sentenced t2 - CHAPITRE 4 PARTIE 2

Châtiment : Évacuation et sauvetage des habitants du district Cheg d’Ioff (2)

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Traduction : Calumi
Correction : Opale

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Peu importe à quel point le plan était imprudent, nous avions malgré tout besoin d’une base, et je ne parlais pas des baraquements. Nous avions besoin de quelque chose sur la ligne de front. Si notre objectif était d’évacuer la population, alors il nous fallait un endroit relativement sûr.

Norgalle, bien sûr, était l’homme idéal pour cette tâche. À l’instant où il arriva au mur de la ville séparant le port d’Ioff Cheg du district intérieur, il déclara avec force :

— Nous construirons ma forteresse ici !

Cela ne prit pas longtemps après ça.

Les gardes assez malchanceux pour être postés à proximité reçurent les ordres du roi. Désorientés et hurlés dessus, ils n’eurent d’autre choix que de bouger pour se protéger. L’armée avait ordonné de sceller la porte menant au district intérieur, et les gardes de bas rang, incapables d’évacuer à temps, avaient été laissés derrière. Ils n’avaient désormais plus d’autre choix que de devenir les larbins de Norgalle. Après tout, il possédait l’arrogance et l’allure distinguée d’un roi. Ces traits, ajoutés à la peur et à la confusion de la situation, poussèrent les gardes à lui obéir.

Ce qui me surprit réellement, ce furent les aventuriers qui surgirent de nulle part pour se plier aux ordres de Norgalle. Plus surprenant encore, je les reconnus du combat à la Coquille de Sodrick. Même l’homme à la barbe de la Brigade des Chasseurs de Géants ou peu importe son nom était là.

— Dépêchez-vous, mon peuple ! cria Norgalle. — Nous devons construire ce mur gravé de sceaux sacrés exactement selon mes plans.

— À vos ordres !

— Et nous devons allumer un feu ! Gardes, avez-vous du matériel de cuisine muni de sceaux sacrés à votre poste ? J’ai besoin d’eau bouillante immédiatement ! Récupérez chaque marmite et chaque ration que vous pouvez dans les boutiques voisines ! Le ministre des finances indemnisera tout le monde une fois que ce sera terminé !

— À vos ordres ! …Pas de traînards, les gars ! Au travail !

Les aventuriers, portés par l’enthousiasme, se mirent au travail avec application sous mes yeux. Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais.

— Mais qu’est-ce qui se passe ? demandai-je. — Ils obéissent vraiment aux ordres de Norgalle ?

— Je suis aussi perdu que toi, répondit Dotta.

Il avait l’air d’avoir vu un fantôme. Les aventuriers couraient dans tous les sens, exécutant chacune des instructions tonitruantes de Norgalle.

— Le roi Norgalle leur a promis de leur trouver du travail. Tu sais… on dirait qu’ils ont tous perdu leur gagne-pain après ce qui est arrivé à la guilde et tout ça. Flippant, hein… ?

— Quoi ? Tu crois que ça compte comme un travail ?

— Aucune idée… Sa Majesté leur a proposé à tous des titres officiels et des salaires, mais…

— Sérieusement ? Ces aventuriers le prennent pour une sorte de noble excentrique ?

— Aucune idée.

— L’armée pourrait les engager s’ils travaillent dur… C’est toujours mieux que de finir bandit, j’imagine.

Quoi qu’il en soit, les aventuriers exécutaient docilement les ordres de Norgalle, utilisant des outils imprégnés de sceaux sacrés que Dotta avait volés aux baraquements, ainsi que tout ce qu’ils pouvaient trouver, pour ériger à la hâte une ligne de défense.

Pendant ce temps, Teoritta et moi nous réchauffions les mains au-dessus du feu de camp rapidement préparé, en attendant le moment de lancer l’attaque. Alors que le soleil s’enfonçait dans l’océan, la température chutait rapidement.  Garder son corps au chaud était essentiel dans ce genre de situation, et manger l’était tout autant. Il ne fallait pas s’effondrer de faim en pleine mission.

C’est pour cette raison que j’utilisais l’une des marmites que le roi avait récupérées pour nous préparer un repas simple, une sorte de bouillie faite de restes de poisson et de légumes. Une fois prête, je la versai dans de petits bols avant d’en prendre une grande gorgée.

— C’est bon. C’est chaud, par contre… La prochaine fois, je veux nous cuisiner ça moi-même, mon chevalier !

Mon repas semblait plaire à Teoritta.

— Espérons qu’on aura mieux que des restes… Hé, Tatsuya. Mange avant que ça refroidisse.

— Mmmfff… Grrr…

— Sérieusement ?! N’utilise pas tes mains pour manger, bordel ! Je t’ai donné cette cuillère pour une raison !

— Hé hé ! Tu en mets partout, Tatsuya. Tu ne devrais pas manger trop vite, dit Teoritta.

— C’est toi qui dis ça. Tu en as plein le visage… Ne bouge pas tant que je ne t’ai pas essuyée ! Vous deux !

Il y avait quelque chose, dans un repas chaud, qui vous motivait vraiment, peu importe la pauvreté des ingrédients, et c’était exactement ce que je ressentais. Une chose remarquable chez le roi Norgalle, c’était que lorsqu’il construisait une base, il commençait toujours par aménager un espace pour cuisiner. Il comprenait que des repas chauds amélioraient le moral des soldats et aidaient les civils à se sentir en sécurité.

— Le camarade Norgalle ne cesse de m’impressionner, dit Rhyno, visiblement admiratif. — Grâce à lui, nous avons pu nous préparer pour la mission et réchauffer nos corps.

Comme il venait de le suggérer, Rhyno semblait parfaitement équipé et prêt au combat. Il portait son armure habituelle, faite d’un acier mystérieux à l’éclat rouge sombre.

Il avait une allure courte et trapue, presque insectoïde, et ses bras étaient absurdement massifs. Sa main droite servait de canon à son armure. C’était un cylindre creux dont la surface était gravée d’un sceau sacré. On aurait presque dit qu’une cheminée était fixée à son bras à partir du coude.

Cette étrange armure métallique, connue sous le nom de Sceau composé d’artillerie Neven, constituait l’arme de Rhyno. Mais elle était encore en phase de test au sein de l’armée, alors comment il avait réussi à se la procurer restait un mystère pour moi. À vrai dire, je doutais que quiconque le sache avec certitude.

— Je pensais que nous allions enfin opérer en unité, dit-il, l’air un peu abattu. — Mais il semblerait que le camarade Tsav et le camarade Jayce ne puissent pas être avec nous. Quel dommage.

Il mettait toujours trop d’émotion dans sa voix, au point que ça sonnait faux. D’une certaine manière, il était sans doute plus menteur que Venetim.

— Le bras de Tsav est encore en cours de traitement, dis-je, — Mais je suis sûr qu’on le tirera du lit et qu’on l’amènera directement ici avec le minimum de soins.

— Et le camarade Jayce ? N’a-t-il pas reçu l’autorisation de combattre avec nous ?

— Non. Mais c’est sous contrôle.

Amener un dragon dans un combat en zone urbaine était dangereux, et c’était encore plus vrai pour Jayce et Neely. Il était donc évident que l’armée hésitait à l’autoriser… Mais j’avais chargé Venetim de négocier avec eux, et il n’y avait pas grand monde qu’il ne pouvait pas convaincre. Cela dit, j’allais prendre un malin plaisir à lui botter le cul s’il échouait.

— Quoi qu’il en soit, nous devons garder le roi Norgalle à la base, et Dotta devrait rester ici aussi, pour analyser la bataille et garder un œil sur nous.

— Ce qui nous laisse tous les deux, ainsi que le camarade Tatsuya et… Rhyno adressa un sourire à Teoritta. — La déesse Teoritta, n’est-ce pas ? On dirait que nous serons quatre à combattre côte à côte ce soir. Donnons le meilleur de nous-mêmes.

— …Oui.

Teoritta se montrait clairement méfiante envers Rhyno, gardant ses distances et se cachant derrière moi.

— Nous devons nous dépêcher… Ces gens nous attendent… pour les sauver…

— Oh, déesse Teoritta ! Oui ! J’en conviens humblement. Quelle joie cela me procure ! Avec votre approbation, je suis certain que nous ne pouvons pas échouer.

— Je ne sais pas pourquoi tu es aussi content, dis-je, — Mais on a des choses plus importantes à gérer. Je devais faire face à la réalité de la situation. Les gardes de la ville ont commencé à se retirer, donc nous sommes largement en infériorité numérique. J’ai une idée, mais il va nous falloir plus d’hommes.

— Laissez-moi m’en occuper. Il nous faut plus de soldats, n’est-ce pas ? répondit Rhyno avec son calme habituel. — Puis-je également proposer une stratégie ?

— …J’ai déjà un plan, mais bon, je veux bien t’écouter.

— Le mur de la ville.

Il désigna la barrière derrière nous, une structure colossale séparant la zone portuaire d’Ioff Cheg du reste de la ville.

 — Utilisons mon artillerie pour le détruire et laisser entrer les féeries dans le district intérieur.

— Quoi… ?!

Teoritta affichait une expression féroce.

— Pourquoi ferions-nous une chose pareille ?

— Déesse, je crois que la souffrance et la douleur doivent être partagées par tous. C’est ainsi que les humains créent des liens. C’est magnifique, en réalité. Une fois que les féeries auront pénétré dans le district intérieur, les chevaliers Sacrés et les gardes de la ville n’auront d’autre choix que de nous aider à combattre.

Rhyno écarta ses bras trapus recouverts d’armure, comme s’il trouvait ce plan d’une évidence absolue.

— Il n’est pas juste que seuls certains souffrent. Alors, quand un désastre survient, nous devons répartir le malheur entre tous. Bref, qu’en penses-tu, camarade Xylo ?

— Mon chevalier… ! s’exclama Teoritta. — Cet homme est…

— Je sais. C’est simplement comme ça qu’il est.

J’avais envie de soupirer longuement de manière presque théâtrale.

— Quoi qu’il en soit, merci de faire perdre du temps à tout le monde, Rhyno. Tu aurais peut-être un argument si on parlait seulement des chevaliers et des gardes, mais mettre des civils en danger ? Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?

— Hmm ? Tu dis que tu as un plan encore meilleur, camarade Xylo ?

— Écoute bien, Rhyno. Tu ne le sais peut-être pas, mais ce n’est ni l’amitié ni les bons sentiments qui motivent la plupart des gens.

Je pointai en direction du port. Depuis que j’avais entendu nos ordres, j’y réfléchissais.

Je savais que demander mille ou deux mille renforts était irréaliste, mais j’en voulais cinq cents, et j’avais une idée un peu plus solide pour les obtenir que ce que proposait Rhyno.

— Ce qui motive, c’est le profit, obtenir quelque chose en retour. Rhyno, tire sur ce navire. Tu devrais pouvoir l’atteindre en te rapprochant un peu, non ?

— Intéressant.

Rhyno était vif d’esprit et d’une lucidité troublante.

— C’est très logique, camarade Xylo. C’est même probablement notre meilleure option.

J’étais certain qu’il souriait sous cette armure. Je pouvais le deviner.

— C’est pour ça que je te respecte, dit-il. — J’apprends toujours beaucoup. Alors, quelle est la prochaine étape de ton plan ?

Il parlait comme s’il me testait, ou cherchait à me faire dire quelque chose.

— Tu proposes de sauver chaque civil un par un ? Tu semblais avoir une idée il y a un instant.

— Nous allons faire exactement l’inverse, et acculer les féeries.

Je n’allais pas jouer selon les règles du Fléau Démoniaque et laisser sa horde nous repousser. Nous étions l’Unité de Héros Condamnés. Hors de question de combattre loyalement.

— Nous n’allons pas protéger la ville. Nous allons attaquer l’ennemi et reprendre ce qu’ils ont volé.

Je pointai l’édifice rouge au bord de la mer : Tui Jia, la Tour de Corail. Si nous attaquions leur nid, ils n’auraient pas le temps de s’en prendre aux civils, pensai-je. Et il était hors de question d’attendre l’arrivée des chevaliers Sacrés et des gardes de la ville.

— Nous allons reprendre Tui Jia et tuer le Roi-Démon.

Même sans le dire, je réalisai à quel point mon plan était imprudent. Mais cela ne m’arrêta pas. Tui Jia était lourdement fortifiée.

Non seulement elle était entièrement équipée de bâtons de foudre spécialisés dans le tir à distance, ainsi que de toute une gamme d’armes gravées de sceaux, mais il était probable que Shiji Bau et d’autres aventuriers en assurent l’utilisation. J’en étais convaincu.

Après tout, si les féeries avaient pu s’emparer de la tour, c’était parce que ceux qui la défendaient avaient été pris par surprise lors d’une attaque venue de la terre.

Malgré tout, nous avions une chance raisonnable de victoire, et même si cela m’agaçait de l’admettre, c’était grâce à la présence de Jayce et de Rhyno à nos côtés.

 

***

C’est absurde.

Ce fut la première pensée de Patausche Kivia lorsqu’elle parcourut leurs ordres.

Mais le document provenait, sans aucun doute, de Galtuile.

— …C’était inévitable, capitaine, dit Rajit.

Il aurait tout aussi bien pu la réprimander que la rassurer.

— Nous avons besoin du soutien des nobles, tout comme de celui de chaque citoyen. Et puis, de nombreux bâtiments de ce district appartiennent au Temple…

Rajit fixa la carte avec une expression grave.

— Et la foi est essentielle. C’est le fondement de nos cœurs, surtout en des temps désespérés.

Patausche comprenait la position de ceux de Galtuile.

…Je devrais comprendre.

Patausche tenta de s’en convaincre. Un soldat ne doit jamais remettre en question ses ordres. Le doute ne ferait que l’entraver sur le champ de bataille.

Je dois me dépêcher de déployer l’infanterie.

La cavalerie de Zofflec et les tireurs d’élite de Siena étaient déjà en position, prêts à combattre, et la situation ne ferait qu’empirer si Patausche hésitait davantage.

Mais…

Elle jeta un coup d’œil aux documents qu’elle tenait. Cette femme grossière et désagréable, Frenci Mastibolt une Noctambules du Sud, s’en était emparée pour une raison incompréhensible juste avant l’effondrement de la Guilde des Aventuriers.

Ces papiers constituaient un registre des déplacements quotidiens de Lideo Sodrick, et ils montraient qu’entre ses fonctions de maître de guilde, il rendait d’étranges visites à quelqu’un, un homme se faisant appeler Mahaeyzel Zelkoff.

C’était le même nom que Lideo leur avait donné.

Le messager des Coexistants, le visage dissimulé derrière un masque noir. Le fait que Lideo ait conservé ces informations pouvait bien être la preuve qu’il cherchait à jouer sur les deux tableaux. Il concluait des accords avec les Coexistants, tout en rendant encore des services à leurs ennemis, refusant de s’engager tant qu’il n’était pas certain de savoir qui l’emporterait.

Si seulement je pouvais le capturer… Mais je doute que nous le retrouvions un jour, pensa Patausche. Il a probablement déjà disparu depuis longtemps.

Quelque chose continuait pourtant de la déranger. Elle en était presque certaine désormais, et si elle avait raison…

— Capitaine Kivia, lança soudain une voix depuis l’embrasure de la porte.

Patausche leva les yeux et aperçut un homme au teint anormalement pâle, arborant un sourire suspect : Venetim Leopool, le commandant désigné de l’Unité de Héros Condamnés.

— Encore toi ? Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda Rajit d’un ton sévère. — L’Unité de Héros Condamnés a déjà reçu l’ordre d’attaquer.

— En effet, et mon rôle en tant que commandant est de les galvaniser et de les envoyer au combat. Cependant…

Venetim parla avec aisance en se tournant vers Patausche.

— J’ai reçu un rapport du front indiquant que les féeries remontent déjà la neuvième voie d’eau d’Ioff Cheg en direction du district commercial intérieur. De plus, pour une raison inconnue, elles attaquent désormais les navires à sceaux du Temple.

— …Quoi ?

Le sourcil de Rajit tressaillit, et il abaissa aussitôt le regard vers la carte.

— Nous nous chargerons de secourir les civils et d’éliminer les féeries, poursuivit Venetim. — Mais nous souhaiterions obtenir l’autorisation d’utiliser un dragon à l’intérieur de la ville. En outre, bien que nous fassions de notre mieux pour réussir seuls, je souhaiterais demander l’aide des chevaliers sacrés afin de protéger les biens du Temple et d’éviter toute perte parmi les riches marchands résidant dans la zone.

Venetim parla rapidement, avec fluidité, puis conclut le tout par une révérence.

— Je vous en prie, dit-il. — Accordez-nous du renfort pendant que nous risquons nos vies pour vaincre l’ennemi.

— Capitaine… Tout cela me paraît extrêmement suspect.

Rajit grogna en fixant la carte.

— Souhaitez-vous que j’envoie des soldats au front pour vérifier ses dires ? Ce qu’il raconte est-il seulement possible ? Pourquoi les féeries donneraient-elles la priorité à attaquer les navires du Temple plutôt que des humains… ?

— Peut-être perçoivent-elles instinctivement une menace, suggéra Venetim sans la moindre hésitation. — Ou peut-être cherchent-elles simplement à nuire au Temple sur le plan financier. Je soupçonne qu’elles sont dirigées par une créature dotée d’une certaine intelligence.

— Mais… commença Rajit, avant d’être interrompu par un messager qui se précipita dans la pièce.

— Capitaine Kivia !

Le messager tenait une liasse de documents soigneusement roulés en cylindre, scellés par un sceau sacré, preuve qu’il s’agissait d’un ordre officiel. L’homme poursuivit :

— Nous avons reçu des témoignages indiquant que plusieurs navires appartenant au Temple sont attaqués. Deux sont actuellement en flammes ! Le Temple exige qu’ils soient sauvés à tout prix !

Cela scella la décision. Patausche se leva. Ce n’étaient pas des ordres de l’armée, mais c’était tout de même une requête officielle du Temple, et largement suffisante pour agir.

— Compris. J’envoie immédiatement mes soldats.

Qu’aurait fait Xylo Forbartz ? Il aurait sans doute pris une décision plus rapidement, sans attendre une justification… Mais ce genre de réflexion ne sert à rien, pensa-t-elle. Pourquoi devrais-je m’en soucier ?

Elle chassa aussitôt ces pensées.

— Transmettez les ordres du Temple à Zofflec et à Siena ! J’autorise l’Unité de Héros Condamnés à utiliser un dragon. Priorité au sauvetage des civils.

— Compris. Et, euh…

Venetim hésita quelques instants, un sourire timide et ambigu se dessinant sur ses lèvres.

— Quoi ? demanda-t-elle.

— Non, rien.

C’était un sourire cynique, presque teinté d’autodérision, qui laissa en elle une impression étrange et persistante.

— Veuillez transmettre mes salutations au Grand Prêtre Marlen, dit-il. — Son soutien nous offrirait plus de marge de manœuvre, je pense qu’il serait judicieux de solliciter son aide.

Le visage de Patausche se raidit.

Le Grand Prêtre Marlen Kivia. Elle devrait finir par le rencontrer…

Ils avaient besoin de discuter d’un certain messager des Coexistants répondant au nom de Mahaeyzel Zelkoff.



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