sentenced t2 - CHAPITRE 4 PARTIE 8

Châtiment : Évacuation et sauvetage des habitants du district Cheg d’Ioff – Rapport final

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Traduction : Calumi
Correction : Opale

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Au moment où nous nous repliâmes vers la base de Norgalle, tout était déjà sous contrôle.

Les chevaliers sacrés et les gardes de la ville avaient fait leur travail. Ils avaient secouru autant d’évacués que possible et avaient commencé à exterminer les féeries restantes qui s’étaient échappées dans les voies d’eau.

Cela marquait la fin de notre mission en tant que héros condamnés, comme en témoignait Tatsuya, désormais assis à même le sol, voûté, les genoux serrés contre lui. Tatsuya ne s’arrêtait jamais complètement de bouger lorsqu’on lui ordonnait de rester en attente. Il faisait les cent pas, ou traçait des formes dans l’air du doigt, pour une raison obscure. Le voir totalement immobile à présent signifiait qu’il avait entendu que la mission était terminée.

— Oh, Xylo. Rhyno n’est pas avec toi ? demanda Jayce.

Il avait déjà retiré le harnais de Neely et la nettoyait. Il était évident qu’il n’allait plus la renvoyer dans le ciel, même si on le lui ordonnait.

— Non, je pensais qu’il était ici avec toi.

Je tournai le regard vers une armure posée à côté de Neely. Elle semblait vide pour l’instant. Teoritta l’observait également avec curiosité.

— Tu ne l’as pas vu non plus, pas vrai, Teoritta ?

— Je ne l’ai pas vu… Cela signifie qu’il erre quelque part sans son armure ? Ce n’est pas dangereux ?

— Hé ! On dirait qu’il est encore parti faire sa vie de son côté en désobéissant aux ordres, dit Jayce en ricanant avant de se tourner vers Venetim. — Tu devrais lui mettre une laisse. Tu veux vraiment laisser quelqu’un comme lui faire ce qu’il veut ?

— Jayce, tu es mal placé pour dire ça…

Venetim n’avait pas l’air bien en répondant. Je voyais la fatigue sur son visage. La situation semblait avoir mis ses nerfs à rude épreuve.

— Je ne sais pas, les gars, dit Tsav. — Je pense que Rhyno s’en sortira.

Il descendait justement de la tour de guet, un sourire désinvolte aux lèvres. Son bras droit était toujours enveloppé de bandages, mais il avait l’air de bonne humeur. C’était logique. Il avait à peine travaillé, comparé à nous autres.

— Il est sûrement parti piller ou torturer une féerie pour le plaisir. Je l’ai déjà vu ramener une féerie vivante depuis le champ de bataille. Tu t’en souviens, Dotta ?

— Il n’avait pas dit qu’il allait l’accrocher à son mur ou un truc du genre ? répondit Dotta, visiblement mal à l’aise.

Au passage, il semblait que Dotta ait décidé de terminer sa journée plus tôt. La bouteille d’alcool inclinée dans sa main et le fromage accompagné de tranches épaisses de bacon qu’il engloutissait le prouvaient assez clairement. Où avait-il trouvé un repas aussi luxueux ? Et quand avait-il eu le temps de le récupérer ? Cette capacité de Dotta relevait presque du surnaturel.

— Bref, reprit-il. — Je pense qu’on perd notre temps à s’inquiéter pour Rhyno. Je préférerais rentrer aux baraquements et dormir.

— Pareil, dit Tsav. — Teoritta et mon frère sont juste trop gentils à s’inquiéter pour lui. Genre, il a des dosiers sur vous deux ou quoi ?

— Non, je suis simplement inquiète que… enfin…

Teoritta hésita un instant, puis continua.

— Pour être honnête, je suis curieuse de savoir ce qu’il fait. Il y a quelque chose d’étrange dans son comportement.

— Ouais, étrange. Ça le décrit parfaitement, dis-je. — Mais je ne m’inquiète pas pour lui une seconde.

Je pris la bouteille d’alcool des mains de Dotta, ainsi qu’un morceau de fromage. C’était du vin du sud, et il n’avait pas l’air bon marché. Il s’était vraiment surpassé.

— Ah !

Tsav se glissa aussitôt derrière moi, comme s’il faisait la queue.

— Frérot, laisse-moi la prochaine gorgée ! Ça fait une éternité que je n’ai pas bu de vin du sud !

— Imbécile ! Tu crois vraiment mériter un tel privilège ? Tu n’as presque rien fait !

Norgalle s’approcha, un grand pieu en bois sur l’épaule. Un sceau sacré y était gravé, et cela ressemblait à une sorte de détonateur. C’était clairement dangereux, et Norgalle était le seul à qui je ferais confiance pour le manipuler.

— Tsav, tu es arrivé en retard, dit-il. — Les récompenses seront distribuées dans l’ordre suivant : Dotta, Xylo, Tatsuya, Jayce, Venetim, puis toi. Tu es dernier.

— Quoi ?! Je passe même après Venetim ?!

— Évidemment. Rhyno et toi avez des problèmes à régler. Rhyno en particulier recevra un sermon à son retour. Cela constitue une menace pour notre défense nationale.

Norgalle lança un regard féroce à l’armure vide, comme s’il peinait à contenir sa colère. Puis, marmonnant des plaintes à voix basse, il se mit à la réparer.

— …Maudit Rhyno. Cet imbécile. Juste au moment où je pensais que toute mon unité d’élite serait enfin réunie, il part de son côté. C’est impardonnable. J’avais même préparé un discours d’encouragement…

— Oh, ouf ! s’écria Tsav. — Mec, c’est peut-être la première fois que je me sens reconnaissant envers Rhyno !

— On est sauvés… Je ne sais pas si j’aurais tenu le coup, dit Dotta. — Ses discours, c’est littéralement de la torture dans tous les sens du terme.

— Chaque fois que le roi fait un discours, il commence à parler de sa vision pour la nation, dit Venetim. — Franchement, je ne vois pas d’usage plus improductif de mon temps.

— …Bref, on peut y aller maintenant ?

Jayce bâilla largement, ignorant complètement Norgalle.

— Neely veut prendre un bain et aller dormir, et si Norgalle recommence à débiter des absurdités, on s’en va.

Mais au moment où Jayce tapota l’encolure de Neely…

— Xylo !

…une voix familière appela mon nom.

Elle appartenait à une femme à cheval, qui galopait vers nous. Ses cheveux étaient de la couleur du fer, et sa peau était brune. C’était Frenci, et elle était accompagnée d’une cinquantaine de chevaliers. Mais quelque chose clochait dans son expression. Elle semblait troublée. Elle donnait l’impression d’être sur le point d’ordonner une retraite. Pourtant, ce n’était pas possible. La bataille était pratiquement terminée. Au moment où elle me vit, ses yeux s’adoucirent de soulagement.

— Tu es dans un état pitoyable, Xylo, mais je suis soulagée de te voir en bonne santé… Maintenant, tu comptes m’expliquer pourquoi tu traînes encore ici ?

— Désolé, mais la boutique est fermée pour aujourd’hui.

Je lui fis un signe de la main, puis repris une gorgée d’alcool, suivie d’un morceau de fromage.

— Les chevaliers sacrés devraient pouvoir s’occuper du district commercial sans nous.

Je n’avais aucune intention de travailler davantage aujourd’hui.

Jayce m’arracha soudain la bouteille des mains, comme pour dire que c’était son tour. Enfoiré. Tsav prit ce qu’il restait du fromage et le donna à Tatsuya, qui se mit lentement à le mâcher. En un instant, mes mains étaient vides. Elles restèrent pourtant levées, comme si je me rendais.

— Je suis fatigué, dis-je. — Et je n’ai pas envie d’écouter tes insultes de plus aujourd’hui.

— Pitoyable. Et tu te dis membre de la famille Mastibolt ? Un lémurien en hibernation a plus d’énergie que toi.

— C’est quoi un lémurien ? Peu importe. J’ai déjà fini mon travail, alors laisse-moi me reposer.

— Oui, la ville est de nouveau calme, et la situation est stable pour l’instant. Cependant…

Une pointe d’agacement perça dans sa voix.

— …je viens de recevoir un rapport. La Deuxième Capitale est tombée.

— Attends… Qu’est-ce que tu viens de dire ?

— La Deuxième Capitale est tombée. L’attaque sur Ioff n’était qu’une diversion.

Un silence s’abattit. Dotta, Venetim, Tsav, Jayce, tous se turent. Tatsuya, lui, l’était déjà. Le premier à parler fut Norgalle.

— …Les féeries ont attaqué ma capitale ?

— D’après le rapport, dit Frenci, — Le Roi-Démon Abaddon a vaincu le Neuvième Ordre des Chevaliers Sacrés, franchi la ligne de défense et pris la Deuxième Capitale.

Elle semblait avoir choisi d’ignorer que Norgalle l’avait appelée sa capitale.

 

***

Au moment où Patausche revint dans la salle de contrôle, le grand prêtre Marlen avait déjà retiré sa lourde cotte de mailles et son épée cérémonielle. Il était assis sur sa chaise, vêtu de sa tenue habituelle, affichant un léger sourire à l’attention de Patausche et du chef de l’infanterie derrière elle.

— Bon retour.

Une satisfaction inhabituelle teintait sa voix.

— J’ai entendu parler de tes efforts et de ta contribution au combat.

— Merci pour vos éloges.

Patausche s’inclina, imitée par Rajit, à qui l’on avait ordonné de rester silencieux dans ce genre de situation.

— J’ai entendu dire que votre commandement avait été remarquable, oncle Marlen.

— J’ai eu de la chance. J’ai dû être béni par les saints d’autrefois qui ont combattu le Fléau démoniaque avant moi. Cependant, nous avons perdu bien trop de civils aujourd’hui, et il n’y a pas de temps pour se reposer. Nous devons commencer à préparer la prochaine bataille.

Le sourire de Marlen disparut, et il reprit son expression sérieuse habituelle. Patausche l’observa d’un regard froid tandis qu’il formait le signe du Grand Sceau Sacré de la main droite.

— …Oui, vous avez raison, dit-elle. — Je suis certaine que le Temple vous placera à la tête de tous les grands prêtres après vos exploits d’aujourd’hui.

— Le Temple, en tant qu’organisation, est rigide. Figé. Mais face à cette épreuve sans précédent, nous devons nous unir si nous voulons survivre.

Marlen hocha la tête pour lui-même.

— Si je devais recevoir un tel honneur, j’introduirais du sang neuf. Cela améliorerait aussi ta situation, Patausche.

Il expira lourdement, presque comme un soupir.

— Introduire du sang neuf ? Cela veut dire… ?

Patausche fit un pas vers son oncle.

— …Que vous comptez remplacer les dirigeants actuels du Temple par des Coexistants ?

Marlen ne répondit pas. Son expression solennelle ne vacilla pas. Patausche eut l’impression d’attendre des minutes entières. En réalité, seules quelques secondes s’étaient écoulées.

— …As-tu interrogé Lideo Sodrick ? demanda-t-il.

— Il a été le point de départ. Il m’a donné le nom d’un messager des Coexistants : Mahaeyzel Zelkoff, en utilisant la prononciation des terres du nord pour le nom de famille. Ensuite, je me suis souvenu que vous, oncle Marlen, utilisiez souvent cet alias autrefois.

Patausche se remémora les moments où son oncle la faisait parfois sortir en cachette lorsqu’elle était enfant. À cette époque, elle vivait encore sous le contrôle strict de ses parents et ne connaissait rien du monde extérieur. Elle avait découvert tant de choses nouvelles en ville, mais ce qui l’avait le plus marquée, c’étaient l’équitation, les épées et les sceaux sacrés.

Plus son obsession grandissait, plus ses parents fronçaient les sourcils et la réprimandaient. Parfois, les reproches dégénéraient en violence, et dans ces moments-là, son oncle était son seul allié. Lorsqu’il apprit ses aspirations, il persuada immédiatement ses parents de lui trouver un instructeur, puis l’emmena apprendre à manier l’épée et à monter à cheval. Il la conduisit en ville pour acheter une épée d’entraînement, et ils parcoururent ensemble les étals. Les moments passés avec son oncle faisaient partie des rares souvenirs heureux de son enfance, et chacun d’eux lui était précieux. C’était pour cela qu’elle s’en souvenait avec autant de netteté. Elle n’aurait jamais pu oublier. Chaque fois que son oncle l’emmenait en ville, il utilisait toujours l’alias Zelkoff.

— Alors tu t’en souvenais encore, dit Marlen, un sourire en coin aux lèvres. Quel talent remarquable.

— Je ne pourrais jamais oublier… Et c’est pour ça que j’ai compris. Ça ne pouvait être que vous.

Le coupable devait être quelqu’un disposant d’un pouvoir financier suffisant pour contrôler la Guilde des Aventuriers, quelqu’un né et élevé dans le nord, et quelqu’un issu du Temple présent à Ioff durant la bonne période. Une fois Patausche parvenue à cette conclusion, il ne restait que peu de suspects.

— Et ce n’est pas tout. Les registres de vos absences correspondent aux dates et aux heures où Lideo Sodrick rencontrait le messager. Cela explique aussi pourquoi des informations fuyaient vers l’ennemi, et comment ils connaissaient notre stratégie et nos positions. Et lors de cette dernière bataille…

La main de Patausche reposait déjà sur la garde de l’épée à sa taille. Rajit fit de même à ses côtés.

— …j’ai enquêté sur l’unité qui a signalé en premier la présence des féeries dans la ville, ainsi que sur son soldat survivant. D’après vos registres, il s’agissait de l’unité 7110 de la défense de la ville d’Ioff. Mais une telle unité n’existe pas.

— Impressionnant. Mais comment as-tu fait ? Je doute que tu aies eu le temps d’enquêter sur tout cela pendant la bataille.

— Je ne suis pas autorisée à répondre.

C’étaient Frenci et ses hommes qui l’avaient aidée, mais Patausche prit soin de ne révéler aucune information concernant les Noctambules du Sud à son oncle. C’était également ce qu’ils souhaitaient. Pour une raison inconnue, la femme aux cheveux de fer l’irritait profondément, mais elle respectait la rapidité avec laquelle elle et ses hommes travaillaient. Sans eux, cela n’aurait pas été possible.

— Oncle Marlen, pourquoi avez-vous rejoint les Coexistants ? Si l’humanité est vaincue, alors tout sera perdu. Ai-je tort ?

— …Tu te trompes lourdement.

Marlen se leva lentement, ce qui fit resserrer la prise de Patausche sur son épée. Rajit contourna nerveusement le grand prêtre pour se placer à ses côtés.

— Ne bougez pas, oncle Marlen.

— Je fais cela pour ceux qui me sont chers, Patausche. Pour moi, pour ma famille, et pour les fidèles dévoués du Temple.

Le grand prêtre ignora son avertissement et avança lentement jusqu’à s’arrêter juste devant elle.

— Je veux tous vous sauver. L’humanité perdra à coup sûr, mais je veux protéger ceux dont le cœur est juste, ainsi que ma famille, que j’aime. C’est pour cela que j’ai rejoint les Coexistants.

— Alors… qu’adviendra-t-il de ceux dont le cœur n’est pas juste, et de ceux que vous n’aimez pas ?

— Je l’ignore. Je ne suis pas en position de me soucier des autres… dans la situation actuelle.

Son expression sérieuse ne vacilla pas, et elle comprit qu’il disait la vérité.

— Tout le monde pense ainsi. Ou bien me dis-tu que tu veux devenir une héros de l’humanité qui sauve des inconnus au détriment de la vie de sa propre famille ?

— Mon Oncle, je…

— Il reste en toi une part qui n’a pas grandi, mais il est temps pour toi de changer. Aime ta famille et chéris ceux qui te sont proches.

Le sourire de Marlen était calme et doux.

— Si possible, je veux que tu fasses partie du nouveau monde, en tant que Coexistante toi aussi.

— Je…

— L’humanité perdra face au Fléau démoniaque, mais beaucoup seront épargnés, et nous devons agir comme des bergers pour veiller sur ceux qui resteront.

— Cela suffit.

Patausche avait déjà dégainé son épée. La pointe de sa lame était posée contre le cou de Marlen.

— Je suis déçue. Je vous respectais profondément, Mon Oncle… du fond du cœur.

— Tu pleures, Patausche ?

— Je… ne crois pas que nous devrions abandonner qui que ce soit… même des inconnus. Je ne peux pas me résoudre à croire… que le bonheur de ma famille et de ceux que j’aime… est la seule chose qui compte.

— Ce n’est pas normal, Patausche. Ton ego démesuré te pousse à devenir une sorte de sauveuse et obscurcit ton jugement. Mais bon, c’est sans doute moi qui t’ai élevée ainsi… Quel dommage.

— Silence, trancha Patausche.

Elle fit ensuite signe au chef de l’infanterie à ses côtés.

— Rajit, arrêtez mon oncle.

— Oui, capitaine !

Rajit s’avança pour arrêter le grand prêtre, mais soudain, Marlen bougea. Il sortit de quelque part sur lui un bâton de foudre et en pointa l’extrémité vers la poitrine de Patausche. Le sceau sacré se mit à briller, et des étincelles jaillirent.

— Capitaine…

Rajit agit par instinct. Il poussa, percuta, Patausche hors de la trajectoire. Il n’avait probablement pas eu le temps de réfléchir aux conséquences. L’éclair traversa sa poitrine, y ouvrant un trou. Chair et os explosèrent, projetant du sang dans l’air. Patausche vit leurs deux visages en même temps, la stupeur de Rajit, et la tristesse de son oncle.

Rajit a fait le mauvais choix. Au lieu de me protéger, il aurait dû attaquer. Alors il aurait vécu.

…Ce qui signifie que je ne peux pas faire la même erreur.

Se mordant la lèvre, Patausche abattit son épée et trancha le bras avec lequel Marlen tenait le bâton. Pourtant, il ne s’arrêta pas.

— Quel dommage, Patausche, dit-il, tenant désormais un couteau.

L’arme était apparue de nulle part, et elle comprit qu’un sceau sacré y était gravé, un sceau puissant, conçu pour l’attaque. Elle ne pouvait pas le laisser l’activer.

— Tu étais comme une fille pour moi.

Avant même de s’en rendre compte, Patausche criait. Elle voulait lui dire de se taire, mais les mots ne sortaient pas. Le son qui s’échappa se rapprochait davantage d’un hurlement tandis que son corps réagissait, abattant son épée exactement comme elle l’avait répété tant de fois.

En un instant, tout fut terminé, la pointe de son épée avait traversé la gorge de Marlen Kivia.

 

***

C’était le septième jour du premier mois d’hiver.

La Deuxième Capitale était tombée aux mains du Roi-Démon Abaddon, et Patausche Kivia, capitaine du Treizième Ordre des Chevaliers Sacrés fut emprisonnée pour le meurtre de son oncle, le grand prêtre Marlen Kivia, ainsi que de son subordonné, Rajit Heathrow.

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