HOLE IN MY HEART T2 – CHAPITRE 2 PARTIE 2
Melmina (2)
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Traduction : Calumi
Correction : Raitei
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Le disque optique rouge glissa dans les airs en direction de Konoe.
Il s’arrêta juste devant lui, et de la magie parcourut sa surface.
— Hé, Konoe. Tu as une minute ?
— …Oui.
L’image d’une jeune fille aux cheveux rouges, au sang nain, apparut sur la lentille. C’était Melmina, qui souriait avec entrain. Konoe hocha la tête en réponse, et une pensée lui vint soudain à l’esprit.
【Je veux que tu veilles comme tu le peux sur Melmina. C’est une enfant très gentille.】
… C’était ce que la divinité avait dit la veille. Sa deuxième requête.
— En fait, Konoe, j’ai un travail pour toi.
— …Un travail ?
Que signifiait exactement « veiller sur elle », au juste ? se demanda Konoe en répondant. Melmina se contenta de lui sourire.
— …Tu veux que je fasse quelque chose ?
— C’est ça. Mais d’abord, un peu de bavardage avant d’entrer dans le vif du sujet.
— …?
— Toi et cette elfe… vous avez l’air assez proches, non ?
— …Hein ?
Cette elfe… Telnerica ?
Surpris, il regarda Melmina, mais elle affichait simplement son habituel sourire enjoué.
Il se demanda si elle les observait depuis un moment. Melmina était particulièrement douée pour la détection, et si elle voulait vraiment se dissimuler, Konoe n’avait aucun moyen de la repérer.
…Cela dit, il n’avait rien fait dont il aurait eu honte.
— Vous êtes proches ? Ou pas ?
— …
… Malgré tout, la question de Melmina résonnait dans son esprit. Proches…
Sommes-nous proches ? Il répéta ces mots intérieurement et trouva… difficile d’y répondre.
Il n’était pas le genre de personne capable d’affirmer une chose pareille.
Son complexe d’infériorité refit surface avec des images de son ancien lui.
Proches, un mot qui décrivait une relation intime entre deux personnes. Un mot qui affirmait qu’ils étaient plus que de simples inconnus, que leur lien était plus profond. Le mode de pensée de Konoe, façonné par des décennies de troubles de la communication, rejetait instinctivement ce mot simple de deux syllabes.
Mais…
— … Je pense… qu’on… est… proches.
— Oh ?
Malgré tout, Konoe l’affirma. Il le dit à voix haute.
Parce qu’ils avaient fait une promesse ce jour-là. Ils vivaient ensemble désormais, prenaient leurs repas ensemble. Il lui semblait étrange de nier cette relation.
— …Enfin, je pense.
— Je vois.
Ainsi, tout en détournant le regard, il fut parfaitement conscient de la chaleur qui montait à ses joues.
Même en disant « je pense », Konoe hocha malgré tout la tête avec assurance.
— … Hmm, je vois, murmura Melmina.
…Hein ?
Et à cet instant, Konoe remarqua quelque chose. Pas dans ses paroles. C’était quelque chose qu’il perçut du coin de son regard détourné. L’expression de Melmina, sur la lentille du disque.
…Pendant un instant, son visage… avait peut-être paru triste ?
— …Melmina ?
Konoe ramena son regard vers la lentille. Mais en la regardant en face, Melmina affichait son sourire habituel, sans la moindre trace de tristesse. Exactement la même expression enjouée qu’auparavant.
Ai-je imaginé la chose ?
Konoe inclina la tête.
— …D’ailleurs, tu as dit vouloir construire un harem.
— …Quoi ?
— Enfin, peu importe.
Après avoir dit cela avec un sourire, elle se racla légèrement la gorge.
— Très bien, passons aux choses sérieuses.
◆
— J’ai justement une mission dans les Terres contaminées. J’aimerais que tu l’acceptes.
— …Les Terres contaminées ?
Alors que Konoe inclinait la tête, un autre disque optique s’approcha et projeta l’image d’un document.
Celui-ci parlait d’un…
— Un village frontalier près des Terres contaminées. La mission consiste à éliminer des monstres.
— C’est ça. Une forteresse appartenant à un démon de haut rang est apparue à proximité. La mission consiste donc à détruire la forteresse, éliminer le démon, et en profiter pour nettoyer les monstres alentours.
Les Terres contaminées, des zones qui n’avaient pas pu être traitées à temps après un emballement de donjon, et qui avaient été polluées par le miasme et les monstres qui en avaient jailli. La terre elle-même en avait été altérée, transformée en un habitat pour les monstres.
Et les villages frontaliers étaient construits pour reconquérir ces terres pour l’humanité, des lieux où colons et aventuriers errants travaillaient chaque jour à rassembler des matériaux et à éliminer des monstres.
— Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ?
— …Eh bien…
Contrairement à la mission à Sylmenia, celle-ci consistait uniquement en de la subjugation de monstres, sans maladie mortelle à soigner.
C’était normal. La maladie mortelle était principalement causée par le miasme se répandant après un emballement de donjon, si bien qu’elle apparaissait rarement sans un tel incident. Ce n’était pas une mission régulière, mais plutôt une affectation spéciale.
De ce fait, la plupart des Adeptes se consacraient principalement à des missions de subjugation de monstres.
— …
Konoe parcourut le contrat. Le travail était simple : il s’agissait simplement de vaincre et de réduire le nombre de monstres dans une zone donnée. Le commanditaire était l’État, et le paiement était garanti.
…Autrement dit, c’était une mission avec laquelle même un Adepte débutant comme Konoe, qui manquait de connaissances, n’aurait pas de mal.
— …Hum.
Konoe commençait à être tenté. Les conditions n’étaient pas mauvaises.
Il venait tout juste de dépenser une grosse somme aujourd’hui, alors il se dit qu’il allait en parler à l’instructrice, à qui il avait demandé de lui trouver du travail, et que si elle n’avait aucune objection, il accepterait.
— Alors ? On prend ce travail ensemble, d’accord ?
— …Hein ?
— J’ai entendu dire que tu avais demandé à notre prof de te trouver du travail parce que tu manques de connaissances, pas vrai ? Si je suis avec toi, il n’y aura aucun problème.
…Attends, « ensemble » ? Elle vient bien de dire « ensemble » ? Pas « seul » ?
Alors que Konoe restait figé, stupéfait, Melmina continua :
— J’ai déjà eu l’accord de la prof !
— …
— C’est une mission d’élimination dans une zone définie pour cinq cents pièces d’or. Ça peut sembler un peu faible pour deux personnes, mais ce genre de mission offre beaucoup de liberté. Du moment que les monstres sont correctement éliminés à la fin, on peut faire autre chose à côté, expliqua Melmina.
Revenir en ville en plein milieu, ouvrir une clinique temporaire pendant le temps libre, et même gagner beaucoup d’argent en vendant des matériaux de monstres.
— Pour la zone qu’on va nettoyer cette fois… si on prend en compte la collecte et le traitement des matériaux, ça prendra probablement une quinzaine de jours avec des pauses, mais seulement environ six jours de travail réel. Tu vois ? Pas mal comme plan, non ?
— …
— Je m’occupe de toute la planification, de la collecte d’infos, des relations avec les gens, et de l’orga de la vente des matériaux… et s’il y a quoi que ce soit que tu veux savoir, je t’apprendrai. Et en plus, tu peux travailler avec une fille mignonne comme moi ! Mais bon, vu que je ferai la plus grande partie du travail, on se partage soixante-quarante !
— Soixante pour moi, évidemment ! ajouta Melmina en riant.
Konoe resta simplement à la regarder, sans savoir quoi dire.
Ensemble ?
— …? Qu’est-ce qu’il y a ? Ne reste pas planté là sans rien dire. Dis quelque chose.
— …Eh bien.
— Quoi ? … Oh, ne me dis pas que tu n’es pas content du partage ?
Melmina fit la moue à travers la lentille du disque.
— Mais je vais faire beaucoup plus de travail, tu sais ?
— …
— …Hmpf, d’accord. Comme c’est la première fois, on peut faire cinquante-cinquante.
— …Ah, non.
Les lèvres légèrement pincées, Melmina réduisit sa propre part. Mais ce n’était pas ça, pensa Konoe. Son silence ne venait pas de là. Il n’avait rien à redire au partage. Si la charge de travail était différente, il était normal que la rémunération le soit aussi. En plus, elle avait dit qu’elle lui apprendrait des choses s’il le demandait.
…C’était juste que, Konoe…
- …Euh…
— …Hein ? Tu ne peux quand même pas être encore mécontent, si ?
— …Euh, ah, non.
— …T…Très bien. Juste pour cette fois, ok ? Je prends quarante et toi soixante.
Elle réduisit encore le partage, ajoutant qu’elle voulait en fait un peu d’aide.
Déconcerté par cette répartition qui changeait toute seule, Konoe tenta de mettre ses pensées en ordre.
Son cerveau, qui fonctionnait à une vitesse fulgurante au combat, ralentissait jusqu’à presque s’arrêter quand il parlait aux gens.
…Et quarante-soixante ? Sa part ne devient-elle pas beaucoup trop faible ?
Il pensait que Melmina était obsédée par l’argent. Cette mission de destruction du noyau miasmatique qui lui avait valu d’être envoyée en rééducation… n’avait-elle pas dit qu’elle n’avait pas appelé de renforts parce que cela aurait réduit sa récompense ?
Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire ? Ou bien la rééducation de l’instructrice était-elle vraiment traumatisante à ce point ?
Et puis, Melmina avait toujours été un peu énigmatique à ses yeux.
— …
Konoe s’en souvint. De l’expression boudeuse de Melmina à travers la lentille.
La fille qu’il avait rencontrée vingt-cinq ans plus tôt. Ils s’étaient vus presque tous les jours jusqu’à il y a dix ans. Dans ces souvenirs, Melmina…
— Hé, toi. Et si toi et moi…
Il y a vingt-cinq ans. Sur le terrain d’entraînement de l’académie, une jeune fille s’était approchée de lui avec ces mots.
— …
— …N…Ne me dis pas ça. Tu veux encore que je baisse ma part !? C…Ce n’est…
— …Ah, non, attends. Ce n’est pas ça.
Avant que Melmina ne réduise encore spontanément sa part, Konoe l’arrêta.
Il leva la main et laissa échapper un léger soupir.
— Ce n’est pas pour ça que je me taisais.
— …?
C’est vrai. Il avait simplement été surpris. Parce qu’elle avait dit « ensemble ».
Ce n’était ni pour un entraînement, ni sur ordre de l’instructrice.
Le fait qu’elle lui propose de travailler ensemble était tellement inattendu, si soudain. Il était simplement très, très surpris. Et cela lui avait rappelé le passé…
— …Laisse tomber. Ce n’est rien. D’accord. J’accepte le travail.
En laissant échapper un nouveau soupir, Konoe hocha la tête en direction de Melmina.
Ses propres finances.
Son manque de connaissances.
Les paroles de la divinité.
Et un souvenir du passé.
En tenant compte de tout cela, Konoe prit sa décision.