer parti de l’avantage absolu qu’elle possédait : Beryl connaissait déjà l’adoration qu’elle lui portait depuis l’époque où elle était son élève.
Warren, lui, ne pouvait évidemment pas connaître ce détail.
— Mais avais-tu vraiment une meilleure solution ? demanda-t-il. Moi, je n’en voyais aucune.
— C’est vrai, mais…
Allucia comprenait réellement la logique de Warren. C’était précisément pour cette raison qu’elle ne pouvait pas critiquer sa décision. Une fois les arguments exposés, elle était incapable de les réfuter. Seulement, la logique ne suffisait pas à convaincre ses émotions. Elle se trouvait dans une position étrange, partagée entre la femme qu’elle était et l’excellente commandeure de l’Ordre de Liberion.
— Enfin, je comprends ce que tu ressens, reprit Warren. Tu as peur que Maître Beryl te soit enlevé, pas vrai ?
Allucia garda le silence. C’était exactement cela. Elle ne pouvait exclure la possibilité que Beryl entame une relation avec une autre femme, voire qu’il l’épouse soudainement. Et le problème ne se limitait pas à Shueste. Beryl n’était pas encore assez célèbre pour être reconnu dans la rue, mais son nom et son talent circulaient déjà parmi les personnes bien informées.
Une telle renommée restait encore insuffisante pour un homme possédant ses capacités et sa personnalité. Pourtant, ses exploits allaient forcément continuer à s’accumuler.
Dans ce cas, il était raisonnable de penser que sa réputation finirait par exploser.
Beryl nouerait alors naturellement des liens avec un nombre croissant de personnes. Cela ne posait aucun problème tant qu’il ne s’agissait que de simples connaissances.
Mais certaines chercheraient forcément à aller plus loin.
Et parmi elles se trouveraient certainement de nombreuses femmes célibataires.
Allucia souhaitait faire de la réputation et du statut de Beryl un édifice inébranlable. Elle voulait répandre son nom partout, afin qu’il soit reconnu comme le plus grand maître épéiste non seulement de Liberis, mais du continent tout entier.
Ce projet était encore en cours, mais le chemin à suivre se dessinait désormais clairement. Par ce biais, elle voulait que Beryl trouve le bonheur. C’était indéniablement sa véritable intention. Qu’elle se trouve ou non à ses côtés n’avait, en principe, pas beaucoup d’importance.
Du moins, c’était encore ce qu’elle pensait à cet instant.
— Cela dit, je ne verrais aucun problème à ce que Maître Beryl épouse Shueste, poursuivit le margrave. À vrai dire, la moitié de ma personne l’espère.
— Warren !
— C’est parfaitement naturel quand on pense à l’avenir du royaume et de mes terres.
La colère d’Allucia s’intensifia, mais même face à son aura intimidante, Warren demeura parfaitement impassible. Il but une gorgée du thé qu’il avait lui-même préparé, puis lui adressa un regard acéré qui n’avait rien à envier au sien. Il ne possédait pas les compétences martiales de la commandeure de l’Ordre de Liberion.
En revanche, sur le champ de bataille de la noblesse, Warren avait survécu à bien plus de carnages qu’elle. Il savait y faire preuve d’une force d’une tout autre nature.
— Shueste est en réalité une excellente sœur, malgré le fait que je l’aie qualifiée de peu dégourdie lorsque je vous l’ai présentée.
Warren était fier de sa sœur.
Elle était sa seule petite sœur et, il fallait bien l’admettre, il la gâtait énormément. Pourtant, même en mettant de côté le jugement biaisé d’un frère aîné, Shueste possédait une remarquable aptitude à naviguer dans les courants de la société.
Elle était née avec une grande beauté et possédait une personnalité élégante et charmante. Vive d’esprit, elle avait un talent naturel non seulement pour éviter de susciter l’hostilité, mais aussi pour gagner l’affection des autres.
Parmi tous les enfants de la famille, c’était elle qui excellait le plus à diriger une interaction. Elle savait valoriser son interlocuteur et l’amener à suivre le rythme de la conversation qu’elle imposait.
La bonne impression que Beryl lui avait laissée lors de leur première rencontre était sincère.
Pour Shueste, Beryl était à la fois le condisciple de son père et le maître de son frère. Gisgarte et Warren lui avaient parlé de son tempérament comme de son talent. Dès le départ, elle n’aurait jamais pu le détester.
Mais ce n’était qu’une facette de la situation. Shueste était extrêmement douée pour se faire apprécier des autres tout en donnant l’impression de les apprécier elle-même. Son comportement obéissait à un calcul d’une grande précision, mais elle possédait suffisamment de finesse pour qu’il ne paraisse jamais artificiel.
Si elle n’avait encore reçu aucune proposition de mariage convenable, c’était simplement parce qu’aucun prétendant n’avait été jugé digne d’elle. Gisgarte et Warren plaçaient la barre extraordinairement haut concernant son futur époux. Et Shueste possédait suffisamment de qualités pour justifier leurs exigences.
Warren considérait Beryl comme un mari parfaitement approprié. Après l’avoir rencontré elle-même, Shueste le trouvait également admirable.
Naturellement, il y avait derrière tout cela une part d’intérêt personnel, aussi bien pour la maison noble que pour la fille aînée chargée de poursuivre la lignée. Malgré cela, Warren souhaitait sincèrement que Beryl trouve une partenaire à la hauteur de ses qualités. Et il était convaincu que Shueste correspondait à ce rôle. Il ne doutait pas non plus que Beryl saurait la chérir.
— Allucia, quel serait selon toi le pire scénario possible ? demanda Warren.
Elle garda longuement le silence avant de répondre, le visage crispé par l’angoisse :
— Que la lignée de Maître Beryl s’éteigne.
— Tu comprends donc bien le problème.
Tous deux partageaient la même opinion : l’extinction de la lignée Gardenant représentait l’issue la plus effrayante. Beryl Gardenant était à la fois un épéiste et un instructeur exceptionnels. Son père, Mordea Gardenant, était lui aussi un épéiste remarquable. Il ne faisait aucun doute que leur sang recelait de grandes prédispositions pour l’art de l’épée.
Pour l’instant, seules quelques personnes proches de Beryl le savaient : Allucia, Warren, ses élèves directs et quelques autres. Mais le jour où il deviendrait célèbre, l’importance accordée à sa lignée augmenterait considérablement. Il était hors de question qu’il ne laisse aucun héritier lorsque ce moment arriverait.
Bien sûr, cette conclusion ignorait entièrement les désirs de Beryl.
Mais pour la commandeure de l’Ordre de Liberion et un margrave, tous deux chargés de protéger le royaume, cette manière de penser était parfaitement naturelle. Leurs points de vue différaient, mais leurs inquiétudes ressemblaient finalement beaucoup à celles de Mordea.
Il fallait donc préserver d’une manière ou d’une autre la lignée de Beryl.
Sa partenaire ne devait pas nécessairement être Allucia.
À vrai dire, la fille aînée de la maison Flumvelk possédait un statut largement suffisant pour lui convenir. Il était donc tout naturel que Warren soutienne sa candidature. De plus, Beryl n’était plus tout jeune.
Le moment où il ne pourrait plus avoir d’enfant se rapprochait, ce qui rendait leur décision plus urgente. Sur le papier, il avait bien une fille en la personne de Mewi. Cependant, elle n’était pas liée à lui par le sang. Même en tenant compte de ses aptitudes magiques, elle restait une enfant adoptive.
Seule Allucia connaissait cette partie de la situation. Warren n’avait encore aucun moyen de la découvrir.
— Je sais que tu adores Maître Beryl, reprit-il. Mais ce sont deux questions différentes.
— Je… le comprends.
Allucia désirait Beryl. C’était la vérité. Mais elle ne pensait pas être indispensable à son bonheur. Elle n’avait pas besoin d’être la femme qui se tiendrait à ses côtés. C’était ce qu’elle croyait.
Non.
C’était ce qu’elle avait cru jusque-là. Si tel avait réellement été son sentiment, elle aurait dû féliciter Warren pour sa décision.
Warren et elle étaient de bons amis. Malgré la distance qui les séparait, tous deux possédaient statut et autorité. Shueste ne mépriserait jamais Beryl, et Warren ne se servirait pas de son pouvoir à des fins malveillantes. Cette possibilité était bien plus réaliste et idéale que de voir Beryl épouser une parfaite inconnue.
Pourtant, Allucia était sincèrement incapable de l’accepter. Elle avait toujours su que cette émotion existait en elle. Elle était simplement bien plus forte qu’elle ne l’avait imaginé.
Le ton de Warren changea soudainement.
— Allucia, tout à l’heure, j’ai dit que seule la moitié de ma personne espérait cela.
Elle leva vers lui un regard perplexe. Il n’avait plus l’expression d’un margrave. Il la regardait comme un épéiste, comme un vieil ami et comme un autre élève du même maître.
— L’autre moitié espère que ce sera toi qui l’épouseras, acheva-t-il. Même aujourd’hui, je le pense toujours.
Warren disait la vérité.
Son père, Gisgarte, l’avait conduit jusqu’à la salle d’armes de Beaden. Allucia l’avait fréquenté à peu près à la même époque. Tous deux s’étaient consacrés à l’épée, mais la différence de talent entre eux avait été cruelle.
Même si Warren possédait un esprit vif et comprenait rapidement l’art de l’épée, Allucia le surpassait largement. Il aurait menti en prétendant n’avoir jamais ressenti de jalousie. Cependant, il savait faire clairement la distinction entre lui-même et les autres.
Ainsi, ils avaient passé leur temps à la salle d’armes en bons termes.
Warren et Allucia avaient finalement reçu leur épée d’adieu à un an d’intervalle, puis Warren était retourné à Flumvelk.
Immédiatement après cela, il avait perdu ses frères aînés l’un après l’autre, officiellement épousé la fiancée qui lui était promise depuis avant son séjour à la salle d’armes, succédé à Gisgarte et était devenu seigneur de Flumvelk.
Sa vie avait connu de nombreux bouleversements. Malgré cela, il avait passé son adolescence aux côtés d’Allucia. Avec elle, il n’avait jamais eu à se préoccuper de sa famille ou de son statut. Il lui faisait confiance en tant qu’amie chère et souhaitait sincèrement son bonheur.
— Quoi qu’il en soit, je pense que les deux solutions me conviendraient, déclara Warren avec un sourire taquin. Que Maître Beryl épouse Shueste ou toi.
— C-Comment peux-tu dire une chose pareille ?!
Cela lui convenait véritablement dans les deux cas. Le bonheur de sa sœur comptait beaucoup à ses yeux, mais celui de son amie également. Il était convaincu que toutes deux sauraient rendre Beryl heureux. Et en tant que noble, Warren avait une grande confiance en son jugement concernant les gens.
— Lorsque j’ai envoyé l’invitation, j’étais d’ailleurs persuadé que Maître Beryl et toi entreteniez déjà ce genre de relation, ajouta-t-il. Au pire, je pensais que vous seriez fiancés. Et pourtant, regarde où tu en es…
— Argh !
Ce sarcasme parfaitement explicite ébranla la volonté de fer d’Allucia. Même lorsqu’il s’agissait de Beryl, il était extrêmement rare de la voir aussi déstabilisée.
Ni Henblitz ni Surena n’auraient pu obtenir une telle réaction sans fournir d’immenses efforts, alors même que cette dernière s’entendait avec Allucia aussi mal qu’il était humainement possible.
D’une certaine manière, il s’agissait d’un privilège propre à Warren. Depuis le départ, il avait prévu de pousser Shueste vers Beryl, à condition que celui-ci soit encore célibataire au moment de leurs retrouvailles.
Cependant, il s’était imaginé qu’Allucia aurait déjà progressé dans sa relation avec lui après l’avoir nommé instructeur extraordinaire.
En résumé, lorsqu’il disait n’espérer cette union qu’à moitié, il exprimait exactement ce qu’il ressentait. Il n’y avait pas la moindre fausseté dans ses paroles. Que Shueste s’empare de Beryl ou que cette tentative pousse Allucia à agir, les deux issues serviraient les intérêts de Flumvelk.
Elles représentaient toutes deux d’excellents choix.
— Dans ce cas… reprit Warren en terminant son thé d’une traite avant de retrouver son sérieux, je soutiendrai Shueste autant que possible. Et si toi aussi, tu décides d’agir, je te soutiendrai également. Je coopérerai si je peux t’aider. En revanche, je veux éviter qu’une autre femme ne tente sa chance. Voilà l’idée générale.
Allucia réfléchit un instant.
— Compris.
— Mais concrètement, que pouvons-nous faire ? Une simple tentative de séduction ne fonctionnera probablement pas sur Maître Beryl.
— Il ne considère même pas ses élèves comme des partenaires potentielles…
— Évidemment…
Ce problème laissait également Warren perplexe.
Si une simple séduction pouvait fonctionner, il aurait suffi de vêtir Shueste d’une tenue suggestive et de lui faire entraîner Beryl au lit, quitte à ce qu’elle doive le forcer. Cela aurait pu fonctionner si les charmes féminins suffisaient.
Compte tenu de la manière dont Warren et Gisgarte avaient été élevés, ils n’hésitaient pas à recourir à ce genre de méthode. Toutefois, si elle réussissait, tout irait bien. Mais en cas d’échec, Beryl commencerait à douter de la morale de Warren.
En tant qu’ancien élève, il souhaitait éviter cela. Et les probabilités d’échec étaient particulièrement élevées. D’ailleurs, si la séduction avait été possible, Allucia aurait déjà dû l’emporter depuis longtemps grâce à la proximité qu’elle entretenait avec lui au quotidien.
Même en faisant abstraction de l’opinion biaisée d’un ami, Allucia Citrus était une femme parfaite en matière d’apparence, de caractère, de statut et de compétences.
Si Beryl ne se laissait pas séduire par elle, avec qui pouvaient-ils bien tenter de l’unir ? Même pour un margrave, il aurait été presque impossible de trouver une femme célibataire plus parfaite qu’Allucia.
Paradoxalement, c’était aussi ce qui laissait une chance à Shueste.
— Si nous nous conformons aux méthodes éprouvées depuis la nuit des temps… il faudrait jouer sur la surprise, suggéra Warren.
Allucia inclina la tête.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Tu n’as jamais vraiment montré ton côté féminin devant Maître Beryl, pas vrai ?
— C’est vrai… répondit-elle après un temps d’arrêt.
— Hein ? Tu ne l’as vraiment jamais fait ? Qu’est-ce que tu fabriques depuis tout ce temps ?
— T-Tais-toi.
Montrer une facette de soi que l’autre n’avait pas l’habitude de voir.
C’était une méthode de séduction qui fonctionnait depuis la nuit des temps.
Warren avait avancé cette idée sans trop y penser, persuadé qu’Allucia l’avait certainement déjà essayée.
Il lui adressa un regard réellement réprobateur.
— Très bien, commençons par là. Tu as prévu une robe pour la réception, je suppose. À quoi ressemble-t-elle ?
— Tu veux vraiment que je te la décrive… ? C’est une robe noire assez sobre.
— Beaucoup trop sage. On va te trouver une robe digne de ce nom. Il est trop tard pour la faire confectionner sur mesure, mais je suis certain que nous trouverons quelque chose.
— Hein ? Mais…
— Pas de « mais ». Si tu continues comme ça, Shueste va vraiment prendre de l’avance sur toi.
— Argh…
— Un décolleté trop profond ne fonctionnerait pas. Ce serait vulgaire… Le dos, peut-être… Hmm. On pourrait le dégager, et… du rouge. Cela mettrait en valeur ta peau et tes cheveux.
— J’ai l’impression que le noir les met également en valeur…
— Ce n’est pas assez inattendu. Je te dis que l’Allucia habituelle ne convient pas. Ah, oui. Nous allons aussi changer ta coiffure. Je vais tout préparer.
— Mais…
— Pas de « mais ».
— D’accord…
C’est ainsi qu’une réunion stratégique débuta entre le margrave de Flumvelk et la commandeure de l’Ordre de Liberion.
Son objectif était la tâche parfaitement insignifiante consistant à séduire un seul homme.
Pour eux, toutefois, il s’agissait surtout d’une occasion inestimable de discuter et de s’amuser entre vieux amis, sans avoir à se préoccuper de leurs statuts respectifs.