HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 5 PARTIE 6

Chaleur (6)

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Traduction : Calumi
Correction : Raitei

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Le démon agonisait. Il brûlait, se faisant transpercer.

Il avait perdu ses trésors, et il ne lui restait plus qu’un minuscule fragment de son âme. Et même cette âme restante se dispersait rapidement dans l’atmosphère.

— …

C’était fini. Tout était fini pour lui. Il allait disparaître ici.

Le démon le comprit. Alors qu’il se dissipait, il ne pensa plus qu’à…

— Nuu.

…cette lumière rouge.

Voilà son histoire. Là où tout a commencé.

Ce que le champignon voulait accomplir. Quel était son souhait. Quel genre de monstre il était.

L’origine du champignon se trouvait dans une décharge d’une colonie démoniaque. La décharge était un trou profond, et le champignon poussait tout au fond.

Une terre recouverte d’ordures, et un ciel découpé en cercle au-dessus de lui. Tel était le premier monde du champignon. Un champignon sans pouvoir ni intelligence. Au début, il était incapable de sortir du trou. Et il n’en avait même pas envie. Il restait simplement au fond.

Il passait simplement son temps à regarder le ciel, sans raison particulière.

Pendant des jours. Pendant des dizaines de jours.

C’était le genre de créature qu’il était. Une créature qui n’avait rien d’autre à faire. Normalement, le champignon aurait fini par éclater et mourir à la suite d’un quelconque élément déclencheur.

Mais un jour, un tournant survint dans la vie du champignon.

Depuis le haut du trou, un démon y jeta quelque chose. L’objet abandonné s’écrasa devant le champignon dans un bruit humide… et instinctivement, il comprit. C’était un reste. Un reste laissé par un démon, autrement dit de la chair humaine.

Le champignon la mangea. Et en la mangeant, il acquit une faible intelligence. Les monstres deviennent plus puissants à mesure qu’ils tuent des humains. Ils deviennent plus intelligents à mesure qu’ils dévorent des humains. Le champignon apprit cela. S’il restait ici, la même chose tomberait peut-être encore.

— Nuu.

Alors il continua à manger tout ce qui tombait. Son intelligence grandit. Il ne devenait pas plus fort, puisqu’il n’avait tué personne, mais il devenait plus intelligent. Il observait les choses jetées dans la décharge et apprenait à leur sujet. Il écoutait les voix provenant de la colonie et apprenait des mots.

Le champignon grandissait, petit à petit.

Finalement, il acquit assez de sagesse pour sortir du trou et découvrir le monde extérieur. Et là, il vit les démons et décida d’apprendre à leur sujet.

Le champignon resta près du trou et observa les démons. Leur façon de vivre. La manière dont ils riaient joyeusement. La manière dont ils se mettaient en colère contre ce qu’ils ne pouvaient pardonner. La manière dont ils pleuraient de tristesse. Et, leur manière d’aimer et d’être aimés.

Le champignon apprit les émotions. Il apprit l’amour. Tout cela brillait à ses yeux. C’était comme un joyau, et il en fut fasciné. Cela lui semblait être la plus belle chose au monde. Alors il voulut en faire partie et s’approcha d’eux… Mais les démons n’acceptèrent pas le champignon.

Ils l’attaquèrent, disant qu’il les gênait. Ils le chassèrent hors de la colonie. Avec le recul, il avait peut-être eu de la chance de ne pas avoir été tué.

Le champignon fut banni par les démons. Il comprit alors que les démons n’étaient pas une solution. Il se demanda alors : Et les miens ?  

Il s’approcha d’autres champignons. Mais ses semblables n’avaient aucune intelligence. Parce qu’ils étaient faibles. Le champignon comprit qu’il était une exception. Il était totalement seul.

Il avait aspiré à cela, mais ne pouvait pas l’obtenir. Il avait été chassé et ne pouvait même plus le voir. Alors même qu’il connaissait l’amour. Alors même qu’il connaissait les sentiments. L’amour était beau, et les sentiments étaient toujours beaux. Mais quoi qu’il fasse, il ne pouvait pas les posséder.

Le champignon erra dans la forêt en se lamentant. Il se lamentait, mais il désirait quelque chose, alors il continua d’avancer. Et c’est alors qu’il aperçut une colonie humaine. Ils brillaient. Le champignon réprima l’intention meurtrière qui montait du plus profond de lui et s’approcha. Et…

— Un monstre !

Comme il s’y attendait, on l’attaqua, et il prit la fuite. Après avoir répété la même erreur trois fois, le champignon apprit. Le champignon, devenu sage à travers ses blessures, comprit qu’il était un paria. Qu’il ne pourrait jamais faire partie des leurs. Alors il se dit : Au moins, je veux les observer.

S’il pouvait les regarder de loin, alors cette solitude s’atténuerait peut-être un peu. Tout comme les enfants humains ou démoniaques attrapaient des insectes pour les observer, le champignon en vint lui aussi à vouloir capturer cet amour étincelant afin de le contempler.

— Magie unique — Création de Phantasmes, la Cage à Insectes des Âmes.

Il créa un monde à l’intérieur de lui-même. Puisqu’il ne pouvait pas conserver leur chair, il arracha leurs âmes.

À l’aide de sa magie, il recréait un monde et les y faisait vivre. Mais au bout d’un certain temps, la panique éclatait toujours à l’intérieur. Alors, pour empêcher le chaos, il contrôlait leurs âmes, manipulait leurs états mentaux et leurs souvenirs, et leur faisait revivre le même moment encore et encore. Il les ajustait afin qu’ils montrent leurs formes les plus belles.

— …Nu.

Le champignon continua d’observer ces éclats. Il continua d’observer l’amour, les sentiments. Et ce faisant, il devint de plus en plus puissant. La divinité maléfique semblait avoir considéré que voler des âmes équivalait à tuer.

À mesure qu’il gagnait en puissance, il fut capable d’agrandir son monde. Alors il captura toujours plus de proies et étendit encore davantage son univers. Niveau inférieur. Niveau intermédiaire. Niveau supérieur. Niveau suprême. Rang Calamité. Il continua d’évoluer encore et encore.

Un long temps passa, et l’intérieur du champignon s’étendit sans fin.

Et ce fut à cette époque-là que le champignon rencontra cette lumière.

— …Melmina, ça va, tout va bien !

Ce jour-là, il y a trente-trois ans, le démon champignon observait de loin l’emballement du donjon. Les monstres déferlaient, les humains fuyaient. Les barrières s’effondraient, et les gens hurlaient tandis que le miasme les engloutissait.

Le démon champignon observait cela à distance, attiré par ces émotions à l’état brut. Plus les humains étaient acculés, plus leurs âmes brillaient avec beauté. Il comptait observer encore un moment, puis, s’il trouvait un humain dont l’amour brillait particulièrement, le capturer et l’enfermer dans sa cage à insectes. C’était ce qu’il pensait.

Et alors, le démon champignon aperçut une jeune fille. Elle courait sur la route en serrant contre elle sa petite sœur en pleurs. Mais derrière elles, un démon-loup, un garmr, se rapprochait.

— G…Grande sœur…

— Tout va bien, Melmina… Ngh !

La jeune fille était malmenée par le garmr. Il semblait en avoir après la petite sœur, et l’aînée la protégeait désespérément. Le garmr paraissait apprécier le spectacle, observant combien de temps la grande sœur pourrait encore protéger sa cadette.

Il attendait qu’elle craque, qu’elle abandonne sa sœur et s’enfuie.

Il attendait le désespoir de la petite sœur. Le démon champignon les observait toutes les deux, leurs émotions brillant avec une intensité éclatante. Il se demandait quand elle abandonnerait, ou si elle continuerait à la protéger jusqu’à la fin. Il se contentait d’observer.

— Grande sœ… Ah !

— Ah… Melmina !

Mais cela se termina brusquement. L’attaque du garmr dévia, et il arracha une partie de la tête de la petite sœur. Le sang jaillit, et la lumière quitta ses yeux.

Le démon champignon pensa : Ah… alors cela se termine ainsi.

— Magie unique, Le Berceau Cramoisi d’un Vœu Porté au loin. Je t’en prie, sois heureuse.

Non, il se trompait. Ce n’était pas la fin. Il y eut une lumière rouge. Une lumière cramoisie. Entourée de monstres, la grande sœur avait choisi de sauver sa cadette plutôt qu’elle-même. Pressée par le garmr, contaminée par le miasme, elle pria pour le bonheur de la sœur qu’elle avait envoyée au loin.

Un souhait mis en jeu au prix de sa vie. Une forme d’amour d’une pureté absolue. Cela brillait. Avec tant, tant d’éclat.

Ah. Le démon champignon avait contemplé une lumière plus belle que tout ce qu’il avait connu. Quelque chose d’une beauté si exquise. Cette lumière était si éclatante qu’elle lui vola le cœur en un instant.

Il voulait en voir davantage. Encore davantage. À cet instant, le démon champignon, le démon champignon de rang Calamité…

…Tomba amoureux de cette lumière, de cette jeune fille. Ce fut son premier amour. Et ce fut aussi le dernier.

Et ainsi, le démon champignon…

Même dans cet instant de mort, le démon resta amoureux.

Il ne pense qu’à cette jeune fille.

Lors de son combat contre l’Adepte, la raison pour laquelle le démon avait rejeté sa propre vie et tout le reste pour s’accrocher à son plus grand trésor, elle, était parce qu’elle était belle, parce qu’elle était son Aspiration, parce qu’il était amoureux.

— …Nuu.

Tant qu’elle était là, l’intention meurtrière présente au plus profond de son être n’avait plus d’importance. Pendant des décennies, le démon n’avait pas tué le moindre humain.

Elle avait perdu son éclat et son énergie, et il voulait la voir briller et sourire de nouveau. Tout avait commencé avec cette pensée : si elle retournait dans son village natal, peut-être y trouverait-elle un élément déclencheur.

Parce qu’elle avait réagi en voyant le village, il enquêta. Et il trouva la sœur qu’elle avait envoyée au loin, puis tenta de la capturer. Il voulait revoir cette lumière. Pour cela, même son instinct de survie et la douleur de déchirer sa propre âme n’étaient rien.

Oui, tout avait été pour cet amour. Mais désormais, elle n’était plus à ses côtés.

Et cela rendait le démon triste. Incroyablement triste.

— Nuuu…

Alors, le démon… brûlé et transpercé par l’Adepte…

Le démon, privé de son trésor, de son premier amour, et disparaissant tout seul…

— Nuuuuuuuuuuuu !

Le démon, même après avoir perdu la majeure partie de son âme, hurla encore.

Parce qu’il était seul. Comme au tout début, se retrouver de nouveau tout seul signifiait…

— NuuuuuuUUUUUUUUUUUUNUUUUUUUUU !!!!!

Le démon n’abandonna pas.

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆

Au moment où il pensait que tout était fini, Melmina revint.

Au moment où il pensait que l’ennemi allait s’échapper sans qu’il puisse la récupérer, elle était revenue. Konoe la fixa, stupéfait.

Il pensait ne pas avoir réussi à la protéger. Il pensait avoir échoué. Mais elle était revenue. Il la descendit de son dos et la regarda attentivement.

Il lui prit même la main.

Ses joues avaient retrouvé des couleurs. Sa paume était douce et chaude. Elle était bel et bien vivante. Melmina s’exprima doucement :

— C’est grâce à toi et à ma sœur.

Puis il entendit toute l’histoire. L’endroit où Melmina était tombée, les souvenirs qu’elle avait retrouvés, la sœur qui avait été capturée. Et la magie unique. Konoe fixa la bénédiction dans la main de Melmina, stupéfait.

— …!?

C’est alors qu’une explosion retentit autour d’eux.

La forêt… non, ce n’était pas ça. Ce n’était pas la forêt qui avait explosé.

C’étaient les champignons. Les champignons qui poussaient dans la forêt. Les innombrables champignons qui avaient germé avaient tous explosé. Des fragments se dispersèrent dans les airs, volant vers quelque part. Leur destination était…

— Konoe, à trois cents kilomètres au nord d’ici. Les restes du champignon sont en train de se rassembler.

— …Les champignons… Me dis pas que ce n’est pas encore fini ?

Konoe, qui était persuadé que tout était terminé, sentit sa joue tressaillir. Melmina, en lui jetant un regard, tendit la main pour créer un disque.

— …!?

— …Melmina ?

La création des disques s’arrêta après un ou deux seulement. Il se demanda ce qui n’allait pas, puis il comprit. Il ne sentait presque plus de magie en elle.

— …Désolée. Je crois que j’ai perdu énormément de magie pendant ma mort.

— Ah…

— Je risque d’avoir du mal à utiliser mon arme divine.

Maintenant qu’il y pensait, la magie se dissipait à la mort. Dans ce cas, elle ne pourrait probablement plus se battre.

Eh bien, il n’avait qu’à s’en charger lui-même.

— Le renforcement corporel est à peu près tout ce que je peux encore utiliser. Je veux économiser le plus de magie possible, alors… tu peux me porter ?

— …Oui.

Konoe porta Melmina sur son dos.

Puis il se dirigea vers l’endroit qu’elle lui indiquait grâce à sa magie unique.

— Alors, Konoe.

— …Quoi ?

— …Je suis désolée de ne pas être venue te voir pendant ces dix ans.

Alors qu’ils couraient, Melmina lâcha soudainement ces mots.

— Alors que nous avons combattu ensemble pendant quinze ans, je suis désolée.

À cela, Konoe pensa… qu’il était vrai qu’ils s’étaient à peine vus.

— …C’est que…

Mais il pensa aussi que ce n’était pas une chose dont elle devait s’excuser

C’était son travail, elle avait probablement ses propres obligations, et ils n’avaient aucune raison de se voir. Cela ne le dérangeait pas, et il n’y avait aucune raison que cela le dérange. C’était simplement ainsi que les choses étaient censées être.

Pour Konoe, c’était quelque chose qui se répétait depuis des décennies, depuis l’époque où il vivait sur Terre. Quelque chose de normal.

Alors il s’apprêtait à lui demander pourquoi elle s’excusait…

— …

Il y a dix ans.

Quand Melmina, avec qui il avait si souvent fait équipe pendant quinze ans, avait soudainement disparu, cela l’avait affecté. Un peu. Juste un peu. Contrairement à tous les autres avant elle… Konoe avait, en réalité, passé énormément de temps à ses côtés.

— …

Il n’avait pas compris la raison à l’époque…

…Non, peut-être essayait-il simplement de ne pas y penser.

— …Ce n’est pas grave.

— Vraiment ? …Je suis désolée.

Quoi qu’il en soit, il ne pensait pas que ce soit quelque chose pour lequel elle devait s’excuser.

Mais la main que Melmina avait passée autour de son cou se resserra légèrement. Une chaleur s’appuya un peu plus fortement contre son dos.

— …

Puis, un autre moment de silence s’installa.

Konoe continua simplement à courir vers le champignon. Il traversait le ciel au-dessus de la forêt effondrée.

Une forêt détruite et retournée par le champignon. Une terre dépourvue de vie, où monstres et animaux étaient tous morts.

Dans ce monde où des morceaux de chair du champignon volaient dans les airs, un battement régulier résonnait dans le dos de Konoe.

…Je n’ai pas réussi à la protéger, et pourtant.

Il le pensa pour la énième fois encore. Il n’avait pas réussi à la protéger, et pourtant elle était revenue. Konoe sentait ce battement de cœur. Melmina était bel et bien là. La sœur de Melmina l’avait sauvée.

Konoe ressentait simplement cette vie.

— …

Alors qu’ils continuaient d’avancer, une brume commença à apparaître autour d’eux. Une brume imprégnée de magie. À mesure qu’elle s’épaississait, il put voir la silhouette du champignon, qui grossissait encore en rassemblant les restes. Il se trouvait encore à plusieurs dizaines de kilomètres, mais il était déjà assez immense pour être visible à l’œil nu.

Konoe se demanda jusqu’où il allait encore grandir.

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆

— …Nuu.

À cet instant, le démon ne faisait que rassembler les semblables qu’il avait dispersés dans la forêt. Leurs corps. Leurs âmes. Il recousait tout ensemble.

Il réparait son âme brisée avec les âmes de ses semblables. À partir de ses innombrables congénères, il créait un nouveau corps.

Une âme rapiécée. Un corps au bord de l’effondrement.

Le démon maintenait tout cela avec son Aspiration et sa solitude.

Il faisait tout fonctionner avec son Aspiration et son souhait.

Avec son Aspiration et son désir, il réveillait son cœur.

— …

Le démon voyait. Il voyait tout en recousant. Il voyait l’Adepte qui approchait et son trésor… non, elle.

Son propre corps est déjà condamné. Il ne savait pas non plus combien de temps son âme allait tenir. Mais malgré tout, le démon voyait, tout en luttant.

— Nunu.

Parce que je veux te voir. Je veux te voir.

Et puis…

— Nunununu.

S’il te plaît, ne pars pas. Je ne supporte tout simplement pas d’être seul.

…Ah, en vérité, le démon le savait. Il le savait.

Le démon avait vu les émotions, avait vu l’amour. Il savait à quel point ce qu’il disait était injuste. Il savait à quel point ce qu’il disait était égoïste. Le démon avait sans doute commis sa première erreur dès le tout début. Et il continuait encore de commettre des erreurs irréparables.

Il n’avait pas le droit de dire ces choses. Bien sûr que non. Il le savait bien.

Je suis désolé.

— Nununununununu.

Mais je suis tellement seul. Tellement seul. Pour moi, un paria qui n’a personne à ses côtés, c’était la seule chose que je pouvais faire.

Le démon avait toujours commis des erreurs pour cette raison. Et il allait finir ainsi, toujours dans l’erreur. Son corps s’effondrait à chaque seconde, comme s’il se désagrégeait aussitôt recousu.

Le fragment de son âme était dans un état si instable qu’il se dissiperait au moindre relâchement de concentration.

Mais malgré tout, le démon, une dernière fois, envers elle, juste une fois…

— Nu.

Parce que c’était son souhait…

Le démon créa ainsi une nouvelle magie avec son âme rapiécée.

— Magie unique : Mes sentiments sont ici, je ne souhaite que l’Étoile Cramoisie des origines. Ne pars pas. Reste à mes côtés, toi que j’aime.

Le démon fixa son regard.

Il fixa l’Adepte qui approchait. Il fixa cet apôtre doré. Le plus grand mur dressé entre elle et lui.

Cette magie existait pour la revoir.

Se battre n’était pas ce qu’il fallait faire. Mais le démon n’avait rien d’autre.

Cette magie n’était qu’un pouvoir destiné à repousser un obstacle.

Un pouvoir destiné à révéler le point faible de l’Adepte, puis à le frapper.

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇

Konoe le remarqua. La brume autour d’eux devenait de plus en plus dense.

Puis, de vagues silhouettes humaines commencèrent à apparaître dans la brume. À cette vue, Konoe renforça immédiatement sa vigilance.

— …Qu’est-ce que c’est ? Une brume qui reflète des ombres ?

— …Melmina ?

— Cette brume… On dirait une Magie unique… mais qu’est-ce qu’il compte faire avec un pouvoir pareil ?

Melmina marmonna cela d’un ton perplexe. Konoe s’apprêtait à lui demander des explications. À cet instant…

— …!?

Un frisson parcourut l’échine de Konoe. Il y avait quelque chose.

Quelque chose d’invisible approchait ! Sa destination était en lui.

C’était… une âme ?!

— …!

Instantanément, Konoe éleva la puissance en lui. Il fit monter sa magie et renforça la bénédiction divine. Il poussa sa propre barrière jusqu’à sa limite.

La puissante résistance d’un Adepte repoussa et annula instantanément l’interférence ennemie, les tentacules de l’âme.

— Konoe ! C’était…

— …Oui.

La voix de Melmina résonna dans son dos.

En lui répondant, Konoe laissa échapper un léger soupir.

— …Konoe.

— …?

Mais au même moment, une voix résonna. C’était…

…Qu’est-ce c’était au juste ?

Une voix qui l’appelait, mais ce n’était pas celle de Melmina.

— Konoe. — Konoe.

— Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe.

— Konoe.

— Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe.

— Konoe.

— Konoe. — Konoe. — Konoe. — Konoe.

L’obscurité appelait son nom. À cette voix, Konoe ressentit une étrange familiarité…

— Konoe, regarde-moi.

L’ombre projetée dans la brume forma trois silhouettes.

Il y avait son père, sa mère et la gouvernante.

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