THE KEPT MAN t6 - PROLOGUE
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Traduction : Raitei
Correction : Faucon
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— Réponds-moi ! Tu es vraiment Mardukas le Dévoreur de Géants, des Lames Infinies ? exigea Vincent en me secouant, ses doigts s’enfonçant dans mes épaules.
Le soir tombait, et les passants s’étaient arrêtés à distance pour nous observer. Vincent était grand, quoique moins que moi. Forcément, voir deux grands gaillards se prendre le bec attirait les regards.
— Qu’est-ce que tu racontes…?
— Ne te fous pas de moi !
Ma tactique habituelle, qui consistait à jouer les idiots, n’allait pas fonctionner cette fois. À voir la fureur dans ses yeux, il était clair qu’il ne me lâcherait pas avant d’avoir obtenu une explication.
Vincent se méfiait toujours de moi. Il me soupçonnait d’avoir tué sa sœur, Vanessa. J’avais été arrêté, mais entre l’intervention d’Arwin en ma faveur et l’absence de preuves solides, j’avais échappé à l’exécution. Des traces de strangulation avaient pourtant été retrouvées sur le cou de Vanessa. C’était précisément pour cette raison que je m’étais toujours arrangé pour étaler ma faiblesse devant Vincent.
Et voilà que tout ce joli scénario commençait à s’effondrer. Mardukas le Dévoreur de Géants était célèbre pour sa force monstrueuse. Pas que je m’en sois jamais vanté, évidemment.
— Alors elle, c’est forcément Natalie… la Tempête. Et le nain qui traîne toujours avec toi, c’est Dez, la Forteresse Mobile.
Tu as vu ? Bravo, Natalie, espèce d’idiote. T’as pas su tenir ta langue, et maintenant il a découvert l’identité de tout le monde à cause de toi.
Il faudrait que je lui botte le cul à l’occasion.
— Vous n’êtes que tous les trois dans cette ville ? Où est Sariel, « l’Ange de la Mort » ? Et Laideron est ici, lui aussi ?
Qu’est-ce que j’en savais, moi ?
Ça faisait des années que je ne les avais pas vus.
Impossible de m’éclipser, en plus : Vincent me broyait toujours l’épaule. Le soleil était déjà bas et nous nous trouvions dans l’ombre. À cet instant, j’étais le plus faible des faibles.
— Et même si j’étais vraiment le plus bel homme du monde, comme tu le dis, qu’est-ce que ça changerait ? Tu comptes m’inviter à une nouvelle séance de jeu ?
Surtout, Arwin et moi avions déjà démontré que le mobile et le moyen avancés par Vincent étaient « impossibles ».
— Alors pourquoi…?
— Pourquoi l’avoir caché ? C’est évident. À cause de ça.
Je désignai le soleil qui disparaissait à l’horizon.
— À cause de la malédiction de ce Dieu Soleil à la con, le grand Mardukas n’est plus capable de se battre comme autrefois. Et évidemment, le grand héros s’est fait un paquet d’ennemis. Alors, s’il ne peut plus se défendre, il ne lui reste qu’à fuir.
Un aventurier incapable de se battre autrement qu’en plein jour ne méritait même pas le nom d’aventurier. Peu importaient les détails : la nouvelle de la perte de ma force s’était rapidement répandue aux quatre coins du pays. Dès lors, on était venu me chercher querelle de jour comme de nuit. En journée, je pouvais m’occuper de mes adversaires. Une fois le soleil couché, c’était une autre histoire. J’avais bien failli mourir plus d’une fois.
— Tu avais pourtant des compagnons.
Ça, oui. Les plus forts, les meilleurs, les pires et les plus minables qu’un homme puisse espérer.
— Les sept membres des Lames Infinies ont été maudits. J’ai perdu ma force, Dez son rêve et Natalie le talent qu’elle avait perfectionné toute sa vie. Ce Dieu Soleil de merde a détruit nos existences à tous. Ils ont souffert autant que moi, sinon davantage. Tu voulais qu’ils me portent sur leur dos jusqu’à la fin de mes jours ? Si je ne peux pas me battre, je ne suis rien d’autre qu’un boulet qu’il faut protéger, non ?
C’était précisément pour cette raison que je les avais quittés après la dissolution de notre groupe. Comme je ne voulais pas rentrer chez moi, j’avais erré pendant des années à travers le pays avant de finir par échouer à Voisin-Gris.
— …J’avais entendu les rumeurs, murmura Vincent, son élan vertueux nettement retombé.
Il avait enfin compris que le meurtrier de Vanessa n’était pas nécessairement le Dévoreur de Géants. Ma force monstrueuse rendait la chose possible, certes, mais rien ne prouvait que moi, je l’avais tuée. Un fonctionnaire ignorant aurait peut-être tenté de me torturer pour obtenir des aveux, mais ça n’aurait servi à rien avec moi. On avait déjà fait le test.
Je profitai de l’occasion pour chasser sa main de mon épaule.
— Je comprends que tu sois pressé d’avoir des réponses, mais tu ferais mieux de prendre ton temps et de voir les choses sur le long terme.
Au fond de mes tripes, une autre partie de moi éclata de rire et me traita d’effronté. Malgré toutes mes belles remontrances, j’étais bien le coupable.
C’était moi qui avais tué Vanessa.
— On a fini ? Parce que j’aimerais bien y aller.
Il ne répondit pas, alors je lui tournai le dos. À peine avais-je cru l’affaire du trésor enfoui du malfrat réglée avec April que j’avais appris que Natalie, mon ancienne camarade, travaillait avec les prédicateurs au service du Dieu Soleil. Tant de choses s’étaient produites en si peu de temps que j’avais l’impression que ma tête allait exploser. Je n’avais vraiment pas besoin d’un problème supplémentaire.
— Attends, lança Vincent alors que j’avais fait une demi-douzaine de pas.
Sous le ciel qui s’assombrissait, il déclara :
— Je n’abandonnerai pas. Je trouverai moi-même celui qui l’a tuée.
— Tu m’as déjà dit ça.
Et moi, je n’arrive pas à tourner la page parce que tu n’arrêtes pas de me le rappeler.
Je rentrai les épaules et poursuivis mon chemin, son regard toujours planté dans mon dos. Il me brûlait presque. Hostilité, haine, regret… une foule de sentiments violents se mêlaient dans ce regard braqué sur ma silhouette qui s’éloignait. Même après avoir tourné au coin de la rue et disparu de sa vue, je pouvais encore le sentir.
Cela faisait plusieurs jours que j’avais fui les accusations de Vincent. Je m’étais attendu à le voir débarquer chez moi en trombe, mais je n’avais plus entendu parler de lui. Je ne l’avais même pas croisé une seule fois. À présent, cependant, une chose était claire : il n’avait ni abandonné ni rayé mon nom de sa liste de suspects. Il me suffisait de regarder par la fenêtre de l’étage pour apercevoir plusieurs Paladins de Vincent qui rôdaient en contrebas. En revanche, ils ne semblaient pas savoir que j’avais autrefois été connu comme le plus bel homme du monde. Vincent n’avait donc pas encore partagé cette information avec ses subordonnés.
Quelques jours auparavant, Arwin et moi avions eu quelques ennuis avec l’Alliance du Diable. Depuis, les Paladins et les gardes patrouillaient régulièrement autour de la maison, soi-disant pour nous protéger d’éventuelles représailles. Grâce à eux, je n’avais plus aperçu ni malfrats ni détraqués venus chercher la Princesse Chevalier. J’appréciais cette sécurité, mais la situation n’avait rien de réjouissant pour autant.
Désormais, les Paladins nous suivaient à chacun de nos déplacements, que ce soit au marché ou à la taverne. Sous prétexte d’assurer notre sécurité, Vincent leur faisait surveiller chacun de mes faits et gestes. À ce rythme-là, j’avais peur qu’ils finissent bientôt par se glisser dans mon lit pendant la nuit. Plus jamais je ne voulais qu’un homme se faufile sous mes couvertures. Mon cœur ne le supporterait pas.
Cette surveillance compliquait considérablement mes attaques contre les trafiquants de drogue pour obtenir de la Release. Autrefois, la situation aurait pu être fatale, mais les choses avaient changé. Nous avions désormais les poches pleines et pouvions enfin faire produire de grandes quantités d’antidote. Plus besoin de prendre des risques pour nous procurer davantage de drogue. En revanche, impossible pour moi de me rendre dans les endroits dont je voulais garder l’existence secrète, notamment là où j’avais caché l’or. J’en avais laissé suffisamment à Nicholas pour qu’il puisse continuer à fabriquer l’antidote, mais si cette situation se prolongeait pendant plusieurs mois, cela risquait de devenir problématique.
Et comme les Paladins avaient été créés à la demande de la cour royale, ils ne manquaient ni d’équipement ni d’argent. Dans une guerre d’usure, ils avaient l’avantage.
Arwin était si près de pouvoir enfin vivre librement, la conscience tranquille. Il ne manquait plus que ça : nous retrouver empêtrés dans une histoire aussi stupide. J’avais envie de raser le crâne de Natalie pour avoir provoqué tout ce bordel, mais je ne l’avais pas revue depuis un moment. D’après les rumeurs, elle quittait fréquemment la ville. Elle faisait probablement les courses de ce taré de Dieu Soleil. Je n’arrivais pas à croire qu’elle nous avait trahis. Je ne voulais pas y croire. Mais j’avais entendu ce que j’avais entendu.
Je n’en avais toujours rien dit à Dez. S’il l’apprenait, Natalie et lui finiraient par se battre à mort. Peu importait le vainqueur, je perdrais un compagnon. Pourtant, je ne pouvais pas laisser les choses ainsi éternellement. Il allait falloir que je me prépare à cette éventualité. J’espérais seulement qu’elle ne se produirait jamais.
Je poussai un profond soupir lorsqu’un bruit retentit devant la maison. Je relevai aussitôt la tête et dévalai l’escalier.
— Je suis rentrée.
La Princesse Chevalier était de retour. Elle était couverte de poussière et éclaboussée de sang, mais elle était rentrée saine et sauve.
En voyant mon visage, elle demanda :
— Il s’est passé quelque chose ? Tu es tout pâle.
— Trop de choses. Beaucoup trop.
Une fois son bain pris et son repas terminé, nous nous assîmes face à face autour de la table de la salle à manger. Je commençai par lui raconter ce qui s’était passé avec Vincent : il connaissait désormais mon ancien nom.
— Je me doutais que ça finirait par arriver. Le moment est simplement mal choisi.
Et voilà que je me retrouvais de nouveau tout en haut de sa liste de suspects.
— Ne t’en fais pas, me rassura Arwin. Il est simplement agité parce qu’il vient d’apprendre quelque chose qu’il ignorait. Ses soupçons finiront bientôt par être dissipés.
— Sans doute, répondis-je en accueillant son maladroit réconfort sans broncher.
Arwin ignorait que j’avais tué Vanessa pour protéger son secret.
— Il va sûrement te poser un tas de questions, à toi aussi. Contente-toi de lui dire honnêtement que tu connaissais déjà mon passé.
Au fond, cela expliquerait assez bien pourquoi la Princesse Chevalier gardait auprès d’elle un homme comme moi. Vincent avalerait probablement l’histoire.
— J’ai aussi une mauvaise nouvelle pour toi. Quelqu’un à qui on aurait préféré le cacher connaît désormais ton secret.
La prédicatrice Samantha avait compris que le pouvoir employé par Arwin pendant la Ruée était le même que celui des prédicateurs. Eux aussi utilisaient cette drogue interdite qu’était la Release pour renforcer leurs pouvoirs. À partir de là, il était inévitable qu’elle découvre le secret d’Arwin.
— Pour l’instant, elle n’a formulé aucune exigence et proféré aucune menace. J’imagine que les prédicateurs attendent simplement le bon moment.
La première possibilité qui me venait à l’esprit était celle où le groupe d’Arwin mettrait la main sur le Cristal Astral. Ils pourraient utiliser son secret pour lui faire du chantage et exiger qu’elle leur remette le cristal. Il fallait réduire au silence ce genre de personne au plus vite, mais Samantha était une femme inquiétante. Elle ne ressemblait pas aux autres prédicateurs. Si je m’y prenais mal, soit j’en paierais personnellement le prix, soit le secret d’Arwin finirait par éclater au grand jour.
— Je vois, répondit-elle avec un calme qui contrastait avec mon inquiétude. Si cette femme convoite le Cristal Astral, elle se tiendra tranquille pour le moment. Cela nous laisse le temps de réfléchir à un moyen de la contrer.
— Tu dis ça comme si c’était facile.
Si la véritable identité de Samantha venait à être révélée, elle ne pourrait plus rester en ville non plus. Les habitants de Voisin-Gris détestaient ce Dieu Soleil boutonneux. Mais elle chercherait probablement à se venger.
Dans une guerre où chacun menaçait de révéler les secrets de l’autre, nous étions clairement les plus mal lotis.
— Mais tu trouveras bien une solution, non ? dit-elle.
Comme toujours, elle me confiait les tâches les plus difficiles.
Et comme toujours, je m’en chargeais.
— Quoi d’autre ? Rien que ça ne suffirait pas à te mettre dans cet état.
Elle l’avait affirmé avec une étrange certitude.
— Qu’est-ce que tu me caches ? Parle.
J’envisageai de nier, puis finis par lui parler de Natalie. Si jamais Arwin la croisait dans le donjon, Natalie la tuerait à coup sûr. Mon avertissement ne servait donc pas seulement à la mettre en garde : c’était aussi l’aveu que toute cette histoire m’avait ébranlé. Peu importe qui l’on était, être trahi par un compagnon faisait mal.
— …Ce ne serait pas très juste de ma part de te dire de ne pas t’inquiéter. Mais tu ferais mieux de ne pas trop y penser, déclara Arwin lorsque j’eus terminé.
Elle porta pensivement un doigt à ses lèvres.
— …Tu crois que Natalie a une bonne raison d’agir ainsi ?
— Une bonne raison de remuer la queue devant ce Dieu Soleil couvert de tartre ?
— Je n’ai rencontré Natalie que brièvement, répondit Arwin en choisissant soigneusement ses mots, mais elle ne m’a pas semblé être du genre à obéir aux ordres de quelqu’un. Tu le sais probablement mieux que moi.
C’était vrai. Pour le meilleur comme pour le pire, Natalie n’écoutait personne. Elle suivait toujours sa propre voie.
Lorsqu’elle avait juré de protéger April, elle l’avait fait au nom des Lames Infinies. De mémoire, elle n’avait jamais menti une seule fois en invoquant le nom de notre groupe. Au moins, je n’avais aucune raison de craindre qu’elle fasse du mal à April. Et si elle avait voulu me réduire au silence, ça ferait déjà longtemps que j’aurais rejoint l’autre monde.
— Je garderai un œil sur ses agissements. De ton côté, ne fais rien de précipité, dit Arwin.
De toute façon, dans mon état actuel, je n’avais pratiquement aucune chance de battre Natalie. Le soleil temporaire fonctionnait mal depuis mon combat contre le prédicateur Randy. Une fois sur deux, il refusait tout simplement de s’allumer. Et je n’étais pas le genre de chevalier honorable et sportif qui affronterait Natalie à la loyale. J’avais appris que lorsqu’une occasion de tuer se présentait, il fallait frapper immédiatement et sans pitié.
Une leçon que je m’étais moi-même enseignée.
Les embuscades, les assassinats et les attaques-surprises ne fonctionneraient pas contre elle. Il ne restait donc que le poison, sans doute, mais même ça avait peu de chances de réussir. Elle pouvait donner l’impression d’être écervelée, mais elle était en réalité extrêmement rusée. Elle avait eu droit à quantité de leçons particulièrement agaçantes sur la meilleure façon de réfléchir à ce qu’on ferait si l’on cherchait à se tuer soi-même.
Des leçons dispensées par mes soins.
— …C’est tout ?
— Ouais, je crois. Merci.
Aucun de mes problèmes n’était réglé, mais en parler m’avait fait du bien. Tout était à l’envers. Quel piètre homme entretenu je faisais si Arwin devait rentrer après avoir risqué sa vie au combat simplement pour m’écouter raconter mes problèmes.
— C’est vraiment tout ? répéta-t-elle en se penchant vers moi, le regard meurtrier. Tu n’as absolument rien d’autre à me dire ? Par exemple… comment tu as survécu à Mactarode ?
Ah. Oui.
Ça aussi, je l’évitais depuis un moment à coups d’excuses minables.
— Parle. Tu es vraiment victime d’une malédiction du Dieu Soleil ? Et quelle sorte de malédiction, exactement ?
D’horribles souvenirs que j’aurais préféré oublier remontèrent aussitôt à la surface.
Les malédictions qui nous avaient frappés dans la tour du Dieu Soleil n’étaient pas mortelles en elles-mêmes, mais chacune d’elles avait quelque chose de fatal et constituait un véritable supplice.
— Je ne mens pas. C’est exactement ce que tu sais déjà.
Impossible de jouer pendant des années au pauvre type sans défense uniquement pour alimenter mes plaisanteries.
— J’ai toujours des doutes, déclara la Princesse Chevalier, visiblement peu convaincue. Dis-moi la vérité.
— Depuis quand tu as rejoint les Paladins ?
— J’ai le droit de savoir.
— Si tu veux m’interroger, faisons ça au lit. Quand je suis nu, je n’ai rien à cacher.
— Arrête de jouer sur les mots.
D’ordinaire, il suffisait que je fasse une allusion au sexe pour qu’elle rougisse et me repousse. Mais cette fois, Arwin était déterminée. La pièce n’était pas grande : si j’essayais de fuir, elle me rattraperait immédiatement.
Il ne me restait plus qu’à sortir mon arme secrète.
— Très bien. Examine-moi autant que tu veux.
Je retirai mes vêtements jusqu’à me retrouver entièrement nu.
— …Je ne tomberai pas dans le panneau, répondit-elle.
Elle avait rougi et détourné les yeux, mais refusait de céder. Heureusement que je n’avais pas l’âme d’une mère contemplant avec émotion à quel point son fils avait grandi.
Quoi qu’il en soit, cela m’avait offert l’ouverture dont j’avais besoin.
— Alors viens me chercher.
Je fonçai vers la porte d’entrée, toujours à poil.
— Ne t’enfuis pas !
Elle se lança à ma poursuite en prenant grand soin de regarder dans la direction opposée.
— Abandonne !
Ça n’allait pas marcher. Cette princesse avait été bien trop choyée pour comprendre jusqu’où un être humain pouvait être prêt à aller.
— Viens m’arrêter.
J’ouvris la porte et sortis.
Je me retrouvai aussitôt pris entre les remontrances d’Arwin derrière moi et les cris des passants devant la maison.
Je manquai de finir en prison pour attentat à la pudeur. Un Paladin moustachu accourut pour m’enfoncer le talon de sa lance dans les côtes.
Comme si cela ne suffisait pas, Arwin me passa un savon et réduisit même mon argent de poche.
En revanche, elle m’assura qu’elle ne me poserait plus la question pour le moment. C’était toujours ça de pris, même si ce répit ne serait que temporaire.
Tôt ou tard, il faudrait aller au bout de cette conversation.
À propos d’Arwin.
À propos de moi.
Et à propos de Vincent.